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Psychologie & Chasse

Psychologie de la chasse de loisir dans le canton du Jura

Dans le canton du Jura s'affrontent des images romantisées d'«entretien» et de tradition face à une réalité faite de violence, d'accidents et de périodes de chasse extrêmement longues. Les chasseurs de loisir sont censés, selon la communication officielle, «protéger plus qu'ils ne chassent», alors que simultanément sangliers, chevreuils et autres espèces sont sous tir permanent pendant des mois. Psychologiquement naît un champ de tension entre un système basé sur l'abattage et le besoin de se percevoir comme des protecteurs responsables de la nature.

Rédaction Wild beim Wild — 26 février 2026

Dans le canton du Jura, les chasseuses et chasseurs de loisir sont tenus de travailler pour la nature au moins un jour par an sans arme : entretenir les haies, maintenir les biotopes, dégager les points d'eau pour les amphibiens.

Cette «journée d'entretien» est officiellement présentée comme preuve que la chasse de loisir profite plus à la nature qu'elle ne lui nuit. Psychologiquement, elle agit comme une feuille de vigne : une seule journée de travail doit compenser moralement et communicativement ce qui se passe pendant une année en termes de violence, de stress et de perturbations dans les forêts et les champs.

Pour l'image de soi des chasseurs de loisir, la journée d'entretien est extrêmement importante. Elle permet de se voir comme des «soignants» qui «travaillent pour la nature», tandis que l'abattage d'animaux sauvages est réinterprété comme une partie nécessaire de ces soins. Les critiques de la chasse de loisir peuvent ainsi être plus facilement repoussées : celui qui passe une journée à tailler des haies peut se convaincre intérieurement que les nombreux jours avec le fusil ne sont qu'une autre forme de sollicitude. Comme nous le détaillons dans notre Dossier sur l'initiative populaire cantonale dans le Jura, une telle journée d'entretien ne remplace pas une gestion professionnelle et scientifiquement fondée de la faune sauvage et de l'habitat.

Chasseurs de loisir en psychanalyse

Durée de saison et pression de tir : Quand l'engagement devient un fardeau

La saison de chasse de loisir dans le Jura est longue et intensive. Les sangliers peuvent déjà être chassés dès début juin, les chevreuils et autres espèces suivent avec des périodes de chasse étendues, complétées par des chasses en battue et l'affût hivernal. Officiellement, ce système est vendu comme une réaction nécessaire aux dégâts en forêt et dans l'agriculture, qui ne peuvent être maîtrisés qu'avec des chasseurs de loisir «engagés».

Des centaines de détenteurs de permis de chasse de loisir parcourent les forêts jurassiennes avec leurs chiens les lundis, mercredis et samedis à l'automne.

Psychologiquement, cet engagement est à double tranchant. D'une part, il donne aux chasseurs de loisir le sentiment d'être indispensables : sans eux, selon le récit, la forêt et l'agriculture s'effondrent. Cependant, la longue saison normalise un état de pression de chasse permanente, dans lequel les animaux sauvages ne trouvent guère de repos par phases. Du point de vue de la recherche sur le stress et de l'éthique animale, il s'agit moins d'«entretien» que de stress structurel permanent.

Ouverture de la chasse de loisir dans le canton du Jura

Culture de la violence et accidents : Joggeuse dans le viseur

La culture de la violence de la chasse de loisir dans le Jura n'est pas seulement un sujet théorique, elle a des victimes concrètes. Dans le Jura français, une joggeuse a été touchée par un chasseur de loisir, bien qu'elle soit sur un chemin balisé. De tels événements ne sont pas un caprice statistique, mais une conséquence directe de la normalisation d'activités de loisir armées dans des paysages densément utilisés.

Psychologiquement, cela montre le côté sombre des scènes de chasse familières : la routine, l'assurance et la pression du groupe peuvent saper l'attention et la prudence. Celui qui se promène fréquemment avec une arme et sous la pression de l'amitié tend plutôt à sous-estimer les risques, d'autant plus que le milieu aime présenter les accidents comme une «erreur» ou une «tragédie», plutôt que comme la conséquence d'un problème structurel. Pour les parties de la population qui ne chassent pas, cela crée un sentiment d'insécurité : les forêts deviennent des espaces où il n'est pas prévisible qui tire quand et avec quelle sobriété.

