Pourquoi, dans une société qui a inscrit le bien-être animal dans la loi et où 79 % de la population critique la chasse, environ 30 000 personnes en Suisse choisissent-elles volontairement un loisir qui consiste essentiellement à tuer des êtres sensibles ? La psychologie de la chasse récréative n’est ni un sujet marginal ni un tabou : elle est la clé pour comprendre pourquoi la politique de gestion de la faune sauvage en Suisse est si irrationnelle, pourquoi les chiffres des abattages sélectifs sont présentés comme des succès et pourquoi des meutes entières sont décimées alors que des mesures de protection du bétail seraient manifestement plus efficaces.
Ce dossier examine les mécanismes psychologiques sous-jacents à la chasse récréative : du découplage moral et de l’identité de groupe aux schémas de dominance et aux stratégies linguistiques utilisées pour dissimuler la mise à mort sous couvert de « conservation », de « récolte » ou de « régulation ». Il explore ce que la recherche nous apprend sur les motivations des chasseurs récréatifs, sur la façon dont la culture de la chasse affecte les enfants et les familles, et sur les raisons pour lesquelles le retour des prédateurs déclenche des réactions émotionnelles si profondes.
Qu'est-ce qui vous attend ici ?
- Motifs psychologiques fondamentaux : pourquoi les humains tuent-ils des animaux même sans nécessité ? Domination, contrôle, expérience de la nature et la question de savoir quels motifs la recherche met réellement en évidence.
- Désengagement moral : comment les chasseurs de loisir résolvent la contradiction entre l’acte de tuer et les normes de bien-être animal. La théorie de Bandura et son application à la chasse de loisir.
- Le langage comme mécanisme de camouflage : pourquoi les termes « retrait », « régulation », « prise en charge » et « rédemption » ne sont pas neutres, mais constituent des outils de distanciation psychologique.
- Identité de groupe et pression sociale : comment les sociétés de chasse, les systèmes de parrainage et les structures corporatives créent un sentiment d'appartenance et rendent le départ difficile.
- Domination et contrôle : ce que la psychologie nous apprend sur les motivations de pouvoir, l'orientation vers les trophées et le comportement territorial chez les chasseurs amateurs.
- Dissonance cognitive et chasse éthique : pourquoi le code d’honneur dans la chasse récréative est psychologiquement nécessaire et comment il fonctionne comme cadre de légitimité.
- Les prédateurs comme menace pour l'identité : pourquoi le retour du loup déclenche des réactions si disproportionnées chez les chasseurs amateurs.
- Enfants et culture de la chasse : comment l’exposition précoce à la mise à mort a un impact et ce que la psychologie du développement en dit.
- Ce qui doit changer : des exigences en matière de politique de la faune sauvage fondée sur des données probantes et prenant au sérieux les conclusions psychologiques.
- Argumentation : Réponses aux objections les plus courantes concernant la psychologie de la chasse.
Motifs psychologiques fondamentaux : Pourquoi les gens tuent des animaux
Les recherches sur les motivations de la chasse récréative dressent un tableau cohérent. Dans les enquêtes, les chasseurs récréatifs citent « le contact avec la nature », « l’obtention de viande », « la tradition » et la « gestion de la faune sauvage » comme principales motivations. Cependant, des études telles que celles de Darimont et al. (2015) et de Kaltenborn et al. (2013) montrent que les motivations déclarées et les comportements réels divergent souvent : ceux qui recherchent avant tout un contact avec la nature n’ont pas besoin d’une arme à feu. Ceux qui souhaitent participer à la gestion de la faune sauvage pourraient soutenir les gardes-chasse professionnels. Et ceux qui ont besoin de viande peuvent s’en procurer dans le commerce, sans risque de contamination au plomb ni d’hormones de stress.
Ce qui demeure systématiquement sous-représenté dans les enquêtes, ce sont les motivations socio-psychologiques pertinentes : l’expérience de la maîtrise d’un être vivant, la montée d’adrénaline au moment du tir, le sentiment de compétence et de supériorité dans un environnement autrement incontrôlable. Ces motivations ne sont pas pathologiques, mais elles sont plus authentiques que la simple « expérience de la nature » et expliquent pourquoi la chasse de loisir est si difficile à abandonner pour ses adeptes.
