Initiative populaire cantonale : canton de Zoug
«Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»
Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet rédigé
En vertu du § 35 en relation avec le § 79 al. 2 de la Constitution du canton de Zoug du 31 janvier 1894 (version actuelle) et de la loi sur les élections et les votations (WAG)
Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]
Texte de l'initiative
Les personnes soussignées, habilitées à voter dans le canton de Zoug, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :
La Constitution du canton de Zoug est complétée par les paragraphes suivants :
§ [nouveau] Protection professionnelle de la faune sauvage
1 L'exercice de la chasse par des personnes privées (chasse à patente, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton de Zoug.
2 La protection, les soins et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages relèvent exclusivement de gestionnaires de la faune sauvage spécialement formés, au service du canton.
3 Le tir d'animaux sauvages n'est admissible qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de défense contre les dangers ont été épuisées ou se révèlent insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la commission de la faune sauvage.
4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection animale et de la nature, du monde scientifique ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et statue sur les mesures de régulation.
5 Le canton encourage la régulation naturelle des populations sauvages, la mise en réseau des habitats ainsi que la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.
6 La loi règle les modalités.
§ [nouveau] Protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées
1 Le canton renonce à la régulation des populations d'espèces d'animaux sauvages protégées au sens de l'art. 7a de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages et ne délivre aucune autorisation de tir pour des animaux isolés d'espèces protégées au sens de l'art. 12 al. 2 de cette loi, en particulier pas pour le loup, le lynx, l'ours, le castor, la loutre, le chacal doré, l'aigle royal, le harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral. L'alinéa 3 est réservé.
2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et le suivi scientifique de la présence de la faune sauvage.
3 Des mesures contre des animaux sauvages isolés qui représentent un danger immédiat et considérable pour les personnes restent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et exécutées par le service spécialisé compétent du canton.
4 Le canton s'engage activement, dans le cadre de la collaboration intercantonale et auprès de la Confédération, en faveur de la protection et de la préservation des espèces d'animaux sauvages menacées.
Disposition transitoire
1 Le Conseil d'État édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans un délai de deux ans à compter de l'adoption de cette modification constitutionnelle.
2 Les permis de chasse existants s'éteignent avec l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution. Les taxes de permis déjà payées pour la saison de chasse en cours sont remboursées au prorata.
3 Le Conseil d'État assure la continuité de la gestion de la faune sauvage pendant la phase transitoire.
Explications
1. Situation initiale
Le canton de Zoug couvre 239 km² et compte environ 130'000 habitantes et habitants. Il fait partie des cantons les plus prospères et les plus densément peuplés de Suisse. Le territoire cantonal se compose d'un mélange de zones urbaines autour de la ville de Zoug et des communes de Baar, Cham et Risch-Rotkreuz, de terres agricoles du Plateau ainsi que du Zugerberg et des régions préalpines.
À Zoug, la chasse de loisir est organisée sous forme de chasse à patente. Environ 230 personnes privées acquièrent un patente cantonal et chassent sans responsabilité fixe sur une réserve. La chasse principale est la chasse au chevreuil en octobre et novembre, traditionnellement pratiquée comme « chasse bruyante » avec le chien courant : les chiens débusquent les chevreuils de leurs bauges, les animaux fuient sur des passages dits « coulées », où les chasseuses et chasseurs de loisir sont postés et abattent les chevreuils en mouvement au moyen de tirs à plomb. La chasse ne peut être pratiquée que trois jours par semaine : le lundi, le mercredi et le samedi. Ce qui ressemble à une réglementation stricte est, d'un point de vue psychologique, l'habillage d'une activité de loisir présentée comme un système ordonné (cf. le Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Zoug).
Le système des patentes ne génère aucune plus-value technique par rapport à une gestion professionnelle de la faune : la chasse à patente ne lie pas les chasseurs de loisir à un territoire déterminé et complique ainsi une gestion coordonnée de la faune. En même temps, ce système est administrativement lourd pour le canton : l'organisation des examens, la gestion des patentes, la planification des tirs et la surveillance de la chasse mobilisent des ressources qui seraient utilisées plus efficacement dans un modèle professionnel (cf. le analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).