Drame de chasseurs de loisir dans le canton du Jura : ce qui s'est vraiment passé et Joggeuse dans le Jura touchée par un chasseur de loisir

Chasseurs de loisir condamnés : Désinhibition et dévalorisation

Quand deux chasseurs de loisir dans le Jura sont condamnés pour infractions de chasse, par exemple parce qu'on tire avec un fusil à chevrotines sur un rat d'égout, c'est plus qu'une note marginale. De tels cas montrent comment certaines espèces sont dévalorisées dans le milieu de la chasse de loisir : elles ne sont plus considérées comme des êtres sensibles, mais comme de la «vermine» ou des «nuisibles», sur lesquels on tire «pour le plaisir» ou pour «l'entraînement».

Psychologiquement, c'est un processus de désinhibition. Plus fréquemment les animaux sont réduits à des catégories comme «gibier de rapace», «dommage» ou «rat», plus il devient facile de ressentir la violence contre eux comme insignifiante. Le problème n'est pas la personne individuelle, mais la culture dans laquelle de tels actes sont tolérés ou banalisés. Là où la frontière entre chasse de loisir autorisée et violence arbitraire reste floue, le prochain dépassement de limites n'est qu'une question de temps.

Deux chasseurs de loisir dans le Jura condamnés pour infractions de chasse et Braconnage en forêt : quand la violence devient normalité

Braconnage sans précédent : quand la violence échappe à tout contrôle

Le braconnage sans précédent dans le Jura montre ce qui se produit quand une culture de chasse de loisir déjà orientée vers la violence déraille davantage. Dans la région, des animaux sauvages ont été illégalement poursuivis, torturés ou tués, parfois avec des méthodes qui montrent clairement qu'il ne s'agit plus de « régulation », mais de transgression délibérée des limites. Là où braconnage et chasse de loisir coexistent, la frontière entre violence légale et illégale s'estompe pour les observateurs extérieurs ; pour les animaux, la différence reste de toute façon académique.

Psychologiquement, le braconnage dans le Jura représente une perte de contrôle maximale du système : un milieu qui aime se présenter comme responsable et respectueux des lois produit des acteurs qui s'affranchissent de toutes les règles. Ce n'est pas un hasard, mais un schéma : qui normalise fondamentalement la violence contre les animaux sauvages abaisse le seuil d'inhibition pour l'exercer aussi en dehors du cadre légal. Un système qui produit de tels actes et ne les sanctionne pas de manière conséquente et transparente perd progressivement sa légitimation sociale.

Braconnage sans précédent dans le Jura

Cormorans dans le viseur : oiseau indigène comme bouc émissaire

Depuis septembre, environ quarante cormorans ont été tués dans le canton du Jura, notamment par des chasseurs de loisir, officiellement dans le cadre d'une « régulation » pour protéger certaines espèces de poissons. L'oiseau indigène est présenté comme un problème, bien que les stocks de poissons dans de nombreux cours d'eau souffrent surtout d'aménagements, d'apports nutritifs et du changement climatique. Psychologiquement, cela s'inscrit dans le schéma : les prédateurs visibles sont désignés comme coupables, tandis que les problèmes structurels des cours d'eau échappent au regard.

En déclarant le cormoran ennemi, on peut démontrer sa fermeté sans s'attaquer aux véritables causes du déclin des poissons. Pour la population se crée une image simple : « Nous protégeons les poissons contre les oiseaux », tandis que l'influence de l'utilisation humaine est occultée. Dans la logique de la chasse de loisir, il s'agit d'un déplacement familier, de l'autocritique systémique vers la chasse de loisir d'un autre animal.

Lynx et loup : coexistence soi-disant « impossible »

Le Jura est un territoire de lynx. Dans les forêts de la région Jura Nord vivent environ 22 à 39 lynx autonomes, soit au total quelque 40 animaux. Parallèlement, les observations de loups et la présence du loup dans le Jura font l'objet de débats politiques et médiatiques. Un représentant éminent des chasseurs de loisir affirme publiquement qu'une coexistence avec le loup dans le canton du Jura serait « impossible ».

