En Suisse, 35 % des espèces animales et végétales sont menacées d'extinction – aucun pays voisin ne présente une proportion plus élevée d'espèces menacées. La Suisse possède le plus faible pourcentage d'aires protégées en Europe : à peine 10 % de son territoire. Parallèlement, environ 120 000 animaux sauvages sont tués chaque année par la chasse de loisir, dont 10 000 faons. De plus, selon des sondages représentatifs, 64 % de la population suisse est favorable à l'interdiction de la chasse dans les tanières ; 79 % critiquent la chasse de loisir en général
Ces chiffres s'inscrivent dans un discours persistant : la chasse récréative serait une forme de conservation de la nature. Les chasseurs récréatifs seraient les gardiens de la nature. Sans eux, les populations d'animaux sauvages exploseraient. Quiconque prétend le contraire ne comprend rien à la nature.
Ceux qui connaissent les faits savent le contraire. Ce dossier rassemble les arguments scientifiques, éthiques, sanitaires, sociaux et politiques les plus importants contre la chasse récréative sous sa forme actuelle. Il s'adresse à tous ceux qui souhaitent découvrir le sujet, affiner leur position ou participer à une discussion factuelle. Il ne s'agit pas d'un cri du cœur, mais d'une analyse objective de ce qu'est la chasse récréative, de ses effets et des alternatives possibles.
Ce à quoi vous pouvez vous attendre ici :
- Pourquoi la chasse récréative est éthiquement inacceptable : ce que signifie tuer des êtres sensibles pour le plaisir, pourquoi les tirs accidentels et le pistage sont des problèmes structurels, et pourquoi la « soif de tuer » n’est pas une valeur culturelle
- Pourquoi la chasse récréative est écologiquement contre-productive : comment la pression de la chasse déstabilise les populations au lieu de les réguler, pourquoi les zones sans chasse présentent une plus grande biodiversité et ce que la destruction des structures sociales signifie pour la faune sauvage
- Pourquoi la viande de gibier n'est pas un produit naturel : les recommandations du Bureau fédéral de la sécurité alimentaire (BLV) concernant le plomb dans la viande de gibier, les raisons pour lesquelles les femmes enceintes, les enfants et les femmes en âge de procréer ne devraient pas consommer de gibier, et ce que les hormones de stress présentes dans la viande révèlent sur les dernières minutes de la proie
- Pourquoi la population rejette la chasse récréative – et pourtant les politiciens la protègent : données d’enquêtes, structures de lobbying et raisons pour lesquelles les associations de chasse empêchent depuis des décennies ce que souhaite une large majorité de la société
- Pourquoi la chasse récréative n'est pas un loisir psychologiquement neutre : ce que la psychologie comportementale, les recherches sur les droits des animaux et les études sur l'agression et la culture des trophées disent des chasseurs récréatifs – et pourquoi cela est pertinent pour la société
- Pourquoi la chasse récréative est en partie responsable de la crise de la biodiversité en Suisse : un tiers des espèces sont menacées, la proportion d’aires protégées est la plus faible d’Europe, et des décennies de blocage par des groupes de pression ont empêché la création de parcs nationaux et d’aires protégées
- « Le saviez-vous ? » – 40 faits qui réfutent le récit de la chasse
- Pourquoi des alternatives à la chasse récréative existent et ont été testées : régulation naturelle, promotion des prédateurs, modèles de gardes-chasse, protection de l’habitat
- Ce qui doit changer : des revendications politiques concrètes
- Argumentation : Réponses aux justifications les plus courantes du lobby de la chasse de loisir
- Liens rapides : Tous les articles, études et dossiers pertinents
Éthique : Quand tuer n'est pas une forme de conservation de la nature
Les animaux sauvages sont des êtres sensibles. Ils éprouvent la douleur, la peur et les liens sociaux. Ils fuient lorsqu'ils perçoivent une menace. Ils souffrent lorsque leurs groupes sociaux sont déchirés. Il ne s'agit pas d'une affirmation sentimentale, mais d'un consensus scientifique, reconnu internationalement, notamment par la Déclaration de Cambridge sur la conscience de 2012. Dès lors, la question éthique fondamentale qui sous-tend les critiques de la chasse est simple : comment justifier de tuer des êtres sensibles à des fins récréatives ?
