4 avril 2026, 05:11

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Chasse nocturne et high-tech : le mythe de la chasse équitable

Environ 30’000 chasseuses et chasseurs de loisir sont actifs en Suisse. Beaucoup d'entre eux utilisent aujourd'hui des technologies qui, encore une génération plus tôt, étaient exclusivement réservées à l'armée et aux forces de l'ordre : caméras thermiques qui rendent visible la chaleur corporelle des animaux sauvages dans l'obscurité totale, lunettes de vision nocturne qui permettent des tirs précis sans aucune lumière du jour, drones qui repèrent et rabattent les animaux sauvages depuis les airs, et appeaux numériques qui abusent d'instincts vieux de millions d'années.

Ce qui est commercialisé par les chasseurs de loisir comme une « pratique de chasse contemporaine » et une « protection efficace de la faune » se révèle, à y regarder de plus près, être un système d'écrasement technologique qui retire aux animaux sauvages les seules zones de protection qui leur restaient : la nuit, le terrier, les fourrés et le narratif de tradition, de lien avec la nature et de « chasse équitable » sont définitivement réfutés.

La situation juridique suisse est, dans ce domaine, un patchwork difficilement contrôlable : les cantons réglementent différemment, l'application est structurellement quasi impossible, et au niveau fédéral, toute réponse cohérente à l'escalade technologique fait défaut. Ce dossier documente les faits, nomme les problèmes de protection animale et montre pourquoi la chasse de loisir technologiquement surarmée est l'opposé de l'art de la chasse.

Ce qui vous attend ici

  • Caméras thermiques : Comment les animaux sauvages sont repérés avant même le crépuscule, pourquoi même les chasseurs du Valais ont réclamé une interdiction et ce que cela révèle sur la proportionnalité.
  • Dispositifs de visée nocturne : Pourquoi le tir nocturne est particulièrement problématique du point de vue de la protection animale, quels types de blessures en résultent et ce qui arrive aux animaux blessés dans l'obscurité.
  • Drones : Comment les drones sont utilisés comme « rabatteurs aériens », pourquoi le canton de Glaris a déjà réagi et où se situe la frontière entre sauvetage de faons et outil de chasse.
  • Appels numériques : Comment la chasse de loisir instrumentalise les instincts évolutifs comme piège, quels dispositifs sont disponibles librement et pourquoi le narratif de la « compétition équitable » est démoli.
  • Le patchwork suisse : Pourquoi 26 cantons produisent 26 réglementations différentes, à quoi ressemble la réaction parlementaire au niveau fédéral et pourquoi l'application est structurellement impossible.
  • Le conte de fées de la chasse équitable : Pourquoi chasse high-tech et éthique cynégétique sont une contradiction insoluble.
  • Ce qui devrait changer : Six revendications concrètes pour une régulation proportionnée.
  • Argumentaire : Réponses aux justifications les plus fréquentes des chasseurs de loisir.
  • Liens rapides : Tous les articles, études et dossiers pertinents en un coup d'œil.

Caméras thermiques : Chassés de la protection de l'obscurité

La caméra thermique est passée d'un outil de spécialiste à un équipement standard de la chasse de loisir. « Ces dispositifs de vision nocturne ont connu un véritable boom. Presque chaque groupe de chasse en a un avec lui. Cela accroît la concurrence entre chasseurs et la pression sur le gibier augmente », déclare Sven Wirthner du Service valaisan de la chasse, de la pêche et de la faune. Avec la caméra, les territoires de chasse sont fouillés à la recherche d'animaux déjà avant le crépuscule ; les tirs ont lieu aux premières lueurs du jour sur les chevreuils et cerfs identifiés durant la nuit. La nuit, qui constitue évolutivement la zone de protection la plus importante pour les animaux sauvages, est ainsi systématiquement abolie.

