Psychologie de la chasse récréative dans le canton de Soleure
Solothurn démontre de manière concise comment la chasse récréative est non seulement pratiquée, mais aussi protégée psychologiquement, culturellement, religieusement et institutionnellement. Cette protection multiforme explique la véhémence frappante avec laquelle les critiques de la chasse sont contrées.

Dans le canton de Soleure, la chasse de loisir est bien plus qu'une simple activité de détente.
Elle représente l'appartenance, le statut et l'image de soi. Ceux qui pratiquent la chasse appartiennent à un cercle fermé, doté de son propre langage, de ses rituels et de sa légitimité. La critique, par conséquent, n'est pas dirigée contre une action, mais est vécue comme une attaque contre sa propre personne et son rôle.
Sur le plan psychologique, un système identitaire stable se met en place, fondé sur l'affirmation de soi. Le doute compromet non seulement les décisions individuelles, mais aussi la conception même de soi en tant qu'autorité responsable. Ce mécanisme est essentiel à la compréhension des conflits ultérieurs et sous-tend tous les débats relatifs à la politique de chasse dans le canton.
Chasse en groupe et désinhibition collective
La chasse en battue occupe une place centrale dans le canton de Soleure, tant sur le plan des pratiques cynégétiques que sur les plans psychologique et politique. Elle est présentée comme efficace, nécessaire et respectueuse du bien-être animal, et les chasseurs de loisir la considèrent comme une réponse légitime à une prétendue surpopulation. Or, cette perception même amplifie des dynamiques problématiques. La chasse en battue n'est pas un acte individuel, mais une activité collective. Nombreux sont les participants, nombreux sont les rôles, nombreuses sont les responsabilités. Ce fait même dilue la responsabilité au lieu de la renforcer.
Psychologiquement, un mécanisme classique de dilution de la responsabilité est à l'œuvre. Lorsque plusieurs personnes sont impliquées, personne ne se sent seul responsable. Chasseurs, rabatteurs, maîtres-chiens, organisateurs, superviseurs : chaque rôle s'inscrit dans un système qui répartit la responsabilité sans la centraliser. Les erreurs, les situations stressantes ou les incidents liés au bien-être animal peuvent ainsi être facilement externalisés. Ce n'est pas « moi » qui ai agi, mais « la situation », « la chasse », « le système ». Cela diminue les inhibitions individuelles et facilite l'exonération morale.
À cela s'ajoute l'effet de renforcement social. Les chasses en battue génèrent une pression de groupe, des attentes et des normes implicites. Celui qui tire agit dans l'intérêt du groupe. Quiconque hésite ou exprime des doutes se fait remarquer. Dans une communauté de chasseurs très soudée comme celle de Soleure, cette dynamique a un effet particulièrement stabilisateur. Psychologiquement, la conformité est récompensée, la déviation sanctionnée. Cela explique pourquoi l'autocritique est rarement exprimée publiquement dans ce contexte.
L'intensité temporelle et émotionnelle est particulièrement pertinente. Les battues sont bruyantes, rapides et chaotiques. Les animaux sauvages sont débusqués, fuient sous l'effet du stress, et les coups de feu retentissent en succession rapide. Dans de telles situations, la réaction prime sur la réflexion. La probabilité de tirs accidentels, de blessures ou de souffrances inutiles augmente, sans que cela soit nécessairement perçu comme une faute individuelle. Psychologiquement, la perception de la responsabilité se déplace vers un événement situationnel vécu comme étant à peine maîtrisable. Cette perception même sert alors de justification a posteriori.
Le soutien politique apporté aux chasses en battue amplifie encore ce phénomène. Lorsque le parlement de Soleure a validé ces chasses malgré les critiques persistantes des organisations de protection animale, l'imbrication étroite entre pratiques de chasse et légitimité politique est apparue au grand jour. Les critiques sont ainsi non seulement écartées pour des raisons techniques, mais aussi institutionnellement neutralisées. Quiconque remet en question les chasses en battue ne conteste pas seulement une forme de chasse, mais un ordre politiquement sanctionné. Cela accroît considérablement la pression psychologique incitant à la résistance.
