4 avril 2026, 01:35

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Chasse haute Suisse : rituel traditionnel et test de stress

Chaque automne, la chasse haute transforme des régions entières en zones de tir temporaires. Pendant des semaines, les chasseurs de loisir parcourent les forêts avec fusil et plan d'abattage, tandis que la faune sauvage, les randonneurs et les riverains utilisent le même espace. Les autorités parlent de « régulation des populations » et de « tradition », mais les signalements d'animaux blessés, d'abattages illégaux, d'accidents et de comportements irresponsables augmentent. Rien que dans le canton des Grisons, environ 10’000 animaux sont abattus chaque année pendant la chasse haute, 9 pour cent des abattages sont illégaux, un cerf sur dix n'est que blessé. Ce dossier montre avec des chiffres, des bases légales et des cas concrets pourquoi la chasse haute n'est pas une coutume inoffensive, mais un test de stress pour la protection des animaux, la sécurité et la crédibilité de la politique cynégétique suisse.

Ce qui t'attend ici

  • Système de chasse haute. Comment la chasse haute est organisée en Suisse, quelles espèces sauvages sont concernées et quel rôle jouent les systèmes de chasse par permis et par territoire.
  • Point chaud grison. Pourquoi la chasse haute grisonne montre de manière exemplaire comment un « événement traditionnel » devient une zone de danger, ce que disent les chiffres officiels sur les tirs ratés et les amendes et pourquoi l'inspecteur de la chasse lui-même met en garde contre une « évolution préoccupante ».
  • Chasse spéciale comme solution permanente. Ce qui se passe quand les plans d'abattage ne sont pas respectés, comment la chasse spéciale est passée d'instrument d'urgence à routine et pourquoi elle est particulièrement problématique du point de vue de la protection des animaux.
  • Protection des animaux et taux d'erreur. Pourquoi les animaux sauvages meurent sans anesthésie lors de la chasse haute, ce que montrent les statistiques de recherche et comment la chasse haute diffère du droit suisse de protection des animaux.
  • Risque sécuritaire chasse haute. Quand les coups de feu résonnent près des zones habitées, que les avertissements font défaut et que l'espace public devient une zone de tir temporaire.
  • Culture de la violence et psychologie. Ce que le comportement des chasseurs de loisir pendant la haute chasse révèle sur l'acceptation de la violence, la pression de groupe et l'image de soi.
  • Politique et droit. Comment la loi sur la chasse, les pratiques d'exécution et la pression des lobbies bloquent les réformes et pourquoi le Parc national fournit le contre-exemple.
  • Ce qui devrait changer. Revendications politiques concrètes : garde-chasse professionnelle au lieu de chasse de loisir, zones de repos sans chasse, interdiction des formes de chasse traumatisantes et prédateurs comme régulateurs naturels. Argumentaire. Réponses aux principales justifications de la haute chasse.
  • Liens rapides. Tous les articles, études et dossiers pertinents en un coup d'œil.

Haute chasse : ce qu'elle est et ce qu'elle signifie du point de vue animal

La « haute chasse » provient historiquement d'un privilège aristocratique : elle désignait la chasse au grand gibier prestigieux comme les cerfs élaphes et daims, les chamois et les bouquetins. En Suisse, la haute chasse reste aujourd'hui le bloc de chasse central en automne. Selon les cantons, elle s'étend sur plusieurs semaines en septembre, durant lesquelles cerfs, chevreuils et chamois sont intensément chassés. Les périodes de chasse, plans d'abattage et territoires de chasse sont fixés par les cantons, l'exécution pratique reposant largement sur des chasseurs de loisir munis de permis de chasse et parfois de droits de chasse.

