4 avril 2026, 04:45

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Photos de tableaux de chasse : Double standard et angle mort de la chasse de loisir

Un homme s'agenouille en riant à côté d'un cerf mort, l'arme à portée de main, du sang dans l'herbe, accompagné du hashtag «Waidmannsheil». Imaginons la même scène avec un policier qui pose à côté d'une victime et publie la photo en ligne : ce serait un scandale, une faute de service, un motif de licenciement immédiat. Qu'une société tolère cette mise en scène avec des animaux sauvages montre à quel point le double standard dans la gestion de la vie et de la mort est ancré. Ce dossier éclaire, avec des bases juridiques, des études et des cas concrets, pourquoi les photos de tableaux de chasse ne sont pas une coutume inoffensive, mais un test révélateur de notre conception de la dignité.

Ce qui vous attend ici

  • Dignité animale dans le droit suisse : Comment la Constitution fédérale, la loi sur la protection des animaux et l'art. 135 CP protègent la dignité de l'animal, pourquoi ces normes couvrent aussi la violence envers les animaux et pourquoi les photos de tableaux de chasse se trouvent malgré tout dans une zone grise.
  • Police et armée comme référence : Ce qui se passe quand des agents de l'État posent avec des morts, quels cas ont mené à des licenciements et des peines de prison et pourquoi d'autres critères s'appliquent aux chasseurs de loisir.
  • SÉtudes et chiffres : Ce qu'une étude représentative révèle sur la perception des photos de tableaux de chasse par la génération Z et pourquoi même le lobby de la chasse parle de «mines communicationnelles».
  • Psychologie et éthique : Ce que la mise en scène avec des corps morts révèle sur l'empathie, l'endurcissement et l'autopresentation et pourquoi la référence à la «tradition» n'est pas éthiquement recevable.
  • Comparaisons internationales : L'interdiction des photos de trophées de chasse en Namibie, la décision de Walmart, les interdictions d'importation de trophées européennes et ce que la Suisse néglige.
  • Éthique de la mort : Pourquoi l'angoisse de la mort n'est pas un motif photographique et pourquoi la chasse de loisir transforme le processus de mort le plus brutal en occasion de selfie.
  • Ce qui devrait changer : Revendications politiques concrètes concernant la dignité animale, les directives du permis de chasse, la protection de la jeunesse et la surveillance indépendante.
  • Argumentaire : Réponses aux objections les plus fréquentes du lobby de la chasse de loisir.
  • Liens rapides : Tous les articles, études et sources pertinents en un coup d'œil.

Dignité animale : Ce que le droit promet et ce qu'il tient

La Suisse a inscrit la protection de la dignité animale dans l'ordre juridique plus que tout autre pays. L'art. 120 al. 2 de la Constitution fédérale (Cst.) ancre la « dignité de la créature » depuis 1992 comme principe constitutionnel. L'art. 1 de la loi sur la protection des animaux (LPA) formule comme but légal de « protéger la dignité et le bien-être de l'animal ». L'art. 3 lit. a LPA concrétise ce que signifie la dignité : La valeur intrinsèque de l'animal doit être respectée. Les atteintes qui l'humilient, l'instrumentalisent excessivement ou blessent son apparence sont considérées comme un mépris de la dignité animale.

Quiconque méprise la dignité animale commet de la maltraitance animale au sens de l'art. 26 al. 1 lit. a LPA et risque une peine privative de liberté jusqu'à trois ans ou une amende. Le Tribunal fédéral a établi en 1989 que seule une protection complète de la vie correspondrait aux sentiments éthiques de la société. Dans la littérature spécialisée, on discute en outre si la dignité animale peut aussi déployer des effets juridiques après la mort, par analogie à l'effet post-mortem de la dignité humaine selon l'art. 7 Cst. Bolliger et Rüttimann écrivent à ce sujet : Parce que la notion de dignité ne peut avoir de signification fondamentalement différente pour les animaux que pour les humains, un effet juridique au-delà de la mort ne devrait pas non plus être catégoriquement exclu pour la dignité animale.