Un autre aspect essentiel réside dans le choix des termes employés. L’expression « chasse en battue » semble technique et neutre, mais elle masque le fait qu’il s’agit en réalité de chasses en battue. Le langage sert ici d’outil d’apaisement psychologique. Il réduit la distance émotionnelle avec l’événement et permet de considérer plus facilement la violence comme une mesure de gestion. Ce glissement sémantique contribue à ce que les questions cruciales concernant la souffrance animale, le stress ou la perte de contrôle soient perçues comme exagérées. Le dossier complet sur les chasses en battue met en lumière ces mécanismes en détail :
Du point de vue de la psychologie de la chasse récréative, les battues ne constituent donc pas un détail technique, mais un élément fondamental. Elles combinent pression de groupe, dilution des responsabilités, désinhibition émotionnelle et soutien politique au sein d'une même pratique. C'est précisément pourquoi elles sont défendues avec tant de véhémence. Non pas parce qu'elles sont sans défaut, mais parce qu'elles confortent l'image que se fait un système qui se perçoit comme nécessaire, compétent et sans alternative.
Messes d'Hubert et transfiguration religieuse
À Soleure, la chasse revêt une dimension unique, notamment sur le plan religieux. Les messes d'Hubert, célébrées par exemple à la cathédrale Sainte-Ursen, confèrent à la pratique de la chasse une dimension sacrée. La bénédiction de l'Église agit comme une forme d'absolution morale. Tuer n'est plus perçu comme un acte éthiquement problématique, mais comme s'inscrivant dans une perspective spirituelle plus profonde.
Psychologiquement, cette glorification remplit simultanément plusieurs fonctions. Elle atténue le sentiment de culpabilité, stabilise l'identité et immunise contre la critique. Dans ce contexte, quiconque exprime une critique ne critique pas seulement une pratique, mais semble également s'attaquer aux valeurs, à la tradition et à la communauté. La critique formulée par le groupe local IG Wild beim Wild à l'encontre de cette légitimation par l'Église illustre clairement la force de ce mécanisme.
L'entraînement à la chasse comme endoctrinement idéologique
Officiellement, la formation à la chasse à Soleure est présentée comme objective, neutre et scientifique. En réalité, elle perpétue une vision du monde étriquée. Les perspectives critiques, les débats éthiques et les découvertes modernes en écologie de la faune sauvage sont rarement abordés ou présentés de manière déformée.
Psychologiquement, cette formation a un effet normatif plutôt qu'éducatif. Elle transmet non seulement des connaissances, mais aussi des limites à la pensée. Ceux qui réussissent l'examen ont appris à penser. Les certitudes acquises précocement résistent particulièrement bien aux critiques ultérieures. Une analyse détaillée de ce système est disponible ici :
Critique de la chasse comme image de l'ennemi
Lorsque les critiques de la chasse suscitent des réactions aussi vives, l'impact psychologique est rarement uniquement factuel. Il touche au statut social, à l'appartenance à un groupe et à l'image que l'on a de soi-même en tant qu'individu responsable. Pour beaucoup, la chasse de loisir n'est pas un simple passe-temps, mais une source d'identité, un réseau et un espace de reconnaissance. Lorsque cet espace est publiquement critiqué, une dissonance cognitive apparaît : soit on réévalue moralement ses propres actions, soit on discrédite la critique. La seconde option est socialement plus facile et émotionnellement moins éprouvante.
Une caractéristique typique est le passage du niveau factuel au niveau personnel. Au lieu d'aborder des points précis, la source est stigmatisée et dévalorisée. Les médias sont présentés comme sensationnalistes, les ONG comme idéologiques et les critiques comme émotifs, urbains, déconnectés de la réalité ou incompétents. Il ne s'agit pas d'un hasard, mais d'un mécanisme de défense : si une personne est jugée peu fiable, on n'a plus besoin de s'intéresser à son contenu.
