Environ 30 000 chasseurs amateurs sont actifs en Suisse. Nombre d’entre eux utilisent des chiens : comme chiens leveurs lors des battues, comme terriers dans les tanières de renards et comme chiens de Saint-Hubert pour pister le gibier blessé.
Ce que les chasseurs amateurs présentent comme des « pratiques de chasse humaines » s'avère, à y regarder de plus près, être un système d'exploitation animale organisée qui envoie les chiens dans des situations où leur vie est en danger, les entraîne sur des animaux sauvages vivants, s'en débarrasse s'ils sont jugés « inaptes » et les soumet souvent à une vie de faible stimulation dans des chenils en dehors de la saison de chasse.
L’Ordonnance suisse sur la protection des animaux interdit généralement « l’utilisation d’animaux vivants pour le dressage ou l’évaluation des chiens » (art. 22, al. 1, lit. d de la TSchV), mais prévoit une exception explicite pour les chiens de chasse de loisir. L’Association suisse de protection des animaux (STS) rejette, dans sa prise de position, l’utilisation de chiens de chasse dans les terriers, du point de vue du bien-être animal. La Fondation pour le droit animalier (TIR) conclut que la chasse en terrier constitue une forme de cruauté envers les animaux à plusieurs égards, et une enquête de 2019 montre que 95 % des chiens utilisés lors des battues au sanglier subissent des blessures. En Allemagne, la caudectomie est autorisée pour les chiens de chasse de loisir, une pratique interdite en Suisse depuis 1997. Ce dossier documente les faits, identifie les problèmes de bien-être animal et démontre pourquoi la manière dont les chasseurs de loisir traitent « leurs » chiens est bien moins affectueuse que ne le laisse entendre le jargon de la chasse.
Qu'est-ce qui vous attend ici ?
Liens rapides. Tous les articles, études et dossiers pertinents en un coup d'œil.
- Entraînement sur des animaux vivants. Comment les chiens de chasse de loisir sont « entraînés » sur des renards vivants dans des terriers artificiels et sur des sangliers dans des enclos, et pourquoi l’ordonnance suisse sur la protection des animaux contient une exception explicite pour la chasse de loisir.
- Chasse dans les terriers de renards : pourquoi envoyer des chiens dans les terriers de renards est tout aussi brutal pour le chien que pour l’animal sauvage, pourquoi certains cantons ont déjà interdit la chasse dans les terriers de renards, et pourquoi le TIR classe cette pratique comme un acte de cruauté envers les animaux.
- Chasse en battue et sanglier. Comment les chiens de chasse se retrouvent confrontés à des situations potentiellement mortelles lors des battues et pourquoi 95 % des chiens utilisés sont blessés.
- « L’affûtage » comme objectif de sélection : que signifient les expressions « affûtage pour les prédateurs » et « affûtage pour les sangliers », pourquoi la caudectomie est autorisée chez les chiens de chasse de loisir en Allemagne et pourquoi ces pratiques contreviennent au bien-être animal.
- Logement et conditions de vie en chenil. Pourquoi de nombreux chiens de chasse amateurs mènent une vie peu stimulante en dehors de la saison de chasse et que stipule la réglementation relative au bien-être animal.
- « Élimination » des chiens inaptes : que deviennent les chiens qui échouent aux tests, et pourquoi le sort des Galgos et des Podencos n’est pas un cas isolé ?
- Situation juridique en Suisse. Comment la loi sur la protection des animaux encadre l'utilisation des chiens de chasse de loisir, quelles sont ses lacunes et quelles modifications seraient nécessaires.
- Argumentation. Réponses aux justifications les plus courantes des chasseurs amateurs.
- Liens rapides. Tous les articles, études et dossiers pertinents en un coup d'œil.
Entraînement sur des animaux vivants : comment les chiens sont dressés pour être « utiles »
Pour de nombreux chiens de chasse de loisir, le dressage commence dès leur plus jeune âge et fait appel à des méthodes très problématiques du point de vue du bien-être animal. Trois méthodes sont particulièrement critiquées : les tunnels de chasse artificiels, les enclos à sangliers et le dressage avec des canards vivants. Ces trois méthodes ont un point commun : des animaux sauvages vivants sont utilisés comme sujets d’entraînement et d’expérimentation, avec un fondement juridique explicite qui prime sur les principes généraux de bien-être animal au profit de la chasse de loisir.
L’Ordonnance suisse sur la protection des animaux (OTPA) interdit, à son article 22, paragraphe 1, lettre d, « l’utilisation d’animaux vivants pour le dressage ou l’évaluation des chiens ». Une exception est immédiatement prévue : « sauf pour le dressage et l’évaluation des chiens de chasse conformément à l’article 75, paragraphe 1, et pour le dressage des chiens de protection et de conduite de troupeaux ». Cette exception est remarquable. En clair, cela signifie que ce qui serait considéré comme de la cruauté envers les animaux pour tous les autres propriétaires de chiens – lâcher un chien sur un animal vivant – est légal pour les chasseurs de loisir. L’article 75, paragraphe 3, de l’OTPA stipule simplement que les « installations destinées au dressage et à l’évaluation des chiens de chasse sur des animaux sauvages vivants » nécessitent une autorisation cantonale. La procédure elle-même n’est pas interdite ; seule son infrastructure est réglementée.
