OFEV, la maison des fous
Dans l'Oberland bernois, le lynx B903 a été mis à l'abattage après avoir tué plusieurs moutons à plusieurs reprises. En principe, un lynx protégé ne peut être abattu qu'après avoir tué au moins 15 animaux de rente dans un rayon de cinq kilomètres au cours d'une année. Ce seuil n'a pas été atteint.
Malgré cela, le canton de Berne a sollicité auprès de l'Office fédéral de l'environnement une autorisation exceptionnelle, au motif que B903 est considéré comme spécialisé dans la prédation d'animaux de rente.
L'OFEV a approuvé cette exception. Le conseiller fédéral Albert Rösti, dont le département abrite l'OFEV, n'a pas été associé à la décision, selon les indications de l'office, écrit blick.ch. Sur le plan politique, il est toutefois proche d'un parti favorable aux abattages. L'UDC exploite de tels cas pour construire l'image d'une «politique fédérale contre les populations rurales».
Le lynx est en Suisse une espèce strictement protégée en vertu de la loi sur la chasse (loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages, LChP).
Un abattage ne doit intervenir que si une protection adéquate du troupeau était en place et que des attaques ont néanmoins eu lieu, ce qui n'est manifestement pas le cas ici, selon un porte-parole de l'IG Wild beim Wild.
L'affaire suscite des discussions politiques : plusieurs élus UDC avaient réclamé l'abattage, tandis que le conseiller d'État bernois Christoph Ammann (PS) s'y était d'abord opposé et avait critiqué la pression de l'opinion publique.
L'IG Wild beim Wild met désormais en garde contre un dangereux précédent susceptible d'affaiblir la protection des lynx. Les partisans de l'abattage y voient une mesure nécessaire face au comportement problématique de certains individus, bien qu'il n'y ait plus de moutons non protégés sur les alpages. Les gardes-chasse sont autorisés à tirer sur le lynx jusqu'au 17 novembre.
L'affaire B903 est politiquement sensible parce qu'elle dépasse le cas particulier. Elle constitue un terrain d'expérimentation pour les tensions entre protection des espèces et intérêts d'exploitation des terres. Chaque camp y voit un signal :
- Les partisans de l'abattage veulent démontrer que les animaux «problématiques» peuvent être rapidement éliminés.
- Les opposants y voient le début d'une normalisation rampante des abattages d'espèces strictement protégées.
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