À Soleure, un second facteur entre en jeu : le soutien institutionnel. Là où la chasse récréative bénéficie d’un fort soutien politique et culturel, les voix dissidentes sont plus rapidement perçues comme une perturbation de l’ordre établi. Cela engendre une réaction de résistance, car les individus se sentent menacés dans leur autonomie. La réaction n’est alors pas seulement de la défense, mais une contre-attaque : ils se présentent comme victimes d’une campagne injuste, mettent l’accent sur la tradition et la responsabilité, et mobilisent des concepts moraux pour protéger le groupe. On entend souvent des phrases comme : « Nous fournissons le service que les autres refusent de fournir » ou « Sans nous, tout s’effondre ». Cette stratégie est psychologiquement efficace car elle crée un sentiment de supériorité morale et étouffe le doute.
Cela correspond au principe qui consiste à tracer une ligne de démarcation entre « nous, les experts », et « les profanes ». L'expertise ne se définit pas par des données vérifiables, mais par l'appartenance à un groupe. Selon cette perspective, ceux qui ne pratiquent pas la chasse ne peuvent être compétents. Ainsi, l'expertise devient synonyme d'appartenance à un groupe, et la critique est, de fait, dévalorisée. Ce phénomène est particulièrement ancré lorsque la culture de la formation et des associations favorise un système d'interprétation fermé.
Un autre facteur est la sanction sociale au sein de la communauté des chasseurs amateurs. Même ceux qui nourrissent des doutes en secret hésitent souvent à les exprimer publiquement, car le prix à payer est élevé : exclusion, ridicule, accusations de déloyauté. Cela crée une sorte de spirale du silence, où l’unité est affichée extérieurement, même si une certaine ambivalence peut exister en interne. De ce fait, le groupe paraît plus soudé qu’il ne l’est réellement sur le plan psychologique. Les critiques extérieures intensifient alors la pression interne, car chacun se sent obligé de rester solidaire.
Dans le discours public, cela se manifeste par une dramatisation constante des critiques. Celles-ci ne sont pas présentées comme un motif de remise en question, mais plutôt comme une menace pour la sécurité, les populations d'animaux sauvages ou la tradition. Ce cadrage détourne le débat des problèmes concrets de souffrance animale ou de motivations perverses vers un récit conflictuel : « ordre contre chaos », « experts contre militantisme ». Ainsi, le malaise moral est redirigé et le groupe peut se présenter comme un rempart contre une menace supposément irrationnelle.
À Soleure, cet effet est encore amplifié là où la chasse de loisir est imprégnée de symbolisme culturel ou religieux. Lorsque des actes sont rituellement validés, la propension à les considérer comme éthiquement problématiques diminue. La critique est alors perçue non seulement comme une objection professionnelle, mais aussi comme une atteinte aux valeurs et à la communauté.
Fox et Badger : Quand des alternatives existent, la critique devient dangereuse
Le débat autour des renards et des blaireaux à Soleure est particulièrement révélateur, car il ne concerne pas seulement les pratiques de chasse, mais aussi la stabilité psychologique de l'ensemble du système. Les manifestations publiques et les campagnes en ligne ont clairement montré à quel point certaines formes de chasse problématiques sont défendues, même lorsque leur nécessité écologique ou éthique est difficilement justifiable. Ce qui frappe, c'est moins un débat de fond qu'une attitude défensive. La critique n'est pas intégrée, mais présentée comme une perturbation qu'il faut neutraliser par la rhétorique. L'objectif est de protéger la légitimité de la chasse récréative, et non de remettre en question la pratique elle-même.
Ce conflit prend une dimension psychologique particulière lorsque des alternatives apparaissent. Tant que la chasse récréative peut être présentée comme une pratique incontournable, la critique reste abstraite. Cependant, dès que de véritables modèles alternatifs existent, cette image de soi commence à s'effriter. C'est précisément le cas de la chasse au renard et au blaireau. En Suisse, le canton de Genève fait figure de modèle : la chasse récréative y a été abolie et la gestion de la faune sauvage est confiée à des gardes-chasse de l'État. Ce modèle démontre qu'une gestion responsable de la faune sauvage est possible sans chasse privée et sans provoquer l'effondrement des écosystèmes. Son existence même suffit à remettre en question le discours sur le caractère indispensable de la chasse récréative.