En Suisse, environ 97 % des chasseurs de loisir sont des hommes. Les études de genre montrent que la chasse de loisir constitue un espace où certains idéaux de masculinité (force, maîtrise de la nature, souveraineté sur la mort) peuvent être mis en scène et confirmés sans être remis en question par la société.
Pour en savoir plus sur ce sujet : Les chasseurs : rôle, pouvoir, formation et critique , et une introduction à la critique de la chasse
Découplage moral : comment normaliser le meurtre
Le psychologue Albert Bandura a développé le concept de « désengagement moral » pour décrire comment les individus peuvent commettre des actes contraires à leurs propres normes morales sans éprouver de culpabilité. La chasse de loisir illustre parfaitement la quasi-totalité des huit mécanismes identifiés par Bandura.
Justification morale : le meurtre est présenté comme nécessaire à la conservation de la nature, au contrôle de la population ou à la prévention des maladies. Ceux qui tuent le font pour un bien supérieur.
Un langage euphémistique : les termes « suppression », « réglementation », « étendue » et « mise à mort » remplacent « mise à mort » et « mort ». Cette distanciation linguistique atténue l'impact émotionnel de l'acte.
Comparaison avantageuse : la chasse de loisir est comparée à l’élevage industriel et présentée comme éthiquement supérieure (l’animal « avait une vie libre »).
Diffusion des responsabilités : La décision n'est pas prise par le chasseur amateur, mais par « les autorités », « le quota de chasse » ou « la commission ». La responsabilité individuelle est transférée au système.
Déshumanisation de la victime : les animaux sauvages sont réduits à des « stocks », des « populations » ou des « nuisibles ». La capacité individuelle à souffrir est systématiquement ignorée.
Attribution de la faute : L'animal lui-même est désigné comme la cause des problèmes : le « loup à problèmes », « l'individu nuisible », le cerf qui « détruit la forêt ».
Ensemble, ces mécanismes forment un bouclier psychologique qui rend la chasse récréative non seulement tolérable individuellement, mais aussi socialement acceptable.
Lire la suite : Mythes de la chasse : 12 affirmations à examiner de manière critique et Images de chasseurs : Deux poids, deux mesures, dignité et angle mort de la chasse récréative
Le langage comme mécanisme de camouflage
Le langage employé dans le cadre de la chasse récréative n'est pas le fruit du hasard, mais plutôt d'un système de distanciation psychologique qui s'est développé au fil des générations. Dans le débat sur la politique de la chasse, des termes comme « réglementation », « gestion des populations », « abattage sélectif », « conservation de la faune sauvage » et « euthanasie » dominent le discours. Chacun de ces termes remplit une fonction psychologique précise : il occulte l'acte de tuer, glorifie le tueur et déshumanise la victime.
« Relâcher » suggère un acte de miséricorde, comme si l'animal sauvage souffrait d'un fardeau dont il fallait le libérer. « Enlever » transforme une mort violente en un acte administratif. « Conserver » implique soin et responsabilité, même si, en pratique, cela consiste surtout à aménager les habitats au profit des espèces gibier. « Abattre » évoque un exploit sportif et ignore complètement l'animal agonisant.
Le dossier « Médias et enjeux de la chasse » montre comment ce langage est véhiculé par les médias : lorsque les journalistes adoptent sans esprit critique le vocabulaire de la chasse, ils contribuent à diffuser un système linguistique qui occulte la réalité de la chasse de loisir. Le dossier « Comment les associations de chasse influencent la politique et l’opinion publique » documente quant à lui comment JagdSchweiz (la Fédération suisse de chasse) introduit délibérément ce langage dans ses consultations, ses initiatives parlementaires et ses communiqués de presse.
Pour en savoir plus sur ce sujet : Médias et chasse : comment les associations de chasse influencent la politique et le public
Identité de groupe et pression sociale
La chasse de loisir n'est pas une simple pratique individuelle, mais un système social doté de ses propres rites d'initiation, hiérarchies et exigences de loyauté. En Suisse, les associations de chasse, les groupes de districts de chasse et les fédérations cantonales constituent les structures de soutien de ce système. Dans de nombreux cantons, l'adhésion à une association de chasse s'apparente à celle à une guilde : elle requiert des parrains, une période probatoire et l'approbation des membres en exercice.