Les réponses avancées par les défenseurs de la chasse de loisir – réglementation, protection de la nature, tradition – ont été réfutées une à une dans d'autres chapitres de ce dossier. Il demeure le problème fondamental : la chasse de loisir n'est pas une nécessité de survie en Suisse aujourd'hui. C'est un loisir. Un loisir qui entraîne la mort d'environ 120 000 animaux sauvages par an en Suisse, dont une part importante ne meurt pas sur le coup, mais après de longues minutes, voire des heures, d'agonie. Les tirs accidentels – les coups qui ne tuent pas instantanément – ne sont pas l'exception dans le système de chasse, mais une réalité systématique : dans le canton des Grisons, près de 1 000 contraventions et amendes infligées chaque année à des chasseurs de loisir témoignent de l'ampleur des erreurs techniques et des tirs illégaux.
Une société qui criminalise la cruauté envers les animaux domestiques, tout en finançant et en protégeant politiquement le même acte envers les animaux sauvages en forêt, au nom du patrimoine culturel, présente une incohérence. La loi suisse sur la protection animale ne s'applique pas aux abords des forêts. Quiconque souhaite changer cela doit d'abord définir ce qu'est réellement la chasse de loisir sous sa forme actuelle : une activité de loisir armée dont l'élément central est la mise à mort d'êtres vivants – et dont la légitimité repose sur des discours qui ne résistent pas à un examen objectif.
Pour en savoir plus : Chasse et bien-être animal : conséquences de cette pratique sur les animaux sauvages , peur de la mort et absence d’étourdissement
Écologie : Pourquoi l'abattage sélectif n'est pas une forme de réglementation
La chasse récréative prétend réguler les populations d'animaux sauvages. L'écologie comportementale démontre le contraire. La dynamique reproductive compensatoire est le principe biologique fondamental qui réfute cet argument. Les animaux sauvages réagissent aux pertes de population dues à la chasse par une augmentation du taux de natalité, une maturité sexuelle plus précoce et des portées plus importantes. Ce mécanisme est particulièrement bien documenté chez le sanglier : normalement, seule la laie dominante d'une compagnie se reproduit. Si elle est abattue, toutes les femelles du groupe se reproduisent. La pression de la chasse engendre donc une augmentation du nombre d'animaux sauvages, et non une diminution.
Sur le plan écologique, la chasse récréative n'apporte pas de régulation, mais plutôt une déstabilisation des structures sociales. L'abattage d'animaux dominants expérimentés – la laie dominante chez le sanglier, le cerf dominant chez le cerf élaphe, la renarde dominante – engendre des groupes désorganisés, aux comportements spatiaux modifiés, à la mobilité accrue et à la pression de broutage intensifiée sur les arbres forestiers, du fait de la promiscuité dans un espace restreint. La solution proposée par les défenseurs de la chasse à ce problème de broutage y contribue structurellement. Les zones sans chasse présentent un tableau contrasté : dans le canton de Genève, la biodiversité s'est nettement améliorée depuis l'interdiction de la chasse en 1974, les populations d'animaux sauvages se sont stabilisées et le nombre d'oiseaux migrateurs hivernants est passé de quelques centaines à 30 000.
Pour en savoir plus sur ce sujet : Pourquoi la chasse récréative échoue comme moyen de contrôle des populations et dossier sur la chasse récréative et le changement climatique
Santé : Pourquoi la viande de gibier n'est pas un produit sain
L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (BLV) recommande aux enfants de moins de sept ans, aux femmes enceintes, aux mères allaitantes et aux femmes envisageant une grossesse d’éviter de consommer du gibier chassé avec des munitions au plomb. Il ne s’agit pas d’une campagne de dénigrement de la chasse, mais d’une recommandation officielle fondée sur des données chiffrées. La Société suisse de protection des animaux (STS) a analysé des produits carnés issus de la chasse récréative locale afin de détecter la présence de plomb : du plomb a été détecté dans 5 des 13 échantillons, à des concentrations supérieures à la valeur de référence. Une étude allemande menée par l’Office fédéral de la protection des consommateurs et de la sécurité alimentaire (BVL) a quant à elle révélé la présence de résidus de plomb dans environ les trois quarts des saucisses à base de gibier analysées.