Officiellement, la haute chasse doit réguler les populations de gibier, limiter les dégâts de broutage en forêt et créer un « équilibre ». Du point de vue de la protection animale, elle signifie avant tout : pression de chasse dense en peu de temps, fuite, stress, angoisse de mort et risque élevé de tirs manqués et de blessures. Contrairement aux animaux de boucherie qui doivent être étourdis avant l'abattage (art. 21 al. 1 LPA), les animaux sauvages meurent lors de la haute chasse généralement sans étourdissement : en fuite, blessés, sur des pentes, parfois après de longues recherches. L'art. 178a al. 1 let. a de l'ordonnance sur la protection des animaux (OPAn) exempte la chasse de loisir de l'obligation d'étourdissement. La conception moderne suisse de la protection animale entre ainsi en contradiction ouverte avec une pratique qui met en scène la violence comme « coutume naturelle » saisonnière.

Les dimensions sont considérables : durant l'année cynégétique 2023/24, 65’811 ongulés (chevreuils, cerfs élaphes, chamois) ont été abattus dans toute la Suisse, auxquels s'ajoutent plus de 1’200 bouquetins protégés lors de la haute chasse. Lors de la petite chasse, 23’565 animaux supplémentaires ont été tués, dont près de 20’000 renards roux. Ce ne sont pas des cas isolés, mais le bilan d'un système de masse.

En savoir plus : Protection animale versus pratiques cynégétiques en Suisse et Chasse en Suisse : vérification des faits, types de chasse, critiques

Haute chasse grisonne : quand la tradition devient zone de danger

Rares sont les cantons qui montrent aussi clairement les faces sombres de la haute chasse que les Grisons. En janvier 2025, l'inspecteur de la chasse Adrian Arquint a mis en garde dans le magazine « Bündner Jäger » contre une « évolution préoccupante » : durant la saison de chasse 2024, des incidents négatifs se sont produits dans le contexte du comportement de chasseurs de loisir individuels et parfois de groupes de chasseurs entiers, envers d'autres chasseurs de loisir, des non-chasseurs, le gibier et la garde-chasse. Le chef de division Lukas Walser a confirmé à SRF que « surtout autour de Coire, nettement plus d'incidents ont été enregistrés » : tirs près des zones habitées, conflits entre chasseurs de loisir, dégradation de miradors appartenant à autrui.

Les chiffres officiels dressent un tableau structurel. Pendant la chasse d'automne, quelque 10'000 cerfs, chamois, chevreuils et sangliers sont abattus chaque année dans le canton des Grisons. Environ 9 % de ces tirs sont illégaux. Lors de la chasse d'automne 2022, l'Office de la chasse et de la pêche a signalé 790 tirs manqués sur environ 9'200 animaux abattus, une proportion qui selon le garde-chasse Stefan Rauch est «à peu près la même chaque année». Un cerf sur dix est simplement blessé au lieu d'être tué proprement. Dans les cinq années précédant 2016, les chasseurs de loisir ont payé des amendes d'ordre de plus de 700'000 francs pour des tirs manqués. En 2014 seulement, 1'007 amendes d'ordre ont été prononcées et 95 dénonciations transmises aux offices d'arrondissement, pratiquement un chasseur de loisir sur cinq parmi les 5'804 actifs était délinquant cette année-là.

Les conséquences pour les infractions sont minimes : amendes d'ordre jusqu'à 500 francs, en pratique un montant symbolique. Aucun permis de chasse n'est retiré définitivement, aucune procédure d'aptitude systématique n'est engagée. Le message est clair : la chasse de loisir tolère les infractions comme un risque systémique calculé.

Plus d'informations : La chasse d'automne grisonne sous pression : contrôle et conséquences pour les chasseurs de loisir et La liste noire de JagdSchweiz

Chasse spéciale : Quand la maltraitance animale devient routine

La chasse d'automne se termine sur le papier avec le dernier jour de chasse. En réalité, elle est prolongée dans de nombreux endroits par des chasses spéciales et post-chasses. Quand les plans d'abattage ne sont pas remplis lors de la chasse d'automne, les cantons ordonnent des chasses supplémentaires en fin d'année pour «corriger les effectifs». L'accent est particulièrement mis sur le gibier nu : biches et jeunes animaux, souvent dans des terrains escarpés, par temps de neige, de brouillard et de mauvaise visibilité, avec un risque correspondant élevé de tirs manqués.