Malgré cette haute densité normative, l'exposition d'animaux sauvages morts sur internet reste largement non réglementée. La loi sur la protection des animaux protège les animaux contre la douleur et la souffrance, mais ne règle pas explicitement comment le corps peut être mis en scène médiatiquement après la mort. Une société qui reconnaît dans les textes de loi la dignité de l'animal devrait logiquement aussi problématiser l'exposition dégradante d'animaux morts.

Plus sur le cadre juridique : Chasse et protection des animaux : Ce que la pratique fait aux animaux sauvages

Art. 135 CP : Quand les images de violence deviennent punissables

L'art. 135 CP interdit les représentations qui « représentent de manière saisissante des actes de violence cruels contre des personnes ou des animaux et violent gravement ce faisant la dignité élémentaire de l'homme ». La norme saisit expressément aussi la violence contre les animaux. Est punissable quiconque fabrique, diffuse, stocke, montre ou rend accessibles de telles prises de vues (al. 1, jusqu'à 3 ans de peine privative de liberté). Depuis la révision, la simple possession est aussi punissable (al. 1bis, jusqu'à 1 an).

La Fondation Droit Animal (TIR) confirme que se rend punissable quiconque prend des clichés avec représentation explicite de violence contre des animaux et les publie sur internet. La question de savoir si les exploitants de réseaux sociaux se rendent aussi punissables sur la base de l'art. 135 CP n'est pas encore clarifiée dans la pratique.

Le Tribunal fédéral applique l'art. 135 CP de manière restrictive et le limite aux « cas vraiment flagrants et évidents » de violence excessive. Les photos de trophées typiques sur lesquelles un chasseur de loisir pose à côté d'un animal abattu ne tombent pas sous ce délit selon la doctrine dominante, parce que la représentation de la mise à mort « légale » n'est pas considérée comme assez excessive. Le seuil est élevé : Là où l'État autorise la mise à mort elle-même, il devient difficile de qualifier la fixation photographique d'« acte de violence cruel ». Juridiquement, une lacune apparaît : La dignité de l'animal s'arrête là où la caméra commence.

Qu'cette lacune ne soit pas sans signification le montre un cas actuel des Grisons. Comme l'a documenté wildbeimwild.com, le ministère public des Grisons a refusé d'ouvrir une procédure pénale contre un chasseur de loisir qui avait publiquement diffusé des photos de gibier abattu et des photos d'enfants sur les réseaux sociaux. Parallèlement, celui qui avait utilisé une de ces images dans un contexte critique fut poursuivi pénalement. L'affaire est devant le Tribunal fédéral. Elle montre de manière exemplaire que les images de chasse sont traitées en Suisse comme un véritable vide juridique : celui qui exhibe des animaux morts s'en sort sans sanctions. Celui qui critique ces mêmes images risque une procédure.

Plus d'informations sur les cas à la limite de la pénalité : Chasse et cruauté envers les animaux

Police et armée : que se passe-t-il quand des fonctionnaires posent avec des morts

Dans la police et l'armée s'appliquent des règles strictes concernant le traitement des victimes et des images de violence. Celui qui travaille à la frontière entre la vie et la mort ne doit pas faire de ce moment une scène d'autopromotion. Les infractions sont durement sanctionnées car elles transforment les victimes en objets de divertissement et sapent la confiance dans l'État de droit.

Un cas londonien montre à quel point de telles infractions sont prises au sérieux : en juin 2020, les policiers Deniz J. (47 ans) et Jamie L. (33 ans) devaient surveiller la scène de crime d'un double meurtre de deux sœurs dans le Fryent Country Park. Au lieu d'accomplir leur mission, ils prirent des selfies avec les cadavres et partagèrent les images dans des groupes WhatsApp. Le verdict : tous deux furent révoqués de la police et condamnés chacun à deux ans et neuf mois de prison. La mère des victimes déclara que les agents avaient « déshumanisé » ses enfants.

