4 avril 2026, 16:04

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Psychologie & Chasse

Psychologie de la chasse de loisir dans le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures

Appenzell Rhodes-Extérieures est un petit canton vallonné de Suisse orientale qui s'étend entre le lac de Constance et l'Alpstein. La chasse de loisir y est pratiquée sous forme de chasse à patente. L'Office de l'aménagement du territoire et des forêts, division Nature et faune sauvage, est responsable de la planification cynégétique. Le canton se divise en trois districts de chasse : Hinterland, Mittelland et Vorderland. Depuis 2016, les administrations cynégétiques d'Appenzell Rhodes-Extérieures, d'Appenzell Rhodes-Intérieures et de Saint-Gall coordonnent les recensements des populations et la planification de la chasse pour les cerfs dans l'espace faunique commun.

Rédaction Wild beim Wild — 21 mars 2026

Le plan de chasse 2025/2026 prévoit l'abattage de 602 chevreuils, 71 cerfs et 17 chamois.

La chasse au grand gibier sur les cerfs élaphes et les chamois dure du 1er au 20 septembre, une deuxième période de chasse aux cerfs de novembre à décembre. La population de chevreuils est décrite comme « saine et légèrement croissante ». La population de chamois en revanche est « stable à un niveau faible ».

Sauvetage de faons et mise à mort de faons : Le paradoxe

Depuis 2024, l'association des chasseurs brevetés d'Appenzell Rhodes-Extérieures propose un sauvetage de faons couvrant tout le territoire avec des drones et des caméras thermiques. Au printemps, les chasseurs et chasseuses de loisir se déploient avec une technologie moderne pour préserver les faons de chevreuil de la mort par fauchage. À l'automne, ces mêmes chevreuils sont ensuite chassés. 602 pièces selon le plan de chasse.

Psychologiquement, ce paradoxe est révélateur car il expose la dissonance cognitive centrale de la chasse de loisir : les chasseurs de loisir sauvent des animaux pour les tuer ensuite. Le sauvetage de faons est présenté comme de la « gestion », comme une preuve de connexion à la nature et de sens des responsabilités. Mais du point de vue de l'animal, la logique est grotesque : survivre en juin, mourir en octobre. Psychologiquement, le sauvetage de faons sert à la déculpabilisation morale. Il permet de présenter la mise à mort en automne comme partie d'un engagement « holistique », plutôt que comme ce que c'est : une activité de loisir armée.

Chamois : protection avec porte dérobée

L'effectif de chamois en Appenzell Rhodes-Extérieures est « stable à un niveau bas ». Le plan de tir prévoit une « protection dans l'arrière-pays » et une « stabilisation » dans les régions moyennes et d'avant-pays. Néanmoins, 17 chamois sont libérés pour l'abattage. Psychologiquement se révèle ici le même schéma qu'en Nidwald : protection ne signifie pas arrêt de la chasse, mais réduction de la chasse. Même une espèce à « niveau bas » continue d'être chassée, car un renoncement complet remettrait en question le principe même de la chasse.

Cerfs : « constamment élevé » malgré la chasse

L'effectif de cerfs dans l'habitat commun des cantons d'Appenzell Rhodes-Extérieures, Appenzell Rhodes-Intérieures et Saint-Gall est décrit comme « constamment élevé ». Malgré les tirs annuels, malgré une planification cynégétique intercantonale coordonnée et malgré des chasses spéciales, l'effectif ne diminue pas. Psychologiquement, c'est un schéma connu : la chasse de loisir prétend réguler les animaux sauvages, mais produit par la pression de chasse et la dynamique des populations exactement les effectifs qu'elle invoque ensuite comme justification pour poursuivre la chasse.

Travail de gestion comme construction identitaire

L'association des chasseurs brevetés d'Appenzell Rhodes-Extérieures se met activement en scène comme protectrice de la nature. Valorisations d'habitats, plantations de haies, démontage de fils barbelés : le travail de gestion est documenté et communiqué de manière professionnelle. Le président cantonal souligne la « stratégie commune de tous ceux qui s'intéressent à notre nature » et espère une « bonne collaboration avec les organisations de protection de l'environnement et de la nature ».

Psychologiquement, cette auto-présentation est un recadrage classique. La chasse de loisir se positionne comme « partenaire de la protection de la nature », bien qu'elle tue simultanément 690 animaux sauvages rien que pour le gibier à sabot par an. Le travail de gestion est réel et méritoire. Mais il est instrumentalisé : il ne sert pas principalement à l'animal, mais à la légitimation de la mise à mort. Qui plante des haies et sauve des faons peut difficilement être accusé de maltraitance animale. C'est exactement là la fonction psychologique : la gestion immunise contre les critiques de la chasse de loisir.

Le modèle genevois montre que la valorisation d'habitats et la protection de la faune sauvage sont possibles sans chasse de loisir. Le travail de gestion n'est pas un argument pour la chasse, mais un argument pour la protection de la nature, et celle-ci n'a pas besoin d'armes.

Plus d'informations dans le dossier : Psychologie de la chasse

Analyses psychologiques cantonales:

Plus sur le sujet de la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous rassemblons vérifications factuelles, analyses et rapports de fond.

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