Irlande : Des milliers de vaches laitières gestantes expédiées en Algérie
Plus de 3 000 vaches laitières gestantes ont été transportées d'Irlande vers l'Algérie depuis 2024. Ces animaux sont non seulement soumis à un stress intense pendant le transport en raison de leur vulnérabilité accrue, mais leur bien-être est également fortement menacé à leur arrivée.
Le 15 janvier, plus de 2’000 vaches laitières irlandaises gestantes ont été chargées à bord du transporteur d'animaux Shorthorn Express pour être acheminées vers l'Algérie, un pays hors UE aux dispositions en matière de protection animale déplorables.
Il s'agit du deuxième envoi expédié depuis l'Irlande vers ce pays, après que plus de 1’000 vaches laitières gestantes avaient déjà été embarquées sur le navire en janvier 2024.
Bien que la traversée maritime d'Irlande en Algérie soit relativement courte, des rapports en possession d'Ethical Farming Ireland ont montré que la température et l'humidité à bord des navires utilisés peuvent atteindre des niveaux élevés et que les bovins peuvent souffrir de blessures aux membres, de maladies respiratoires et de diarrhée. Les risques sont encore plus importants pour les animaux gestants, qui réagissent de manière particulièrement sensible aux facteurs de stress liés au transport et peuvent subir des avortements ou des naissances prématurées, ainsi qu'un risque accru de déshydratation et de blessures, de maladies métaboliques et bien d'autres complications. Un problème évident de protection animale.
Après l'envoi du premier chargement de vaches laitières gestantes en 2024, Ethical Farming Ireland a déposé une plainte officielle auprès du ministre irlandais de l'Agriculture Charlie McConalogue, l'avertissant que ces animaux souffriraient inévitablement et que certains éléments du transport n'étaient pas conformes à la législation européenne. Les véhicules utilisés pour transporter les vaches depuis le port étaient des camions ouverts, en violation manifeste de l'article 3, point c, du règlement (CE) n° 1/2005 relatif à la protection des animaux pendant le transport.
Il est décevant que, malgré ces efforts communs, d'autres animaux gestants aient été expédiés sur la même route ce mois-ci, ce qui témoigne d'un mépris pour leur bien-être et souligne la nécessité de réglementations en matière de transport beaucoup plus strictes et applicables au niveau de l'UE.
Le bien-être des animaux gestants est gravement menacé en Algérie
Outre la cruauté inhérente au transport d'animaux gestants, le pays de destination n'augure rien de bon pour leur bien-être. L'Algérie ne dispose d'aucune norme réglementée en matière de protection animale, notamment en ce qui concerne l'abattage. World Animal Protection classe le pays avec la note «G» en ce qui concerne la protection des animaux dans l'agriculture, ce qui représente la note la plus basse.
Malgré ces préoccupations et la lettre commune de l'année dernière, l'exportateur Cows.ie a exprimé son intention d'envoyer prochainement d'autres chargements vers l'Algérie. Cette intention laisse supposer que d'innombrables vaches laitières gestantes pourraient être exposées à ces transports, au terme desquels les attend une souffrance inimaginable.
«L'Irlande a atteint un nouveau niveau bas en envoyant des vaches laitières gestantes dans de longs voyages maritimes vers un pays dont les normes de protection animale sont déplorables. Non seulement le voyage en mer expose les animaux à un risque inutile de maladie et de blessure, y compris le risque d'avortement spontané du veau, mais ils sont également envoyés dans un pays souffrant de pénurie d'eau, où ils doivent endurer les conditions d'un élevage intensif chaud et poussiéreux, bien loin des verts pâturages d'Irlande. Une fois que ces animaux ont quitté nos côtes, ils ne sont plus protégés, et les autorités ne savent pas ce qu'il advient d'eux ni où ils finissent. Je crains que le sort des veaux à naître ne soit encore plus sombre.» Caroline Rowley, directrice, Ethical Farming Ireland
Quelles mesures peuvent être prises au niveau de l'UE ?
L'UE doit élaborer une réglementation plus stricte en matière de transport, appliquée rigoureusement, garantissant que tous les transporteurs soient tenus responsables des conditions auxquelles ils soumettent les animaux. Les infractions doivent être prises au sérieux, et les exportateurs qui ne respectent pas les règles de l'UE en matière de transport ne devraient plus être autorisés à exercer leurs activités sur leurs routes.
Il est en outre évident que des mesures plus détaillées sont nécessaires pour les animaux vulnérables durant le transport, tels que les animaux gestants et les très jeunes animaux, qui ne devraient être transportés que dans des circonstances particulières, en prenant toutes les mesures nécessaires pour répondre à leurs exigences accrues en matière de bien-être animal .
Si les règles de l'UE peuvent protéger le bien-être des animaux transportés à l'intérieur des frontières de l'UE, elles ne s'appliquent pas en dehors de ces frontières, ce qui signifie que des millions d'animaux pourraient encore subir de graves souffrances lorsqu'ils sont transportés hors de l'UE.
«C'est un autre exemple de la façon dont des animaux vulnérables, par exemple des vaches laitières gestantes, sont exposés à des risques inacceptables lors de leur transport vers des pays tiers aux faibles normes de protection animale. Au cours de ces longs voyages en mer, ils sont soumis à un stress sévère, à des blessures et à des problèmes de santé, et une fois qu'ils ont quitté l'UE, il n'existe aucune garantie quant à leur bien-être. Nous avons urgemment besoin d'une législation européenne plus stricte qui donne la priorité au bien-être animal, garantisse des règles applicables et mette fin à l'exportation d'animaux vivants vers des pays où leurs souffrances sont inévitables.» Susanne Blattner, chargée de programme pour l'abattage et le transport des animaux de rente, Eurogroup for Animals
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