En Allemagne, un aspirant commissaire en Rhénanie-du-Nord-Westphalie fut licencié en 2020 pour « manque d'aptitude morale » après avoir utilisé à plusieurs reprises des situations de service pour des selfies sur les réseaux sociaux, notamment lors d'un transport de prisonniers. Le tribunal administratif supérieur de Rhénanie-du-Nord-Westphalie confirma le licenciement. Le signal est clair : celui qui abuse de sa position à l'interface entre violence et ordre pour une mise en scène narcissique perd son emploi.

Chez les chasseurs de loisir, de telles conséquences font défaut. Aucun permis de chasse n'est retiré parce que quelqu'un pose fièrement avec un chevreuil mort. Aucune fédération de chasse ne sanctionne des membres qui publient des scènes sanglantes sur leur fil d'actualité. Le comportement sous-jacent, à savoir poser avec un corps tué, est structurellement identique. L'évaluation suit cependant un double standard : pour les victimes humaines, cela vaut comme mépris de la dignité. Pour les animaux sauvages, comme « honneur cynégétique ».

Plus d'exemples de pratiques cynégétiques qui dérapent : Administrations cynégétiques suisses peu sérieuses

Ce que disent les études : 96 pour cent réagissent négativement

Les données sont sans équivoque. Une étude représentative de l'institut d'études de marché Bilendi et Respondi de 2024, menée dans le cadre d'un mémoire de master à la FH Burgenland, a examiné pour la première fois systématiquement comment la génération Z réagit aux photos de gibier abattu sur les réseaux sociaux. Les résultats sont désastreux pour la chasse de loisir : 96 à 99 pour cent des réactions affectives aux photos de gibier abattu étaient négatives. 73 pour cent des personnes interrogées souhaitaient que de telles images soient accompagnées d'un avertissement. 69 pour cent ne voulaient voir aucune photo de gibier abattu sur les réseaux sociaux. 67 pour cent éprouvaient de la compassion pour les animaux représentés. 57 pour cent étaient d'avis que les photos de gibier abattu influencent négativement l'image sociale de la chasse de loisir.

Le rejet est resté constamment élevé, indépendamment du fait que les représentations montraient le gibier, le chasseur de loisir ou d'autres compositions d'images. L'étude réfute ainsi l'hypothèse répandue parmi les chasseurs de loisir qu'une «mise en scène attrayante» pourrait rendre les photos de trophées socialement acceptables. L'expert en communication cynégétique Christoph Fischer le formule sans détour sur la plateforme Hirsch&Co : «Un animal mort reste un animal mort et ne peut pas déclencher d'associations positives chez le citoyen moyen qui aime les animaux.» Il qualifie les photos de trophées de «mines communicationnelles» et avertit que chaque photo inconsidérée peut détruire en quelques secondes le récit soigneusement entretenu de la «gestion responsable».

Il est remarquable que la critique vienne aussi de la scène de la chasse de loisir elle-même : 70 pour cent des jeunes chasseurs de loisir se sont déjà clairement prononcés en 2019 contre la diffusion de photos de trophées sur les réseaux sociaux (Fischer 2019). Aux États-Unis, l'organisation Mountain Pursuit a documenté qu'en 2019, 29 pour cent des posts Instagram de l'industrie cynégétique montraient encore des photos de trophées ou des scènes sanglantes, un taux qui a chuté de 25 pour cent jusqu'en 2021, parce que même l'industrie a reconnu que de telles images mettent en danger l'acceptation publique de la chasse de loisir.

