Zurich veut modifier sa législation sur la chasse : la réglementation sur les dégâts causés par la faune « ne s'est pas avérée concluante »
L'administration de la pêche et de la chasse reconnaît que la réglementation sur la prévention et l'indemnisation des dégâts agricoles causés par la faune, en vigueur depuis la révision totale de 2023, n'a pas atteint son objectif. La consultation sur la révision partielle doit débuter à la mi-novembre 2026.
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«La note»
Le canton de Zurich veut à nouveau adapter sa législation sur la chasse, trois ans seulement après la révision totale. C'est ce qu'annonce l'administration de la pêche et de la chasse (FJV) dans le « FJV Bulletin » n° 9 de novembre 2026. La consultation sur la révision partielle doit débuter à la mi-novembre 2026.
Ce que l'administration de la chasse veut changer
Selon la FJV, ce sont les modifications de la législation fédérale sur la chasse, que le Conseil fédéral a mises en vigueur « à court terme » au 1er février 2025, qui sont à l'origine de cette démarche. La réglementation des dégâts causés par le castor et le loup, en particulier, a été fondamentalement remaniée : les cantons doivent désormais indemniser financièrement de nouveaux types de dommages. S'y ajoutent des modifications concernant les obligations et les droits de la surveillance de la chasse et des titulaires d'une autorisation de chasse. La législation zurichoise sur la chasse doit donc être « corrigée ». Ce que la Confédération a alors modifié est expliqué sur la page de présentation «Qu'est-ce que la loi sur la chasse en Suisse ?».
Parallèlement, le canton entend « rationaliser » l'exécution. Est cité notamment la reconnaissance des certificats d'aptitude à la chasse délivrés hors canton. Elle est aujourd'hui liée au domicile de la candidate ou du candidat, ce qui, selon la FJV, a conduit à des « situations regrettables » lors de l'obtention d'autorisations de chasse. L'administration ne précise pas de quels cas il s'agit.
Dégâts causés par la faune : « ne s'est pas avérée concluante »
La partie la plus explosive concerne les dégâts causés par le gibier aux cultures agricoles. Depuis la révision totale de la législation cantonale sur la chasse en 2023, tant les contributions aux mesures de prévention que le montant des dégâts estimés auraient «augmenté de manière constante», écrit la FJV. La charge de travail pour l'agriculture aurait elle aussi «continué de croître». Le plan visant à réduire autant que possible le montant des dégâts en versant en contrepartie des contributions pour la prévention et l'entretien de ces mesures n'aurait «pas fonctionné». Les dispositions relatives à la prévention et à l'indemnisation des dégâts de gibier doivent désormais être alignées sur les règles des cantons voisins d'Argovie et de Thurgovie. Le bulletin ne donne ni chiffres concrets ni détails sur le nouveau modèle.
Pour mettre les choses en perspective : pour les sangliers, Zurich suit une approche qui lui est propre. Les animaux doivent se tenir davantage en forêt et moins dans les champs. Pour cela, le canton mise sur des substances odorantes qui sentent la sueur humaine, sur des appareils diffusant des cris d'alarme et de douleur de sangliers, ainsi que sur des tirs nocturnes dans les champs plutôt qu'en forêt, comme l'a rapporté l'agence de presse ATS le 13 octobre 2026. Selon la même dépêche, les chasseurs de loisir du canton tuent chaque année 1’300 à 1’500 sangliers, et pourtant la population augmente jusqu'à 300 animaux par an et se situe actuellement entre 2’500 et 3’000. Au cours des deux dernières années, le canton a versé chaque fois 380’000 francs d'indemnisation à l'agriculture. La nouvelle gestion des sangliers sera testée jusqu'à la mi-2028. Nous avons examiné ce concept d'un œil critique dans l'article «La gestion douteuse des sangliers par Zurich». Des chiffres de tir élevés ne prouvent à eux seuls en rien une limitation réussie des dégâts. D'autres exemples sont documentés dans l'article «Malgré davantage de tirs : les dégâts causés par les sangliers restent élevés».
La sécheresse augmente le risque lors des battues
Dans le même bulletin, la FJV met en garde contre les conséquences de l'été sec pour la sécurité. La sécheresse persistante accroît le risque de ruptures imprévisibles de branches vertes et de cimes. Pour les individus, le risque serait certes faible, mais lors des chasses en mouvement, le nombre plus élevé de personnes engendre un « risque collectif accru ». Les zones présentant des dégâts de sécheresse visibles, des branches mortes ou des arbres instables devraient être évitées « dans la mesure du possible », la responsabilité incombant aux organisateurs. Dans cet avis, la FJV ne recommande pas de renoncer de manière générale aux chasses en mouvement. La pression que les chasses en mouvement exercent sur les animaux sauvages n'est pas abordée dans l'avis de sécurité.
Commentaire : la révision doit poser la question du système
Cet aveu exige plus qu'une simple adaptation technique des règles d'indemnisation. Si les contributions à la prévention, les dégâts estimés et la charge de travail augmentent simultanément, le canton doit expliquer pourquoi la réglementation actuelle a manqué son objectif. Le rôle de la chasse à territoire doit lui aussi être examiné de près : quel effet mesurable obtient-elle dans la prévention des dégâts, à quel coût et avec quelles conséquences pour les animaux sauvages ? Zurich a choisi sa propre voie, avec l'effarouchement dans les champs et des tirs ciblés. Sa viabilité devra se démontrer par des chiffres vérifiables.
Un bilan honnête doit aussi indiquer combien de sangliers, de renards et de chevreuils meurent chaque année, et ce que représentent les chasses en mouvement pour les animaux non humains chassés de leurs refuges. La confrontation d'une citoyenne zurichoise avec l'administration de la chasse au sujet du bilan de la chasse au renard montre déjà à quel point les justifications de l'autorité sont minces. Au lieu d'une pression toujours plus forte sur les animaux sauvages, il faut de la prévention, un service de la faune professionnel et des habitats où les animaux sauvages trouvent la tranquillité.
Comment vous pouvez participer
Selon la FJV, le projet sera mis en ligne à partir de la mi-novembre sur la plateforme cantonale vernehmlassungen.zh.ch. Celles et ceux qui souhaitent aller plus loin sur le plan politique trouveront les démarches nécessaires dans le guide « Initiative populaire contre la chasse de loisir : comment procéder dans votre canton ».
Sources
- Canton de Zurich, Administration de la pêche et de la chasse : FJV Bulletin n° 9, novembre 2026 (PDF)
- ATS via Südostschweiz, 13 octobre 2026 : le canton de Zurich veut s'attaquer aux sangliers avec un nouveau concept
- Canton de Zurich : plateforme de consultation
Plus sur le thème de la chasse de loisir : Ce que dit la recherche à ce sujet est présenté dans La chasse sous l’angle des faits : l’état de la recherche.
La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.
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