5. avril 2026, 21:34

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Chasse

La chasse spéciale bernoise aux cerfs élaphe : de la mesure d'urgence à la solution permanente

Lorsque les premiers flocons de neige tombent sur l'Oberland bernois fin novembre, commence pour les cerfs élaphe la période la plus difficile de l'année. Les animaux ont constitué des réserves, se retirent vers des zones plus tranquilles et économisent leur énergie. C'est précisément à ce moment-là que le canton de Berne intervient à nouveau avec toute sa puissance cynégétique.

Rédaction Wild beim Wild — 25. novembre 2025

Du 24 novembre au 6 décembre 2025 au plus tard se déroule la chasse spéciale aux cerfs élaphe.

Elle n'est plus un instrument d'urgence, mais une composante pleinement intégrée dans la gestion du grand gibier.

Les règles sont claires : peut participer quiconque a obtenu un permis de cerf au cours de la même année cynégétique et s'est inscrit dans les délais. Dans les espaces fauniques où les objectifs du plan de chasse n'ont pas été atteints, des attributions supplémentaires sont accordées. L'accent est mis sur les femelles et les jeunes animaux, c'est-à-dire précisément ceux qui sont déterminants pour l'évolution des populations.

Les chiffres des dernières années montrent à quel point ces chasses spéciales sont devenues la norme. En 2023, plus de 1’000 cerfs élaphe ont été abattus dans le canton de Berne. Un tiers de la population, comme les autorités le signalent avec satisfaction. Parmi les 1’047 animaux figuraient 133 biches et jeunes animaux issus de la seule chasse spéciale. S'y ajoutaient encore des abattages effectués par la garde de la faune.

Officiellement, cela s'appelle « mission de régulation accomplie ». Du point de vue de la protection animale, il s'agit d'un régime de chasse qui abaisse pas à pas le seuil d'intervention dans les populations de faune sauvage et repousse les limites des saisons considérées comme acceptables pour de tels actes.

Wald Wild Lebensraum 2040 – stratégie ou prétexte ?

Le soubassement politique de cette chasse intensive est la stratégie bernoise « Wald Wild Lebensraum 2040 ». Elle promet de rétablir l'équilibre prétendument rompu entre forêt et faune sauvage.

À y regarder de plus près, il apparaît clairement :

  • La planification de la chasse est restructurée de manière à inscrire explicitement comme objectif un plus grand nombre d'abattages, notamment de femelles chez le chevreuil, le chamois et le cerf.
  • Les propriétaires forestiers doivent bénéficier d'un soutien financier lorsqu'ils misent sur la régénération naturelle.
  • Parallèlement, les mesures contre les dégâts causés par le gibier sont renforcées.

Dans la communication publique, cela sonne comme une politique forestière moderne. Mais le cœur du problème demeure : plus de balles, pas plus de concept. Car des questions centrales sont élégamment occultées :

  • Quels dommages la sylviculture, la chasse de loisir, le tourisme, la construction de pistes et les aménagements infligent-ils aux habitats ?
  • Dans quelle mesure la pression constante de la chasse déplace-t-elle les animaux, les concentrant dans quelques refuges résiduels où la régénération forestière peut visiblement en pâtir ?
  • Quel rôle les prédateurs tels que le loup et le lynx pourraient-ils jouer dans une approche écosystémique véritablement sérieuse ?

Au lieu de telles questions systémiques, c'est à nouveau l'image du « gibier trop abondant » qu'il faudrait réguler à la baisse qui prévaut.

Stress, coups de feu, ruptures sociales

Du point de vue de la protection des animaux, la manière dont la chasse spéciale est organisée est particulièrement problématique. En fin d'automne, au moment où les cerfs et les chevreuils devraient précisément économiser leur énergie, ils sont à nouveau confrontés à des rabatteurs, des chiens et des coups de feu.

La biologie de la faune sauvage nous enseigne :

  • Les chasses à rabat et les battues provoquent un stress massif, un risque élevé de blessures et des fuites sur de grandes distances, avec les pertes énergétiques correspondantes.
  • Lors de l'abattage de femelles, les faons et les chevreaux peuvent être laissés en arrière ; bien qu'ils soient parfois encore abattus, ils entrent souvent affaiblis dans l'hiver.
  • Les interventions dans la structure d'âge et de sexe perturbent la cohésion sociale d'une population, ce qui influe à long terme sur le comportement et la répartition spatiale.