Depuis 1993, le canton de Zoug renonce à la chasse au lièvre. Ce moratoire a été demandé par les chasseurs de loisir zougois eux-mêmes, « afin de favoriser les populations ». Le renoncement à tuer une espèce que l'on ne devrait de toute façon pas tuer est présenté comme une preuve de sens des responsabilités. Dans le même temps, les oiseaux aquatiques figurent sur la liste des tirs, et la « chasse bruyante » au chevreuil avec des chiens est présentée comme un patrimoine culturel. La légitimation se déplace ainsi de la fonction vers l'identité : on chasse non pas parce qu'il le faut, mais parce qu'on l'a toujours fait ainsi.
L'affirmation selon laquelle l'équilibre écologique s'effondrerait sans la chasse de loisir est réfutée empiriquement depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (voir le dossier complet sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com). Zoug a même une superficie inférieure à celle de Genève (239 km² contre 282 km²). Si la protection professionnelle de la faune fonctionne sur 282 km² depuis plus de 50 ans, il n'y a aucune raison qu'elle ne fonctionne pas sur 239 km².
Parallèlement, de plus en plus d'espèces sauvages protégées subissent des pressions au niveau fédéral. La pression politique sur des espèces comme le lynx, le castor, la loutre et le harle bièvre ne cesse d'augmenter (voir le analyse de la politique de la chasse sur wildbeimwild.com).
2. Le modèle : le canton de Genève
Le 19 mai 1974, un peu plus de 70 pour cent des votants du canton de Genève se sont prononcés en faveur de la suppression de la chasse de loisir de milice. Les expériences réalisées depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :
- La biodiversité a nettement augmenté. Le nombre d'oiseaux d'eau hivernants a été multiplié, passant de quelques centaines à environ 30’000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres bruns et l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse. Avant la votation de 1974, le lobby de la chasse de loisir avait affirmé que le lièvre serait exterminé sans la chasse de loisir par Prédateurs. C'est le contraire qui s'est produit.
- La population de chevreuils s'est stabilisée à un niveau sain, avec un tir spécial annuel effectué par des gardes-faune professionnels portant sur seulement 20 à 36 animaux.
- L'interdiction est en vigueur depuis plus de 50 ans sans interruption. Genève ne l'a jamais levée. Les coûts totaux s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an, soit environ 2.40 francs par habitant. L'efficacité du modèle genevois apparaît clairement dans une comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin en moyenne de 8 heures et de 2 cartouches au maximum. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres à Genève est de 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), contre seulement 1,0 pour 100 hectares dans le canton de Zurich (cf. vérification des faits du Conseil d'État de Zurich).
Une présentation détaillée se trouve dans le dossier « Genève et l'interdiction de la chasse » sur wildbeimwild.com.
3. Le concept : un service de la faune professionnel plutôt que la chasse de loisir
L'initiative remplace la chasse de loisir par une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle du garde-faune :
Compétence professionnelle plutôt que loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune sauvage agissent sur une base scientifique, dans le cadre d'un mandat de prestations cantonal. Leur objectif est le maintien de populations sauvages en bonne santé, et non la maximisation des chiffres de tir.
Principe de l'ultima ratio. Un tir n'est autorisé que si toutes les mesures non létales ont été épuisées : clôtures électriques, effarouchement, aménagement de l'habitat, mesures de protection constructives.
Contrôle démocratique par une commission de la faune sauvage. La commission indépendante empêche que la pression politique ne dilue la gestion de la faune sauvage.
Autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses Études le prouve : dans la plupart des cas, les populations d'animaux sauvages se régulent d'elles-mêmes. La chasse de loisir perturbe ce processus en détruisant les structures sociales et en augmentant artificiellement les taux de reproduction.
