31 juillet 2026, 09:56

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Éducation

JagdSchweiz cherche des enfants : «Les enfants dans la nature» est du recrutement de relève déguisé

Avec «Les enfants dans la nature», JagdSchweiz constitue un vivier de chasseurs de loisir pour les journées en forêt, les semaines de projet et l'enseignement scolaire. Ce qui est vendu comme de la médiation naturelle est en réalité l'étape suivante d'une stratégie de recrutement.

Rédaction Wild beim Wild — 31 juillet 2026

La fédération faîtière JagdSchweiz constitue un vivier de chasseurs de loisir censés intervenir lors des journées en forêt, des semaines de projet et dans l'enseignement scolaire.

Ce qui est vendu comme de la médiation naturelle est en réalité l'étape suivante d'une stratégie de recrutement que nous documentons depuis des années.

Fin juillet 2026, JagdSchweiz (ChasseSuisse, CacciaSvizzera, CatschaSvizra) a lancé un nouveau projet sur Facebook : «Les enfants dans la nature». La fédération recherche des «chasseuses et chasseurs engagés de toutes les régions de Suisse» pour transmettre leur savoir aux enfants. Les lieux d'intervention sont nommés dans le post lui-même : journée en forêt, semaine de projet, enseignement scolaire, passeport-vacances. On propose une formation d'une demi-journée à une journée entière, du «matériel didactique de qualité» ainsi que des idées toutes prêtes de jeux, d'activités et de matériel pédagogique. Il ne faudrait «pas réinventer la roue».

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L'emballage est familier. Le chevreuil de près, les bois tombés du cerf, les traces du renard et du blaireau. Tout est inoffensif, tout est adapté aux enfants. Mais au milieu de cette énumération se trouve le véritable message : «Quelles sont au fond les tâches assumées par les chasseuses et chasseurs ?» C'est précisément à ce point que la pédagogie de la nature bascule dans le soin de l'image. Il ne s'agit pas de montrer des animaux sauvages aux enfants. Il s'agit de leur présenter la chasse de loisir comme une composante évidente et positive de la nature, transmise par ce groupe d'intérêt qui profite directement de la relève et de l'acceptation sociale.

Pourquoi un groupe d'intérêt n'est pas un·e enseignant·e neutre

Le point décisif est le conflit d'intérêts. Les chasseurs de loisir n'ont aucune vocation pédagogique, et pourtant ils font du prosélytisme jusque dans les écoles primaires. Celui qui explique aux enfants «quelles tâches assument les chasseurs de loisir» n'agit pas en médiateur neutre de la nature, mais en publicitaire de sa propre cause. La fédération faîtière a besoin de relève, et elle a besoin d'une société qui considère comme normal le fait de tuer des animaux sauvages pour le plaisir. Un enfant qui apprend, lors d'une journée en forêt, que le chasseur de loisir est un protecteur et un gardien, ne deviendra guère un adulte critique qui remet en question ce récit.

La transmission objective de connaissances sur les animaux sauvages indigènes n'a pas besoin de chasseurs de loisir. Pour cela, il existe des biologistes de la faune, des gardes-faune, des forestiers et des organisations de protection de la nature qui n'ont aucun intérêt à tuer l'objet de leur enseignement. Que ce soit précisément la fédération qui revendique la mainmise sur l'interprétation de la forêt dans les salles de classe n'est pas un hasard, mais une stratégie délibérée.

L'empathie est rendue négociable

Selon des psychologues pour enfants expérimentés, la chasse transmet aux enfants des valeurs dangereuses. On suggère aux enfants qu'il est juste d'ignorer les sentiments, les besoins et les droits d'autres êtres vivants dès que la tradition, un loisir ou une prétendue «mission de gestion» entre en jeu. Celui qui recule devant le chevreuil mort ou devient triste est vite considéré comme hypersensible. L'enfant apprend à réprimer cette compassion au lieu de la prendre au sérieux.

C'est précisément contre cela que met en garde le Comité des droits de l'enfant de l'ONU. Avec l'«Observation générale 26», adoptée le 23 août 2023, l'organe international suprême pour les droits des mineurs établit que les enfants doivent être protégés contre toute forme de violence physique et psychique, y compris expressément contre l'exposition à la violence envers les animaux. Des études démontrent que les enfants sont influencés négativement dans leur capacité d'empathie par le fait de vivre la violence envers les animaux, et qu'ils finissent avec le temps par considérer cette violence comme normale. La Suisse est tenue, en vertu des droits humains, de protéger les enfants contre cela. Un programme toléré par l'État qui amène des chasseurs de loisir dans les écoles va directement à l'encontre de cette obligation.

La réaction de la population est sans équivoque

Le post Facebook a suscité un écho sans équivoque. La grande majorité des commentaires rejettent vivement le projet. Une utilisatrice résume l'essentiel : on prive les enfants de leur propre développement, celui de décider par eux-mêmes, une fois arrivés à maturité, pour ou contre la chasse. Le message adressé aux enfants est : «L'empathie est négociable.» D'autres parlent d'endoctrinement, du recrutement d'une prochaine génération de tueurs d'animaux, d'une contradiction avec la protection du loup et des prédateurs. Le ton est sans équivoque : laissez les enfants tranquilles.