Les chiffres prouvent que la chasse spéciale n'est plus depuis longtemps un instrument d'exception. Dans le canton de Berne, 1'047 cerfs élaphes ont été abattus au total en 2023, un tiers de l'effectif estimé. Parmi eux, 133 biches et jeunes animaux sont tombés lors de la seule chasse spéciale, qui s'est déroulée du 24 novembre au 6 décembre dans les espaces sauvages de l'Oberland bernois. Officiellement, cela s'appelle «mandat de régulation accompli». Du point de vue de la protection animale, c'est un régime de chasse qui abaisse progressivement le seuil de profondeur d'intervention autorisée dans les populations de faune sauvage.

Dans les Grisons, 3'432 cerfs élaphes et 2'502 chevreuils ont été abattus pendant la chasse d'automne 2025, un résultat au-dessus de la moyenne sur 20 ans. Le canton l'a qualifié de succès. Néanmoins, il a déclaré la chasse spéciale en novembre et décembre : 1'711 biches et leurs faons, 281 chevreuils et 10 chamois devaient être tués en plus. Pour les sangliers, il n'y a même pas de limites supérieures, ils peuvent être chassés toute l'année.

Le «modèle de contradiction» de la planification cynégétique est particulièrement problématique : ce qui est interdit, contraire à l'éthique et punissable lors de la chasse d'automne en septembre, à savoir l'abattage de jeunes animaux et de mères, est expressément souhaité lors de la chasse spéciale quelques semaines plus tard. Des biches gestantes sont abattues, des fœtus étouffent dans le ventre maternel, des faons errent ou meurent de faim. Les battues et rabattages en fin d'année causent un stress massif, un risque élevé de blessures et des fuites sur de grandes distances, précisément au moment où les animaux sauvages ont besoin de leurs réserves d'énergie pour l'hiver. Ce qui est étiquetté comme suite de la chasse d'automne est en fait un second programme de chasse avec des conséquences drastiques pour le bien-être animal et la survie hivernale.

Plus d'informations : La chasse spéciale à Berne : de la situation d'urgence à la solution permanente et Chasses spéciales et limites de la chasse de loisir

La chasse d'automne comme risque sécuritaire : Quand la forêt devient zone de tir

La chasse en battue n'a plus lieu dans des étendues sauvages inhabitées. Randonneurs, cyclistes, familles et habitants locaux utilisent les mêmes sentiers et versants où évoluent les chasseurs de loisir avec des munitions réelles. Lorsque des tirs retentissent à proximité immédiate des chemins, que les avertissements manquent ou sont ignorés, l'espace public devient temporairement une zone de danger. La responsabilité n'incombe pas aux promeneurs, mais à un système qui autorise la violence létale dans un cadre de loisir.

Les cas documentés de la liste noire de JagdSchweiz montrent que les chasseurs de loisir tirent régulièrement sur de mauvaises cibles : des ânes au lieu de chevreuils, des chats au lieu de renards, des moutons au lieu de sangliers. Dans un système milicien avec une population de chasseurs vieillissante, des plans d'abattage axés sur la performance et une pression de groupe, le risque de mauvaises décisions et de tirs manqués augmente. En Suisse, il y a chaque année des blessés et des morts causés par le groupe à risque des chasseurs de loisir. Que ce cadre soit précisément protégé comme « maintien de la tradition » apparaît comme un anachronisme du point de vue de la sécurité publique.

Les autorités grisonnes elles-mêmes confirment le problème : Lukas Walser du Service de la chasse et de la pêche a admis face à SRF que chez certains chasseurs de loisir « le succès de chasse personnel passe au premier plan et la conscience de l'environnement passe à l'arrière-plan ». L'inspecteur de la chasse Arquint a mis en garde que sans « responsabilité personnelle et sensibilité », « la crédibilité de la chasse » était en jeu.

