11 août 2026, 12:46

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Bâle-Campagne fait marche arrière : d'abord la régulation, maintenant «aucun objectif»

Comment le Conseil d'État se contredit en l'espace de deux mois, au lieu de répondre à la question scientifique centrale.

Rédaction Wild beim Wild — 11 août 2026

Le 11 août 2026, le Conseil d'État du canton de Bâle-Campagne a répondu une deuxième fois à la pétition sur la chasse au renard de Pascal Wolf.

La nouvelle prise de position est en contradiction ouverte avec la première réponse de juin et esquive à nouveau la question centrale.

Le déclencheur de ce second tour a été le rapport spécialisé «Bases scientifiques sur la chasse au renard» élaboré dans le canton de Zoug par le bureau SWILD en mai 2026. Wolf avait transmis ce rapport au Conseil d'État. La réponse de Liestal indique désormais que les conclusions qui y sont présentées «ne sont pas en contradiction avec la pratique actuelle sur les points essentiels» et seraient «déjà prises en compte» dans la mise en œuvre de l'exécution cantonale.

Deux courriers, deux déclarations

C'est précisément à cet endroit que les choses deviennent incohérentes. Dans sa première prise de position du 16 juin 2026, signée par le président du Conseil d'État Dr Anton Lauber et la chancelière Elisabeth Heer Dietrich, ce même Conseil d'État avait expressément qualifié la «régulation des espèces chassables» de mesure importante de la gestion de la faune et décrit la chasse de loisir comme un instrument de cette gestion.

Dans le second courrier du 11 août 2026, signé par le président du Conseil d'État Thomi Jourdan et la même chancelière Elisabeth Heer Dietrich, il est en revanche indiqué que la chasse au renard n'est «pas pratiquée dans le but d'une régulation généralisée des populations».

Le fait que les deux courriers aient été signés par deux présidents de gouvernement différents ne décharge pas l'autorité. Une décision du Conseil d'État est une décision collégiale de l'ensemble du gouvernement, et non l'opinion personnelle du signataire. Dans les deux cas, c'est la même autorité qui s'exprime, et elle affirme le contraire en l'espace de deux mois.

Celui qui déclare d'abord que la régulation constitue une mesure de gestion importante, puis en conteste l'objectif deux mois plus tard dès que des preuves scientifiques sont mises sur la table, ne peut pas prétendre simultanément que la pratique actuelle a toujours tenu compte de ces preuves.

La chronologie réfute le « déjà pris en compte »

C'est la chronologie qui est la plus révélatrice. Pascal Wolf a déposé sa pétition le 16 décembre 2025 en s'appuyant sur une douzaine de sources scientifiques. Le rapport SWILD n'était même pas encore rédigé à cette date ; il date de mai 2026 et a été réalisé sur mandat du canton de Zoug, et non du canton de Bâle-Campagne.

Dans sa première réponse du 16 juin 2026, le Conseil d'État ne mentionne pas non plus ce rapport d'un seul mot. Ce courrier ne cite absolument aucune source scientifique. Ce n'est que dans le second courrier du 11 août 2026 que le rapport apparaît, et ce explicitement comme un élément parvenu nouvellement au canton par l'envoi de Wolf.

Ainsi, la formule « déjà pris en compte » repose sur des bases fragiles. Un rapport spécialisé que le canton ne connaît pas encore en juin et qu'il ne mentionne pas dans sa propre prise de position ne peut pas déjà avoir été intégré à sa pratique courante en août. Et si l'état des connaissances scientifiques avait effectivement été depuis longtemps la norme cantonale, rien n'aurait été plus simple, en juin, que de l'attester précisément avec ses propres sources. Au lieu de cela, la première réponse est restée dépourvue de sources. L'affirmation selon laquelle il ne s'agirait « d'aucune connaissance nouvelle » n'est avancée qu'après coup, une fois les preuves posées sur la table — preuves que le canton lui-même n'avait pas pu fournir deux mois auparavant.

La directive de chasse en vigueur ne connaît aucun changement de cap

Lorsqu'un canton déclare que les connaissances scientifiques sont « déjà prises en compte dans l'élaboration de la mise en œuvre cantonale », cela devrait se manifester dans la mise en œuvre. Or, c'est précisément là qu'on ne le trouve pas.

L'instruction actuellement en vigueur «Exercice de la chasse durant l'année cynégétique 2026/27» du service cantonal spécialisé Faune sauvage, Chasse et Pêche date du 18 mars 2026. Elle règle la période allant du 1er avril 2026 au 31 mars 2027 et fixe pour le renard une période de chasse régulière du 16 juin à la fin février, complétée par la chasse nocturne autorisée en plaine avec lumière artificielle sur autorisation personnelle.

Cette directive date d'avant le rapport SWILD et d'avant les deux réponses aux pétitions. Il est impossible que le canton ait pu intégrer les conclusions d'un rapport qu'il n'a reçu qu'en été dans une instruction qu'il a édictée en mars. Sur la page officielle de la chasse du canton, on ne trouve d'ailleurs aucune nouvelle directive, aucune adaptation et aucune instruction qui documenterait une prise en compte des conclusions zougoises. L'exécution se poursuit sans changement.

Il est en outre révélateur que la même instruction règle expressément de manière séparée la chasse régulière du renard et le prélèvement d'animaux malades ou blessés. La poursuite et le tir d'animaux malades ou blessés d'espèces chassables y sont autorisés séparément et en tout temps, avec obligation d'annonce au service spécialisé. Le canton distingue donc lui-même entre le prélèvement au cas par cas et la période de chasse régulière du renard, longue de plus de huit mois. Ainsi, sa propre directive réfute le cadrage de la lettre d'août, selon lequel il ne s'agirait fondamentalement que de quelques animaux à problèmes.