Le plomb est toxique pour l'organisme humain, même à faibles doses : il altère la formation du sang, le foie, les reins et le système nerveux central. Les conséquences sont particulièrement graves chez les enfants en pleine croissance ; des lésions nerveuses et des troubles du développement cérébral ont été constatés. L'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) affirme : « Le plomb est nocif, même à faibles doses. » Par ailleurs, le stress entraîne la production d'hormones : les animaux sauvages chassés, dérangés ou abattus présentent des taux de cortisol anormalement élevés dans leur sang et leur chair. Ce qui est commercialisé comme un « produit naturel » est, d'un point de vue biologique, le résultat d'un processus de peur intense et de mort.
Plus d'informations sur ce sujet : La viande de gibier provenant des chasseurs est-elle de la charogne ? Présence de résidus de plomb dans les produits à base de viande de gibier et empoisonnement des rapaces par les chasseurs amateurs.
Société : Pourquoi la majorité dit non – et pourtant les politiciens continuent de la protéger
L'acceptation de la chasse récréative par le public est en baisse. Il ne s'agit pas d'une affirmation des opposants à la chasse, mais d'un constat empirique. L'enquête WaMoS-2 révèle que 79 % de la population suisse critique la chasse sous une forme ou une autre – 19 % y sont fondamentalement opposés ou favorables à son abolition. L'enquête Demoscope, commandée par l'Association suisse de protection des animaux, montre que 64 % sont favorables à l'interdiction de la chasse dans les terriers, tandis que seulement 21 % souhaitent la maintenir. Cette opposition transcende les générations et les clivages culturels entre la Suisse romande et la Suisse alémanique, et est particulièrement marquée chez les femmes et les jeunes.
Dans le même temps, les responsables politiques protègent la chasse de loisir avec une constance remarquable. Les associations de chasse obtiennent des privilèges grâce à leur influence politique, des mandats constitutionnels et leur présence médiatique, privilèges qui vont à l'encontre de la volonté de la majorité de la population. Dans le canton de Zurich, l'initiative « Des gardes-chasse plutôt que des chasseurs » a échoué en 2022 avec 16,1 % des voix : non pas à cause des arguments convaincants du lobby de la chasse, mais en raison d'un manque de mobilisation au sein d'une majorité de la population jusque-là peu engagée politiquement. Le débat est asymétrique : les chasseurs de loisir sont organisés, financés et disposent de réseaux politiques. Les animaux sauvages, eux, n'ont pas voix au chapitre. Et la grande majorité, qui ne s'intéresse pas à la chasse, n'a jusqu'à présent pas eu d'instance politique pour défendre efficacement ses intérêts.
Pour en savoir plus sur ce sujet : La chasse en Suisse : la population suisse est mal informée , et exemples de textes pour des motions critiquant la chasse dans les parlements cantonaux.
Psychologie : Ce que révèlent la chasse aux trophées et la soif de tuer
La chasse de loisir est la seule activité de loisir socialement acceptée dont l'élément central est la mise à mort d'un être vivant. Que cet élément nécessite une analyse psychologique n'est pas une supposition, mais relève plutôt d'une curiosité scientifique. Les psychologues comportementaux et les criminologues qui décrivent la cruauté envers les animaux comme un indicateur précoce de violence envers les humains se fondent sur un constat bien établi : la capacité d'ignorer la souffrance d'autrui ou de la considérer comme non pertinente est une aptitude cognitive – et elle n'est pas propre à une seule espèce animale.
Le culte des trophées est l'expression visible de cette structure : la préparation et l'exhibition de l'animal abattu comme démonstration de succès à la chasse, de statut social et de contrôle. Les psychologues sociaux décrivent cette pratique comme une manifestation d'agressivité, une soif de pouvoir et le désir de contrôler la vie et la mort d'un autre être vivant. L'« amour des animaux et de la nature » du chasseur ne vise pas l'existence de l'objet convoité, mais sa possession – et culmine dans l'acte de tuer. Il ne s'agit pas d'une condamnation générale de tous les chasseurs de loisir. C'est la logique structurelle du système dans lequel ils évoluent. Il existe également une dimension concrète liée à la sécurité : les armes de chasse sont impliquées dans des suicides, des menaces et des actes de violence. En Suisse, il n'existe pas de test de personnalité psychologique pour les chasseurs de loisir. La consommation d'alcool pendant la chasse n'y est pas interdite.
