30 mai 2026, 20:51

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Divers

Double vie d'un journaliste à scandale : plagiats au Palais fédéral, destruction d'existence dans la forêt de chasse

Le chasseur de loisir et rédacteur en chef adjoint du «Nebelspalter» a copié des textes, coordonné des campagnes d'anéantissement juridique contre les défenseurs des animaux et échoué devant les tribunaux. Désormais, sa carrière à la NZZ appartient au passé.

Rédaction Wild beim Wild — 30 mai 2026

Il était considéré comme l'un des faiseurs d'opinion de droite les plus influents de Suisse alémanique.

Dominik Feusi, rédacteur en chef adjoint du «Nebelspalter», chasseur de loisir et confident proche de l'éditeur Markus Somm, se trouvait peu avant le prétendu point culminant de sa carrière: le 1er juillet, il devait rejoindre la rubrique économique de la Neue Zürcher Zeitung (NZZ) en tant que rédacteur au Palais fédéral. Au lieu de cela, sa réputation est en ruines.

Mais le véritable scandale est plus grand qu'un simple plagiat.

Le milieu qui a façonné Feusi

Pour comprendre l'affaire Feusi, il faut comprendre ce qu'est devenu le «Nebelspalter» sous Markus Somm. L'ancien magazine satirique a été délibérément transformé en une plateforme d'extrême droite: proche de l'UDC, favorable à la chasse, militante dans la guerre culturelle. Feusi n'y était pas une figure marginale, mais le visage et le moteur. Avec Somm, il anime le podcast «Bern einfach», le vaisseau amiral de cette propagande d'opinion.

Ce milieu n'est pas un hasard. Comme nous l'avons documenté dans notre article sur les recoupements entre chasseurs de loisir et extrémistes de droite, les cercles d'extrême droite et la chasse de loisir organisée partagent bien plus que le simple amour de l'arme: la même pensée fondée sur des ennemis, la même propension à la violence comme solution aux problèmes, le même cloisonnement sectaire face à la critique. Des termes comme «prédateur», «nuisible» ou «fléau» ne sont pas des catégories biologiques, mais une rhétorique dévalorisante destinée à légitimer la mise à mort. Et des journalistes comme Feusi transportent cette rhétorique de la forêt de chasse directement dans le discours public.

Somm lui-même avait échoué de peu en 2015 à devenir rédacteur en chef de la NZZ, face à la résistance de la rédaction. Désormais, c'est son plus proche compagnon d'armes, Feusi, qui devait prendre la relève. Un cheval de Troie issu du milieu des faiseurs d'opinion de droite.

90 pour cent volés à Londres

Des recherches du Blick ont désormais révélé qu'en octobre 2024, Feusi a copié à environ 90 % une analyse sur le Proche-Orient du quotidien britannique «Telegraph», l'a traduite en allemand et l'a publiée dans le «Nebelspalter» sous son propre nom. Le texte original provenait du commentateur du «Telegraph» Allister Heath. Feusi n'a pas seulement repris des paragraphes, mais aussi la structure, les thèses, les exemples historiques, les métaphores et les conclusions.

Somm, le chef du «Nebelspalter», a tenté d'étouffer l'affaire. L'article a été complété a posteriori par des indications de sources, avec la mention que dans la première version, «les sources avaient été omises par erreur». Une banalisation effrontée d'un plagiat intégral.

Lorsque le Blick a confronté la NZZ à ces recherches, le contrat de Feusi a été résilié avant même son premier jour de travail. Feusi s'est publiquement montré contrit: «Il n'y a absolument aucune excuse pour ce que j'ai fait. C'est un plagiat manifeste, une telle chose ne doit pas arriver.»

Mais alors qu'il se montre repentant vis-à-vis de l'extérieur, ses agissements privés dressent depuis longtemps un tout autre tableau.

Un journaliste indépendant a dû partir avant l'arrivée de Feusi

Ce qui passe presque inaperçu dans la couverture médiatique du scandale de plagiat, c'est le véritable dommage collatéral: lorsqu'il est devenu connu au sein de la rédaction de la NZZ que Feusi devait arriver comme rédacteur au Palais fédéral, le chef du bureau fédéral de longue date et europhile, Fabian Schäfer, a démissionné. Dans la branche, c'est un secret de Polichinelle que Feusi est la raison de ce départ médiatisé. Peu avant, le réputé expert économique Hansueli Schöchli avait déjà quitté la NZZ pour des raisons politiques.