Même au sein des chasseurs, l'acceptation de cette pratique est limitée. Le canton du Valais a interdit les caméras thermiques sur initiative de ses propres chasseurs – non pas parce qu'une loi l'exigeait, mais parce que la pression sur le gibier était devenue trop importante. « Les animaux doivent aussi avoir leur chance d'échapper aux chasseurs grâce à leur instinct », telle est la justification du Valais. C'est remarquable : quand les chasseurs de loisir eux-mêmes jugent un outil trop efficace et donc déloyal, toute discussion sérieuse sur la protection animale devrait prendre exactement cela comme point de départ – et non l'écarter comme opinion isolée.

Dans le canton de Berne, les caméras thermiques sont légales pour l'observation, tant qu'elles ne sont pas utilisées directement comme aide à la visée lors du tir. Dans d'autres cantons s'appliquent d'autres règles. Le résultat est un avantage technologique qui génère de facto une pression de chasse 24 heures sur 24 et ne laisse plus de phases de repos aux animaux sauvages. Du point de vue de la protection animale, la pression de chasse chronique n'est pas un problème marginal : le stress permanent augmente les niveaux de cortisol, perturbe les cycles de reproduction, accroît les risques d'accident lors de fuites et affaiblit les défenses immunitaires.

Plus d'informations : Psychologie de la chasse et Mythes de la chasse : 12 affirmations que tu devrais examiner de manière critique

Dispositifs de visée nocturne : Quand l'animal n'a plus aucune chance

Alors que les caméras thermiques servent à la surveillance, les dispositifs de visée nocturne et les lunettes de visée thermiques vont encore plus loin : ils permettent de tirer directement dans l'obscurité totale. La situation juridique cynégétique est contradictoire en soi. En Allemagne, les lunettes de visée thermiques en tant que dispositifs d'appoint sont autorisées dans plusieurs Länder pour la chasse au sanglier ; les lunettes de visée thermiques entièrement intégrées restent en revanche interdites. En Suisse, les réglementations cantonales déterminent ce qui est autorisé – avec pour conséquence que le même appareil est légal dans le canton X et interdit dans le canton Y. Dans le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures, il existe une directive officielle qui liste explicitement les dispositifs de visée nocturne comme moyens auxiliaires interdits. D'autres cantons gardent le silence.

Du point de vue de la protection animale, le tir nocturne est particulièrement problématique. L'identification sûre d'une espèce animale avec des dispositifs thermiques dans l'obscurité est nettement plus difficile qu'en plein jour, ce qui rend les tirs ratés plus probables. La situation est encore plus grave avec les animaux blessés mais non tués immédiatement : la recherche ne peut généralement commencer qu'au matin suivant. L'animal blessé passe des heures dans l'agonie, seul, dans l'obscurité, sans aucune possibilité de secours. Wildtierschutz Deutschland constate : « Les animaux blessés dans la nuit ne peuvent souvent plus être retrouvés lors de la recherche – avec pour résultat une agonie atroce. » Ce n'est pas de la vénerie. C'est de la souffrance organisée.

Au niveau fédéral, une motion pour l'interdiction des dispositifs de vision nocturne pour la chasse a été déposée au Conseil national suisse. Elle montre que le problème est arrivé politiquement. Une réglementation fédérale cohérente fait néanmoins défaut. Le lobby de la chasse de loisir argumente que les dispositifs de visée nocturne sont indispensables pour une « régulation efficace du sanglier ». L'argument tourne en rond : la chasse de loisir contribue massivement à créer le problème du sanglier à réguler en décimant les prédateurs naturels, puis exige plus de technologie pour le résoudre.

Plus d'informations : Dossier Animaux sauvages, peur de la mort et absence d'anesthésie et Méthodes de chasse tortueuses – tolérées et encouragées

Drones : Le « rabatteur aérien »

Les drones à la chasse sont commercialisés par leurs partisans comme utiles pour le sauvetage des faons avant les faucheuses. C'est légitime et à saluer du point de vue de la protection animale. Mais l'utilisation de drones comme outil de chasse actif est une catégorie totalement différente. Dans le canton de Glaris, le Conseil d'État a établi que les drones peuvent être utilisés comme « rabatteurs aériens », « perturbent directement » le gibier, ce qui va à l'encontre de l'éthique cynégétique, et a suggéré une révision des prescriptions de chasse. C'est un aveu remarquable : l'État reconnaît que les drones à la chasse sont problématiques – mais n'agit pas.