De plus, il existe des exemples internationaux, comme le Luxembourg, où la chasse au renard est interdite. Cela démontre également que s'abstenir de la chasse récréative des prédateurs n'entraîne pas automatiquement les scénarios redoutés, souvent évoqués dans le discours sur la chasse. Ces exemples sont si efficaces psychologiquement car ils sont concrets. Ils réfutent l'idée que la chasse récréative serait la seule forme de régulation responsable, non pas par l'idéologie, mais par la pratique.
Un autre point de référence est celui des aires protégées et des parcs nationaux. Dans ces espaces, la chasse récréative n'est pas perçue comme un facteur de stabilisation, mais plutôt comme un élément perturbateur délibérément exclu. Pourtant, ces systèmes fonctionnent, souvent avec des populations stables ou autorégulées. Du point de vue de la psychologie de la chasse, il s'agit d'un point crucial. Les aires protégées démontrent que le principe directeur « la nature a besoin du fusil » n'est pas une loi naturelle, mais une interprétation culturelle. Plus ces contre-exemples se multiplient, plus la pression pour justifier les pratiques de chasse s'accroît.
À Soleure, cette pression se manifeste dans la manière dont les critiques sont formulées. Au lieu de discuter de la nécessité de la chasse au renard et au blaireau, l'attention se porte sur les critiques eux-mêmes. On les accuse d'être émotifs, idéologiques ou incompétents. Ce changement de discours remplit une fonction psychologique évidente : préserver l'image de soi et empêcher que d'autres solutions ne soient sérieusement envisagées. L'existence de modèles sans chasse n'est pas réfutée, mais tout simplement ignorée.
C’est précisément pour cette raison que le débat sur le renard et le blaireau n’est pas une question marginale, mais un élément clé pour comprendre la psychologie de la chasse à Soleure. Il montre que les critiques de la chasse sont particulièrement virulentes lorsqu’elles ne se contentent pas d’arguments moraux, mais présentent également des alternatives étayées. L’animal n’est alors plus au centre du débat, mais plutôt l’image de soi menacée d’un système qui se considère comme indispensable.
La chasse dans les terriers comme point de tension morale
La chasse en terrier est l'un des sujets les plus délicats de la psychologie cynégétique, car il est difficile de l'occulter par le langage et la tradition. Contrairement au tir à distance, elle repose sur une pratique structurellement conçue pour la confrontation. Sous terre, dans d'étroits tunnels, hors de vue, hors de contrôle immédiat. Cette combinaison même fait de la chasse en terrier un point de rupture morale. Elle révèle ce qui reste autrement caché : les combats entre animaux, le stress, les blessures et un contexte où la souffrance animale est non seulement possible, mais systématiquement probable.
Le problème central réside dans le manque de transparence. Ce qui se passe sur un chantier est pratiquement impossible à vérifier pour les observateurs extérieurs, et souvent même invisible pour les personnes impliquées. Il en résulte un déficit de contrôle : même lorsque la réglementation relative au bien-être animal s’applique, il est pratiquement impossible d’en contrôler l’application. Psychologiquement, cette situation a un effet apaisant. En l’absence de surveillance, non seulement le seuil d’intervention diminue, mais le sens des responsabilités individuelles s’amenuise également. Le chantier devient une boîte noire où la responsabilité disparaît.
Ici, la chasse dans les terriers contredit frontalement l'affirmation selon laquelle la chasse récréative est fondamentalement conforme aux normes de bien-être animal. En effet, la Loi sur le bien-être animal et le Règlement sur le bien-être animal placent l'interdiction des souffrances et des contraintes inutiles au premier plan. La chasse dans les terriers ne peut guère échapper à ce critère, car il ne s'agit pas d'un acte isolé, mais d'un processus où la contrainte imposée à plusieurs animaux est prise en compte dès le départ. La question cruciale n'est donc pas de savoir s'il existe des cas isolés, mais si la pratique en tant que telle est compatible avec les principes fondamentaux du bien-être animal . C'est précisément à ce stade que le débat bascule souvent d'une analyse factuelle à une attitude défensive.
