Un chasseur de loisir tire sur une caille et touche un joggeur au visage
Lors d'un entraînement de chiens dans le nord de l'Italie, un coup de plomb manque sa cible. Un coureur de 68 ans est touché à côté de l'œil. S'il n'avait pas été chasseur de loisir, une procédure pénale serait depuis longtemps en cours.
«Que les autres fassent attention»
Le dimanche matin 14 juin 2026, vers neuf heures, un homme de 68 ans joggait sur une route près de Rosa Vecchia, un hameau de San Vito al Tagliamento, dans la province de Pordenone, au nord de l'Italie.
C'était son parcours habituel. À quelques mètres du chemin, sur un terrain d'entraînement désigné comme «Zona cinofila Sanvitese», un chasseur de loisir de 49 ans entraînait ses chiens. Une caille avait été lâchée dans le champ, comme cible vivante pour le dressage.
Le chasseur de loisir a tiré un coup de plomb sur l'oiseau. Quelques grains de plomb ont manqué la caille et ont touché le joggeur au bras et au visage, l'un d'eux tout près de l'œil droit. Les ambulanciers du service de secours ont soigné l'homme sur place, puis l'ont transporté à l'hôpital de Pordenone pour un examen ophtalmologique. Sa vie n'était pas en danger, mais la blessure à l'œil était assez grave pour qu'un dommage permanent soit envisageable. Les carabiniers enquêtent sur le déroulement des faits et vérifient si les consignes de sécurité de la zone cynophile ont été respectées.
Quel était le «crime» de la caille ?
Aucun. La caille n'avait aucune faute, aucune raison, aucun délit. Elle était un accessoire vivant, lâché pour que les chiens de chasse puissent s'exercer à débusquer et à rapporter. Sa mort était prévue dès le départ. Que, lors du tir sur elle, un passant ait failli perdre un œil est la conséquence logique d'une pratique consistant à tirer au plomb à proximité de chemins publics.
Deux poids, deux mesures
Imaginons qu'un particulier ait tiré un dimanche matin avec un fusil de chasse dans une zone de loisirs fréquentée et ait logé la charge à côté de l'œil d'un joggeur. Il y aurait une arrestation, une saisie d'arme, une inculpation pour lésions corporelles graves, probablement une détention provisoire. Si un policier en service tirait de manière aussi incontrôlée en direction d'un passant, un examen disciplinaire et pénal serait hors de question — au sens où il s'imposerait inévitablement.
Pour le chasseur de loisir, c'est un autre étalon qui s'applique. Ici, on parle d'«accident de chasse», l'arme est «acquise légalement», le terrain «signalé par des panneaux». L'enquête aboutit au reproche de lésions corporelles par négligence, et l'expérience de tout l'espace germanophone montre que de telles procédures ont rarement des suites perceptibles. Tirer sur des animaux vivants comme activité de loisir jouit d'un espace de protection juridique et social que ne connaît aucun autre maniement armé d'armes à feu.
Ce cas n'est pas une particularité italienne. En novembre 2025, à Grossefehn en Basse-Saxe, deux promeneurs ont été touchés par la grenaille d'une battue. Fin novembre 2024, à Oulens-sous-Echallens dans le canton de Vaud, un chasseur de loisir de 64 ans est mort sous le tir d'un collègue. La liste des personnes non impliquées blessées et tuées, des promeneurs aux cyclistes en passant par les enfants, est longue et s'allonge année après année. Là où l'on tire pour le plaisir des chasseurs de loisir, des êtres humains se retrouvent inévitablement aussi dans la ligne de mire.
La question n'est pas de savoir si de tels incidents sont des «cas isolés». La question est de savoir pourquoi une activité qui met régulièrement en danger des personnes non impliquées continue d'être traitée comme un loisir inoffensif, au lieu de ce qu'elle est en définitive: une mise en danger calculée de la collectivité.
Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans le dossier Braconnage et criminalité liée à la chasse en Suisse nous documentons les cas, les questions juridiques et les schémas récurrents. Ce que dit la recherche à ce sujet est présenté dans La chasse sous l’angle des faits : l’état de la recherche.
La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.
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