Ce que montre réellement le rapport zougois

Le rapport SWILD fournit le cœur scientifique sur lequel se cristallise la contradiction. Il conclut que la chasse au renard actuellement pratiquée ne régule pas durablement les populations. Les prédateurs de taille moyenne comme le renard compensent les pertes par une reproduction plus précoce, une fécondité accrue et l'immigration, de sorte que les densités de population restent stables malgré une forte pression de chasse.

Les expériences de la lutte contre la rage montraient déjà que la chasse intensive et le gazage des terriers ne pouvaient pas réduire les populations de renards. Ce n'est que la campagne de vaccination médicale à partir de 1978 qui a permis de maîtriser l'épidémie. Une étude française sur l'échinocoque alvéolaire a même révélé que la prévalence dans la zone fortement chassée est passée de 44 à 55 pour cent, tandis qu'elle restait inchangée dans la zone témoin.

Si la chasse au renard ordinaire ne tient pas scientifiquement comme instrument de régulation, la principale justification d'une chasse généralisée disparaît. C'est précisément ce que le Conseil d'État a dû implicitement admettre dans sa deuxième réponse, sans en tirer la conséquence.

Pas une pratique marginale, mais des centaines d'animaux par an

Le canton présente la chasse au renard comme un instrument concernant surtout des animaux isolés malades, blessés ou au comportement anormal. Les chiffres officiels dressent un autre tableau. Selon la statistique fédérale de la chasse, dans le canton de Bâle-Campagne, entre 2020 et 2024, respectivement 455, 521, 437, 511 et enfin 676 renards ont été tirés chaque année, soit au total environ 2’600 animaux en cinq ans.

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Une chasse ordinaire de plus de 500 renards en moyenne par an ne peut pas s'expliquer par le renvoi à des mesures ponctuelles. Des interventions ciblées sur de véritables animaux problématiques ne justifient pas une chasse de loisir générale sur plusieurs centaines de renards sains chaque année.

Genève et le Luxembourg comme contre-exemples avérés

Qu'il soit possible de faire autrement n'est pas une théorie. Le canton de Genève a aboli la chasse de loisir dès 1974 et confie depuis lors les interventions exclusivement au service de la faune. La comparaison figurant dans le rapport zougois montre qu'à Genève, sur toute la série chronologique, nettement moins de renards sont tués en valeur absolue et par kilomètre carré que dans des cantons comparables à patente, sans que les populations de renards ne dérapent.

Au Luxembourg, la chasse au renard est interdite depuis 2015. L'administration de la nature compétente relève que l'interdiction n'a pas entraîné d'augmentation des problèmes liés aux renards et que les protecteurs des oiseaux n'ont constaté aucun problème supplémentaire pour les nicheurs au sol. La proportion de renards atteints par le petit ténia du renard a même diminué après l'interdiction.

Un renoncement à la chasse de loisir ordinaire ne signifie pas l'incapacité d'agir. Les animaux malades, blessés ou problématiques peuvent toujours être prélevés de manière ciblée. C'est précisément là que vise la question de Wolf.

La seule question qui reste ouverte

Dans sa réplique du 11 août 2026, Pascal Wolf pose au Conseil d'État une seule question précise : quel objectif scientifiquement avéré justifie encore, dans le canton de Bâle-Campagne, la chasse ordinaire de plusieurs centaines de renards par an, si la régulation des populations ne tient pas scientifiquement à cet effet et que des animaux problématiques concrets peuvent aussi être prélevés de manière ciblée ?

L'affirmation selon laquelle les conclusions seraient «déjà prises en compte» ne répond pas à cette question. Elle la déplace. Et elle ne résiste pas à sa propre chronologie, car on ne peut prendre en compte que ce que l'on connaît, et le canton n'a manifestement connu le rapport qu'après que Wolf le lui a soumis. Tant que les cantons ne sont pas tenus de justifier scientifiquement les interventions cynégétiques, la charge de la preuve reste là où elle ne devrait pas être: sur celles et ceux qui posent des questions, plutôt que sur celles et ceux qui font tuer chaque année des centaines d'animaux.

Le cas de Bâle-Campagne s'inscrit ainsi dans un schéma bien connu. Ce que le canton de Zoug a fait élaborer en externe avec le rapport SWILD, et ce que Genève et le Luxembourg démontrent depuis longtemps en pratique, est pris acte à Liestal, mais n'est pas traduit en actes.

Quicklinks


Sources

  • Conseil d'État du canton de Bâle-Campagne, prise de position sur la pétition relative à l'examen de la nécessité scientifique de la chasse au renard, 16 juin 2026
  • Conseil d'État du canton de Bâle-Campagne, deuxième prise de position sur la pétition relative à l'examen de la nécessité scientifique de la chasse au renard, 11 août 2026
  • SWILD, Bases scientifiques de la chasse au renard, rapport technique mandaté par l'Office des forêts et de la faune du canton de Zoug, mai 2026
  • Statistique fédérale de la chasse, renard roux, tirs canton de Bâle-Campagne, 2015 à 2024, jagdstatistik.ch
  • Office des forêts et de la faune des deux Bâle, service spécialisé de la faune, de la chasse et de la pêche, exercice de la chasse durant l'année cynégétique 2026/27 dans le canton de Bâle-Campagne, directive du 18 mars 2026
  • Comte et al. (2017), Echinococcus multilocularis management by fox culling: An inappropriate paradigm, Preventive Veterinary Medicine 147
  • Administration de la nature du Luxembourg, rapport technique concernant la gestion de la faune sauvage et la chasse, numéros 4 (2016), 8 et 10 (2024)

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