Psychologiquement, la chasse dans les terriers engendre une dissonance cognitive importante. Nombre de chasseurs de loisir se perçoivent comme des amoureux de la nature et des personnes responsables. L'idée que des chiens et des animaux sauvages puissent se battre sous terre est incompatible avec cette image d'eux-mêmes. Pour résoudre cette dissonance, la chasse dans les terriers est souvent redéfinie. Elle est alors présentée comme une tradition, un savoir-faire, un outil nécessaire ou une « étape du dressage ». Ce recadrage détourne l'attention de l'animal et la porte sur la légitimation du système. Ce changement de finalité est particulièrement frappant : lorsque la chasse dans les terriers n'est plus justifiée par la gestion de la faune sauvage mais par le dressage des chiens, l'animal sauvage devient de fait un moyen au service de la chasse. Cette logique même est moralement difficile à défendre et explique le rejet si virulent des critiques.
Une autre approche typique consiste à traiter les cas individuellement. Au lieu de reconnaître les risques structurels, on donne l'impression que les cas problématiques sont des exceptions, regrettables certes, mais non représentatives. Cela protège le système des pressions en faveur d'une réforme. Parallèlement, les critiques sont accusés d'être émotifs ou ignorants. De ce fait, le débat se déplace de la pratique elle-même vers la personne qui la critique. Ce mécanisme est particulièrement visible à Soleure, car la chasse en terrier s'inscrit dans une culture plus large d'affirmation de soi chez les chasseurs, incluant un soutien politique et une ritualisation publique.
C’est précisément pourquoi la chasse dans les terriers n’est pas une question secondaire, mais un test décisif. Elle révèle à quel point le système repose sur l’interprétation, la tradition et la défense, dès lors que la souffrance animale n’est plus abstraite, mais bien une conséquence structurelle d’une pratique.
Escalade sans effet : Sangliers malgré la vision nocturne
La gestion des sangliers est un sujet particulièrement sensible à Soleure. L'introduction de dispositifs de vision nocturne a été présentée politiquement comme un durcissement nécessaire de la réglementation afin de « maîtriser enfin la population ». D'un point de vue psychologique, cet argument est très pertinent car il s'appuie sur un discours classique de contrôle : si une méthode ne fonctionne pas, la question n'est pas de savoir si elle est mauvaise, mais plutôt si elle n'a pas été appliquée avec suffisamment de rigueur.
L’article « Plus de sangliers malgré la chasse avec des dispositifs de vision nocturne » illustre précisément ce paradoxe. Malgré les progrès technologiques et l’intensification de la chasse, les populations continuent d’augmenter. Ceci remet en question l’hypothèse fondamentale selon laquelle la chasse récréative aurait automatiquement un effet régulateur. Pour la psychologie de la chasse, c’est un moment critique : la réalité contredit l’image que l’on se fait de la chasse comme force efficace de maintien de l’ordre.
La réaction habituelle face à ce constat n'est pas une réorientation stratégique, mais plutôt une justification par un changement de complexité. L'argument avancé est alors essentiellement que la nature est imprévisible, que les conditions environnementales ont évolué ou que les mesures prises jusqu'à présent n'ont pas été suffisamment cohérentes. Psychologiquement, cela permet de préserver le sentiment de compétence. Ce qui est occulté, c'est que la chasse récréative elle-même pourrait faire partie intégrante de cette dynamique, par exemple en perturbant les interactions sociales au sein des groupes, en augmentant les taux de reproduction ou en provoquant des déplacements de population.