Plus d'informations : Chasse de loisir au banc d'essai : Licence rapide pour tuer au lieu de connaissances et Chasse et armes : Risques, accidents et dangers des chasseurs amateurs armés

Protection animale versus chasse en battue : Stress, angoisse de mort et taux d'erreur

La loi suisse sur la protection des animaux (art. 4 al. 2 LPA) exige que personne ne cause à un animal des douleurs, des souffrances ou des dommages injustifiés. L'art. 26 al. 1 let. a LPA punit la maltraitance animale. La Fondation pour l'animal en droit (TIR) critique depuis des années le fait que les chasses en traque, à l'approche, au terrier et en mouvement exposent les animaux sauvages à un stress massif et à un risque élevé de tirs manqués. Dans la chasse en battue, ces problèmes s'accumulent : forte pression de chasse en peu de temps, mouvements de fuite désordonnés, tirs à distance sur terrain impraticable et recherches qui ont lieu trop tard ou pas du tout.

Les statistiques de recherche confirment à quel point la chasse en battue est peu contrôlée en réalité. Dans les Grisons, environ 1'100 recherches sont nécessaires par an. Seule la moitié environ est couronnée de succès. Entre 2012 et 2016, 56'403 cerfs, chevreuils, chamois et sangliers ont été abattus dans le canton, jusqu'à 1'000 animaux classés comme tirs manqués sur cinq ans. Les études sur les blessures par balle documentent des centaines d'animaux sauvages avec des blessures de tir retrouvés comme chutes, et ce n'est que la partie visible de l'iceberg.Les analyses partent du principe qu'une proportion significative des animaux touchés n'est d'abord que blessée et n'est trouvée que des jours plus tard ou meurt quelque part sur le terrain.

Alors que les animaux de boucherie doivent être immobilisés et étourdis dans l'exploitation, les animaux sauvages sont abattus lors de la chasse en battue sous une charge de stress maximale. Ils fuient dans l'angoisse de mort, sont souvent blessés et meurent souvent hors du champ de vision des tireurs. Du point de vue de l'éthique animale, il est difficile de justifier pourquoi un État protecteur des animaux autorise de telles pratiques comme activité de loisir, au lieu de les réduire au strict nécessaire sous contrôle professionnel.

Plus d'informations : Chasse et protection animale : Ce que la pratique fait aux animaux sauvages

Culture de violence de la chasse en battue : Ce que montre le comportement des chasseurs de loisir

Quiconque tue régulièrement des animaux exerce de la violence, légalement légitimée, mais néanmoins de la violence. La chasse cantonale est la forme condensée de cette culture de la violence : des groupes de chasseurs de loisir qui veulent atteindre des quotas d'abattage, s'incitent mutuellement, comparent trophées et « succès » et évoluent dans un milieu où mensonges et exagérations font partie du folklore. Dans le rapport annuel de l'Office grison de la sécurité alimentaire et de la santé animale, il a été constaté que jusqu'à 30 pour cent des carcasses d'animaux sauvages avaient été mal évaluées par les chasseurs de loisir : un indice que la tricherie est systématique dans l'évaluation de la qualité de la viande.

Quand les autorités cynégétiques rapportent des « conflits irrespectueux » entre chasseurs de loisir, des dégradations de miradors et une accumulation d'amendes, cela montre qu'il ne s'agit pas de quelques brebis galeuses, mais d'un climat structurel. La chasse cantonale produit un effet de condensation : en trois semaines, des milliers de chasseurs de loisir sont lâchés simultanément dans un territoire limité, sous pression de performance, avec la fièvre de la chasse et des ambitions de trophées. Psychologiquement, cette constellation déplace les limites. Quiconque vit la violence comme contenu de loisir, l'étiquette comme « gestion » et la voit constamment glorifiée dansles photos de tableaux de chasse, les récits et les magazines de chasse s'habitue à une normalité du meurtre.

La chasse cantonale symbolise le narratif de performance de la chasse de loisir : présence sur le terrain, accomplissement des objectifs, statut dans le groupe. Une analyse psychologique décrit la chasse de loisir comme une forme institutionnalisée de violence, où la mort d'animaux sauvages est devenue le ciment social d'un milieu. La question de savoir si une telle culture doit encore être légitimée socialement dans une société moderne est depuis longtemps urgente.