Dans les « renarderies », des chiens sont dressés pour chasser le renard dans leurs terriers. Il s'agit de systèmes de tunnels artificiels où est gardé un renard vivant. Le chien est censé le traquer dans l'étroit tunnel et aboyer sans l'attaquer. Même si, dans les installations modernes, le chien et le renard sont séparés par une vitre ou un grillage, le renard ressent toujours une peur intense. L'association Wildtierschutz Deutschland (Protection de la faune sauvage d'Allemagne) a documenté les conditions de vie dans une renarderie près de Hanau : « Une odeur nauséabonde accueille les visiteurs qui s'approchent de l'enclos, bien trop petit. Pendant des jours, les excréments des renards, qui restent sur le sol en béton nu, semblent n'avoir pas été nettoyés. À l'extérieur de l'enclos, la carcasse d'un renard, couverte d'asticots, est en train de pourrir. » On compte une centaine d'installations de ce type en Allemagne. En Suisse, les possibilités de dressage conformes à la réglementation sont quasi inexistantes, ce qui explique pourquoi les chasseurs amateurs suisses font souvent dresser leurs chiens à l'étranger. Dans son document de position, la STS conclut : « Du point de vue de la STS, l'entraînement des chiens sur des renards vivants constitue un acte de cruauté envers les animaux. »
Dans les enclos à sangliers, des chiens sont introduits dès l'âge de neuf mois environ. L'objectif est de leur apprendre à repérer, aboyer et débusquer les sangliers sans se mettre en danger. On compte au moins 19 enclos de ce type en Allemagne. En Suisse, un groupe de travail de la Conférence des administrateurs de la chasse et de la pêche (JFK) étudie depuis quelque temps les sites potentiels pour le premier à sangliers . Les sangliers y sont élevés à la main et habitués aux chiens ; leur comportement est radicalement différent de celui de leurs congénères sauvages. Les chiens qui « réussissent » dans ces enclos pourraient se comporter de manière totalement différente à l'état sauvage. Par ailleurs, la question se pose du sort des chiens qui ne manifestent pas l'« agressivité » souhaitée dans l'enclos. On craint que nombre d'entre eux ne soient tout de même utilisés ou éliminés comme « inutiles ». Comme le dit le vieil adage de la chasse : « Pour avoir la tête du sanglier, il faut parfois sacrifier celle du chien. »
Lors du dressage de canards vivants, l'aile d'un colvert est coupée, collée ou munie d'une manchette en papier pour l'empêcher de voler. Le canard est ensuite relâché dans un point d'eau où le chien est censé le retrouver et le rapporter. Techniquement, on parle alors de « travail avec un canard temporairement incapable de voler ». Les conséquences pour le canard sont évidentes : il est réduit à un simple objet de dressage et soumis à une situation extrêmement stressante dont il ne peut s'échapper. La Fédération allemande de chasse défend cette pratique, la qualifiant d'« humaine », et affirme que sans tests sur des canards vivants, « aucune preuve de son adéquation ne peut être apportée ». La conclusion est révélatrice : parce que les chasseurs de loisir refusent de modifier leurs méthodes de test, l'animal en souffre.
Le dressage des chiens de chasse de loisir repose sur une approche strictement instrumentale : le chien est un outil qu’il faut rendre « utile ». Si le chien échoue au test, on en achète un autre. Alors que des milliers de chiens attendent d’être adoptés dans des refuges, chaque nouvel achat d’un chien de chasse de loisir contribue à la surproduction.
À ce sujet : La chasse dans les terriers – une cruauté légale envers les animaux au nom de la tradition cynégétique et des enclos à sangliers ? Non merci !
Construction Hunt : Batailles sanglantes sous terre
La chasse dans les terriers de renards ou de blaireaux est l'une des méthodes de chasse les plus controversées en Suisse. Dans cette forme de chasse de loisir, des chiens spécialement dressés – généralement des teckels ou des terriers – sont envoyés dans les terriers pour débusquer les animaux, qui sont ensuite abattus par des chasseurs amateurs. La réalité est souvent bien différente du « scénario idéal » décrit par ces derniers. Des combats souterrains éclatent fréquemment, au cours desquels le chien et l'animal sont grièvement blessés, voire tués.