Ce rejet n'est pas un hasard. Il reflète un malaise sociétal que l'association tente de couvrir à coups de campagnes d'image toujours renouvelées.

Cela s'inscrit dans un schéma plus large

«Les enfants dans la nature» n'est pas un dérapage, mais la suite logique d'une stratégie. Depuis un certain temps, les milieux favorables à la chasse mènent dans les jardins d'enfants et les écoles une campagne d'image visant à initier au loisir les enfants qui aiment les animaux. La manipulation se fait de manière ludique et est présentée comme un projet de protection de la nature. Nous avons documenté ces schémas en détail dans notre campagne «Non à l'enseignement par des chasseurs de loisir dans les écoles».

Là où la transmission passive se transforme en participation active, l'entretien de l'image devient un véritable problème de protection de l'enfance. Notre pétition «Sanctionner les mineurs à la chasse de loisir» exige donc des sanctions pour les chasseurs de loisir qui laissent des enfants participer à des activités de chasse. Les deux orientations s'imbriquent : d'abord l'accoutumance ludique en classe, puis la participation sur le terrain.

Qui souhaite approfondir trouvera les fondements psychologiques dans notre dossier Psychologie de la chasse.

Notre appréciation est confortée par la justice

Le fait que nous désignions aussi clairement l'association JagdSchweiz n'est pas de l'excès rhétorique, mais est couvert par la justice. L'association a tenté de faire taire nos reportages par une plainte pénale. Le tribunal pénal du canton du Tessin a acquitté wildbeimwild.com le 17 juillet 2020 à Bellinzone. Le juge Siro Quadri a conclu, après l'administration des preuves, que nos déclarations sur l'association ne constituaient pas des mensonges et n'étaient donc pas diffamatoires. Le jugement est entré en force. Devant le tribunal civil de Locarno également, JagdSchweiz n'a pas obtenu gain de cause.

Parmi les déclarations que le tribunal a qualifiées de critique admissible et fondée sur des faits, et non de diffamation, figurent notamment les appréciations suivantes de l'IG Wild beim Wild :

  • Le membre du comité et conseiller national (PDC) Fabio Regazzi de l'association problématique et militante «Jagd Schweiz» s'est engagé à plusieurs reprises en faveur de pratiques que nous considérons comme de la cruauté envers les animaux. Récemment, il a même voulu réhabiliter l'usage des hameçons à ardillon pour la pêche, mais il a échoué nettement dans ce projet.
  • À cause de ces chasseurs de loisir, les animaux sauvages souffrent en Suisse.
  • L'association «JagdSchweiz» et d'autres associations de chasseurs douteuses sont nées, à notre avis, avant tout pour pouvoir agir surtout contre les prédateurs tels que le renard, le lynx, le loup et compagnie, c'est-à-dire leurs concurrents pour les proies. C'est ce qu'elles font encore aujourd'hui. C'est probablement une des principales raisons pour lesquelles les chasseurs de loisir sont critiqués de toutes parts.
  • Selon notre appréciation, l'association Jagd Schweiz cultive avant tout l'irrespect et une culture de la violence, exactement le contraire de ce vers quoi une personne cultivée devrait tendre dans notre société. Certains chasseurs de loisir menacent même d'une guerre civile si, entre autres, la chasse au renard devait être abolie.
  • Les membres de l'association Jagd Schweiz entretiennent des relations avec des représentants du pouvoir en général. De plus, selon nos observations, des fonctionnaires et des soutiens ont recours à maintes reprises à des images de violence ou à d'autres moyens propres à intimider, tels que la peur, la propagande mensongère et les récits de chasseurs, afin d'influencer la politique, les médias, l'administration publique, la justice ou l'économie.
  • Du point de vue de l'IG Wild beim Wild, pratiquement tout ce qui est cruel, inutile et sans cœur est encouragé par l'association Jagd Schweiz.
  • Pour les responsables, aucun effort n'est de trop pour influencer à leur avantage les processus démocratiques ainsi que la liberté de la presse et d'opinion.

L'acquittement établit qu'une critique dure et fondée sur des faits à l'encontre d'une association comme JagdSchweiz est juridiquement admissible, dans la mesure où elle repose sur des faits vérifiables et sur l'intérêt public. Quiconque prend part aux débats politiques et sociaux ne peut pas balayer une critique légitime au moyen de plaintes. C'est précisément pour cela que nous pouvons affirmer : une association présentant ce profil n'est pas une instance appropriée pour expliquer la nature aux enfants. La manière dont JagdSchweiz agit, nous la replaçons continuellement dans le contexte de nos campagnes.

Ce qu'il faut faire maintenant

Les écoles, les enseignants et les communes devraient examiner de manière critique les offres de JagdSchweiz et de ses sections régionales, et les refuser. L'enseignement de la nature doit être confié à des spécialistes n'ayant aucun intérêt à tuer. Les parents ont le droit de savoir qui intervient devant leurs enfants lors d'une journée en forêt ou d'une semaine de projet, et quels intérêts se cachent derrière.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse, nous regroupons vérifications des faits, analyses et rapports de fond.

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