4. Pourquoi Zoug ?
Zoug se prête particulièrement bien, pour plusieurs raisons, à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune :
Plus petit que Genève. Zoug compte 239 km², Genève 282 km². Le canton de Zoug est même plus petit que le modèle de référence genevois. Si la protection professionnelle de la faune fonctionne sur 282 km² depuis plus de 50 ans, aucun argument objectif ne permet d'affirmer qu'elle ne fonctionnerait pas sur 239 km².
Les chasseurs de loisir en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby de la chasse de loisir combat systématiquement les préoccupations en matière de biodiversité et de protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative pour la biodiversité (63 pour cent de non). En 2020, la loi sur la chasse, qu'il avait contribué à façonner, a échoué devant le peuple (51,9 pour cent de non). En 2016, l'association des chasseurs tessinois a torpillé le parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs de loisir ont, au parlement, majoritairement politisé contre les préoccupations environnementales. Quiconque affirme que les chasseurs de loisir sont des protecteurs de la nature ignore leur comportement de vote (cf. Association des chasseurs tessinois : 30 ans d'absurdités et Dossier des coûts).
L'un des cantons les plus riches de Suisse. Zoug dispose de la capacité financière nécessaire pour financer une gestion professionnelle de la faune sans charge sensible. Avec un surcoût net estimé entre environ 1,15 et 1,90 franc par habitant et par an, l'argument financier qui a été déterminant lors du vote à Zurich est sans effet à Zoug.
Urbain et densifié. Environ les trois quarts de la population zougoise vivent dans les communes de Zoug, Baar, Cham et Risch-Rotkreuz, presque entièrement urbaines. La tradition culturelle de la chasse y est moins profondément enracinée que dans les cantons de montagne.
Seulement 230 chasseurs de loisir. Par rapport à une population de 130'000 habitants, 230 détenteurs et détentrices de permis actifs constituent une minorité négligeable. La faisabilité politique est plus élevée que dans les cantons comptant des milliers de permis.
La chasse à patente comme changement de système conceptuellement plus simple. Contrairement aux cantons à chasse à territoire (BL, SH, AG, ZH), il n'est pas nécessaire à Zoug de résilier des baux de chasse ni d'indemniser les communes pour la perte des recettes locatives. Les patentes s'éteignent simplement avec l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution. Le changement de système est ainsi administrativement et juridiquement moins complexe.
La «chasse bruyante» comme point faible en matière de communication. La chasse au chevreuil pratiquée à Zoug avec des chiens courants (où les chiens font fuir les chevreuils paniqués hors de leurs gîtes et où les animaux en fuite sont ensuite abattus) est une forme de chasse qui suscite peu de compréhension auprès de la population non chasseresse. L'initiative offre la possibilité de remplacer cette pratique par une gestion professionnelle de la faune sauvage, à faible stress.
5. Sur le premier paragraphe : Protection professionnelle de la faune
Alinéa 1 : Interdiction de la chasse à patente
L'interdiction de la chasse à patente par des particuliers est le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois (art. 162 de la Constitution cantonale genevoise). La compétence cantonale en la matière est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (JSG) laisse expressément aux cantons l'organisation de l'exercice de la chasse (art. 3 al. 1 et 2 JSG). Les trois systèmes de chasse en Suisse (chasse à patente, chasse à territoire et chasse d'État ou en régie) sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974, conformément au droit fédéral.
À la différence des cantons à chasse à territoire (BL, SH, AG, ZH), il n'est pas nécessaire à Zoug de résilier des baux de chasse ni d'indemniser les communes. Les patentes existantes s'éteignent avec l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution. Les taxes de patente déjà versées sont remboursées au prorata. Le changement de système est ainsi administrativement et juridiquement moins complexe que dans les cantons à chasse à territoire.
Alinéa 2 : gestion professionnelle de la faune sauvage
Des gestionnaires de la faune sauvage spécialement formés, au service du canton, assument l'ensemble des tâches liées aux soins de la faune et, si nécessaire, à la régulation des effectifs. L'actuel Office des forêts et de la faune du canton de Zoug offre la plateforme institutionnelle pour l'implantation de ces services spécialisés.