Le vétérinaire Ralf Unna témoigne depuis sa clinique : « S’ils parviennent à s’en sortir vivants, ils sont souvent gravement blessés. Je peux vous parler de cas présentant sept à huit fractures de la mâchoire inférieure, d’animaux souffrant de multiples blessures aux pattes avant et au visage, nécessitant des semaines de soins pour survivre. Il s’agit d’une violation flagrante de la loi sur la protection animale. » Comme les chiens pénètrent la tête la première dans les terriers pendant la chasse, leurs yeux, leurs lèvres, leur mâchoire et leur cou sont particulièrement vulnérables. Dents cassées, problèmes circulatoires et maladies infectieuses telles que la gale et les otites figurent parmi les conséquences typiques. La saleté et la poussière présentes dans les galeries peuvent provoquer le collage et l’inflammation des paupières des chiens. Dans le canton de Berne, la réglementation de la chasse stipule que « le gibier blessé et les chiens de chasse piégés dans des terriers » ne peuvent être dégagés qu’« avec l’aide du garde-chasse ». L’existence même de cette réglementation démontre que le fait que des chiens puissent se retrouver coincés n’est pas une simple hypothèse, mais une réalité courante.
Pour les animaux sauvages, la chasse dans les tanières n'est pas moins brutale. La tanière d'un renard est par nature un refuge où aucun prédateur ne peut pénétrer. La chasse à la tanière viole ce principe fondamental et soumet les renards et les blaireaux à un stress extrême. Le fait que cette pratique soit souvent courante durant les mois d'hiver, jusqu'à fin février, période où les renardes gestantes attendent leurs petits dans la tanière ou s'en occupent déjà, est particulièrement insidieux. En Allemagne, en Autriche et en Suisse (région DACH), les combats de chiens, les combats de coqs et toute forme d'incitation des animaux les uns contre les autres sont interdits. Pourtant, la chasse récréative, qui consiste précisément à chasser dans les tanières, est autorisée. Le jargon des chasseurs idéalise cette pratique : les chiens « travaillent » dans la tanière, le renard est « nourri ». En réalité, un animal est lâché contre un autre, ce qui provoque un combat.
La Fondation pour le droit animalier (TIR) a soutenu, dans un avis juridique, que la chasse aux animaux dans leurs terriers constitue une forme multiple de cruauté envers les animaux, au sens de l'article 26 de la Loi fédérale suisse sur la protection des animaux (LFPA) – tant envers les animaux sauvages qu'envers les chiens utilisés. Un sondage représentatif réalisé en 2009 par l'Association suisse de protection des animaux (STS) révèle que 70 % de la population est favorable à l'interdiction de la chasse aux animaux dans leurs terriers. Les critiques se font également de plus en plus entendre au sein même de la communauté des chasseurs de loisir.
En Suisse, plusieurs cantons ont déjà interdit ou restreint la chasse au renard dans les tanières, notamment Berne, Zurich, Bâle-Campagne, Vaud et Thurgovie. Le canton de Zurich l'a totalement proscrite dans sa nouvelle loi sur la chasse . Toutefois, la réglementation reste disparate : la chasse dans les tanières est encore pratiquée dans d'autres cantons, et il n'existe pas d'interdiction nationale. La « nécessité » de cette méthode de chasse est un mythe : en 2006, seulement 5 à 10 % des renards tués en Suisse l'ont été par chasse dans les tanières. Des études montrent que la chasse au renard n'a généralement pas d'impact à long terme sur la population, car les pertes sont compensées par une reproduction accrue. Le canton de Genève a démontré depuis 1974, et le Luxembourg depuis 2015, que la gestion de la faune sauvage fonctionne sans aucune forme de chasse récréative.
La STS exprime clairement sa position : « Pour les renards et les blaireaux, le terrier est un lieu de refuge naturel où aucun prédateur ne peut pénétrer. Les chasseurs de loisir doivent respecter ce principe. De plus, la chasse au renard dans les terriers n’est pas nécessaire, car il existe des alternatives plus humaines. »
Pour en savoir plus sur ce sujet : Méthodes de chasse cruelles – tolérées et encouragées , chasse au petit gibier et maladies de la faune sauvage
Chasse en battue et sanglier : quand les chiens se battent contre les sangliers
Lors des battues au sanglier, des chiens leveurs sont utilisés pour débusquer les animaux. Ce que les chasseurs amateurs qualifient de « nécessaire » pour la régulation des populations de sangliers représente en réalité un danger considérable pour les chiens. Les défenses acérées du sanglier peuvent infliger de profondes blessures ; celles d'un grand sanglier peuvent atteindre 14 à 15 centimètres de long. Une enquête menée en 2019 a révélé que 95 % des chiens utilisés pour la chasse au sanglier ont été blessés. Environ un chien sur trois a subi des blessures aux pattes arrière, une zone contre laquelle même les gilets de protection spéciaux offrent une protection insuffisante.
L'éventail des blessures est bien documenté. Les traumatismes typiques comprennent les chutes, les lacérations ou plaies perforantes, les morsures et les blessures par balle. Comme le chien ouvre toujours la voie lors de la chasse de loisir, ses yeux, sa tête et son cou sont particulièrement vulnérables. Outre les lésions cutanées de gravité variable, son corps et ses extrémités sont très exposés, notamment lors de rencontres avec des sangliers. Il existe d'innombrables guides et manuels pour soigner les blessures des chiens de chasse, expliquant aux chasseurs de loisir comment prodiguer les premiers soins. L'abondance de cette littérature sur les soins des plaies devrait nous interpeller : les blessures ne sont pas l'exception, mais la règle.