Pour en savoir plus sur ce sujet : La psychologie de la chasse et les études sur l’impact de la chasse sur la faune sauvage et les chasseurs
Biodiversité : la Suisse est à la traîne – la chasse récréative y contribuant en partie
Un tiers des espèces animales et végétales de Suisse sont menacées. La moitié des habitats sont en danger. Selon l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), 47 % des espèces étudiées nécessitent une intervention. La Suisse possède la plus faible proportion d’aires protégées en Europe – environ 10 % de son territoire, bien en deçà de l’objectif mondial de 30 %. Le Plan d’action de la Stratégie suisse pour la biodiversité (phase 2, 2025-2030) indique : « En Suisse, près de la moitié des habitats sont considérés comme menacés ; de plus, 17 % des espèces sont en danger critique d’extinction ou menacées d’extinction. »
Le lobby de la chasse récréative porte une responsabilité structurelle dans cette situation. Non seulement elle en est responsable, mais de manière constante : les associations de chasse bloquent la création de parcs nationaux depuis des décennies car les aires protégées restreignent les territoires de chasse. Elles militent contre un renforcement de la réglementation des aires protégées. Elles mènent des campagnes de lobbying politique contre les prédateurs – loups, lynx, chats sauvages – qui jouent un rôle essentiel dans la stabilisation des écosystèmes et qu’aucun chasseur récréatif ne peut remplacer. Enfin, elles parviennent à définir le cadre politique du droit de la faune sauvage, de la législation sur la chasse et des aires protégées au sein d’un système qui protège leurs propres intérêts, et non ceux de la nature. La protection de la nature et le lobby de la chasse récréative poursuivent des objectifs fondamentalement opposés, même si leurs discours se recoupent parfois.
Pour en savoir plus sur ce sujet : Le parc national de Locarnes ne verra pas le jour et Le loup en Europe : comment la politique et la chasse récréative compromettent la conservation des espèces
« Le saviez-vous ? » – 40 faits qui réfutent le récit de la chasse
- Environ 120 000 animaux sauvages sont tués chaque année en Suisse par la chasse de loisir, dont environ 10 000 faons
- Un tiers des espèces animales et végétales suisses sont menacées d'extinction. Aucun autre pays voisin ne présente une proportion plus élevée d'espèces menacées
- La Suisse possède la plus faible proportion d'aires protégées en Europe – environ 10 % de la superficie du pays
- D'après une étude, la contamination au plomb chez les aigles royaux et les gypaètes barbus est la plus élevée dans les Alpes suisses, en raison des résidus de munitions provenant de la chasse de loisir
- L’Office fédéral de la sécurité alimentaire recommande : les enfants, les femmes enceintes et les femmes souhaitant concevoir un enfant ne doivent pas consommer de gibier tué avec des munitions au plomb
- Des résidus de plomb ont été trouvés dans environ les trois quarts des saucisses de gibier sauvage testées en Allemagne
- 79 % de la population suisse est critique à l'égard de la chasse récréative
- 64 % sont favorables à une interdiction de la chasse dans les terriers, tandis que seulement 21 % souhaitent la maintenir
- Dans le canton des Grisons, environ 1 000 contraventions et amendes sont dressées chaque année contre des chasseurs amateurs
- Les battues et les chasses en groupe effraient les animaux sauvages et les poussent à traverser les routes dans une peur mortelle – la pression de la chasse est un facteur contribuant directement aux collisions avec la faune sauvage
- Chez le sanglier, toute la harde se reproduit après la mort de la laie dominante – la pression de la chasse engendre davantage d'animaux sauvages, et non moins
- Dans le canton de Genève, où la chasse par milice n'est plus pratiquée depuis 1974, la population d'oiseaux est passée de quelques centaines à 30 000 visiteurs hivernaux
- D'après des études à long terme, les zones sans chasse présentent systématiquement une biodiversité plus élevée que les régions comparatives où la chasse est intensive
- Les chasseurs amateurs refusent régulièrement les désignations de parcs nationaux et de zones protégées car celles-ci restreignent leur zone de chasse
- Il n'existe pas en Suisse de test de personnalité psychologique pour les chasseurs amateurs
