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Des chasseurs de loisir grisons recalculent : neuf questions sur le plan de tir de cerfs 2026

Un chasseur de loisir des Grisons estime que le plan de tir de 4'616 cerfs élaphes n'est pas réalisable sur le plan du calcul. Son calcul de modèle montre quelles données l'Office de la chasse et de la pêche n'a pas publiées jusqu'à présent.

Rédaction Wild beim Wild · 18 septembre 2026

Le courrier est parvenu à la rédaction mi-septembre, en pleine haute chasse grisonne.

L'expéditeur est connu de la rédaction et se présente comme un chasseur de loisir grison passionné, ayant «énormément de doutes sur le système». Selon ses propres dires, il écrit également au nom de son entourage de chasse. Il a joint un calcul de modèle intitulé «Combien de cerfs sont réellement chassables en 2026 ?». Son résultat : environ 3'419 cerfs chassables. Le plan de tir cantonal exige 4'616 cerfs, dont 2'514 femelles, pour une population printanière estimée à 13'485 têtes.

L'auteur présente expressément son calcul comme une contribution au débat et invite l'Office de la chasse et de la pêche (AJF) à examiner les hypothèses et les chiffres sur le plan technique. Wild beim Wild a refait le calcul. Le résultat soulève des questions à laquelle seul l'AJF peut répondre.

Comment le calcul est construit

Le modèle déduit de la population printanière 2'800 cerfs se trouvant dans des zones protégées : 2'000 dans le Parc national suisse, 600 dans des refuges pour animaux sauvages, 200 dans une réserve fédérale de chasse. Sur le reste, il applique des taux de chassabilité : 30 pour cent des cerfs mâles et 34 pour cent des cerfs femelles. Justification : les faons, les biches allaitantes et les cerfs couronnés matures sont protégés durant la haute chasse.

Ce qui relève de l'hypothèse et ce qui relève de la valeur mesurée

L'auteur indique clairement où il travaille avec des hypothèses : pour le rapport entre les sexes de 50 à 50, pour dix classes d'âge de taille égale et pour les populations dans les réserves et le district franc, qui reposent sur ses propres observations de longue date. Il n'a trouvé aucune ventilation officielle de la population par âge et par sexe dans les sources accessibles au public. Selon ses propres indications, il fixe délibérément plusieurs valeurs en faveur de l'AJF, par exemple la part chassable des biches. Il souligne lui-même également la saisonnalité de la population du parc national.

Deux points doivent être ajoutés. Les zones protégées ne sont pas entièrement fermées : les prescriptions relatives à l'exercice de la chasse 2025 énumèrent des dizaines de réserves de faune avec des ouvertures partielles, dans lesquelles les cerfs peuvent être tirés pendant toute la haute chasse jusqu'à 150 mètres depuis la limite. Et les cerfs du parc national hivernent après le brame sur les versants ensoleillés de l'Engadine, du Val Müstair et du Val Venosta, une partie donc en dehors du canton.

Ce que le calcul met en évidence

En refaisant le calcul, on constate que les zones protégées ne sont pas du tout déterminantes pour le résultat. Si l'on calcule avec les quotas du chasseur de loisir, mais sans aucune déduction pour les zones protégées, on obtient 4’315 cerfs chassables. Ce chiffre est également inférieur au plan. Le résultat ne dépend donc pas des zones protégées, mais de la question de savoir quelle part de la population peut légalement être tirée en septembre.

L'AJF devrait justement disposer de données sur ce point précis. L'ordonnance cantonale sur la chasse exige que les recensements de la population enregistrent la taille, la structure par sexe et par âge des populations sauvages. Cette structure n'est pas publiée. Ce qui est publié est un chiffre total dont plus d'un tiers est une estimation : en 2025, 8’711 cerfs ont été comptés, mais la population a été estimée à 13’585. Le guide national pour la planification de la chasse au cerf élaphe précise que le chiffre noir est évalué par le service de la faune.

Si le plan ne peut structurellement pas être réalisé en septembre, alors la chasse spéciale n'est pas un correctif pour des hautes chasses faibles, mais est prévue dès le départ. Cela est confirmé par le fait que les cerfs du parc national ne se déplacent vers des zones chassables qu'après le brame. La chasse spéciale 2026 est fixée, selon la région, du 31 octobre au 20 décembre. Notre analyse montre comment fonctionne ce système à deux niveaux «4’616 cerfs : ce que la planification de la chasse grisonne révèle et ce qu'elle ne prouve pas».