Les plateformes sociales réagissent également : Instagram classe le contenu d'armes et de chasse comme potentiellement problématique depuis l'introduction du «Sensitive Content Control» et réduit leur portée pour les non-abonnés. Des hashtags comme #trophyhunting sont bannis. L'algorithme reconnaît les images d'armes et réduit automatiquement leur visibilité. La chasse de loisir perd ainsi non seulement le contrôle moral, mais aussi le contrôle technique de son langage visuel.

Plus d'analyses sur la culture cynégétique actuelle : Le chasseur de loisir au 21e siècle

Psychologie : Les corps morts comme scène de l'autoreprésentation

Les photos de trophées donnent un aperçu d'une psychologie de la distanciation. Celui qui pose en souriant à côté d'un animal mort signale que la souffrance et la mort de cet individu passent au second plan derrière la fierté, le succès et l'appartenance au groupe. En psychologie sociale, il est établi que l'exposition répétée à des images de violence sans contexte empathique déplace la limite intérieure de l'acceptable : les gens s'habituent à des spectacles qui les auraient auparavant choqués.

Dans le contexte policier, cette tendance est précisément considérée comme un signal d'alarme. Celui qui pose de manière désinvolte avec une victime montre, selon l'évaluation professionnelle, qu'il pourrait être inadapté pour un rôle sensible. Dans la chasse de loisir, cette même fascination pour la mise en scène avec le corps mort est idéalisée comme «passion pour la nature» ou «tradition». Les magazines de chasse spécialisés sont remplis d'images de chasseurs de loisir en fièvre de chasse qui posent en position dominante au-dessus de leurs victimes. Comme wildbeimwild.com le décrit avec justesse : Tout soldat ou policier serait renvoyé de manière déshonorante du service et interné en clinique psychiatrique s'il se présentait devant sa victime comme le font les chasseurs de loisir.

Le langage visuel en dit plus que mille mots : agenouillé à la tête de l'animal, une main sur les bois, l'autre sur l'arme, large sourire, pouce levé. L'animal ne sert pas comme sujet vivant, mais comme pièce à conviction pour l'art du tir, la masculinité ou le succès de chasse. La pose dégrade l'animal en accessoire d'un moment d'ego. De telles photographies sont nécessaires aux chasseurs de loisir pour se sentir importants et pour obtenir la reconnaissance au sein de la culture cynégétique. Celui qui peut présenter le plus grand trophée, le cerf le plus fort ou le tir le plus lointain monte dans la hiérarchie. Le parallèle avec la chasse aux trophées à l'étranger est évident : qu'il s'agisse d'un chevreuil dans un territoire des Grisons ou d'un éléphant en Namibie, la mécanique de l'autoreprésentation sur le corps mort est la même.

D'un point de vue éthique, la mort est le moment de vulnérabilité maximale d'un être vivant. L'utiliser comme décor pour des selfies réduit l'individu à un objet, renforce la dévalorisation des animaux sauvages et favorise une culture où l'empathie passe après l'ego et le divertissement.

En savoir plus sur les aspects psychologiques : Psychologie de la chasse

Comparaisons internationales : qui agit et qui reste spectateur

Le débat sur les photos de trophées de chasse ne se limite pas à la Suisse. En Namibie, le ministre de l'Environnement Pohamba Shifeta a interdit la publication de photos avec des animaux sauvages morts sur les réseaux sociaux. La justification : de telles images donnent une fausse représentation de la chasse de loisir et ne sont pas moralement acceptables. Wildbeimwild.com a rapporté la menace de sanctions qui devrait s'appliquer à tous, « en particulier à ceux qui détiennent des permis de chasse ». Les photos ne pourraient plus être prises que pour un usage privé, pas pour les réseaux sociaux.

Aux États-Unis, la chaîne de magasins Walmart, le plus grand employeur privé au monde, a retiré toutes les représentations de violence de chasse des magasins et des écrans. Dans de plus en plus de pays, des interdictions d'importation de trophées de chasse sont discutées ou mises en œuvre : la Belgique, la Finlande, les Pays-Bas et la France ont déjà adopté des interdictions. En Grande-Bretagne, un projet de loi correspondant a passé la Chambre des communes. L'UE discute d'un durcissement des règles d'importation.