- Il n'existe pas en Suisse d'interdiction nationale de la consommation d'alcool pendant la chasse armée
- Il n'existe pas en Suisse de réglementation uniforme et nationale concernant les tests de la vue et l'entraînement au tir pour les chasseurs amateurs
- Les animaux dérangés lors des chasses en battue présentent manifestement des niveaux d'hormones de stress considérablement accrus dans leur viande
- Les plombs de fusil de chasse utilisés pour cibler les lièvres et le petit gibier ne provoquent souvent pas une mort immédiate, mais plutôt des blessures qui entraînent une mort lente
- Les chasseurs amateurs tuent de préférence les individus les plus forts et les plus expérimentés – précisément ceux qui sont essentiels à la stabilité des structures sociales et à la résilience génétique
- Les pratiques de chasse éthiques – le code de déontologie de la chasse – contredisent la loi sur le bien-être animal sur des points essentiels
- Un tribunal de Bellinzone a confirmé que les associations de chasse font la promotion de pratiquement tout ce qui est cruel, inutile et inhumain
- Après la chasse récréative, les renards sont généralement jetés à la poubelle et ne sont pas consommés. Ils sont chassés pour éliminer la concurrence avec le gibier
- Les renards ne se nourrissent pas de lièvres dans plus de 90 % de leur alimentation et ne s'attaquent pratiquement jamais aux lièvres en bonne santé. La justification de leur chasse, la « protection des lièvres », est donc factuellement erronée
- Les chasseurs amateurs attirent les animaux affamés avec de la nourriture durant les rudes hivers, pour ensuite les abattre. Cette pratique est difficilement compatible avec les notions de « conservation et de gestion »
- La chasse dans les terriers de renards et de blaireaux implique l'utilisation de chiens dressés pour les traquer – du point de vue du bien-être animal, il s'agit de l'une des méthodes de chasse les plus cruelles
- Le piégeage peut laisser des animaux sauvages attendre des jours dans des cages-pièges avant que le chasseur amateur ne les tue
- Des chasseurs amateurs donnent des armes à feu à des écoliers mineurs, sous couvert de « formation à la chasse »
- Les chasseurs amateurs voyagent à l'étranger pour des chasses aux trophées dans des pays dont les normes de protection des animaux et des espèces ne sont pas comparables
- Des actions comme le « sauvetage de faons » ne sont qu'un geste symbolique en faveur de la conservation de la nature – immédiatement après, ces mêmes faons sont abattus à l'automne
- Les animaux herbivores comme les cerfs et les daims étaient à l'origine principalement actifs le jour dans les champs et les prairies. La chasse récréative les contraint à se réfugier dans les forêts et accroît leur activité nocturne, ce qui a des conséquences sur les dégâts causés par le broutage et la sécurité routière
- Le loup chasse les animaux malades et faibles avec une précision bien supérieure à celle de n'importe quel chasseur amateur, contribuant ainsi à la stabilisation durable des populations
- Seuls 0,3 % environ de la population suisse pratiquent la chasse de loisir. 99,7 % ne sont pas intéressés par la mise à mort d'animaux sauvages
- Des espèces protégées figurant sur la Liste rouge – lynx, loup, lièvre brun, perdrix grise – sont régulièrement abattues illégalement par des chasseurs amateurs
- Les affûts de chasse illégaux et non signalés dans les forêts représentent parfois un réel risque pour la sécurité des enfants et des randonneurs
- Depuis des décennies, les chasseurs amateurs bloquent politiquement les améliorations modernes en matière de bien-être animal et entravent les efforts sérieux de protection des animaux et des espèces
- En Suisse, les armes de chasse sont impliquées dans des suicides, des menaces et des actes de violence – sans test de tempérament, sans interdiction de l'alcool et sans exigences psychologiques minimales uniformes
- Le jargon des chasseurs – le langage mythifiant la culture de la chasse – sert à masquer les réalités de la mise à mort à travers des termes romancés
- La chasse récréative est de loin la solution la plus coûteuse au problème des populations d'animaux sauvages
- Les chasseurs amateurs infligent aux animaux les plus grandes souffrances et les pires mauvais traitements – outre la vivisection – également par leur manière de les tuer
Alternatives : Quelles sont les autres possibilités ?