Alinéa 3 : le tir comme ultima ratio
Un tir n'est pas la règle, mais l'exception. À Genève, environ 250 sangliers en moyenne sont abattus chaque année par les gardes-faune, les animaux meneurs étant explicitement épargnés pour des raisons éthiques. Les chiffres de tirs sont ainsi nettement inférieurs à ceux de cantons comparables pratiquant la chasse de loisir.
Alinéa 4 : commission de la faune sauvage
La commission indépendante de la faune sauvage s'inspire du modèle genevois. Elle garantit que les décisions soient fondées sur des données probantes et non sur les mythes idéologiques de la chasse par lesquels la lobby de la chasse de loisir légitime sa pratique.
Alinéa 5 : régulation naturelle et coexistence
À Zoug, la mise en réseau des habitats entre le Zugerberg, le lac de Zoug et les surfaces agricoles avoisinantes revêt une importance particulière. Les corridors fauniques sont indispensables à la diversité génétique et à la dispersion naturelle des espèces. Le système actuel de chasse à patente ne permet aucune coordination liée à un territoire, qui pourrait garantir une telle mise en réseau (cf. wildbeimwild.com sur les animaux sauvages en zone urbanisée).
Dispositions transitoires
Le délai de deux ans laisse au Conseil d'État suffisamment de temps pour élaborer la législation d'exécution et engager des gestionnaires professionnels de la faune sauvage. Contrairement aux cantons pratiquant la chasse à territoire, la clause transitoire pour les baux de chasse est supprimée : les patentes s'éteignent directement à l'entrée en vigueur. Le remboursement proportionnel des taxes de patente déjà payées préserve la protection de la confiance légitime.
6. Sur le deuxième paragraphe : protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées
Pour Zoug, le second paragraphe est pertinent en raison de la présence d'espèces protégées dans le canton : le castor est documenté au lac de Zoug et sur ses affluents. Des oiseaux d'eau hivernent en grand nombre sur le lac de Zoug. Le retour de la loutre en Suisse centrale est prévisible. La loi fédérale révisée sur la chasse (art. 7a LChP) habilite les cantons à une régulation préventive, mais ne les y oblige pas. Il en va de même pour les autorisations de tir d'animaux individuels selon l'art. 12 al. 2 LChP. Par ce paragraphe, le canton ne fait qu'exercer sa compétence de ne pas user de cette habilitation (cf. la analyse de la politique du loup sur wildbeimwild.com).
7. Conséquences financières : budget concret pour Zoug
Pour Zoug, avec une superficie de 239 km² et environ 130'000 habitants, l'estimation des coûts se présente comme suit :
Frais de personnel : 240'000 à 280'000 francs par an. Deux postes à plein temps sont nécessaires pour des gestionnaires professionnels de la faune sauvage. Zoug est plus petit en superficie que Genève (239 contre 282 km²). Un poste à plein temps au service cantonal coûte, charges comprises, environ 120'000 à 140'000 francs par an.
Frais de matériel : 50'000 à 80'000 francs par an. Équipement, véhicules, dispositifs d'effarouchement, infrastructure de monitoring, communication publique.
Indemnisation des dommages : 20'000 à 50'000 francs par an. Les dégâts causés par la faune sauvage attendus à Zoug sont limités en raison de la surface agricole restreinte et de la faible densité de sangliers.
Coût total : 310’000 à 410’000 francs par an (brut). Cela correspond à environ 2.40 à 3.15 francs par habitant et par an.
À cela s'opposent des économies : le canton n'aura plus besoin d'organiser d'examens de chasse, de délivrer et de gérer des permis, d'établir un plan de tir ni d'organiser la surveillance de la chasse. L'ancien inspecteur de la faune genevois Gottlieb Dandliker a souligné que l'organisation d'une chasse à patente nécessiterait au moins deux postes à temps plein. Une fois ces économies déduites, les coûts supplémentaires nets devraient se situer entre 150’000 et 250’000 francs par an, ce qui correspond à environ 1.15 à 1.90 franc par habitant ce qui correspond. Pour l'un des cantons les plus riches de Suisse, c'est un montant marginal.