L'industrie de la chasse récréative n'a pas réagi au risque de blessure en limitant les pratiques de chasse, mais a plutôt développé un marché florissant d'équipements de protection. Gilets renforcés en Kevlar, colliers de protection artérielle et traceurs GPS sont commercialisés comme des « solutions ». Un chef de meute possédant 32 chiens déclare ouvertement dans une revue spécialisée qu'il refuse les gilets de protection car les chiens, privés de contact douloureux avec les sangliers, deviennent « de plus en plus agressifs et audacieux », ce qui « peut inévitablement conduire à des blessures très graves ». D'autres chefs de meute font état d'un prélèvement annuel moyen de 1 200 sangliers. Il ne s'agit pas de conservation de la nature, mais d'un abattage industriel où le chien est un simple outil.
Le danger ne provient pas uniquement des sangliers. Les statistiques des accidents de chasse font régulièrement état de cas où des chiens de chasse amateur ont été abattus par des chasseurs amateurs lors de battues, car ils les avaient pris pour du gibier. En décembre 2022, un chien de chasse amateur a été tué par balle dans le nord de la Hesse, alors qu'il portait un gilet haute visibilité et ne poursuivait aucun gibier. En novembre 2019, un autre chien de chasse amateur a été tué par balle lors d'une chasse au sanglier ; deux autres ont été blessés, et l'un d'eux a dû être euthanasié. Dans le district de Külsheim, un chasseur amateur a confondu le chien de son collègue avec un sanglier et l'a abattu. Juridiquement, si un chien est tué par un sanglier lors d'une chasse amateur ou reste piégé dans son terrier, son propriétaire est généralement responsable des dommages, car « il utilisait son chien à ses propres risques et périls et de son plein gré ». Du point de vue de l'assurance, le chien est considéré comme un bien, et sa souffrance est prise en compte dans le calcul de l'indemnisation.
Les dommages collatéraux ne se limitent pas à la chasse de loisir. Lors d'une battue dans la région du Vordereifel en 2023, deux chiens de chasse ont tué 15 moutons. L'association Wildlife Protection Germany a porté plainte contre le chef de chasse et les maîtres-chiens. En Rhénanie-Palatinat, en 2017, un chasseur de loisir a été condamné pour avoir lâché ses 26 chiens sur un chat et avoir regardé les chiens le tuer. Dans le district de Rhein-Lahn en 2023, un chasseur de loisir a lâché à plusieurs reprises son chien sur un sanglier blessé, en criant « Attrape-le ! » et « Vas-y ! ». Ces cas démontrent que la frontière entre « utilité » et brutalité est floue.
Pour en savoir plus sur ce sujet : la chasse et la cruauté envers les animaux , ainsi que les chasseurs amateurs et leur plaisir à infliger de la cruauté aux animaux.
« La netteté » comme objectif de sélection et la caudectomie comme symptôme
Les chasseurs amateurs utilisent des expressions comme « instinct de chasse », « instinct de chasse aux prédateurs » et « instinct de chasse au sanglier » pour décrire les chiens censés réagir agressivement face aux animaux sauvages. Cet instinct n'est pas naturel, mais résulte d'une sélection rigoureuse et d'un entraînement poussé. Sur les forums en ligne spécialisés, les chasseurs amateurs discutent ouvertement des élevages qui produisent les chiens les plus « instinctifs » et des races qui « sont particulièrement efficaces contre les prédateurs et les sangliers ». Dans le contexte de l'élevage de chiens de chasse amateur, le terme « élevage » désigne ici les installations d'élevage, ce qui, même dans sa terminologie, révèle le traitement instrumental des animaux.
En Allemagne, la loi sur la protection animale interdit explicitement « le dressage ou le test de l’agressivité d’un animal envers un autre animal vivant ». Pourtant, cette interdiction est systématiquement contournée par des dérogations liées à la chasse. L’« agressivité nécessaire envers les animaux sauvages » n’est pas considérée comme une « agression au sens de la loi sur la protection animale » dans la réglementation administrative – une subtilité juridique qui, de fait, annule l’interdiction. Dans les enclos à sangliers, de jeunes chiens sont mis en contact avec des sangliers vivants. Les responsables parlent de « contact contrôlé », mais les chiens faisant preuve d’une « agressivité excessive » sont interdits d’accès aux enclos, tandis que ceux qui manquent d’« agressivité » sont jugés inutilisables. Ce système instaure une tolérance à l’agression très limitée, qui n’est ni humaine ni acceptable, ni pour l’animal sauvage, ni pour le chien.