Les drones permettent le pistage systématique, l'effarouchement et la direction des animaux sauvages depuis les airs. Pour les animaux concernés, cela signifie un élément supplémentaire de surveillance totale de leur habitat : aucun fourré n'offre plus de sécurité quand un drone survole. Particulièrement les chevreuils et les faons, qui par instinct « se plaquent » en cas de danger – c'est-à-dire demeurent immobiles dans les hautes herbes ou les sous-bois – sont particulièrement exposés par les drones. Le plaquage comme stratégie de protection évolutive est délibérément exploité et dévalué par la chasse au drone.

L'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) régule l'espace aérien, mais pas l'utilisation cynégétique des drones en détail. L'Association allemande de la chasse a recommandé à ses membres de ne pas utiliser les drones pour rabattre ou déranger le gibier – mais ce n'est pas une barrière contraignante. Il reste à la responsabilité personnelle des chasseurs de loisir de ne pas abuser d'une technologie qui procure à la chasse un avantage écrasant. L'histoire de la technologie cynégétique montre qu'on ne peut pas compter sur la retenue volontaire.

Plus d'informations : Dossier Chasse en Suisse : vérification des faits, types de chasse, critique et Alternatives à la chasse : ce qui aide vraiment, sans tuer d'animaux

Appeaux numériques : la tromperie comme système

Les appeaux numériques imitent avec une haute précision les cris d'animaux-proies, de congénères ou de jeunes en détresse. Ils sont diffusés via des haut-parleurs Bluetooth et peuvent attirer des animaux depuis des centaines de mètres. Le renard qui suit un cri de souris numérique n'a aucune possibilité de reconnaître qu'il s'agit d'un piège. Le chevreuil qui réagit à un appel de faon en détresse et veut soi-disant préserver son petit du danger est tué précisément au moment où il manifeste un instinct de protection. Ce n'est pas de la chasse d'égal à égal. C'est l'exploitation systématique d'instincts vieux de millions d'années qui n'ont pas prévu de protection contre un haut-parleur.

En Suisse, l'utilisation d'appareils sonores pour attirer le gibier est interdite dans de nombreux cantons, mais à peine contrôlée. Dans le commerce en ligne, les appeaux numériques avec des centaines de voix d'animaux stockées sont librement disponibles, y compris les voix d'espèces protégées. Le contrôle pour savoir si un chasseur de loisir utilise un appel numérique sur le terrain est pratiquement impossible. Ce qui n'est pas contrôlé a lieu.

Les chasseurs de loisir justifient les appeaux numériques comme « instrument proche de la nature », car les chasseurs auraient aussi utilisé des instruments d'appel autrefois. La comparaison cloche : un instrument à anche soufflé à la bouche exige des compétences, produit une portée sonore limitée et est tout sauf précis. Un appareil numérique avec haut-parleur GPS et 300 cris d'animaux stockés en qualité HD est le contraire de la proximité avec la nature. C'est l'utilisation de la technologie de consommation contre des animaux qui n'ont aucune chance de reconnaître la différence.

Plus à ce sujet : Mythes de la chasse : 12 affirmations que tu devrais examiner de manière critique et Chasseurs de loisir et leur plaisir dans la torture animale

Le patchwork suisse : réglementation sans exécution

Ce qui caractérise particulièrement la Suisse dans la technologie de chasse, c'est l'incohérence réglementaire totale. La souveraineté cantonale sur le droit de chasse fait que pour la même technologie, il peut exister jusqu'à 26 réglementations différentes dans 26 cantons. Les caméras thermiques sont interdites dans le canton du Valais sur initiative des chasseurs, autorisées pour l'observation dans le canton de Berne, pas même mentionnées dans d'autres cantons. Les dispositifs de visée nocturne sont explicitement répertoriés comme moyens auxiliaires interdits en Appenzell Rhodes-Extérieures, dans d'autres cantons la législation se tait. Les appeaux numériques sont parfois interdits au niveau cantonal, parfois tolérés, parfois non réglementés.