La Suisse traîne dans cette évolution. Il n'existe ni réglementation légale pour les photos de trophées de chasse ni directives contraignantes des associations de chasse. L'association suisse de chasse JagdSchweiz recommande certes en interne la « retenue » lors de publications, mais ne sanctionne pas les infractions. Le résultat : alors qu'en Namibie un ministre agit, le débat suisse reste au stade des demandes polies.

En savoir plus sur la négligence suisse : La chasse de loisir vérifiée : licence rapide pour tuer au lieu de connaissances

Éthique de la mort : l'angoisse de mourir n'est pas un motif photo

En médecine humaine, « mourir dans la dignité » est un principe directeur central. La médecine palliative et l'éthique soulignent que la dernière phase de vie doit être marquée par le calme, la réduction de la douleur et le respect. Personne n'aurait l'idée de plonger un être humain mourant dans l'angoisse de la mort et de mettre en scène son corps ensuite comme trophée pour un loisir.

Lors de la chasse de loisir, c'est exactement ce qui se passe avec les animaux sauvages. Ils sont tirés à distance, fuient en panique, sont souvent blessés, luttent pour leur vie. Le taux de réussite de recherche selon le canton n'est que de 35 à 65 %. Chaque année en Suisse, on estime que 3'000 à 4'000 animaux sauvages sont tirés et jamais achevés. Une étude danoise (Elmeros et al. 2012) a prouvé que 25 % des renards abattus portaient des traces de tirs antérieurs. L'Association vétérinaire pour la protection des animaux (TVT) en Allemagne a documenté que lors des battues jusqu'à 70 % des animaux tirés ne meurent pas immédiatement.

C'est exactement ce résultat, un animal saignant, ayant fui en panique et finalement tué, qui est ensuite photographié avec fierté. Alors que les animaux de boucherie en Suisse doivent être étourdis avant la saignée, aucune obligation d'étourdissement comparable ne s'applique aux animaux sauvages lors de la chasse de loisir. D'un point de vue éthique, il est difficilement justifiable que nous fassions précisément du processus de mort le plus brutal et le plus incontrôlé le prétexte d'un selfie. La photo de trophée de chasse célèbre le résultat d'un processus que nous punirions à l'abattoir comme contraire à la protection des animaux.

En savoir plus sur l'absence d'obligation d'étourdissement : Battue sous observation

Ce qui devrait changer

  • Dignité animale au-delà de la mort : La notion de dignité selon le droit de protection des animaux doit déployer ses effets au-delà de la mort. L'art. 3 let. a LPA en relation avec l'art. 26 LPA doit être interprété de manière à ce que l'exhibition dégradante d'animaux morts sur internet soit qualifiée d'atteinte à la dignité. Intervention modèle : Réglementation des photos de trophées de chasse
  • Directives contraignantes sur les réseaux sociaux pour les détenteurs de permis de chasse : L'octroi d'un permis de chasse sera lié à une directive contraignante. La publication de photos de gibier abattu mettant en scène des animaux morts comme trophées sera définie comme incompatible avec une chasse « éthique ». Les infractions entraîneront le retrait ou la suspension temporaire du permis.
  • Surveillance de la chasse indépendante avec contrôle des médias : Le cas des Grisons montre que les parquets traitent les photos de gibier abattu comme des bagatelles, tandis que l'utilisation critique de ces mêmes images fait l'objet de poursuites pénales. Une surveillance de la chasse indépendante sur le modèle genevois professionnalise également le contrôle de la mise en scène médiatique de la chasse de loisir. Initiative modèle : Surveillance de la chasse indépendante : Contrôle externe au lieu d'autocontrôle
  • Appliquer rigoureusement la protection de la jeunesse : Les photos de gibier abattu sont librement accessibles sur les plateformes, y compris aux mineurs. La loi sur la protection de la jeunesse face aux médias (LPMJ) doit inclure les photos de gibier abattu dans son champ d'application, à l'instar d'autres représentations de violence envers les animaux.