C'est là le véritable schéma: ce n'est pas Feusi seul qui constitue le problème, mais l'attrait que génère son type de journalisme. Des rédacteurs indépendants et sérieux quittent une maison lorsque des faiseurs d'opinion de droite y emménagent. Ce n'est pas une observation isolée, mais un phénomène structurel qui se dessine de plus en plus nettement à la NZZ sous le rédacteur en chef Eric Gujer, qui oriente le journal depuis des années de manière conséquente vers une ligne libérale-conservatrice rigide.

Lobby de la chasse, intimidation et abus judiciaire coordonné

Outre le plagiat, un échange d'e-mails ayant fuité montre comment Feusi agissait en dehors de la rédaction. Dans des messages adressés au fonctionnaire de la chasse Hanspeter Egli, il a élaboré une campagne agressive contre le critique de la chasse Carl Sonnthal et l'IG Wild beim Wild. Son objectif n'était pas un débat objectif, mais l'anéantissement organisé d'une existence.

Dans le jargon d'un partisan de la ligne dure, Feusi écrivait : «Il va lancer encore plus de plaintes. L'objectif est de réduire complètement Sonnthal au silence. […] Plus il y a de plaintes, plus vite il disparaîtra de la circulation.»

Ce n'est pas du journalisme. C'est un abus coordonné de la justice comme instrument d'intimidation : un déluge de plaintes pénales destiné à épuiser financièrement et psychologiquement les voix critiques. Exactement la même logique avec laquelle les milieux d'extrême droite s'attaquent depuis des années à leurs adversaires indésirables, appliquée au combat du lobby de la chasse de loisir contre ses critiques.

Copinage jusque dans la politique fédérale

Feusi a recommandé à l'association JagdSchweiz de prendre le même avocat, «afin de coordonner l'affaire» – à savoir Thierry Burkhart, conseiller aux États PLR. Un journaliste qui était censé rendre compte de manière indépendante au Palais fédéral instrumentalisait simultanément des politiciens de premier plan et le droit pénal pour réduire au silence les critiques de la protection animale.

Double vie d'un journaliste à scandale : plagiats au Palais fédéral, destruction d'existence dans la forêt de chasse

C'est la boucle qui se referme : médias d'extrême droite, lobby de la chasse de loisir et politique fédérale formant un réseau coordonné qui ne répond pas à la critique, mais l'anéantit. Le fait que Feusi, en tant que rédacteur au Palais fédéral de la NZZ, aurait précisément dû rendre compte de ces interconnexions est la pointe la plus amère de toute l'affaire.

Une gifle retentissante devant le tribunal

La tactique d'intimidation a complètement échoué. L'association JagdSchweiz a traîné l'IG Wild beim Wild devant le tribunal pénal du canton du Tessin à Bellinzone pour prétendue diffamation. Le résultat : acquittement complet sur tous les points. Le juge Siro Quadri a établi sans équivoque qu'une critique factuelle de la chasse de loisir constitue une expression d'opinion juridiquement licite dans l'intérêt public. Devant le tribunal civil de Locarno également, l'association s'est cassé les dents : les procédures ont été entièrement suspendues.

Le jugement entré en force fixe un critère clair : celui qui participe aux débats de société ne peut pas faire taire des vérités dérangeantes au moyen de plaintes pénales. Nous documentons en continu davantage sur la criminalité dans l'entourage de la chasse de loisir.

Un système qui se démasque lui-même

Le cas Dominik Feusi n'est pas un accident de parcours. Il est le résultat logique d'un milieu qui place l'opinion au-dessus du métier, l'idéologie au-dessus de l'intégrité et le réseautage au-dessus de l'indépendance. Un chasseur de loisir et faiseur d'opinion de droite qui falsifie des textes, épuise ses détracteurs sous des flots de plaintes et instrumentalise des politiciens fédéraux pour des campagnes de lobbying n'est pas un journaliste. Il est le bras armé d'un lobby.

Et le fait qu'avec son ascension à la NZZ, un journaliste sérieux du Palais fédéral ait quitté la maison avant même que Feusi n'ait travaillé un seul jour en dit long sur le poids que ce type de journalisme exerce sur des rédactions indépendantes.

Celui qui vit dans la maison de verre des articles falsifiés ne devrait pas tenter de réduire à néant l'existence des défenseurs des animaux par des plaintes en masse.

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