Un symptôme particulièrement révélateur de ce système est la caudectomie. En Suisse, la coupe des oreilles (depuis 1981) et la caudectomie (depuis 1997) sont interdites chez les chiens, même pour les chiens de chasse de loisir. L'importation de chiens à queue coupée est également interdite. En Allemagne, cependant, la loi sur la protection animale prévoit une exception : pour les « chiens de chasse », la queue peut être coupée dès le plus jeune âge si l'intervention est « essentielle dans certains cas pour l'usage prévu de l'animal ». L'Association allemande des chiens de chasse (JGHV) a adopté une résolution en 2021 déclarant que le « maintien de cette réglementation est urgent pour des raisons de bien-être animal ». Les défenseurs de la chasse de loisir justifient cette pratique par des raisons de « protection de la santé », arguant que les chiens à queue non coupée pourraient se blesser en débusquant le gibier dans les fourrés. L'Association vétérinaire allemande pour la protection animale (TVT) conteste cette position, et le gouvernement allemand déconseille également la caudectomie.
Le raisonnement est le même qu'avec les gilets pare-balles : au lieu de mettre fin à une pratique dangereuse, on y adapte le corps du chien. On coupe une partie de la queue des chiots nouveau-nés afin qu'ils soient plus « fonctionnels » pour la chasse de loisir. Des études scientifiques ont réfuté l'affirmation selon laquelle les très jeunes chiens ne ressentent aucune douleur lors de la caudectomie. En réalité, les chiots nouveau-nés ressentent la douleur plus intensément que les chiens adultes. Une queue coupée désavantage également le chien dans sa communication avec ses congénères et dans ses déplacements.
Lire la suite : Psychologie de la chasse et mythes sur la chasse : 12 affirmations à examiner de manière critique
La vie en chenil : une vie à toute heure
Les conditions de vie de nombreux chiens de chasse de loisir en dehors de la saison de chasse sont un sujet que les chasseurs amateurs hésitent à aborder. Dans certaines régions germanophones, et plus particulièrement en Europe du Sud et de l'Est, ces chiens sont majoritairement gardés en chenil, souvent dans des conditions exiguës, sans interaction sociale ni exercice suffisants. Même en Suisse et en Allemagne, certains chasseurs amateurs gardent leurs chiens en chenil car leur fort instinct rend difficile la vie en famille, notamment pour les races sélectionnées pour leur « agressivité ».
L’ordonnance suisse sur la protection des animaux stipule, à partir de son article 68, que les chiens doivent avoir un contact quotidien suffisant avec les humains et, si possible, avec d’autres chiens. Il est interdit de garder un chien seul dans une cage ou un chenil. Les chiens doivent faire de l’exercice en plein air tous les jours pour satisfaire leurs besoins. Cette réglementation s’applique également aux chiens de chasse de loisir. En pratique, cependant, son application est incomplète et les chasseurs de loisir estiment que les chiens « à fort potentiel » nécessitent des conditions d’hébergement particulières.
L’Association suisse de protection des animaux (STS) affirme dans sa prise de position que les chiens de chasse de loisir dressés pour tuer représentent « un danger important pour leur environnement (humains, animaux domestiques et d’élevage, faune sauvage) » et doivent être « tenus sous contrôle constant (en chenil, en laisse, avec une muselière) », ce qui est « inadapté à l’espèce ». Le dilemme est inhérent au système : la chasse de loisir engendre des chiens aux instincts extrêmes qui ne peuvent être maîtrisés qu’en les encadrant au quotidien. Il en résulte soit des traitements inhumains, soit un sentiment de surcharge permanent pour les propriétaires. C’est la version chasse de loisir de la contradiction insoluble : on crée un problème, et on propose des restrictions comme solution.
Pour en savoir plus sur ce sujet : La chasse en Suisse est-elle toujours pratiquée, mais pourquoi ? et La chasse aux dossiers en Suisse
Se débarrasser des chiens inutiles : quand l'outil ne fonctionne plus
Le sort des chiens de chasse de loisir qui ne répondent pas aux exigences reste un point aveugle au sein de la communauté des chasseurs amateurs. Les chiens qui échouent aux tests, deviennent trop âgés, sont blessés ou dont les propriétaires abandonnent la chasse de loisir font face à un avenir incertain. L'association de protection animale Jägerhunde eV confirme : « L'expérience a montré que confier un chien de chasse à un refuge est souvent la pire solution, car ce chien, exigeant et spécialisé, n'y trouve pas de clientèle professionnelle adaptée. » Certains refuges, pour des raisons éthiques, refusent désormais de placer des chiens à des fins de chasse de loisir, car ils ne peuvent justifier leur réutilisation.
Les plateformes en ligne de placement de chiens de chasse de loisir provenant de sources « d'occasion » illustrent l'ampleur du problème. Les chiens sont abandonnés car « le travail, la famille et trois chiens de chasse sont devenus trop lourds à gérer pour le chasseur », car « les centres d'intérêt du propriétaire en matière de chasse ont évolué », car le chien « ne peut plus être suffisamment exercé », ou encore car un déménagement l'empêche de l'emmener. Les raisons sont diverses, mais le résultat est le même : le chien perd son foyer car il a été acquis comme chien de chasse de loisir et, sans cette activité, n'a plus aucune « utilité ».