La régulation naturelle n'est pas un vœu pieux. Les populations d'animaux sauvages s'autorégulent grâce à la disponibilité de nourriture, au climat, aux maladies, à la territorialité et aux structures sociales, lorsqu'elles sont laissées à elles-mêmes. Depuis 50 ans, le canton de Genève apporte la preuve empirique que cette régulation fonctionne sans chasse organisée. Elle est complétée et renforcée par la promotion constante des prédateurs : le loup s'attaque aux animaux malades et faibles avec une précision qu'aucun chasseur amateur ne peut égaler. Le lynx régule les populations de cerfs de manière spatialement et socialement responsable. Les chats sauvages et les renards contrôlent les populations de rongeurs et de petits animaux sans intervention humaine.
Les structures de gardes-chasse inspirées du système de Genève remplacent les milices armées par des professionnels employés par l'État. Ces derniers agissent selon des critères écologiques clairs, en toute transparence, dans le respect du bien-être animal et sans aucune logique de chasse aux trophées. Gestion des habitats, connectivité des écosystèmes, corridors fauniques, protection des amphibiens et renaturation : autant de formes de conservation de la nature qui ne nécessitent pas d'armes et qui sont mesurables, vérifiables et efficaces à long terme. Lorsque des interventions ciblées s'avèrent nécessaires – pour des raisons de bien-être animal, dans les zones à risque ou en cas de dommages avérés –, le personnel qualifié accomplit cette tâche de manière plus efficace, plus sûre et plus transparente qu'une milice décentralisée sans normes uniformes, sans tests de comportement et sans interdiction de consommer de l'alcool.
Pour en savoir plus sur ce sujet : Alternatives à la chasse : ce qui aide vraiment sans tuer d’animaux , les corridors fauniques et la connectivité des habitats , et une initiative préconisant la nomination de « gardes-chasse plutôt que de chasseurs ».
Qu'est-ce qui devrait changer ?
Premièrement : l’égalité juridique des animaux sauvages avec les autres animaux devant la législation sur le bien-être animal. Ce qui est considéré comme de la maltraitance animale à la maison ne devrait pas être considéré comme du patrimoine culturel en forêt. La législation sur le bien-être animal doit être pleinement appliquée aux animaux sauvages, y compris dans le cadre de la chasse récréative. Cela implique des normes minimales pour l’abattage des animaux blessés, un suivi obligatoire avec des quotas mesurables et des sanctions pénales pour les tirs accidentels.
Deuxièmement : une interdiction immédiate des méthodes de chasse les plus cruelles. La chasse à l’affût, le piégeage sans relève quotidienne, la chasse en battue d’animaux gestants ou allaitants : ces pratiques sont incompatibles avec toute notion de bien-être animal et doivent être interdites par la loi fédérale. La majorité de la population s’est déjà prononcée en ce sens ; les responsables politiques doivent suivre le mouvement.
Troisièmement : l’interdiction des munitions de chasse au plomb. La présence de plomb dans la viande de gibier met en danger les consommateurs, les prédateurs et l’environnement. Cette interdiction est techniquement réalisable : les munitions sans plomb sont facilement disponibles. L’Autriche et plusieurs Länder allemands ont déjà pris cette mesure. La Suisse doit suivre leur exemple.
Quatrièmement : Test psychologique obligatoire et interdiction de consommer de l’alcool pendant la chasse. Toute personne utilisant des armes à feu dans les forêts publiques doit satisfaire à des exigences psychologiques minimales. L’interdiction de consommer de l’alcool pendant la chasse est la norme minimale pour toute autre profession armée.
Cinquièmement : Extension constante des aires protégées et des parcs nationaux. La Suisse doit porter la superficie de ses aires protégées d’environ 10 % à au moins 30 %, conformément à l’objectif international en matière de biodiversité qui s’applique également à la Suisse. L’opposition des groupes de chasse à la création de parcs nationaux et à la désignation d’aires protégées ne doit plus constituer un obstacle politique contraignant.
Sixièmement : Transition progressive de la chasse bénévole vers des structures professionnelles de gardes-chasse. Sur le modèle genevois, avec des projets pilotes cantonaux, un calcul transparent des coûts et une évaluation scientifique. Première étape : Reconnaissance juridique fédérale du modèle de garde-chasse comme alternative équivalente à la chasse bénévole.
