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Psychologie & Chasse

Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Lucerne

Dans le canton de Lucerne, la chasse en revière agit comme un système administratif qui se considère comme irremplaçable tout en restant redevable de ses preuves. Sous couvert d'entretien des revières, de planification des prélèvements et de prétendue gestion de la faune, un appareil est mis en œuvre qui administre la faune sauvage comme une ressource, met en scène les chasseurs de loisir comme gardiens de la nature et explique à la population que c'est exactement cela la gestion moderne de la faune. La chasse en revière de Lucerne organise ses structures comme un réseau politique qui intervient directement lors des révisions cantonales des lois.​

Rédaction Wild beim Wild — 20 février 2026

Ce qui est juridiquement délicat : les animaux sauvages sont légalement considérés comme sans maître, mais la chasse de loisir sur eux est menée comme un processus de production imposable.

Quiconque intègre des obligations de prélèvement dans des contrats de fermage tout en parlant de gestion de la faune accepte structurellement que ce ne soit pas l'état de l'écosystème qui décide quand on a assez tiré, mais le degré d'accomplissement d'un objectif administratif. Ce n'est pas de la politique de la faune. C'est de la planification cynégétique avec un vernis de protection.

Lucerne comme cas de contraste : pourquoi les sangliers manquent-ils ?

Le canton de Lucerne est limitrophe des cantons de Zurich, Argovie, Berne et Soleure, fortement peuplés de sangliers, et pourtant une colonisation du canton de Lucerne n'a pas vraiment eu lieu ces 20 dernières années, bien que dans ces mêmes cantons le tableau de chasse ait presque partout augmenté. C'est un constat empiriquement pertinent : une pression de chasse accrue dans les cantons voisins n'a pas réduit les populations de sangliers, mais les a manifestement détournées ou déplacées. Qui prendrait au sérieux ce constat devrait remettre fondamentalement en question la thèse centrale de la chasse de loisir, à savoir que davantage d'abattages régule les populations.

Mais c'est précisément ce qui n'arrive pas. Lorsqu'à l'automne 2025, une compagnie de sangliers avec marcassins s'est établie pour la première fois au Rigi, le Service de l'agriculture et des forêts a immédiatement réagi par le réflexe « prévention plus chasse », les clôtures électriques et la chasse ciblée deviennent maintenant plus importantes que jamais. Personne ne se demande pourquoi 20 années de chasse de loisir intensive dans les cantons voisins n'ont pas empêché l'expansion. C'est ainsi que fonctionne une administration orientée vers la confirmation et non vers la connaissance.

Pourquoi la chasse de loisir échoue comme contrôle des populations

Le lynx : promesses de protection sans substance

Le nombre de lynx dans le canton de Lucerne diminue, bien que des habitats appropriés soient disponibles. C'est l'une des catastrophes silencieuses de la politique lucernoise de la faune sauvage : un animal strictement protégé, pour la protection duquel le canton s'engage officiellement, disparaît d'un habitat approprié, et l'administration ne mène aucune analyse critique des causes reconnaissable.

Psychologiquement, cette indifférence révèle beaucoup. Là où le lynx dérange, parce qu'il prélève des chevreuils que les chasseurs de loisir revendiquent pour eux, il n'est pas un partenaire, mais un concurrent. Un recul de la population de lynx ne déclenche pas de réaction d'alarme dans le milieu cynégétique, mais un soulagement silencieux. L'administration, étroitement liée à ce milieu, n'a aucune incitation institutionnelle à déclarer bruyamment ce recul comme un problème. Ainsi naît une politique de la faune qui protège sur le papier et détourne le regard dans la pratique.

Études sur l'impact de la chasse de loisir sur les animaux sauvages

La chasse en réserve comme système de loyauté

Le système de chasse en réserve du canton de Lucerne repose sur des contrats d'affermage que les sociétés de chasse concluent pour des périodes pluriannuelles. Cette structure crée un entrelacement étroit entre autorité, fermiers et lobby cynégétique : qui détient la réserve détient aussi l'autorité d'interprétation sur le cheptel sauvage du territoire. Qui tire trop peu risque le contrat d'affermage.