Ces structures créent un fort sentiment d'appartenance au groupe : les membres du groupe de chasse partagent des rituels (bols à boire, présentation du gibier, sonnerie du cor de chasse), un langage (le jargon des chasseurs, le « Waidmannsheil »), des vêtements et des occasions sociales. La psychologie sociale montre que ces caractéristiques de groupe renforcent les frontières entre les chasseurs et les étrangers et étouffent les voix critiques au sein du groupe.
Parallèlement, ces structures rendent le départ difficile : ceux qui abandonnent la chasse de loisir perdent non seulement un loisir, mais aussi un réseau social souvent tissé sur plusieurs générations. Dans les zones rurales, où les associations de chasse font partie intégrante de la vie locale, le départ peut être associé à l’isolement social. Cela explique pourquoi même les chasseurs de loisir, de plus en plus mal à l’aise, prennent rarement position publiquement.
En Valais, cette dynamique prend une forme particulièrement marquée : la « Psychologie de la chasse dans le canton du Valais » montre comment des schémas profondément enracinés de domination, d’identité et de communauté façonnent la culture de la chasse et influencent les décisions politiques.
Pour en savoir plus sur ce sujet : La psychologie de la chasse dans le canton du Valais et La chasse de loisir comme événement
Domination et contrôle : le motif du pouvoir
La chasse aux trophées illustre parfaitement la motivation de pouvoir : l’animal est tué non pas principalement pour sa viande, mais pour sa taille, ses bois ou sa rareté. La photographie de l’animal abattu, les bois accrochés au mur, le rapport de chasse avec son score sont autant de symboles d’une supériorité qui ne saurait être représentée sans la mort de l’animal.
Mais même en dehors de la chasse aux trophées, les motivations de domination et de contrôle entrent en jeu. La chasse de loisir offre un moyen structuré d'exercer un certain pouvoir absolu dans un monde de plus en plus incontrôlable : sur la vie et la mort, sur le moment de la mort, sur le choix de la victime. Cette expérience de contrôle est psychologiquement efficace, que le chasseur de loisir en soit conscient ou non.
Les recherches sur la motivation de puissance (McClelland, 1975 ; Winter, 1973) montrent que le besoin d’influencer les autres êtres vivants est une motivation humaine fondamentale qui s’exprime différemment selon les contextes. La chasse récréative offre un cadre socialement accepté pour cela, qui ne définit pas le fait de tuer comme un acte de violence, mais plutôt comme une tradition, un savoir-faire ou un lien avec la nature.
Lire la suite : Chasse aux trophées : quand tuer devient un symbole de statut social et comment mettre fin à la violence récréative envers les animaux
Dissonance cognitive et chasse éthique
Le concept de « chasse éthique » est au cœur de la notion éthique de la chasse récréative. Il englobe des règles non écrites relatives aux méthodes de chasse équitables, aux distances appropriées, aux pratiques de chasse respectueuses du bien-être animal et au respect de l'animal abattu. D'un point de vue psychologique, la chasse éthique remplit une fonction précise : elle atténue la dissonance cognitive qui survient lorsqu'une personne abat un animal qu'elle considère simultanément comme digne de protection.
La théorie de la dissonance cognitive de Leon Festinger (1957) stipule que des croyances ou des actions contradictoires engendrent un malaise psychologique qu'il convient d'atténuer en modifiant ces croyances ou actions. La chasse éthique résout élégamment cette contradiction : le chasseur de loisir tue l'animal, mais le fait « correctement », « équitablement » et « respectueusement ». Ce n'est pas l'acte de tuer en lui-même qui est remis en question, mais seulement la méthode employée.
En pratique, il apparaît pourtant clairement que les pratiques de chasse éthiques sont loin de correspondre à la réalité de la chasse récréative moderne. Le dossier sur la chasse de nuit et la chasse de haute technologie démontre comment les caméras thermiques, les dispositifs de vision nocturne et les appeaux numériques transforment la « chasse équitable » en une démonstration de supériorité technologique. Les battues en Suisse illustrent que ces pratiques, avec leurs taux élevés de tirs manqués et de fuite paniquée, sont l'antithèse même de la chasse « adaptée à l'espèce » et « respectueuse ».