Argumentaire

« Les photos de gibier abattu sont une tradition. » De nombreuses anciennes traditions, des exécutions publiques aux combats d'animaux, sont aujourd'hui considérées comme inacceptables parce qu'elles faisaient de la souffrance un spectacle. L'invocation de la tradition n'explique pas pourquoi un comportement devrait être moralement défendable. Les photos de gibier abattu suivent le même schéma en faisant de la mort d'un animal une scène de fierté et de divertissement.

« Une seule photo ne fait pas de mal. » Dans la logique des réseaux sociaux, la masse et la répétition comptent. Selon Bilendi/Respondi 2024, 96 à 99 pour cent de la génération Z réagissent négativement aux photos de gibier abattu. Chaque nouvelle pose sanglante s'inscrit dans un flux d'images qui associe la chasse de loisir à la brutalité, au fétichisme des armes et au manque d'empathie.

« N'y a-t-il pas aussi des images problématiques chez la police et l'armée ? » Oui, et elles font l'objet de poursuites pénales. À Londres, deux policiers ont été condamnés en 2021 à près de trois ans de prison chacun pour avoir pris des selfies avec des victimes de meurtre et les avoir partagés sur WhatsApp. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, un aspirant commissaire a été révoqué de la fonction publique pour des selfies en service. Dans la chasse de loisir, de telles conséquences font défaut, bien que le comportement soit structurellement identique.

« Les animaux n'ont pas de droits de la personnalité, la comparaison boite. » La comparaison ne vise pas un statut juridique identique, mais une attitude identique : la mise en scène d'un corps mort comme moment d'ego. La Suisse reconnaît dans l'art. 1 LPA une valeur propre de l'animal. Une application conséquente de ce principe doit aussi problématiser l'avilissement post-mortem.

« Qui mange de la viande ne peut pas parler des photos de gibier abattu. » L'argument de l'hypocrisie confond différents niveaux. La consommation de viande peut être critiquée sur le plan éthique, mais ne justifie pas que la mort d'un animal devienne prétexte à une mise en scène narcissique sur le net. Qui mange un steak ne pose pas en souriant à côté de la vache.

« Le bon sens suffit. » La diffusion et la défense des photos de gibier abattu montrent que le « bon sens » fonctionne différemment dans certaines parties du milieu de la chasse de loisir que dans le reste de la société. Là où l'empathie et l'auto-limitation ne suffisent pas, il faut des garde-fous éthiques et juridiques clairs.

« La chasse n'est critiquée que par les opposants à la chasse. » 70 pour cent des jeunes chasseurs de loisir sont eux-mêmes contre les photos de gibier abattu sur le net (Fischer 2019). La plateforme Hirsch&Co, un média favorable à la chasse, met en garde contre les risques communicationnels. Même le secteur reconnaît que les photos de gibier abattu nuisent davantage à sa propre image que toute campagne extérieure.

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Notre exigence

Les photos de prises ne sont pas un sujet marginal, mais un miroir de la façon dont nous pensons en tant que société à la dignité, à la compassion et à la violence. Ce dossier documente pourquoi l'exhibition d'animaux sauvages morts entre en collision avec les droits légaux, les données d'études et les standards éthiques minimaux et pourquoi la même pose qui coûte son emploi à un policier passe pour de la « tradition » chez les chasseurs de loisir. Le dossier est mis à jour en permanence quand de nouveaux jugements, études ou développements politiques l'exigent.

Plus sur le thème de la chasse de loisir : dans notre Dossier sur la chasse nous regroupons des vérifications de faits, analyses et reportages de fond.