Défense politique : quand les faits font obstacle
Cette attitude défensive s'accentue encore lorsque les critiques prennent des implications politiques concrètes. Le texte « Conseil gouvernemental de Solothurn, dans l'Absurdistan » illustre de façon saisissante la réaction des représentants de l'exécutif face à la pression publique exercée sur les récits de chasse. Au lieu de répondre aux objections de fond, ils recourent à la manipulation linguistique : les problèmes sont minimisés, les responsabilités sont floues et les critiques sont présentées comme exagérées ou trompeuses.
Psychologiquement, ce n'est pas un hasard. Les autorités agissent comme un rempart secondaire pour la chasse de loisir. Elles se chargent de justifier la situation auprès du public. Ce qui pourrait paraître discutable en interne est présenté de l'extérieur comme objectif, équilibré et sans alternative. Cela rassure non seulement la communauté des chasseurs de loisir, mais stabilise également le système politique lui-même, qui soutient cette pratique.
Ce qui frappe, c'est que les arguments se concrétisent rarement de manière vérifiable. Au lieu de discuter de chiffres, d'analyses d'impact ou d'alternatives, ce sont des formules comme « prouvé », « nécessaire » et « proportionné » qui prédominent. Ces termes semblent objectifs, mais ils servent en réalité de protection psychologique. Ils cloent le débat sans même l'avoir réellement ouvert.
La chasse aux loisirs : plus de mal que de bien
L’ensemble de ces exemples – la chasse au sanglier malgré la vision nocturne, le renard et le blaireau, la chasse dans les terriers, les battues, la messe d’Hubert et les réactions politiques – révèle une constante. La critique de la chasse n’est pas analysée sur le fond, mais plutôt réinterprétée sémantiquement. Elle est soit qualifiée d’émotionnelle, d’idéologique ou d’irréaliste, soit résolue dans le cadre de la logique administrative jusqu’à ce qu’aucun conflit ne soit perceptible.
Ceci est essentiel pour comprendre la psychologie de la chasse de loisir. Cela explique pourquoi même les critiques les plus fondées ont peu d'impact. Non pas parce qu'elles sont erronées, mais parce qu'elles menacent l'image que se donne tout un système. À Soleure, ce système est particulièrement complexe : chasse de loisir, politique, éducation, Église et administration y sont intimement liées.
Tous ces exemples convergent vers une question centrale : quels sont les réels avantages de la chasse récréative, et quels sont les méfaits qu’elle engendre ? Lorsqu’on pose sérieusement cette question, la résistance s’accroît. Car il ne s’agit alors plus de pratiques individuelles, mais des fondements mêmes du système.
Une approche systémique révèle que la chasse récréative aggrave souvent les problèmes au lieu de les résoudre. C’est précisément pourquoi ce changement de perspective est à la fois si efficace et si menaçant pour le discours dominant.
Soleure comme un miroir condensé
Il en résulte une culture du débat à la capacité d'apprentissage limitée. Lorsque l'escalade s'avère inefficace mais est néanmoins présentée comme un succès, un déficit de confrontation avec la réalité apparaît. C'est précisément ce qui pose problème pour la conservation de la faune sauvage, le bien-être animal et les politiques fondées sur des données probantes. Solothurn illustre parfaitement combien il devient difficile d'amorcer des rectifications lorsque les critiques sont systématiquement esquivées au lieu d'être utilisées comme une occasion de remise en question.
Ces exemples ne sont donc pas des détails, mais des points essentiels pour comprendre la psychologie de la chasse dans le canton de Soleure. Ils illustrent à quel point les mécanismes de défense, la protection de l'identité et la loyauté institutionnelle façonnent les comportements.
Soleure n'est pas un cas isolé, mais le reflet d'une situation plus générale. Quiconque souhaite comprendre, réformer ou endiguer la chasse de loisir doit en explorer les dimensions psychologiques. Ce n'est qu'alors que l'on comprendra pourquoi les faits seuls ne suffisent pas et pourquoi la pression publique est souvent plus efficace que les arguments rationnels.
Plus d'informations à ce sujet dans le dossier : Psychologie de la chasse
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