19 juin 2026, 12:13

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Loi sur la chasse

Le canton de Bâle-Campagne répond à la pétition sur la chasse au renard – sans une seule source scientifique

Comment les autorités évacuent la question de la nécessité scientifique en la redéfinissant, au lieu d'y répondre.

Rédaction Wild beim Wild — 19 juin 2026

Le 16 juin 2026, le Conseil d'État du canton de Bâle-Campagne a répondu à la pétition de Pascal Wolf concernant la nécessité scientifique de la chasse au renard.

La lettre de quatre pages, signée par le président du gouvernement Dr Anton Lauber et la chancelière Elisabeth Heer Dietrich, paraît à première vue technique et équilibrée. Mais à y regarder de plus près, on constate qu'elle ne contient aucune référence scientifique.

Pascal Wolf avait déposé la pétition le 16 décembre 2025, en y demandant que le canton examine la nécessité scientifique de la chasse au renard. Six mois plus tard, la réponse revient en substance à dire que cette question ne saurait «se réduire, sur le plan technique, à celle d'une nécessité générale».

La question n'est pas répondue – elle est reformulée

Il s'agit là d'une esquive classique. Le canton évacue la question de départ en présentant la gestion de la faune comme une pesée d'intérêts globale et complexe, qui dépasserait les simples décisions par oui ou par non. Cela peut être vrai sur le principe. Mais cela ne répond pas à la question de savoir si la chasse au renard est scientifiquement justifiable dans le canton de Bâle-Campagne.

Les données concrètes font totalement défaut: aucun chiffre de tir, aucun relevé de population, aucune étude sur l'efficacité des interventions cynégétiques sur les populations de renards. C'est précisément ce qu'exigeait la pétition.

Cinq fonctions, aucune preuve

Le Conseil d'État cite cinq fonctions de la chasse au renard: la limitation des situations de conflit local en zone habitée, la gestion des animaux habitués à l'homme, la délivrance d'animaux malades ou blessés, le soutien à la santé animale ainsi que le maintien de la «capacité d'action pratique en cas d'événement».

En examinant cette liste de plus près, on remarque ceci : la plupart de ces points décrivent des mesures au cas par cas qui ne justifient aucun régime de chasse systématique et généralisé. L'abattage d'animaux malades pour les soulager est une mission relevant du droit de la protection animale, et non un motif de chasse. L'observation épidémiologique n'exige aucune mise à mort. Et la « capacité d'agir en cas d'événement » reste une formule creuse, sans substance concrète.

Genève comme contre-argument silencieux

Une phrase vers la fin du courrier est particulièrement révélatrice : même dans les cantons dotés d'autres systèmes de chasse, « y compris la chasse d'État (Genève), les interventions sur les populations sauvages restent un élément de la gestion de la faune ». C'est exact. Ce que le canton ne dit pas : Genève a aboli la chasse de loisir dès 1974 et démontre depuis qu'une gestion efficace de la faune fonctionne sans chasse de loisir. La référence à Genève réfute ainsi involontairement son propre argument.

Le même schéma qu'à Glaris

Bâle-Campagne n'est pas seule avec cette réponse. Le canton de Glaris avait lui aussi rejeté en juin 2026 la pétition du même nom de Pascal Wolf, également sans preuves scientifiques. Glaris invoquait lui aussi la compétence cantonale et une « gestion intégrale de la faune ». Le schéma est identique : la question de la nécessité scientifique n'est pas traitée, mais évacuée par définition.

Les deux réponses montrent clairement comment les cantons suisses gèrent les pétitions scientifiquement fondées concernant la chasse au renard : non pas avec des données, mais avec un langage administratif.

Un système de défense fédéraliste

La loi suisse sur la chasse accorde aux cantons une grande marge de manœuvre dans la mise en œuvre de la gestion de la faune. Cette marge est utilisée, non pas pour la transparence scientifique, mais pour le maintien du statu quo. Tant que les cantons ne seront pas tenus de justifier scientifiquement les interventions de chasse, ils ne le feront pas.

La pétition de Pascal Wolf a au moins permis une chose : elle a documenté par écrit que le canton de Bâle-Campagne ne peut – ou ne veut – pas répondre à la question de la nécessité scientifique de la chasse au renard.

Pour en savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages d'arrière-plan.

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