L'exécution est structurellement à peine possible. Les gardes-chasse sont clairsemés, les territoires de chasse vastes et l'obscurité, dans laquelle a lieu la chasse nocturne, protège en plus les chasseurs de loisir. Un contrôle pour savoir si on a tiré la nuit avec une lunette de visée thermique est difficilement réalisable sans constatation sur place en temps réel. La conséquence est une situation juridique qui existe sur le papier, mais qui tolère en fait l'armement technologique dans la pratique.

Au niveau fédéral, une motion pour l'interdiction des dispositifs de vision nocturne pour la chasse a été déposée. Il reste à voir si le Parlement agit. Tant qu'aucune réglementation confédérale n'existe, la protection des animaux sauvages contre l'accablement technologique reste abandonnée à la bonne volonté d'associations cantonales individuelles. Ce n'est pas un système. C'est le hasard.

Plus à ce sujet : Textes types pour des interventions critiques de la chasse dans les parlements cantonaux et Dossier Chasse en Suisse

Le conte de fées de la vénerie équitable

La chasse de loisir se justifie publiquement par la tradition, la proximité avec la nature et le principe de laisser une chance équitable au gibier. Le concept de « probité cynégétique » est central : il suggère un traitement respectueux des animaux sauvages, une attitude éthique fondamentale qui distingue la chasse de loisir de la simple intention de tuer. La réalité technologique réfute ce narratif à tous les niveaux.

Les caméras thermiques permettent de repérer les animaux avant l'aube et leur ôtent la nuit comme refuge protecteur. Les dispositifs de visée nocturne permettent de tirer dans l'obscurité totale et transforment la recherche en agonie de plusieurs heures. Les drones chassent le gibier de ses cachettes sûres, face auxquelles il n'existe aucune stratégie de défense évolutive. Les appeaux numériques détournent des instincts de protection et des réflexes d'accouplement vieux de centaines de milliers d'années. Aucun de ces outils n'a de rapport avec la tradition ou le lien à la nature. Ils ont tous un point commun : ils maximisent l'avantage de l'homme et réduisent à zéro les chances de survie de l'animal sauvage.

Le canton de Genève le démontre depuis 1974, le Luxembourg depuis 2015 : la gestion de la faune sauvage fonctionne sans aucune forme de chasse de loisir. Qui chasse les animaux avec une technologie militaire a perdu le droit de se prévaloir de la tradition et de l'éthique cynégétique.

En savoir plus : Genève et l'interdiction de chasse : 50 ans sans chasse de loisir et Interdiction de la chasse en Suisse : Pourquoi la fin de la chasse de loisir est urgente

Ce qui devrait changer

  • Interdiction fédérale des lunettes de visée thermique et des dispositifs de visée nocturne pour les chasseurs de loisir : L'évolution technologique a dépassé les patchworks cantonaux. Une interdiction ancrée au niveau fédéral des lunettes de visée thermique et des dispositifs de visée nocturne créerait une base uniforme à l'échelle suisse et permettrait l'application.
  • Définition légale claire des drones comme moyen de chasse interdit : Les drones utilisés pour repérer, faire lever ou rabattre le gibier doivent être qualifiés juridiquement comme moyens auxiliaires interdits, au niveau fédéral.
  • Interdiction nationale des appeaux numériques : L'utilisation d'appareils sonores numériques pour attirer les animaux sauvages doit être interdite dans toute la Suisse. Le commerce en ligne de tels appareils ne peut être empêché, mais leur utilisation sur territoire de chasse public et privé doit être pénalement sanctionnée.
  • Obligation de déclaration pour les tirs nocturnes et les recherches : Chaque tir effectué la nuit doit être déclaré, y compris le début de la recherche et son résultat. Cela rendrait statistiquement saisissable pour la première fois l'ampleur réelle des animaux morts non retrouvés.
  • Formation obligatoire pour l'utilisation de nouvelles technologies : Qui veut utiliser des appareils thermiques pour l'observation, là où c'est autorisé, doit justifier d'une formation attestée à l'identification sûre des animaux. Cela réduit les tirs erronés sur espèces protégées.
  • Obligation de transparence pour le lobby de la chasse : Les fabricants et vendeurs de technologie de chasse doivent être contraints de déclarer les chiffres de vente aux autorités. C'est le seul moyen de réguler rapidement la diffusion de nouvelles technologies. Interventions types : Textes types pour interventions critiques de la chasse et Parlement.ch : Motion Interdiction des dispositifs de vision nocturne pour la chasse