Plus d'informations : Psychologie de la chasse dans le canton des Grisons et Dossier Psychologie de la chasse

Politique et droit : loi sur la chasse, lobby et blocages

La loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP, RS 922.0) fixe les conditions-cadres : quelles espèces sont protégées, lesquelles peuvent être chassées et quels objectifs la chasse doit poursuivre. La conception concrète, le système cynégétique, les périodes de chasse, la réglementation de la chasse cantonale et le recours aux chasses spéciales relèvent des cantons. Officiellement, ceux-ci doivent équilibrer protection des animaux, sécurité, écologie et préoccupations sociétales.

En pratique, les administrations cynégétiques et les instances politiques sont dans de nombreux endroits fortement influencées par les chasseurs de loisir. La proximité institutionnelle entre administration cynégétique, chasseurs et intérêts agricoles complique un contrôle indépendant. Les revendications de protection animale pour des zones de repos sans chasse, des restrictions sur les types de chasse particulièrement pénibles ou un transfert de tâches vers la garde-faune professionnelle se heurtent à une résistance acharnée.

Le blocage se manifeste de manière exemplaire dans les Grisons. En 2019, une initiative populaire pour l'abolition de la chasse spéciale a été déposée avec plus de 10'000 signatures. Le conseiller d'État Mario Cavigelli (PDC) n'avait pas rendu public que l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) estimait que l'initiative ne violait pas le droit supérieur et qu'il existait tout à fait des alternatives. Le Grand Conseil de 120 membres a recommandé le rejet de l'initiative par 96 voix contre 1, sur la base d'informations incomplètes. IG Wild beim Wild a déposé plainte pénale. Tant que le droit de chasse est principalement compris comme un instrument pour sécuriser la chasse de loisir, la chasse cantonale reste un symbole de blocage politique.

Une contre-preuve souvent occultée se trouve au cœur du canton : le Parc national suisse démontre depuis plus de cent ans que les populations d'ongulés fluctuent dans des limites naturelles sans chasse de loisir, régulées par le climat, la nourriture, les maladies et les prédateurs. Qui veut sérieusement réguler ne doit pas envoyer plus de chasseurs de loisir dans la forêt, mais améliorer les habitats et accepter les prédateurs comme régulateurs naturels. Dans les Grisons même, le retour du loup dans certaines régions a déjà contribué à réduire la population de chevreuils et à diminuer la chasse spéciale. L'association forestière salue cette évolution. Le lynx aussi a prouvablement réduit les populations de chevreuils dans des régions comme le Toggenburg, Uri, l'Oberland bernois ou Soleure.

En savoir plus : Les chasseurs de loisir des Grisons ont échoué et Canton de Genève : le contre-modèle sans chasse de loisir

Ce qui devrait changer

  • Réduction de la chasse de loisir au profit de la garde-faune professionnelle : Là où les populations doivent effectivement être régulées, les garde-faunes titulaires d'un brevet fédéral, avec des standards clairs et un contrôle, passent au premier plan plutôt que les chasseurs de loisir avec leurs intérêts personnels. Le canton de Genève pratique ce modèle avec succès depuis 1974. Initiative modèle : Garde-faunes au lieu de chasseurs de loisir
  • Zones de tranquillité sans chasse et périodes sans chasse plus longues : Les animaux sauvages ont besoin de vastes zones de refuge sans pression de chasse pour pouvoir montrer des comportements naturels et évacuer le stress. La haute chasse ne doit plus servir de légitimation pour une chaîne de chasse quasi saisonnière. Initiative modèle : Corridors fauniques et zones de tranquillité
  • Interdiction des formes de chasse particulièrement contraignantes : Les chasses battues et en mouvement en terrain peu visible, par la neige ou à proximité immédiate d'habitations et de chemins doivent être interdites. Qui veut concilier chasse de loisir et protection animale doit d'abord mettre fin aux pratiques extrêmes.
  • Obstacles d'accès et examens d'aptitude plus stricts pour les permis de chasse : L'accumulation d'amendes (plus de 1'000 par an rien que dans les Grisons), d'accidents et d'incidents montre que le système actuel n'écarte pas de manière fiable les personnes inadéquates. Initiative modèle : Statistiques de chasse transparentes
  • Accepter les prédateurs comme régulateurs naturels : Les études scientifiques montrent que les loups sont les régulateurs les plus efficaces des populations d'ongulés. Les tirs de loups croissants contrecarrent cette solution naturelle. Les cantons doivent intégrer les prédateurs dans leurs stratégies de gestion de la faune sauvage au lieu de les combattre.

