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Psychologie & Chasse

Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Schaffhouse

Dans le canton de Schaffhouse, c'est presque toute l'année la saison de chasse. Les chevreuils peuvent être chassés du 2 mai à fin janvier, les sangliers de juillet à fin février, le cerf sika d'août à janvier. Ces périodes de chasse comptent parmi les plus longues de Suisse. Psychologiquement, cela signifie que les animaux sauvages du canton de Schaffhouse n'ont pratiquement aucune phase de l'année où ils ne sont pas dérangés par des humains armés. Le concept de «période de repos» n'existe que pendant les quelques semaines de la période de protection, pas comme principe fondamental.

Rédaction Wild beim Wild — 21 mars 2026

Dans le canton de Schaffhouse s'applique la chasse par secteurs.

Les communes affermissent 44 secteurs pour huit ans chacun à des sociétés de chasse. Environ 300 chasseuses et chasseurs de loisir sont actifs, le rapport hommes-femmes étant selon le président de Jagd Schaffhausen d'environ 20 pour 1 en faveur des hommes. Parmi les animaux chassables figurent le chevreuil, le cerf sika, les chamois, les lièvres, les sangliers, les renards, les blaireaux et diverses espèces d'oiseaux. Le canton est boisé à 42 pour cent, ce qui en fait l'un des cantons les plus boisés de Suisse.

Interdiction de chasse nocturne: quand sa propre décision devient un problème

L'interdiction de la chasse nocturne en forêt, entrée en vigueur en 2025, est centrale pour comprendre la psychologie cynégétique schaffhousoise. L'idée : les animaux sauvages doivent avoir la paix au moins la nuit et au moins en forêt. Elle a été introduite au niveau fédéral par la Conférence pour la forêt, la faune et le paysage (CFP), un regroupement des autorités cantonales compétentes pour la forêt et la faune. Schaffhouse y était représenté et a ainsi indirectement soutenu cette interdiction.

Néanmoins, le canton a réagi par un rejet ouvert. Le chef de service Chasse et pêche Patrick Wasem, qui pratique également la chasse de loisir à titre privé, et le président des chasseurs Jonas Keller sont apparus ensemble et ont souligné vouloir agir «unis». Le résumé de Keller : «Ce qu'on peut faire diminue toujours, et ce qu'on doit faire augmente toujours.» Wasem a acquiescé.

Psychologiquement, cet épisode est révélateur à plusieurs niveaux. Premièrement, il révèle l'union personnelle entre administration et chasse de loisir :

  • Le chef de service cantonal pour la chasse de loisir chasse lui-même à titre privé. Contrôleurs et contrôlés fusionnent.
  • Deuxièmement, le travail médiatique commun entre autorité et association de chasse montre que la frontière entre administration étatique et lobbying est floue.
  • Troisièmement, la plainte sur le «toujours moins pouvoir» témoigne d'un sentiment de droit acquis : la chasse de loisir se conçoit comme un droit, non comme un privilège. Chaque restriction est vécue comme une perte, non comme une correction.

Particulièrement piquant : Schaffhouse avait déjà auparavant une interdiction cantonale de chasse nocturne. La nouvelle interdiction fédérale concerne principalement la chasse au sanglier en forêt, qui était jusqu'à présent possible aussi la nuit à Schaffhouse. En 2024 – encore avant l'entrée en vigueur de l'interdiction – 478 sangliers ont été abattus. Néanmoins, le canton a annoncé par précaution qu'il examinerait une disposition d'exception pour le gibier noir. La résistance est venue avant que les impacts soient même mesurables. Ce n'est pas une réaction de politique factuelle, mais un réflexe.

Incitation financière : qui paie veut tirer

Une particularité du système schaffhousois est l'imbrication financière : la moitié des dégâts de gibier est payée par la société de chasse qui affermage le territoire, l'autre moitié provient de la caisse cantonale. De plus, le canton prélève une taxe de dix pour cent sur les fermages, si bien que les dégâts de gibier sont «effectivement supportés en grande partie par les chasseurs et chasseuses de loisir».

