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Chasse

282’499 ratons laveurs morts et la population continue de croître

La Fédération allemande de la chasse a publié les chiffres de prélèvement pour la saison de chasse 2024/2025 : 282'499 ratons laveurs ont été tués en Allemagne. Un chiffre effrayant qui n'est pourtant pas une preuve du succès de la chasse. Au contraire : les chiffres augmentent d'année en année. Ce n'est pas un hasard, mais une loi biologique – et l'échec d'une politique cynégétique qui s'accroche obstinément à des concepts obsolètes.

Rédaction Wild beim Wild — 15 mars 2026

L'organisation de défense des droits des animaux PETA critique sévèrement les fédérations de chasse.

« Les chasseurs de loisir sont pris dans une véritable frénésie sanguinaire, mais ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre qu'ils causent de plus en plus de dégâts. Leur concept a clairement échoué », déclare Peter Höffken, expert spécialisé chez PETA.

La biologie contrarie les plans des chasseurs de loisir

En effet, l'augmentation annuelle des chiffres de prélèvement confirme ce que la science décrit depuis longtemps : Une forte pression de chasse entraîne chez les ratons laveurs un taux de reproduction accru. Plus d'animaux sont tués, plus de jeunes naissent, les pertes dues à la chasse de loisir sont ainsi rapidement compensées ou même surcompensées. Ce phénomène de reproduction compensatoire ne se limite pas aux ratons laveurs : chez le sanglier, une étude longitudinale française de Sabrina Servanty et ses collègues (Journal of Animal Ecology) sur 22 ans démontre que la chasse intensive augmente considérablement la fécondité et fait que les laies atteignent leur maturité sexuelle plus tôt. Plus on tire, plus il y a d'animaux. «La chasse intensive fait croître la population. Seul un arrêt de la chasse peut interrompre cette spirale de mise à mort», confirme le référent de PETA Höffken.

Les résultats de recherches à long terme, notamment la thèse de Dr. Berit Michler (TU Dresden, Parc national de Müritz, 2006 à 2017), montrent que le raton laveur ne représente aucun danger substantiel pour la biodiversité indigène. En moyenne annuelle, son alimentation se compose à plus de 50 pour cent de mollusques comme les vers de terre et les escargots ainsi qu'à 32 pour cent de nourriture végétale. Là où des déclins de certaines espèces, notamment de la cistude d'Europe, sont documentés, c'est en premier lieu l'homme qui est responsable par la perte d'habitat et le danger mortel du trafic routier, pas le raton laveur. Les reptiles sont ainsi désormais menés au bord de l'extinction.

Kassel montre comment procéder : le lobby de la chasse tente de l'arrêter

La ville de Kassel a lancé en 2025 sur l'initiative de l'Association fédérale d'aide à la faune sauvage gGmbH un projet pilote révolutionnaire : les ratons laveurs sont capturés, castrés et relâchés. Le principe est doublement efficace : les animaux castrés ne peuvent plus se reproduire, mais occupent leurs territoires et empêchent ainsi l'arrivée de nouveaux animaux. Ce qui est déterminant pour l'expansion des populations, c'est l'habitat approprié, pas le volume d'abattage.

L'Association de chasse du Land de Hesse a tenté de torpiller le projet peu après son lancement. Cependant, le Ministère fédéral de l'environnement a précisé début 2026 : le projet de stérilisation est conforme au règlement UE n° 1143/2014, car il sert manifestement à la réduction de population. Le projet est poursuivi. «Nous appelons les associations de chasse à soutenir les projets de castration au lieu de les saboter», déclare le référent de PETA Höffken. Le schéma n'est d'ailleurs pas nouveau : Déjà en Hesse, l'association de chasse du Land voulait étendre la chasse au raton laveur, au lieu de donner une chance à des alternatives efficaces.

La liste de l'Union comme permis de chasser ?

L'inscription du raton laveur sur la liste de l'UE des espèces invasives a des conséquences importantes. Dans plusieurs Länder allemands, les périodes de protection ont été raccourcies, avec pour conséquence que davantage d'animaux parents sont tués pendant l'élevage et que leur progéniture meurt de faim dans d'atroces souffrances. Comme wildbeimwild.com l'expose en détail, la gestion des espèces invasives n'est pas une licence pour tuer : le règlement UE ne prévoit nullement en premier lieu la chasse pour les espèces déjà largement répandues, mais c'est exactement ainsi que cela est faussement interprété par les associations de chasse et de nombreuses autorités.

Le raton laveur n'a objectivement pas sa place sur la liste UE des espèces invasives. Son inscription est largement due à l'influence de groupes favorables à la chasse, pas à des preuves scientifiques probantes. «L'écureuil gris, le ragondin et le raton laveur sont des surfaces de projection parfaites pour une politique de chasse qui aime se déguiser en ‹protection des espèces›», souligne wildbeimwild.com. La véritable cause de la perte d'espèces en Europe est autre : l'agriculture et la sylviculture intensives contribuent massivement à la perte de biodiversité, bien plus qu'un omnivore opportuniste. De même la chasse de loisir elle-même crée plus de problèmes qu'elle n'en résout.

Également en Suisse : ratons laveurs autorisés à l'abattage

Le problème ne se limite pas à l'Allemagne. En Suisse aussi, les ratons laveurs sont systématiquement persécutés, avec les mêmes arguments scientifiquement réfutés. Notre dossier «Raton laveur Suisse : critique de la chasse, faits et études» le montre : ici aussi, la justification de la chasse est «l'origine incorrecte», une argumentation qui ne résiste pas à l'examen scientifique. Les ratons laveurs ont aussi le droit de vivre, que ce soit en deçà ou au-delà du Rhin. Qui veut sérieusement réfléchir à une gestion durable des ratons laveurs trouvera sur wildbeimwild.com des conseils pratiques sur la façon d'éloigner les ratons laveurs de manière respectueuse des animaux, sans recourir à des moyens létaux.

Science plutôt que fusil de chasse

282'499 ratons laveurs morts n'ont pas réduit la population. Ils l'ont stimulée. Qui veut sérieusement parler de politique durable de la faune sauvage doit écouter la science, et non les associations de chasseurs de loisir qui veulent compenser leur échec par encore plus d'abattages. Le modèle de Kassel le montre : il existe des alternatives.

Sources

Projet pilote de Kassel : castration au lieu d'abattage (2025) · Thèse sur les ratons laveurs, parc national de Müritz 2006 à 2017 (PDF) · Faits au lieu de baratin de chasseurs sur les ratons laveurs (2024) · Les ratons laveurs ne sont pas un danger (2023) · Journée mondiale du raton laveur (2024) · La Hesse veut étendre la chasse aux ratons laveurs (2024) · Les ratons laveurs n'appartiennent pas à la liste UE · Gestion des espèces invasives : pas de licence pour tuer · FAQ : Combien d'animaux sauvages sont abattus annuellement ? · FAQ : Quelles alternatives à la chasse existent-il ? · Tous les dossiers

Plus sur le thème des chasseurs de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous regroupons vérifications factuelles, analyses et reportages de fond.

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