Recettes supprimées
Avec la suppression de la chasse de loisir, les redevances de permis, estimées entre 150’000 et 300’000 francs par an, disparaissent. Cependant, cela s'oppose aux coûts externes jamais comptabilisés de la chasse de milice (accidents de la faune sauvage, dégâts d'abroutissement liés à la chasse dans la forêt protectrice, charge administrative, interventions policières et judiciaires), qui dépasseraient nettement ces recettes. Dans le canton de Genève, ces recettes ont disparu depuis 1974, sans aucun problème financier : avant l'interdiction de la chasse, plus de 400 chasseurs de loisir étaient actifs, aujourd'hui trois postes à temps plein font le même travail, en mieux. Les tirs sanitaires et thérapeutiques effectués par des gardes-faune professionnels ne sont pas la même chose qu'une chasse régulatrice basée sur les récits de chasseurs ou une « expérience de la nature » mal comprise par les chasseurs de loisir. Un calcul des coûts complets montre que la chasse de milice coûte nettement plus cher au contribuable qu'elle ne rapporte (cf. «Ce que la chasse de loisir coûte réellement à la Suisse» sur wildbeimwild.com).
8. Compatibilité avec le droit supérieur
L'initiative est conforme au droit fédéral. La loi fédérale sur la chasse (JSG) laisse explicitement aux cantons le soin de réglementer le droit de chasse, le système de chasse, le territoire de chasse et la surveillance de la chasse (art. 3 al. 1 et 2 JSG). Les trois systèmes de chasse (chasse à patente, chasse à territoire et chasse en régie) sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974 et n'a jamais fait l'objet d'une contestation au regard du droit fédéral en plus de 50 ans. L'art. 7a JSG permet aux cantons une régulation préventive, mais ne les y oblige pas. L'initiative respecte l'unité de la matière.
9. Anticipation des objections prévisibles
« La chasse zougoise est déjà strictement réglementée : seulement trois jours de chasse par semaine »
Les faits : La limitation à trois jours par semaine ne change rien au principe fondamental : ce sont toujours des particuliers qui tuent des animaux sauvages comme loisir. La réglementation des jours de chasse est une mesure organisationnelle, pas une amélioration qualitative. Des gestionnaires professionnels de la faune interviendraient de manière plus flexible et ciblée, chaque fois que cela est écologiquement pertinent, et non selon un calendrier hebdomadaire rigide.
Formule communicative courte : «Trois jours de chasse par semaine restent trois jours pendant lesquels des chasseurs de loisir tuent des animaux sauvages. La protection professionnelle de la faune n'a pas besoin de calendrier hebdomadaire.»
«Le moratoire sur le lièvre montre que les chasseurs de loisir agissent de manière responsable»
Les faits : Le moratoire sur le lièvre n'est pas une preuve de sens des responsabilités, mais un aveu que la chasse au lièvre n'était plus défendable. Que les chasseurs de loisir renoncent à tuer une espèce menacée n'est pas un mérite, mais une évidence. Dans le même temps, les oiseaux d'eau restent sur la liste des tirs, et la «chasse bruyante» aux chevreuils avec des chiens continue d'être perpétuée comme une tradition (voir Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Zoug).
Formule communicative courte : «Ne pas tuer ce qu'on ne devrait pas tuer n'est pas un mérite. C'est une évidence.»
«Zoug n'a pas de problèmes avec les animaux sauvages, à quoi bon l'initiative?»
Les faits : Si Zoug n'a guère de problèmes avec les animaux sauvages, le changement de système n'en est que plus simple, plus avantageux et moins risqué. L'absence de problèmes aigus est l'argument en faveur de l'initiative, pas contre elle. La protection professionnelle de la faune est une infrastructure préventive (voir Vérification des faits sur les mythes de la chasse sur wildbeimwild.com).
Formule communicative courte : «S'il y a si peu à faire, la protection professionnelle de la faune coûte encore moins cher. L'argument se réfute lui-même.»