La chasse spéciale bernoise s'attaque ici particulièrement en profondeur : la catégorie ciblée est le gibier sans bois, souvent dans une montagne escarpée, sous la neige, par mauvaise visibilité et avec un risque correspondant de tirs manqués.

Les autorités cynégétiques renvoient à la formation, aux examens et aux taux de recherche statistiquement acceptables. Sur le plan de l'éthique animale, la question demeure de savoir si un loisir devrait seulement avoir le droit d'intervenir aussi profondément dans la vie d'animaux sauvages libres.

Regard sur le Valais : la chasse spéciale par la petite porte

La comparaison avec le canton du Valais le montre : la logique de fond est similaire, seul l'emballage diffère.

En Valais également, des objectifs d'abattage élevés sont fixés. En 2025, lors de la haute chasse, 1’415 cerfs ont été abattus, alors que 1’650 étaient prévus.

La base légale le formule clairement :

Lorsque la chasse ordinaire n'atteint pas le quota d'abattage prévu, le service des gardes-faune est chargé d'effectuer les abattages complémentaires nécessaires du cerf.

Au lieu de chasseurs de loisir avec une chasse spéciale comme à Berne, ce sont donc les gardes-faune qui interviennent en Valais lorsque le plan n'est pas rempli. Dans le passé, des médias ont annoncé à ce sujet des «tirs complémentaires» et une «chasse spéciale» dès que la chasse d'automne ne produisait pas suffisamment de cerfs.

Pour 2025, une telle chasse spéciale supplémentaire au cerf destinée aux chasseurs de loisir n'est pas prévue.

D'un point de vue critique envers la chasse, le problème n'est pas résolu, mais seulement déplacé :

  • La pression politique en faveur d'une «réduction des effectifs» demeure.
  • Au lieu de remettre en question une politique de chasse qui entend protéger la forêt principalement par les balles, on déplace la responsabilité sur les gardes-faune étatiques.
  • Les animaux sauvages restent des objets d'un quota planifié, et non des co-habitants à part entière d'un écosystème.

Plus de concept signifie : habitats, prédateurs, tranquillité

Quelle serait une alternative aux nouvelles offensives de chasse comme la chasse spéciale bernoise ou les «tirs complémentaires» valaisans ?

Du point de vue d'une protection moderne de la faune sauvage, au moins quatre étapes seraient nécessaires :

  1. L'habitat en premier
    Transformation de la forêt, diversité structurelle, moins d'ouverture au trafic, zones de tranquillité. Les dégâts causés par la faune surviennent souvent parce que les animaux sont repoussés dans quelques surfaces résiduelles dégradées.
  2. Prendre les prédateurs au sérieux
    Le loup et le lynx pourraient assurer une partie de la régulation s'ils n'étaient pas affaiblis en permanence pour des raisons politiques. En Valais, par exemple, une «régulation proactive du loup» est pratiquée en parallèle, au lieu d'analyser comment les prédateurs peuvent être soutenus.
  3. Des gardes-faune plutôt que des chasseurs de loisir
    Là où des interventions sont nécessaires, des interventions ciblées menées par du personnel professionnel selon des normes claires en matière de protection des animaux pourraient remplacer les événements de masse risqués de la chasse de loisir.
  4. Transparence sur les objectifs et les conséquences
    Données ouvertes sur les plans d'abattage, l'état de la forêt, les perturbations causées par le tourisme et la chasse de loisir, le rôle de l'agriculture. Tant que les dégâts forestiers sont attribués par réflexe à un «trop grand nombre d'animaux sauvages», tout débat reste faussé.

Articles complémentaires

La chasse spéciale bernoise n'est pas un événement isolé, mais le symptôme d'une politique de chasse dans l'impasse. Au lieu d'analyser ses propres contradictions, on durcit les objectifs d'abattage et on désigne les animaux sauvages comme problématiques.

Le Valais montre que l'on peut appliquer la même logique plus discrètement, avec la chasse de haute saison complétée par des tirs supplémentaires. Pour les cerfs, cela ne change rien fondamentalement. Ce qui est décisif, c'est de savoir si une société est prête à passer de la question « Comment abattons-nous suffisamment ? » à la question :

Comment créons-nous des paysages dans lesquels les animaux sauvages peuvent à nouveau trouver leur place — sans que chaque femelle en novembre ne devienne une erreur de planification ?

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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