18 avril 2026, 12 h 11

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FAQ

Initiative populaire contre la chasse de loisir : comment procéder dans votre canton

Modèles de textes, nombres de signatures et l'exemple genevois.

Rédaction Wild beim Wild — 18 avril 2026

Des modèles de textes finalisés sont disponibles pour les 26 cantons suisses en vue d'initiatives populaires cantonales contre la chasse de loisir, qui introduiraient le modèle genevois de gestion professionnelle de la faune sauvage comme alternative éprouvée.

Une initiative populaire cantonale permet à la population d'exiger directement aux urnes l'abolition de la chasse de loisir, sans passer par le parlement. Les modèles de textes peuvent être utilisés gratuitement par des membres du parlement, des partis et des militant·e·s. Le modèle genevois prouve depuis plus de 50 ans que la gestion professionnelle de la faune sauvage fonctionne sans chasse de loisir.

Quelle est la différence entre une motion parlementaire et une initiative populaire ?

Une motion parlementaire oblige le gouvernement à soumettre au parlement un projet de loi. Elle peut être efficace, mais dépend de la volonté du parlement. Une initiative populaire cantonale, en revanche, s'adresse directement au peuple : quiconque réunit suffisamment de signatures soumet une question aux citoyens et citoyennes habilitées à voter, indépendamment de l'approbation ou non du parlement.

Précisément sur un sujet tel que la chasse de loisir, où les associations de chasseurs exercent un pouvoir de lobbying disproportionné, l'initiative populaire offre une issue démocratique directe. C'est le peuple qui décide, et non un petit cercle de représentants d'intérêts particuliers.

Que dit le droit fédéral sur la législation cantonale en matière de chasse ?

La loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP) de 1986 constitue le cadre national. Elle protège certaines espèces, règle les quotas d'abattage et délègue aux cantons la définition concrète des modalités de chasse. Cela signifie que les cantons disposent d'une marge de manœuvre considérable. Ils peuvent restreindre la chasse de loisir, la remplacer par un corps professionnel de gardes-faune ou la supprimer entièrement, pour autant qu'ils respectent le cadre du droit fédéral et assurent la gestion de la faune sauvage par d'autres moyens.

L'exemple du canton de Genève montre que cette voie est juridiquement possible et politiquement réalisable depuis 1974. Genève dispose d'une interdiction totale de la chasse pour les chasseurs amateurs, assortie d'une gestion étatique de la faune sauvage, et ce depuis plus de 50 ans sans contestation juridique.

Combien de signatures faut-il pour une initiative populaire cantonale ?

Les seuils varient considérablement d'un canton à l'autre. Appenzell Rhodes-Extérieures n'exige que 300 signatures, Uri 600, Nidwald 250. Dans les grands cantons comme Zurich, il en faut 6'000, dans Berne 15'000, dans Vaud 12'000. Dans les cantons de Glaris et d'Appenzell Rhodes-Intérieures, c'est la Landsgemeinde qui décide : aucune signature n'est collectée, mais une demande de mémorial est déposée.

Pour les modèles de textes pour initiatives populaires cantonales, les seuils et particularités de chaque canton sont documentés. Schaffhouse, par exemple, avec ses 298 km², a presque la même superficie que Genève (282 km²) et n'exige que 1'000 signatures, avec la particularité du vote obligatoire, ce qui influence la participation et la mobilisation.

Que réclament concrètement les initiatives populaires ?

Les modèles de textes pour initiatives populaires cantonales demandent typiquement une interdiction totale de la chasse privée de loisir, c'est-à-dire la chasse de milice exercée par des particuliers non étatiques. Celle-ci serait remplacée par une gestion professionnelle et étatique de la faune sauvage, selon le modèle genevois. Il est exigé que des gardes-faune employés par l'État interviennent exclusivement pour des raisons écologiques, de protection des animaux ou de sécurité publique.

De nombreux textes contiennent également une clause d'indemnisation pour les affermages et permis existants, ainsi qu'une période de transition. Ils s'inspirent du modèle des gardes-faune et de ses six principes éthiques.

Qu'est-ce que le modèle genevois et pourquoi est-il si pertinent ?

Genève a interdit la chasse de loisir le 19 mai 1974 par votation populaire, avec environ deux tiers de voix favorables. Depuis lors, des gardes-faune professionnels assurent la gestion étatique de la faune sauvage. Environ 11 gardes-faune (soit quelque 3 postes à plein temps) gèrent l'ensemble du canton, fort de 500'000 habitantes et habitants, sur 282 km². Les coûts annuels s'élèvent à environ 1,2 million de francs, y compris la prévention des dégâts causés par la faune et les indemnisations à l'agriculture. Cela correspond à moins d'une tasse de café par habitante et par an.