Psychologiquement, c'est un modèle d'initiés classique : l'accès aux ressources crée la loyauté, la loyauté protège l'accès. Qui n'en fait pas partie ne comprend soi-disant pas « la réalité sur le terrain ». Les critiques scientifiques, les arguments de protection des animaux et les objections juridiques sont balayées comme des opinions d'outsiders. Ainsi un système s'immunise contre l'autoréflexion, tout en revendiquant simultanément des fonds publics pour la surveillance de la chasse et la gestion de la faune, qui servent en réalité principalement à protéger les privilèges cynégétiques.

Le loup arrive, la peur demeure

La loi révisée sur la chasse, en vigueur depuis le 1er février 2025, a donné aux cantons plus de marge de manœuvre pour les abattages de loups. Dans le canton de Lucerne, où le loup n'est jusqu'à présent guère présent, cette marge de manœuvre est néanmoins exploitée politiquement : les appels à une « compétence de régulation » arrivent préventivement, avant même que les animaux n'arrivent.

Psychologiquement, cette alarme préventive révèle beaucoup sur la conception du pouvoir du milieu cynégétique. Le loup ne menace pas principalement le bétail, il menace le monopole des chasseurs de loisir sur la « gestion » de la forêt. Un animal qui abat des chevreuils sans permis ni plan d'abattage n'est pas un enrichissement, mais un concurrent. Qu'une population de loups fonctionnelle puisse à long terme rendre les populations sauvages plus saines et les forêts plus stables n'est même pas envisagé dans cette logique.

Pourquoi la chasse de loisir échoue comme contrôle des populations
Modèle genevois : gardes-faune au lieu de chasseurs de loisir

Calendrier cynégétique comme système d'épuisement

Le calendrier cynégétique lucernois 2025/26 comprend des espèces chassables du cerf élaphe et du chevreuil au sanglier et au lièvre des champs, en passant par le renard, le blaireau, la martre des pierres et des pins, l'écureuil et le cormoran. La saison s'étend pour différentes espèces sur pratiquement toute l'année. Ce qui se lit comme une énumération factuelle est en réalité une licence d'intervention permanente dans la vie des animaux sauvages.

D'un point de vue de l'éthique animale, l'ampleur même de cette liste est remarquable. Des espèces animales qui ne se trouvent dans aucune situation de crise écologique, qui ne sont pas perçues socialement comme nuisibles et pour lesquelles il n'existe aucune justification scientifique à la chasse, figurent à égalité avec des espèces pour lesquelles existent au moins des arguments rudimentaires de régulation. Le calendrier cynégétique n'est pas un outil écologique. C'est un document de la culture de revendication cynégétique.

Lucerne comme miroir d'une nature administrée

La psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Lucerne n'est pas un cas particulier local, mais un exemple de la façon dont la chasse en reviers, la loyauté administrative et le milieu cynégétique forment une alliance qui s'immunise contre l'évidence scientifique et la critique sociale. Le déclin du lynx, la non-colonisation du sanglier malgré la pression de chasse dans les cantons voisins et l'alarmisme préventif face au loup composent un tableau : ici, ce n'est pas la nature qui est gérée, mais un privilège qui est défendu.

Là où la science, l'éthique animale et le contrôle démocratique seraient pris au sérieux, ce système devrait être fondamentalement remis en question. Au lieu de cela, il se défend avec le langage administratif, la pensée territoriale et l'affirmation toujours identique que sans les chasseurs de loisir, la nature s'effondrerait. Un public responsable perce à jour ces mécanismes et exige une gestion de la faune qui ne traite pas les animaux comme des cibles d'un loisir, mais comme des créatures dans un espace de vie commun.

La Suisse chasse, mais pourquoi encore ?
Textes types pour des interventions critiques de la chasse dans les parlements cantonaux

Plus d'informations dans le dossier : Psychologie de la chasse

Analyses psychologiques cantonales:

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