10. Résumé
Cette initiative permet à la population zougoise de se prononcer en faveur d'une gestion moderne et fondée sur des données probantes de la faune sauvage. En tant que canton à chasse à patente, Zoug montre que le changement de système n'est pas réservé aux cantons à chasse à territoire. Avec ses 239 km², Zoug est même plus petit que Genève, et pour l'un des cantons les plus prospères de Suisse, les coûts d'environ 1.15 à 1.90 franc par habitant et par année ne constituent pas un obstacle. La «chasse bruyante» aux chevreuils avec des chiens courants a sa place dans un musée, pas dans une politique moderne de la faune.
Comité d'initiative «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»
[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …
(membres du comité selon le droit cantonal, domiciliés dans le canton)
Adresse de contact : [adresse du comité]
Annexe : documentation complémentaire
Le modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot. Présentation complète de la gestion de la faune sauvage genevoise depuis 1974.
Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien-ueber-die-auswirkung-der-jagd-auf-wildtiere-und-jaeger. Recueil d'études scientifiques sur l'autorégulation des populations sauvages.
La chasse en Suisse : wildbeimwild.com/warum-die-hobby-jagd-in-der-schweiz-kein-naturschutz-ist. Aperçu constamment mis à jour de la politique suisse de la chasse.
Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Zoug : wildbeimwild.com: Psychologie de la chasse de loisir dans le canton ZG. Motivations, justifications et dynamiques sociales de la chasse de loisir à Zoug.
Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd. Analyses des motifs, justifications et dynamiques sociales de la chasse de loisir.
Dossier loup : wildbeimwild.com/dossiers/wolf-in-der-schweiz-fakten-politik-und-die-grenzen-der-jagd. Évolutions actuelles de la politique relative au loup en Suisse.
Animaux sauvages et prédateurs : wildbeimwild.com/category/wildtiere. Informations sur les animaux sauvages, les prédateurs et la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.
Mythes de la chasse : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen. Vérification des faits sur les affirmations les plus courantes du lobby de la chasse de loisir.
Initiative populaire cantonale Bâle-Ville : Texte type de l'initiative dans le canton de Bâle-Ville.
Remarque sur la procédure
Le comité d'initiative soumet le texte de l'initiative à la chancellerie d'État du canton de Zoug pour examen préalable avant le début de la récolte de signatures. L'aboutissement de l'initiative nécessite 2'000 signatures valables. Le canton de Zoug ne prévoit pas de délai légal de récolte. Les modalités de dépôt sont régies par la loi cantonale sur les élections et les votations (WAG).
Briefing stratégique pour les militantes et militants
Initiative populaire «Pour une protection professionnelle de la faune», canton de Zoug Document de travail interne, état en mars 2026
Résumé
Zoug est un canton à chasse a patente, pour lequel un texte d'initiative complet est disponible. Avec 239 km², il est plus petit que Genève (282 km²), et dans l'un des cantons les plus riches de Suisse, l'argument du coût est sans effet. La «chasse bruyante» avec des chiens courants offre une surface d'attaque communicativement forte. Le changement de système est administrativement plus simple que dans les cantons à chasse a territoire, car aucun bail de chasse ne doit être résilié.
1. Pourquoi Zoug ?
Plus petit que Genève. 239 contre 282 km². Le modèle genevois fonctionne sur une surface plus grande depuis 50 ans. Zoug n'a aucune raison de ne pas le reprendre.
Un canton financièrement solide. Des coûts supplémentaires nets de 1,15 à 1,90 franc par habitant et par an ne constituent pas un argument pour Zoug. À titre de comparaison : une tasse de café en ville de Zoug coûte environ 5 francs.
230 chasseurs de loisir pour 130'000 habitants. Une minorité infime. La majorité de la population bénéficie d'une protection professionnelle de la faune.
Chasse a patente = changement de système plus simple. Pas de bail de chasse, pas d'indemnisation communale. Les patentes s'éteignent, un point c'est tout.
La «chasse bruyante» comme point faible. Les chiens poussent les chevreuils dans la panique, les chasseurs de loisir tirent sur les animaux qui fuient. Cette forme de chasse est difficilement défendable dans la perception publique.