En Europe du Sud, le problème atteint des proportions extrêmes. Chaque année en Espagne, des dizaines de milliers de galgos et de podencos sont abandonnés après la fermeture de la chasse récréative, le 1er février. Ils sont laissés pour compte, conduits dans des fourrières (perreras), abattus, pendus ou tués de manière brutale. L'association de protection animale VETO témoigne : « Les galgos sont élevés en grand nombre et entassés dans des enclos surpeuplés. Ils sont abandonnés si des défauts sont constatés dès la naissance, s'ils sont blessés, si leurs performances sont insuffisantes ou s'ils vivent plus de quatre ans, leur espérance de vie moyenne. » Les perreras sont extrêmement surpeuplées : après 11 à 28 jours, les chiens non adoptés sont euthanasiés. On minimise souvent ce problème en le qualifiant de « problème d'Europe du Sud », mais le schéma est universel : les chiens sont considérés comme des unités fonctionnelles, et lorsqu'ils ne remplissent plus leur fonction, ils deviennent un problème.
On suppose souvent que les chasseurs amateurs éprouvent une certaine affection pour leur chien. Mais s'agit-il véritablement d'amour, ou simplement d'une satisfaction liée à la loyauté et au dévouement désintéressé du chien à la chasse ? Dès que la fiabilité du chien décline, cet amour supposé peut se muer en indifférence, voire en dureté chez certains. Il faut alors un nouveau chien, et le cycle recommence.
Lire la suite : Alternatives à la chasse : ce qui est vraiment efficace sans tuer d’animaux et ce qu’il faut pour être un chasseur amateur
Situation juridique suisse : lacunes, exceptions, disparités
La Suisse possède une législation relativement progressiste en matière de protection animale, qui reconnaît les animaux comme des êtres sensibles et leur confère une dignité. L'article 4, paragraphe 2, de la loi sur la protection animale stipule que « nul ne peut infliger sans justification à un animal des douleurs, des souffrances ou des dommages, lui causer de la peur ou porter atteinte à sa dignité ». Concernant les chiens, la Suisse va plus loin que ses voisins sur certains points : la caudectomie et la coupe de la queue sont interdites depuis les années 1980-1990, l'importation de chiens à oreilles et queues coupées est prohibée et leur détention individuelle en cage ou en chenil est interdite, conformément aux articles 68 et suivants de l'ordonnance sur la protection animale.
Cependant, dans les faits, cette loi est systématiquement contournée par la législation régissant la chasse de loisir. L'article 22, paragraphe 1, alinéa d, de l'Ordonnance sur la protection animale interdit l'utilisation d'animaux vivants pour le dressage et l'évaluation des chiens, mais prévoit une exception explicite pour les chiens de chasse de loisir. Cette exception constitue le nœud du problème : elle autorise une pratique qui serait considérée comme de la cruauté envers les animaux pour tous les autres propriétaires de chiens.
La chasse dans les terriers est interdite dans plusieurs cantons (Berne, Zurich, Bâle-Campagne, Vaud, Thurgovie), mais reste légale dans d'autres. Il n'existe pas d'interdiction nationale. Le TIR (Tier im Innkreis) a démontré que la chasse dans les terriers constitue un acte de cruauté envers les animaux au sens de l'article 26 de la loi sur la protection animale. Pourtant, les autorités n'interviennent pas car la législation régissant la chasse de loisir est considérée comme une « lex specialis » : la loi sur la protection animale s'applique, mais la chasse de loisir est soumise à ses propres règles. La réglementation cantonale relative aux chiens de chasse stipule que seuls les chiens dressés peuvent être utilisés pour la chasse dans les terriers, mais ne précise pas comment ce dressage doit être mené conformément aux normes de bien-être animal. Il s'agit là d'une faille réglementaire en Suisse : le dressage est obligatoire, mais aucune formation légale n'est proposée, et il est tacitement toléré que le dressage ait lieu dans des pays moins réglementés.
La réglementation des chasses en battue varie d'un canton à l'autre. Dans le canton de Schwyz, par exemple, seuls les chiens de chasse de loisir ayant réussi un test d'obéissance et de pistage seront autorisés à partir de 2024. Le canton de Zurich a prévu, dans sa nouvelle loi sur la chasse, la possibilité de limiter le nombre de chasses en battue et d'interdire totalement la chasse au renard. La Société suisse de protection des animaux (STS) exige systématiquement que « seuls les chiens dressés au pistage au sang soient utilisés » et que « l'abattage du gibier blessé par les chiens soit strictement proscrit ». Ces exigences ne sont pas encore pleinement inscrites dans la loi. Il n'existe aucune obligation de déclarer les chiens de chasse de loisir blessés ou tués, ni au niveau fédéral ni au niveau cantonal. La Suisse recense environ 100 000 animaux sauvages tués chaque année par des chasseurs de loisir. On ignore le nombre de chiens de chasse de loisir blessés ou tués lors de ces chasses.
