4 avril 2026, 21:45

Saisissez un terme de recherche ci-dessus et appuyez sur Entrée pour commencer la recherche. Appuyez sur Échap pour annuler l'opération.

Psychologie & Chasse

Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Berne

Le canton de Berne est exemplaire du système milicien classique de la chasse en Suisse. Des chasseurs de loisir privés assument des tâches souvent justifiées par la gestion de la faune, la tradition et la régulation. Psychologiquement, Berne est donc particulièrement révélateur : comment la chasse de loisir armée est-elle légitimée socialement, comment la tradition influence-t-elle l'acceptation, et comment évoluent la perception de la violence et la responsabilité dans un canton où la chasse est considérée comme normale ?

Rédaction Wild beim Wild — 13 janvier 2026

Par chasse de loisir, nous entendons ici la chasse de loisir comme activité de loisir par des personnes privées, non pas des interventions ordonnées par les autorités ou professionnelles. Berne est vaste, fortement rural et profondément ancré dans la culture cynégétique ; la chasse de loisir n'y est pas considérée comme une exception dans de nombreux endroits, mais comme partie intégrante de la normalité locale.

Typique pour Berne : un système milicien avec des chasseurs de loisir privés, des structures denses de traditions et d'associations, et la chasse de loisir comme sujet identitaire dans les régions rurales. Les conflits, par exemple autour des cerfs, cormorans ou lynx, sont politiquement âprement disputés, mais restent relativement abstraits pour de nombreux citadins, tant qu'ils se déroulent dans des territoires reculés.

La tradition comme légitimation psychologique

Dans un canton comme Berne, la tradition est plus qu'un récit folklorique, elle agit comme un mécanisme social. Qui chasse s'inscrit dans des lignées familiales, l'appartenance associative et des rituels locaux ; ainsi, la critique de la chasse de loisir est rapidement vécue comme une critique de ses propres origines. Psychologiquement, cela réduit la contradiction et génère un sentiment de sécurité : là où pères, oncles et voisins tirent depuis des décennies, cela ne peut « pas être si grave ».

Cette normalisation déplace le débat : il s'agit moins de violence en tant que telle, que de respect, de tradition et de loyauté envers « son propre » camp. Qui évoque les conséquences psychologiques d'actes de mise à mort répétés passe rapidement pour quelqu'un qui « n'a aucune idée de la campagne », bien que les questions sur l'empathie, la distanciation, les stratégies de justification soient élémentaires.

Lorenz Hess : chasse milicienne, lobbying et logique de violence

Aucune figure ne représente aussi clairement l'interconnexion entre chasse de loisir, pouvoir associatif et politique que le conseiller national bernois Lorenz Hess, président de l'Association des chasseurs bernois. Dans ses apparitions médiatiques et interventions, il exige d'abord des interventions plus sévères contre le loup, puis contre le lynx, bien que les services spécialisés et études pointent des causes complexes et la situation de vulnérabilité de ces prédateurs.

Des recherches montrent simultanément que Hess fait partie des parlementaires avec le plus de mandats dans d'autres secteurs. Psychologiquement, cela crée une image où violence de loisir cynégétique, intérêts économiques et pouvoir politique interagissent étroitement. La souveraineté d'interprétation sur les animaux sauvages n'appartient pas à la science indépendante, mais à des chasseurs de loisir bien connectés avec de nombreux liens d'intérêts.

Liens internes :

Loup, lynx, cormoran : les prédateurs comme surface de projection

Dans le canton de Berne, prédateurs et espèces protégées sont constamment présentés comme un problème, souvent avant que des données probantes soient disponibles. Après les campagnes contre le loup, le lynx entre dans le viseur, bien que les populations de lynx en Suisse soient petites, génétiquement appauvries et classées internationalement comme population de responsabilité. Cormorans et autres espèces servent pareillement de décor pour démontrer dureté et capacité d'action.

Psychologiquement, ces animaux sont des surfaces de projection pour fantasmes de contrôle et angoisses de perte : ils deviennent les coupables visibles d'évolutions complexes dans la forêt, l'agriculture et la pêche. Qui argumente ainsi n'a pas à se confronter aux structures, consommation d'espace, qualité des eaux ou pression de chasse, il montre simplement le prédateur du doigt et réclame plus de « régulation ».

Liens internes :

Enfants à la chasse de loisir : apprendre la violence au lieu de vivre la nature

Particulièrement délicat est la question de comment le canton de Berne traite les enfants dans le contexte de la chasse de loisir. Qui emmène des mineurs à la chasse de loisir ou leur vend des actes de mise à mort comme « expérience nature » les expose délibérément à des images de violence. Études et Comité des droits de l'enfant de l'ONU mettent en garde contre le fait de laisser des enfants être témoins de violence contre des animaux, car cela peut être lié à des schémas comportementaux antisociaux ultérieurs.

Psychologiquement, les enfants apprennent dans de telles situations que la souffrance des animaux est secondaire, tant que tradition, plaisir ou pression de groupe la justifient. Le message est : la violence est normale, si elle a lieu dans le bon cadre. Pour un canton qui prend au sérieux les droits de l'enfant, le contraire serait nécessaire : distance claire à la chasse de loisir, pas de mineurs lors d'actes de mise à mort, pas de pédagogie chasseresse romantisée dans les écoles.