Pour en savoir plus sur ce sujet : Chasse nocturne et chasse de haute technologie , et chasse et bien-être animal : quelles conséquences pour les animaux sauvages ?
Le retour des prédateurs comme crise d'identité
Aucun débat sur la politique de la faune sauvage en Suisse n'est aussi passionné que celui concernant le loup. Psychologiquement, l'intensité de cette réaction ne s'explique pas uniquement par les pertes économiques : les 336 abattages de bétail (2022) sur 4 000 ovins tués chaque année par la maladie, les chutes et les intempéries ne justifient pas les réactions émotionnelles qui vont jusqu'à exiger l'éradication totale de l'espèce.
L'explication est plus profonde : le retour du loup remet fondamentalement en question l'image que les chasseurs récréatifs se font d'eux-mêmes. Si un prédateur naturel s'empare de la « régulation » que les chasseurs récréatifs considèrent comme leur principale compétence, la chasse récréative perd son fondement de légitimité le plus important. Le loup n'est donc plus perçu avant tout comme un acteur écologique, mais comme un concurrent pour le contrôle de l'habitat.
En Valais, où la fusion entre chasse récréative, identité et politique est la plus marquée, il en résulte une dynamique d'escalade : les attaques de loups isolées sont sensationnalisées, des personnalités politiques comme Christophe Darbellay se présentent comme des protecteurs contre une menace perçue, et les statistiques sur les loups valaisans montrent comment la peur instrumentalisée se transforme en politique d'abattage. La psychologie reconnaît dans ce schéma des réactions classiques face à la menace : exagération du danger, déshumanisation (ou « désindividualisation ») de l'ennemi et mobilisation du groupe contre l'adversaire commun.
Pour en savoir plus : Les loups en Suisse : faits, politique et limites de la chasse et Statistiques sur les loups du Valais : chiffres d’un massacre
Enfants et culture de la chasse : que dit la psychologie du développement ?
En Suisse, les enfants majeurs sont autorisés à accompagner les adultes lors de chasses récréatives. Certains cantons proposent des programmes de formation pour les jeunes, qui initient les mineurs au tir et à la mise à mort des animaux. La question de l'impact psychologique de cette pratique sur les enfants est rarement abordée dans le débat sur la politique cynégétique.
Du point de vue de la psychologie du développement, l'exposition des enfants à la mise à mort des animaux est une question complexe. D'une part, les enfants apprennent que tuer est acceptable, voire honorable dans certains contextes. D'autre part, des études sur le développement de l'empathie (Ascione, 1993 ; Flynn, 1999) montrent que les enfants exposés de manière répétée à la violence instrumentale envers les animaux peuvent développer une capacité réduite d'empathie face à la souffrance animale.
L’objectif n’est pas de dépeindre tous les chasseurs de loisir comme insensibles. Toutefois, il est psychologiquement pertinent de constater que la chasse de loisir crée un contexte où tuer un animal est perçu comme une expérience positive (fierté, sentiment d’appartenance, réussite) et où la compassion envers l’animal peut être considérée comme une faiblesse ou de la sentimentalité. Le dossier « Chasse et enfants » explore ce sujet plus en détail.
Plus d'informations sur ce sujet : La chasse et les enfants et le permis de chasse
Qu'est-ce qui devrait changer ?
- Test d'aptitude psychologique pour le permis de chasse : L'examen de chasse évalue les connaissances en matière d'armes à feu et de faune sauvage, mais pas les aptitudes psychologiques. Un test d'aptitude standardisé évaluant le contrôle des impulsions, l'empathie et la gestion du stress sous pression temporelle devrait être obligatoire pour l'obtention du permis de chasse.
- Recherche indépendante sur les motivations à la chasse : Les recherches sur les motivations de la chasse récréative sont actuellement financées en grande partie par des institutions proches du milieu de la chasse. Des études indépendantes, financées par des fonds publics, sont nécessaires pour examiner les motivations sociopsychologiques sans biais d’autosélection.
- Dissocier la chasse récréative de la gestion de la faune sauvage : tant que la chasse récréative est présentée comme un outil nécessaire à la gestion de la faune sauvage, la dimension psychologique demeure occultée. Les gardes-chasse professionnels, sans intérêt pour la chasse récréative, doivent assumer la responsabilité officielle de la gestion de la faune sauvage.