Pour en savoir plus sur ce sujet : Dossier sur les images de chasseurs : Deux poids, deux mesures, dignité et angle mort de la chasse récréative et exemples de textes pour les initiatives critiques de la chasse.
Qu'est-ce qui devrait changer ?
- Interdiction nationale de la chasse au renard dans son terrier : La chasse au renard dans son terrier est inutile pour la régulation de la population de renards, cause des souffrances inutiles aux chiens et aux animaux sauvages et, selon le TIR (Tier im Innkreis), constitue un acte de cruauté envers les animaux. Les cantons qui l’ont déjà interdite prouvent son efficacité. Modèle de motion : Exemples de textes pour les motions critiquant la chasse.
- Suppression de l'exemption relative à la chasse récréative prévue à l'article 22, paragraphe 1, point d), de l'Ordonnance sur la protection animale : L'interdiction de dresser des chiens sur des animaux vivants doit s'appliquer sans exception. Les terriers artificiels, les enclos pour sangliers et le dressage sur des canards vivants sont incompatibles avec une conception moderne du bien-être animal. Déclaration obligatoire des blessures et des décès de chiens de chasse récréative : Actuellement, il n'existe aucune statistique officielle. Une obligation de déclaration permettrait de révéler l'ampleur réelle du problème et de jeter les bases de mesures réglementaires. Proposition type : Chasse récréative et criminalité : Tests d'aptitude, obligations de déclaration et conséquences
- Réglementation plus stricte concernant la détention de chiens de chasse : la détention de chiens de chasse de loisir exclusivement en chenil en dehors de la saison de chasse doit être systématiquement poursuivie comme une infraction à la loi sur la protection animale. La réglementation en vigueur (art. 68 et suivants de la loi sur la protection animale) doit également être appliquée activement aux chiens de chasse de loisir.
- Preuve de localisation pour tous les chiens de chasse de loisir : les chasseurs de loisir devraient être tenus de fournir une documentation complète attestant de la localisation de leurs chiens, à l’instar de l’obligation d’enregistrement par puce électronique et base de données. Cela rendrait plus difficile l’abandon de chiens inutilisables.
- Restrictions relatives à l’utilisation des chiens lors des chasses en battue : durée maximale de déploiement, équipement de protection obligatoire, accompagnement vétérinaire et limitation du nombre de chasses en groupe par saison. Proposition modèle : interdiction des chasses en battue.
Argumentation
« Le chien de chasse est le meilleur ami du chasseur amateur. » Un « meilleur ami » envoyé dans des tanières de renards et contre des sangliers, qui subit ses propres blessures et finit dans un refuge pour animaux s'il est jugé « inapte », mérite une autre description. Cette vision émotionnelle de la relation homme-chien masque une dimension purement utilitaire : le chien est soit « utile », soit il ne l'est pas.
« Sans chiens de chasse, la chasse récréative respectueuse du bien-être animal serait impossible. » Cet argument est circulaire : la chasse récréative engendre la nécessité de pister les animaux blessés, car les chasseurs les abattent par balle plutôt que de les tuer immédiatement. On prétend ensuite que les chiens sont indispensables à cette pistage. L’Association vétérinaire allemande pour la protection animale (TVT) indique que lors des battues, deux tiers des sangliers ne présentent pas de blessures par balle immédiatement mortelles. Selon la TVT, environ 60 % des biches ont des blessures par balle à l’abdomen. La « solution » au problème que pose la chasse récréative elle-même n’est pas un argument en faveur de l’utilisation des chiens, mais plutôt contre cette pratique.
« Chasser les renards dans leurs terriers est nécessaire pour réguler leurs populations. » En réalité, cette pratique est inefficace : en 2006, seulement 5 à 10 % des renards tués en Suisse l’ont été dans leurs terriers. Des études montrent que la chasse au renard n’a généralement pas d’impact à long terme sur la population, car les pertes sont compensées par une reproduction accrue. Genève l’a démontré depuis 1974, et le Luxembourg depuis 2015, qu’il est possible de gérer les populations de renards sans chasse, ni même chasse de loisir.
« Les chiens ont besoin de travailler – la chasse de loisir correspond à leur instinct naturel. » Cependant, l'« agressivité » envers les animaux sauvages n'est pas un instinct naturel, mais un trait sélectionné. Il existe d'innombrables façons d'offrir aux chiens une activité physique adaptée à leur espèce sans les exposer à des situations potentiellement mortelles : pistage, recherche de traces, agility, recherche et sauvetage. Affirmer que les chiens « ont besoin » de chasser pour le plaisir revient à confondre le besoin d'exercice avec le détournement de la chasse à des fins malveillantes.