Psychologiquement, cette structure crée une incitation perverse : plus il y a de dégâts de gibier, plus les sociétés de chasse doivent payer. Elles veulent donc tirer le plus possible pour prévenir les dégâts. Le système récompense les tirs maximaux et punit la retenue. Les chasseurs de loisir ont, comme l'a formulé avec justesse la Schaffhauser AZ, «un intérêt financier tangible à beaucoup tirer». Ce n'est pas de la gestion de la faune sauvage, mais un système d'incitation économique qui favorise l'intensification de la chasse de loisir.

Le modèle genevois montre comment fonctionne la gestion de la faune sauvage sans incitations financières erronées : les gardes-faune étatiques agissent dans l'intérêt public, non dans leur intérêt financier propre. Ils n'ont aucune incitation à tirer plus que nécessaire.

Cerf sika : un étranger comme attraction cynégétique

Une particularité à Schaffhouse est la chasse au cerf sika, une espèce de cerf originaire d'Asie orientale qui n'est pas indigène en Suisse. Le cerf sika est un néozoaire qui a immigré d'Allemagne depuis les années 1940 et s'est établi dans certaines parties de la Suisse du nord-est – notamment dans le Rafzerfeld et au Südranden. Au lieu de traiter la propagation d'une espèce allochtone comme un problème écologique, le cerf sika est considéré comme espèce chassable et chassé avec une longue période de chasse (août à janvier).

Psychologiquement, le cerf sika montre à quel point la chasse de loisir adapte sa justification avec flexibilité. Pour le cerf élaphe, on parle de «régulation», pour le sanglier de «prévention des dégâts», pour le cerf sika de «gestion des néobiotes». La méthode est toujours la même : tirer. Qu'une espèce exotique soit accueillie comme attraction de chasse supplémentaire, plutôt que comme motif de débat écologique, révèle les priorités du système.

Domaine masculin : 20 contre 1

Le président de Jagd Schaffhausen estime le rapport hommes-femmes parmi les chasseurs de loisir à 20 contre 1 en faveur des hommes. Ce chiffre n'est pas un détail marginal, mais psychologiquement central : la chasse de loisir à Schaffhouse est un domaine masculin prononcé. Cela signifie : les sociétés de chasse, qui exercent pendant huit ans la souveraineté sur 44 territoires, forment des réseaux fermés, majoritairement masculins. Les décisions concernant l'abattage d'animaux sauvages sont prises dans ces réseaux, non dans un processus démocratique ou public.

La structure de genre renforce l'identité de groupe et complique la critique extérieure. Culture cynégétique, sonnerie de cor de chasse, examens de chiens de sang : tout cela constitue des instruments de lien social qui créent l'appartenance et sanctionnent la déviance. Qui exprime des doutes dans une société de chasse risque non seulement sa place dans le territoire, mais son réseau social.

Schaffhouse comme canton de chasse permanente

Schaffhouse incarne un modèle de chasse qui mise sur une extension temporelle maximale et un contrôle minimal. La chasse quasi annuelle, les incitations financières pour des tableaux de chasse élevés, l'union personnelle de l'administration et de la chasse de loisir ainsi que les réseaux masculins fermés des sociétés de chasse forment un système qui se stabilise lui-même.

L'interdiction de la chasse nocturne a rendu ces structures brièvement visibles : un système qui se défend contre toute restriction, même s'il avait auparavant soutenu cette restriction lui-même. Psychologiquement, c'est cohérent avec un système identitaire dans lequel la chasse n'est pas comprise comme une pratique régulée, mais comme un droit menacé de l'extérieur. La question de savoir si le canton de Schaffhouse a besoin de gardes-chasse professionnels au lieu de 300 chasseurs de loisir n'est pas posée. Non parce que la réponse serait difficile, mais parce qu'elle remettrait le système en question.

Plus d'informations dans le dossier : Psychologie de la chasse

Analyses psychologiques cantonales:

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous regroupons vérifications factuelles, analyses et reportages de fond.

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