Avec la preuve officielle d'un loup dans le Clos du Doubs, dans une zone aux effectifs d'ongulés record, il apparaît que le Jura convient écologiquement parfaitement aux grands prédateurs ; seule la psychologie de la chasse de loisir explique pourquoi la coexistence devrait soi-disant être « impossible » pour certains.

Psychologiquement, de telles déclarations en disent plus sur la vision du monde des chasseurs de loisir que sur le loup. Le loup devient surface de projection pour la perte de contrôle et la domination blessée : un animal qui échappe à la planification humaine devient le symbole du fait que l'homme, et en particulier les chasseurs de loisir, ne décident plus seuls du sort des animaux sauvages. Au lieu de traiter les conflits par la protection des troupeaux, l'aménagement du territoire et des garde-fous scientifiques, toute discussion est rompue par la sentence absolue de l'impossible coexistence.

Dans les forêts de la région Jura Nord vivent environ 40 lynx et Coexistence avec le loup impossible dans le canton du Jura, estime le président des chasseurs

Chevreuils du Hörnli : transfert vers la mort

La relocalisation de chevreuils du cimetière Hörnli près de Bâle dans le Jura constitue un exemple particulièrement frappant de la gestion des animaux sauvages. Au lieu d'organiser une coexistence pacifique avec ces animaux sur le territoire urbain, ils ont été amenés dans une région où la chasse de loisir est pratiquée de manière intensive. Officiellement, il est dit que les chevreuils sont relocalisés dans des habitats plus appropriés, mais en réalité ils ont été déplacés dans une zone où leur mort par balles n'est qu'une question de temps.

Psychologiquement, c'est un double refoulement. La société urbaine n'a pas à assumer directement la responsabilité de l'abattage, elle peut se convaincre que les animaux ont été « amenés en forêt ». Les chasseurs de loisir de la région cible peuvent à leur tour se présenter comme de neutres exécutants de « régulation des populations », sans thématiser l'historique. Pour les chevreuils, c'est un voyage de la sécurité relative vers un système où ils deviennent la cible d'un divertissement de loisir.

Cimetière Hörnli, Bâle : les chevreuils sont relocalisés vers la mort

Inculture de la chasse de loisir : acceptation en chute libre

Les rapports de la région montrent que l'acceptation de la chasse de loisir dans le Jura diminue. L'« inculture », comme l'appellent les voix critiques, perd en popularité, plus les informations sur les accidents, les violations du droit et l'hostilité envers les prédateurs parviennent au public. Les citoyennes et citoyens commencent à se demander si un hobby qui produit des morts, des blessés, des animaux sauvages stressés et des conflits avec les grands prédateurs est encore d'actualité.

Psychologiquement, il s'agit d'un processus d'érosion typique : un système longtemps porté par la tradition et la loyauté de groupe commence à vaciller dès que les normes externes, droits de l'enfant, protection des animaux, besoin de sécurité, se renforcent. La chasse de loisir perd son évidence, et le milieu réagit par la défense, la banalisation ou une rhétorique agressive envers les critiques.

L'inculture perd en popularité dans le Jura

Ce que le canton du Jura reflète pour la Suisse

Le canton du Jura montre à quel point les narratifs de protection, les longues saisons de tir, la culture de la violence et l'hostilité envers les prédateurs peuvent s'entremêler quand un système de chasse de loisir n'est guère remis en question. La journée de protection sans fusil, les chasseurs de loisir condamnés, la joggeuse blessée par balle, les chevreuils relocalisés et le refus d'accepter le lynx et le loup comme composantes naturelles de l'écosystème donnent un tableau psychologique clair : il ne s'agit pas d'animaux sauvages comme créatures compagnes, mais de contrôle, de statut et d'entretien de la tradition.

Pour l'ensemble de la Suisse, le Jura rend visible que la psychologie de la chasse de loisir n'est pas seulement une question marginale rurale, mais exige un débat public. Là où une journée obligatoire sans fusil doit suffire à légitimer tout un système de violence, où les prédateurs sont « incompatibles » par déclaration et où les accidents sont acceptés comme dommages collatéraux d'un hobby, ce ne sont pas seulement l'éthique de la faune sauvage, mais aussi la confiance dans l'État de droit et la sécurité qui sont en jeu.

Plus d'informations dans le dossier : Psychologie de la chasse

Analyses psychologiques cantonales:

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous regroupons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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