- Exigences de transparence linguistique dans les documents officiels : les décrets officiels, les communiqués de presse et les statistiques de chasse doivent éviter le vocabulaire euphémistique de la chasse et indiquer clairement ce qui se passe : abattage, et non « élimination » ; tir, et non « réglementation ».
- Protection de l'enfance : Âge minimum pour la participation à la chasse : Les enfants de moins de 16 ans ne devraient pas être autorisés à participer à la mise à mort d'animaux. Exposer des mineurs à la mise à mort d'animaux comme à une « expérience positive » est incompatible avec les principes de la psychologie du développement moderne.
Exemples de propositions : Exemples de textes pour des propositions critiquant la chasse et exemple de lettre : Appel au changement en Suisse
Argumentation
Les chasseurs amateurs ne sont pas des psychopathes. C'est exact, et personne ne prétend le contraire. L'analyse psychologique de la chasse de loisir ne vise pas à pathologiser, mais plutôt à comprendre les mécanismes psychologiques normaux qui normalisent le fait de tuer. Le découplage moral, la dissonance cognitive et l'identité de groupe sont des phénomènes humains universels. C'est précisément pourquoi ils sont si efficaces, et c'est précisément pourquoi il est nécessaire de les nommer.
La chasse, en tant que loisir, est un patrimoine culturel et une tradition. La tradition explique l'existence d'une pratique, mais ne la justifie pas. Nombre de pratiques autrefois considérées comme traditionnelles (travail des enfants, duels, corridas) ont été abandonnées en raison de l'évolution des normes éthiques de la société. Psychologiquement parlant, le recours à la tradition est un mécanisme de déresponsabilisation : je ne décide pas, la tradition décide pour moi.
Les chasseurs amateurs aiment la nature. L'amour de la nature et la propension à tuer ne sont pas incompatibles, mais ils ne s'excluent pas non plus. La question est de savoir s'il est psychologiquement cohérent d'aimer un être vivant tout en étant prêt à le tuer. Les recherches montrent que cette cohérence n'est possible qu'à travers une dissociation morale.
Quiconque critique la chasse récréative n'y connaît rien. L'analyse psychologique ne requiert pas d'expérience personnelle de la chasse, tout comme la recherche sur la toxicomanie ne requiert pas d'expérience personnelle de la dépendance. La critique des mécanismes psychologiques de la chasse récréative est scientifiquement fondée et ne vise pas les individus, mais un système qui normalise le fait de tuer.
« La chasse récréative enseigne la responsabilité et le respect. » La question est : le respect envers qui ? L'animal auquel ce « respect » est manifesté est mort. Une responsabilité qui ne peut s'exercer que dans le cadre d'un acte de mise à mort est une forme particulière de responsabilité. Les gardes-chasse professionnels portent la même responsabilité, sans que leurs décisions soient fondées sur des intérêts récréatifs.
Liens rapides
Articles sur Wild beim Wild :
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Sources externes :
- Darimont, C. et al. : L'écologie unique des prédateurs humains (Science, 2015)
- Pro Natura : Le Conseil fédéral adopte une réglementation de chasse problématique
Notre revendication
Ce rapport ne vise ni à pathologiser les chasseurs de loisir ni à revendiquer une supériorité morale. Son objectif est d'identifier les mécanismes psychologiques qui conduisent une société à accepter la mise à mort systématique d'animaux sauvages comme une activité de loisir, alors même qu'elle n'est ni écologiquement nécessaire ni éthiquement acceptable. Tant que ces mécanismes resteront occultés, le débat politique restera superficiel : les discussions porteront sur les quotas de chasse, les seuils de dommages et les calendriers de chasse, au lieu de s'attaquer à la question fondamentale de savoir pourquoi une démocratie tolère une violence récréative organisée par l'État contre les animaux.
Si vous possédez des informations, des études ou des témoignages qui devraient figurer dans ce dossier, veuillez nous écrire. Nous sommes particulièrement intéressés par les témoignages d'anciens chasseurs de loisir qui ont osé arrêter.
À propos de la chasse de loisir : dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des rapports de fond.