Le bilan après plus de 50 ans : des populations animales stables, une biodiversité élevée, des dégâts causés par la faune quasi inexistants, et un taux d'acceptation dans la population d'environ 90 pourcent. Le modèle genevois n'est donc pas une construction théorique, mais un exemple pratique documenté.

Quels cantons se prêtent le mieux à être les premiers candidats ?

Nidwald (250 signatures, 276 km²), Uri (600 signatures, paysage avec loup et bouquetin) et Appenzell Rhodes-Extérieures (300 signatures, 243 km²) présentent les seuils les plus bas. Schaffhouse est particulièrement intéressant en tant que voisin direct de Bâle-Ville, canton sans chasse, et avec une superficie comparable à celle de Genève. Zoug, avec ses 239 km², ne compte qu'environ 230 chasseurs amateurs actifs et dispose d'une population cantonale économiquement forte, pour laquelle les coûts du modèle de gardes-faune seraient aisément supportables.

Les alternatives à la chasse de loisir montrent que la gestion professionnelle de la faune sauvage fonctionne non seulement dans les cantons urbains, mais aussi dans les cantons ruraux.

Qui peut utiliser les modèles de textes ?

Les textes sont disponibles gratuitement pour les membres de parlements cantonaux, pour les partis et les organisations proches des partis, pour les groupes de la société civile ainsi que pour les particuliers souhaitant lancer une initiative populaire. Avant le dépôt, les textes devraient être vérifiés juridiquement au regard des exigences du droit cantonal et adaptés sur le plan rédactionnel aux formulations et aux formats propres à chaque canton.

Outre les initiatives populaires, les modèles de textes pour interventions critiques envers la chasse proposent plus de 80 autres projets parlementaires, de la motion à l'interpellation, classés par thème.

Qu'est-ce qui distingue l'initiative populaire cantonale de l'initiative fédérale ?

Une initiative populaire fédérale modifierait la Constitution fédérale et serait valable simultanément dans les 26 cantons. Elle nécessite 100 000 signatures en 18 mois et l'approbation du peuple et des cantons. Il existe également un modèle de texte pour le projet «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage», qui propose une nouvelle disposition constitutionnelle abolissant la chasse de loisir dans toute la Suisse et introduisant le modèle genevois pour l'ensemble du pays.

Les initiatives cantonales sont plus faciles à mener et politiquement plus accessibles. Elles créent des précédents qui augmentent la pression sur la Confédération. L'interdiction de la chasse à Genève a prouvé pendant des décennies ce qui est possible. Des initiatives cantonales successives peuvent porter cette logique dans d'autres cantons et ouvrir la voie à l'interdiction de la chasse en Suisse.

À quelle résistance de la part du lobby des chasseurs amateurs faut-il s'attendre ?

L'expérience montre que les associations de chasseurs exercent une influence politique considérable exercer, bien au-delà de leur part de population de 0,3 pour cent. L'initiative populaire zurichoise de 2018 (« Gardes-faune plutôt que chasseurs ») a échoué, mais elle a montré qu'un large soutien social existe. Le PS zurichois avait alors rejeté l'initiative pour des raisons tactiques, mais soutient en principe la professionnalisation de la gestion de la faune sauvage.

La clé réside dans la communication : des faits objectifs, l'exemple genevois et la question de savoir qui doit gérer la faune sauvage en tant que bien public — environ 30’000 chasseurs amateurs ou l'État au nom de tous.

Conclusion : l'initiative populaire comme instrument démocratique

L'initiative populaire cantonale est l'instrument démocratique le plus direct pour faire avancer l'abolition de la chasse de loisir. Les modèles de textes prennent en charge le travail technique, le modèle genevois fournit la preuve de la faisabilité, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Un corps de gardes-faune pour le canton de Nidwald coûte moins d'une tasse de café par habitante et par an et offre une gestion de la faune sauvage professionnelle, transparente et conforme à la protection des animaux.

Quiconque souhaite s'engager politiquement trouvera sur wildbeimwild.com/mustertexte des textes prêts à l'emploi pour les 26 cantons. La première étape consiste à choisir le bon canton et à collecter les premières signatures.

Sources

  • Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP), RS 922.0, art. 3 al. 1
  • Constitution cantonale de Genève, art. 178 A (interdiction de la chasse depuis 1974)
  • Statistique fédérale de la chasse, Office fédéral de l'environnement (OFEV)
  • Dandliker, G. : Rapport de gestion du Service genevois de la faune et de la pêche 2014–2017
  • Institut Erasm (2004) : Sondage sur l'acceptation de l'interdiction de la chasse dans le canton de Genève
  • Résultats du vote sur l'initiative populaire n° 3877, canton de Genève, 19 mai 1974

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