Les gilets pare-balles et les traceurs GPS rendent la chasse de loisir plus sûre. Cependant, ces gilets ne protègent que le torse, et non les zones les plus fréquemment blessées. Ils limitent les mouvements et augmentent le risque de surchauffe. Un chef de meute les rejette, arguant que, sans apprendre à tolérer la douleur, les chiens deviendraient de plus en plus agressifs et audacieux. Cette amélioration technologique crée une illusion de contrôle au lieu de s'attaquer au problème à la source.
« Ce sont des incidents isolés – la plupart des chiens de chasse sont bien traités. » Le taux de blessures de 95 % lors de la chasse au sanglier n'est pas un « incident isolé », mais la norme. L'entraînement sur des animaux vivants n'est pas l'exception, mais une pratique courante. L'élimination des chiens « inutilisables » est la conséquence logique d'un système qui les considère comme de simples outils.
« La Suisse possède les lois les plus progressistes en matière de protection animale. » La Suisse a interdit la caudectomie en 1997. Parallèlement, l'article 22 de l'Ordonnance sur la protection animale prévoit une exception autorisant les chasseurs de loisir à utiliser des animaux sauvages vivants comme outils de dressage pour leurs chiens. Cette pratique serait passible de sanctions pour tout autre propriétaire de chien. Il ne s'agit pas d'une législation progressiste en matière de protection animale, mais plutôt d'un système à deux vitesses.
Liens rapides
Articles sur Wild beim Wild :
- Chasse dans les terriers – cruauté légale envers les animaux au nom de la tradition cynégétique
- Un enclos pour sangliers ? Non merci !
- Méthodes de chasse cruelles – tolérées et encouragées
- Les chasseurs amateurs et leur plaisir à maltraiter les animaux
- Chasse et cruauté envers les animaux
- Chasse au petit gibier et maladies de la faune sauvage
- Zurich : Premier canton à interdire l'alcool aux chasseurs amateurs
- Zurich : Améliorer le bien-être des animaux sauvages
- Cette initiative préconise la création de « gardes-chasse à la place de chasseurs »
- La Suisse chasse, mais pourquoi exactement ?
- La Pologne met fin à l'élevage d'animaux à fourrure : une victoire pour les animaux
Dossiers connexes :
- La chasse en Suisse : vérification des faits, méthodes de chasse, critiques
- Mythes de la chasse : 12 affirmations à examiner de manière critique
- Psychologie de la chasse
- Animaux sauvages, peur mortelle et absence d'anesthésie
- Photos de chasseurs : Deux poids, deux mesures, dignité et angle mort de la chasse récréative
- Alternatives à la chasse : ce qui aide vraiment sans tuer d'animaux
- Chasse en haute altitude en Suisse : rituel traditionnel, zone de violence et test de stress pour les animaux sauvages
- Munitions au plomb et toxines environnementales issues de la chasse récréative
Sources externes :
- Protection suisse des animaux (STS) : Document de position sur le bien-être animal et la chasse (PDF)
- Protection suisse des animaux (STS) : La chasse en Suisse – Protection des animaux sauvages et de leurs habitats
- Protection suisse des animaux (STS) : Guide de la loi sur la protection des animaux – Chiens domestiques (PDF)
- Fondation pour le droit animalier (TIR) : La chasse dans les terriers du point de vue du bien-être animal et du droit de la chasse
- Fondation pour le droit animalier : La chasse en Suisse – Tradition, défis et bien-être animal (2024)
- PETA : Chiens de chasse – entraînement cruel et missions dangereuses
- PETA : Chronique des accidents de chasse en Allemagne, en Autriche et en Suisse
- Protection de la faune sauvage en Allemagne : Pétition pour l’abolition de la chasse dans les terriers et les installations de chasse artificielles
- VETO : Aide aux chiens de chasse espagnols – Ensemble contre l'exploitation
- Wikipédia : Chien de chasse – Risques de blessures et domaines d’utilisation
- Wikipédia : Netteté (cynologie) – Réglementation légale
- Wikipédia : Amarrage – Réglementation légale en Suisse
Notre revendication
Les chiens de chasse de loisir sont doublement victimes : ils sont élevés pour un système qui les expose à des situations périlleuses, les entraîne sur des animaux vivants, sélectionne les individus agressifs, les élimine s’ils sont jugés « inaptes » et les maintient souvent dans des conditions inadaptées en dehors de la saison de chasse. Parallèlement, les animaux sauvages qu’ils traquent souffrent de peur, de blessures et de stress mortels. La législation suisse sur la protection animale accorde aux chasseurs de loisir des dérogations qu’elle n’accorde à aucun autre propriétaire de chien et tolère un ensemble disparate de réglementations cantonales indigne de l’un des pays les plus riches du monde. Les chasseurs de loisir aiment se présenter comme des « amoureux des chiens », mais les faits dressent un tout autre tableau : un système qui considère les animaux comme un simple moyen et dissimule leurs souffrances derrière un jargon cynégétique et une rhétorique traditionnelle. Ce dossier est régulièrement mis à jour en fonction des nouvelles données, décisions de justice ou évolutions politiques.
À propos de la chasse de loisir : dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des rapports de fond.