La contradiction concernant la biche et le faon

Lors de la haute chasse, le tir d'une biche allaitante ou d'un faon de cerf est considéré comme un tir erroné et est sanctionné par une amende (état 2025 : 150 francs chacun). Quelques semaines plus tard, biches et faons sont autorisés à la chasse spéciale. Le chasseur de loisir écrit à ce sujet : si les faons sans mère n'étaient pas en danger, il n'y aurait aucune raison d'infliger une amende en septembre. Il qualifie l'intervention dans les quartiers d'hiver de « non défendable sur le plan éthique ». Lui et ses collègues ne tireraient jamais d'animaux mères lors de la chasse spéciale, « mais malheureusement tous ne sont pas aussi sélectifs ». La critique de la chasse spéciale ne vient donc pas de l'extérieur, mais des chasseurs eux-mêmes.

Le loup dans le calcul officiel

Le modèle exclut explicitement l'influence des prédateurs. Dans la planification officielle, elle joue un rôle. Dans les régions où vivent des meutes de loups, le taux de reproduction et de croissance des cerfs est réduit par le loup, écrit le service. Dans la Surselva, dans le Moyen-Grisons et à Heinzenberg, la part des cerfs femelles dans le plan de tir a donc été réduite de 60 à 50 pour cent. Plus de détails dans notre article « Le loup chasse aussi » et dans le Dossier loup.

Et l'argent ?

Le chasseur de loisir pose aussi la question des incitations financières du système. La structure des taxes est accessible publiquement : pour la chasse spéciale, une taxe de patente de 50 à 200 francs est due, et pour le gibier à sabots tiré, une taxe d'abattage supplémentaire de jusqu'à 6 francs par kilogramme est généralement perçue. Il est impossible de juger de l'extérieur si cela génère un revenu net et si cela influence la planification. Seul le canton peut fournir des informations à ce sujet.

Neuf questions à l'AJF

  1. Comment se compose la population printanière 2026 selon le sexe et les classes d'âge, et pourquoi cette structure n'est-elle pas publiée ?
  2. Quelle part de la population est légalement chassable pendant la haute chasse ? L'AJF part-il dès le départ du principe que le plan ne pourra pas être réalisé en septembre ?
  3. Quels sont le taux d'estimation et le chiffre noir pour 2026 dans chacune des 21 régions à cerfs, comment le chiffre noir est-il déterminé, et qui le vérifie de manière indépendante ?
  4. Combien de cerfs se trouvent en septembre dans le parc national, dans les districts francs fédéraux et dans les refuges pour la faune, et comment sont-ils pris en compte dans la population printanière ?
  5. Combien de biches allaitantes, de biches non allaitantes, de bichettes et de faons ont été tirés lors de la chasse spéciale au cours des cinq dernières années ?
  6. Comment l'AJF justifie-t-il, du point de vue de la biologie de la faune sauvage, le fait que le tir d'une bicheanimale allaitante soit sanctionné en septembre et autorisé en novembre ? Quelles sont les exigences en vigueur, et comment sont-elles contrôlées ?
  7. Les faons qui restent seuls ou meurent après le tir de leur mère sont-ils recensés ?
  8. Quelles études indépendantes appuient l'hypothèse selon laquelle la chasse spéciale est compatible avec le repos hivernal des cerfs ?
  9. Quels ont été, de 2021 à 2025, les revenus tirés des patentes de chasse spéciale, des taxes de tir et des amendes pour tirs erronés, et quel a été le coût total de la chasse spéciale ?

Les événements en cours de la saison sont documentés par notre Traqueur Grisons 2026/27, les bases scientifiques se trouvent sur la page «La chasse sous la loupe». D'autres articles dans la catégorie Chasse.

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans nos Dossiers sur la critique de la chasse de loisir réunissent des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond. Les preuves scientifiques se trouvent dans l'aperçu Études sur les effets de la chasse de loisir.

La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.

Tous les articles sont rédigés par l'IG Wild beim Wild ainsi que par des co-autrices et co-auteurs externes. La recherche, la structuration et les processus rédactionnels peuvent être soutenus par des outils basés sur l'IA.

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