Argumentaire

« Les appareils thermiques rendent la chasse plus sûre car ils évitent les tirs erronés. » Le contraire est prouvé : l'identification de l'espèce et du sexe animal à des températures proches de zéro, où les signatures thermiques sont similaires, est sujette à erreur. De plus, la précision supposée incite à des tirs qui ne seraient pas tentés en plein jour. Wildtierschutz Deutschland documente une augmentation des tirs erronés sur espèces protégées lors de l'utilisation d'appareils thermiques.

« La chasse nocturne est nécessaire pour la régulation du sanglier. » L'affirmation selon laquelle plus de tirs réduiraient durablement la population de sangliers n'est pas scientifiquement tenable. Les études montrent que les sangliers compensent les pertes par une reproduction accrue. La véritable cause de la pression du sanglier – agriculture intensive, monocultures de maïs, absence de prédateurs – n'est pas éliminée par la chasse nocturne, mais masquée.

« Les drones sauvent les faons – c'est pourtant positif. » L'utilisation de drones pour sauver les faons avant les faucheuses est expressément à saluer. Cela ne change rien au fait que cette même technologie est utilisée comme outil de chasse pour effrayer et traquer le gibier. Défendre les deux à la fois constitue une double morale qui se fait aux dépens des animaux sauvages.

«Les appels numériques, les chasseurs les ont aussi utilisés autrefois – ce n'est rien de nouveau.» Un appeleau à chevreuil soufflé à la bouche et un haut-parleur Bluetooth avec 300 cris d'animaux HD enregistrés diffèrent si fondamentalement que la comparaison ne tient pas. La différence décisive n'est pas l'intention, mais l'effet : les appels numériques sont si précis et portent si loin que l'animal n'a aucune possibilité de reconnaître l'imitation. Ce n'est pas de l'artisanat traditionnel, mais l'utilisation de la technologie contre un animal structurellement désavantagé.

«La chasse de loisir se régule elle-même – le Valais le montre.» Le Valais montre le contraire : l'autorégulation n'a fonctionné que lorsque la pression sur le gibier était déjà si élevée que les chasseurs ont eux-mêmes réagi. Miser sur la retenue volontaire sans cadre légal est irresponsable du point de vue de la protection des animaux.

«La technologie est neutre – tout dépend de l'usage qu'on en fait.» La technologie n'est pas neutre quand elle crée des rapports de force asymétriques. Entre un animal sauvage qui dépend d'instincts évolutifs et un chasseur de loisir avec lunette de visée thermique, drone et appel numérique, il n'y a plus de compétition. Il y a une exécution.

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Notre exigence

Les animaux sauvages ne sont pas des cibles. L'armement technologique de la chasse de loisir n'est pas un progrès, mais une capitulation face au principe de proportionnalité : ce qui restait aux animaux sauvages comme seule zone de protection – la nuit, les fourrés, l'instinct – est systématiquement sapé par les caméras thermiques, drones et appels numériques. La situation juridique suisse est un patchwork incontrôlable qui se fait aux dépens des animaux sauvages. Les chasseurs de loisir se mettent en scène comme proches de la nature et respectueux de la vénerie – mais qui chasse les animaux avec une technologie de précision militaire a perdu le droit à ce narratif. Ce dossier sera mis à jour en continu quand de nouvelles données, évolutions juridiques ou tendances techniques l'exigeront.

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