2. Les enseignements de Zurich
Erreur 1 de Zurich : un titre conflictuel.Notre titre «Pour une protection professionnelle de la faune» est positif.
Erreur zurichoise n° 2 : l'argument des coûts resté sans réponse. À Zoug, il est sans effet : le canton est riche, la surface petite, les coûts marginaux.
Erreur n° 3 de Zurich : aucun soutien des partis. Des contacts avec le PS, les Verts, le PVL et Alternative (la fraction verte) doivent être établis à un stade précoce.
3. Analyse des opposants
Les 230 détenteurs de patente forment un groupe petit mais localement ancré. À Zoug, ils sont moins organisés que les sociétés de chasse dans les cantons à chasse a territoire, car le système de patente ne crée pas de structures fixes de réserve de chasse.
L'association cantonale des chasseurs défendra la « chasse bruyante » comme une tradition. La réponse : les traditions fondées sur la réaction de panique des animaux n'ont pas leur place ailleurs que dans un musée.
L'Office des forêts et de la faune renverra à la régulation existante (trois jours de chasse, plan de tir). La réponse : réguler la chasse de loisir ne remplace pas une protection professionnelle de la faune. L'un optimise un système erroné, l'autre le remplace.
4. Stratégie de communication : les trois messages clés
« Zoug est plus petit que Genève. Ce qui fonctionne là-bas depuis 50 ans fonctionne a fortiori ici. »
«Professionnel plutôt qu'amateur. Des spécialistes plutôt que des tireurs de loisir.»
« Moins de 2 francs par an. Pour l'un des cantons les plus riches, ce n'est pas un problème. »
5. Calendrier
| Phase | Contenu | Délai |
|---|---|---|
| Constitution du comité & prévérification du texte | Faire appel à une juriste/un juriste ; recruter des membres de comité domiciliés dans le canton de Zoug | Mois 1–3 |
| Dépôt pour prévérification | Chancellerie d'État de Zoug | Mois 3–4 |
| Publication & lancement de la récolte | Aucun délai de récolte ; objectif : 2'500+ signatures comme marge de sécurité | Mois 4 |
| Contacts avec les partis & construction de coalitions | Entretiens préalables avec le PS, les Verts, le PVL, les Alternatifs ; impliquer les associations de protection de la nature | Mois 1–12 |
| Dépôt des signatures | Chancellerie d'État, vérification officielle | Après la fin de la récolte des signatures |
| Débat au Parlement cantonal | Ancrage parlementaire ; intensifier le travail médiatique | Mois suivants |
| Campagne de votation | Mobilisation finale, infographies, présence médiatique | Avant la votation |
6. Matériel de campagne
- Le Dossier genevois sur wildbeimwild.com comme argumentaire central.
- L'Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Zoug comme matériel de référence pour les contacts médiatiques.
- Infographie : comparaison des superficies ZG/GE (239 contre 282 km²), comparaison des coûts, « 230 chasseurs de loisir pour 130'000 habitants ».
- Médias locaux : Zuger Zeitung, Zentralplus, Tele 1, Radio Central.
- Visuellement : la « chasse bruyante » en image. Des chiens poussent des chevreuils dans la panique. Voilà la réalité qui se cache derrière le mot « tradition de chasse ».
7. Sources complémentaires
- L'interdiction de chasser à Genève en détail
- Études scientifiques
- La chasse en Suisse : critiques, faits, actualités
- Dossier loup
- Vérification des faits sur les mythes de la chasse
- Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Zoug
- Statistique fédérale de la chasse (OFEV)
- Initiative populaire cantonale de Bâle-Ville
Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé et adapté aux conditions du canton de Zoug par des activistes, des organisations ou des comités d'initiative.
Vérification des faits : les affirmations du lobby de la chasse de loisir
La brochure « La chasse en Suisse protège et sert » de ChasseSuisse se lit comme un prospectus publicitaire, mais ses affirmations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix récits passés au crible, de la « tâche de l'Etat » à la « biodiversité » en passant par les « 80 % d'approbation » : Dossier : vérification des faits de la brochure de ChasseSuisse →