Lien interne : Pétition : punir les chasseurs de loisir qui font participer des mineurs à la chasse

Alcool, armes et banalisation

Dans le canton de Berne, il n'existe toujours pas de limite claire de taux d'alcoolémie pour les chasseurs de loisir. Ce n'est que sous la pression d'une initiative vert'libérale qu'on discute enfin si des règles similaires à celles de la circulation routière devraient s'appliquer aux personnes armées privées en forêt. Le président de la fédération de chasse bernoise s'oppose à une règle de 0,5 ou 0,0 pour mille et fait valoir qu'il ne connaît aucun accident lié à l'alcool.

Psychologiquement, c'est remarquable : dans une société qui exige des pilotes, des conducteurs de trains et des forces de police sobres, c'est précisément la combinaison d'alcool et de chasse de loisir qui est relativisée. Qui argumente ainsi sous-estime à quel point l'alcool altère la perception, les réflexes et le jugement, et comment cela affecte directement la précision des tirs, le pistage et la souffrance des animaux sauvages. L'exigence d'une limite de 0,0 pour mille pour les chasseurs de loisir est donc moins radicale que simplement cohérente avec ce qui s'applique depuis longtemps à d'autres fonctions armées.

Liens internes :

Système milicien, responsabilité et transparence

Les partisans de la chasse de loisir dans le canton de Berne aiment souligner la régulation, la prévention des dommages et l'« entretien ». Mais la question psychologiquement décisive est celle de la répartition des responsabilités : qui décide des tirs, qui contrôle, et dans quelle mesure les objectifs et résultats sont-ils transparents ? Lorsque des chasseurs de loisir privés sont simultanément représentants d'intérêts, acteurs d'exécution et figures d'interprétation dans les médias, la frontière entre régulation et intérêt personnel s'estompe.

En l'absence d'une séparation claire, le contrôle se déplace de l'espace public vers des milieux fermés. La confiance, l'autorité et les relations établies remplacent les données objectives, l'évaluation indépendante et les rapports transparents. C'est précisément ici que s'articule la critique psychologique : un système basé sur des loyautés informelles est particulièrement vulnérable aux angles morts, jusqu'au braconnage, aux infractions non déclarées et à la banalisation systématique de la violence.

Évaluation environnementale, Le Centre et marche arrière

Les classements et analyses montrent que précisément au Conseil fédéral et au Conseil des États, les forces qui se positionnent favorablement à la chasse obtiennent souvent de mauvais résultats sur les questions environnementales et de protection animale. Le Centre est critiqué dans le classement environnemental comme rétrograde concernant la chasse de loisir et la protection des prédateurs. Pour le canton de Berne, cela signifie : les forces politiques qui défendent la chasse de loisir comme tradition freinent simultanément les progrès en matière de biodiversité et d'éthique de la faune sauvage.

Psychologiquement, cela renforce une image où la tradition sert d'excuse pour repousser la responsabilité vers l'arrière. Qui invoque la coutume n'a pas à répondre aux questions dérangeantes sur les alternatives, la gestion par les gardes-faune ou sur le rôle de la Suisse comme pays responsable du lynx et du loup.

Lien interne : Le classement environnemental démasque Le Centre au Conseil des États : rétrograde et bourgeois sur la chasse de loisir

Où s'articule la critique psychologique

La question centrale n'est pas de savoir si les gens doivent faire l'expérience de la nature ou assumer des responsabilités, mais dans quelles conditions la violence contre les animaux est acceptée comme loisir. La recherche psychologique sur l'agression, la distanciation et la rationalisation morale montre que des actes répétés de mise à mort peuvent modifier l'empathie, la perception et les schémas de justification. Ce n'est pas un jugement moral sur des individus, mais une indication de mécanismes que le canton de Berne devrait prendre au sérieux.

Particulièrement critique devient la situation là où la chasse de loisir n'est pas mise en scène comme une intervention justifiée avec des objectifs clairs et un contrôle, mais comme une recherche de sensations fortes, un rituel de statut ou une pratique de trophées. Dans de tels cas, l'accent se déplace de la gestion de la faune sauvage vers la motivation de violence et de la responsabilité vers l'auto-mise en scène. C'est précisément ici que la limite est atteinte où un système de milice perd sa légitimation sociale.

Liens internes :

Ce que Berne reflète à la Suisse

Berne montre à quel point la chasse de loisir peut être stable en tant que système social, quand la tradition, les modèles de rôles et les réseaux locaux portent la légitimation. Trois points centraux :

  • Modèle de rôle : Les chasseurs de loisir comme force d'ordre, porteurs de tradition et voix politique pour « la population rurale ».
  • Acceptation : Forte intégration sociale réduit la pression critique, les objections sont rapidement considérées comme éloignées de la culture ou urbaines.
  • Communication : Justification par la tradition, la confiance et l'autorité personnelle, moins par des données indépendantes et la transparence.

En comparaison avec Genève et Zurich, il devient visible que le débat sur la chasse en Suisse n'est pas seulement biologique, mais surtout social et psychologique. Les systèmes de milice vivent de tradition et de confiance ; c'est précisément pourquoi Berne est central : Le canton montre comment la chasse de loisir reste socialement stable et où naissent les lignes de fracture, quand les droits de l'enfant, les limites d'alcool, la protection du lynx et du loup ou les alternatives non violentes sont sérieusement discutées.

Plus à ce sujet dans le dossier : Psychologie de la chasse

Analyses psychologiques cantonales:

Plus sur le sujet de la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous regroupons vérifications de faits, analyses et reportages de fond.

Soutiens notre travail

Avec ton don tu aides à protéger les animaux et à faire entendre leur voix.

Faire un don maintenant