Argumentaire

«Sans haute chasse, les populations explosent.» La loi sur la chasse formule la régulation des populations comme objectif, mais les populations élevées sont souvent le résultat d'interventions humaines : nourrissages, agriculture, abattage de prédateurs, stress lié à la chasse et déplacement des animaux vers l'activité nocturne. Les Grisons montrent eux-mêmes qu'en dépit de décennies de chasse intensive, les populations de cerfs ont augmenté de 9'000 à plus de 15'400. Dans les zones où le loup est revenu, les populations diminuent d'elles-mêmes. Une stratégie écologique améliorerait d'abord les habitats et permettrait la régulation naturelle par les prédateurs.

«Ce ne sont que des cas isolés, la plupart des chasseurs de loisir sont corrects.» Les chiffres grisons contredisent le récit des cas isolés : 790 tirs manqués sur 9'200 animaux abattus en une seule saison de chasse (2022), 9 % de tirs illégaux, amendes d'ordre de plus de 700'000 francs en cinq ans, plus de 1'000 dénonciations et amendes par an. Les rapports récurrents d'accidents, de violations de règles et de chasses spéciales comme instrument permanent révèlent des déficits structurels, pas des dérapages.

«La haute chasse est une culture vivante.» De nombreuses pratiques historiques, des combats d'ours aux corridas, sont aujourd'hui considérées comme inacceptables, bien qu'elles aient autrefois été considérées comme de la culture. La culture n'est pas un laissez-passer moral. Une « tradition » basée sur la peur de la mort, les blessures et les risques sécuritaires doit être évaluée selon les standards actuels de protection des animaux et d'éthique.

« La chasse protège la forêt, sans elle ce n'est pas possible. » Les expertes en protection des animaux et en conservation de la nature soulignent que la chasse de loisir peut tout au plus être l'un des plusieurs instruments. Ce qui est décisif, ce sont la transformation forestière, les zones de protection, les prédateurs et une politique agricole qui permet les processus naturels. Le Parc National Suisse montre depuis plus de cent ans que les populations d'ongulés fluctuent dans des fourchettes naturelles sans chasse de loisir. Une pratique de chasse qui combat les prédateurs et utilise la chasse haute comme outil principal stabilise avant tout elle-même.

« Des règles plus strictes mettent en danger l'acceptation des chasseurs. » La question est de savoir quelle acceptation est décisive : celle d'une minorité de chasseurs de loisir en diminution (0,3 pour cent de la population suisse sont détenteurs de permis de chasse) ou celle de la population générale, qui considère de plus en plus les animaux sauvages comme des individus sensibles. Qui veut une légitimation sociale doit s'orienter selon les standards sociétaux.

« La chasse spéciale est un instrument d'urgence. » Dans les Grisons, la chasse spéciale est pratiquée chaque année depuis 1989. Dans le canton de Berne, elle fait partie depuis des années de la gestion planifiée du cerf rouge. Ce qui a lieu trente années consécutives n'est pas une urgence, mais une erreur systémique qui dissimule que la chasse haute seule ne peut pas remplir les quotas d'abattage politiquement souhaités.

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Notre exigence

La chasse haute est un révélateur de la façon dont la Suisse traite les animaux sauvages : comme des effectifs à réguler, comme des objets de chasse et comme des dommages collatéraux d'une culture de loisir. Ce dossier documente pourquoi un modèle de chasse basé sur la peur de la mort, les taux d'erreur et les chasses spéciales ne convient pas à un État de protection des animaux du 21e siècle, et quelles alternatives existent. Le dossier est mis à jour en continu lorsque de nouvelles données, jugements ou développements politiques l'exigent.

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, analyses et reportages de fond.