Argumentation
« Sans la chasse récréative, les populations d'animaux sauvages croîtraient de façon incontrôlable. » Or,
ces populations s'autorégulent grâce à la disponibilité de nourriture, la capacité de leur habitat, le climat et les mécanismes sociaux. La pression de la chasse entraîne une reproduction compensatoire : plus d'animaux abattus engendrent une descendance plus nombreuse. Canton de Genève : la chasse par les milices y est interdite depuis 1974, les populations d'animaux sauvages y sont stables, voire en croissance, et la biodiversité y est plus importante. La réfutation la plus simple de cet argument se trouve à Genève même.
« Les chasseurs amateurs contribuent à la conservation. »
La conservation est mesurable : zones gérées, mesures concrètes, effets vérifiables et échéanciers. Le système de chasse actuel – notamment le système de chasse réglementée, auquel participent 65 % des chasseurs amateurs – ne dispose pas d’un cadre institutionnel pour la protection à long terme des habitats. Les actions menées sont sélectives, non contrôlées et non évaluées. Ceux qui souhaitent protéger la nature n’ont pas besoin de permis de chasse.
« Le gibier est plus sain que la viande de supermarché. »
L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des services vétérinaires (FSVO) recommande explicitement aux personnes vulnérables d’éviter le gibier. Des résidus de plomb ont été détectés dans la majorité des saucisses de gibier testées. La concentration d’hormones de stress dans la viande des animaux chassés est nettement supérieure à celle des animaux morts de mort naturelle. Le gibier n’est pas un aliment biologique. Il est le produit final d’un processus de mort violent et est souvent contaminé par du plomb et des hormones de stress.
La chasse est un bien culturel et fait partie de la tradition suisse.
Cependant, ce statut n'est pas juridiquement protégé si elle entraîne des souffrances animales, est rejetée par la majorité de la population et est écologiquement contre-productive. Les combats de chiens, les combats d'ours et d'autres pratiques historiques étaient également des traditions. La société les a abolies, sous l'effet de l'évolution des valeurs, du développement de l'empathie et de la connaissance. Le même principe s'applique à la chasse de loisir.
« Les chasseurs amateurs contribuent à la sécurité routière en réduisant les populations d'animaux sauvages. »
Le canton de Genève réfute empiriquement cet argument : le nombre de collisions avec la faune sauvage n'y est pas supérieur à celui des cantons où la chasse est autorisée. Les battues et les chasses en groupe perturbent activement les animaux sauvages et augmentent directement le nombre de collisions. Parmi les mesures efficaces, citons les passages pour animaux sauvages, les systèmes d'alerte, la limitation de vitesse et la restauration de la connectivité des habitats – et non l'abattage sélectif.
« Les chasseurs amateurs s'autofinancent – ils ne coûtent rien à la société. »
Ce calcul ignore les coûts externes : indemnisations pour les dommages causés à la faune sauvage, indemnisations des assurances accidents de chasse, coûts de surveillance gouvernementale, perte de biodiversité due au blocage des aires protégées par les groupes de pression, et coûts liés au broutage résultant de la concentration de la faune sauvage causée par la chasse. Une évaluation globale et objective est toujours en attente – et les groupes de pression de la chasse n'ont aucun intérêt à ce qu'elle soit réalisée.
Liens rapides
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- Chasse en haute altitude en Suisse
- Chasse en battue en Suisse
Sources et preuves externes
- FOEN : La biodiversité en Suisse – État des lieux et évolution (actuel)
- FOEN : Plan d’action Stratégie pour la biodiversité Suisse Phase 2, 2025-2030 (PDF)
- Naturschutz.ch : Rapport de la BAFU – La biodiversité se détériore (juin 2024)
- Naturschutz.ch : La Suisse ne respecte pas ses objectifs en matière de biodiversité (novembre 2025)
- SRF : Biodiversité menacée – Où se situe la Suisse en matière d’aires protégées ?
- SRF : Attention au plomb – la viande de gibier peut être nocive
- Liberté pour les animaux : la nature sans chasse – interdiction de la chasse dans le canton de Genève depuis 1974
- BirdLife Suisse : Un immense retard à rattraper en matière de protection de la biodiversité
- Tagesanzeiger : Les Suisses ne veulent plus de tragédies animales lors de la chasse
- Professeur Josef H. Reichholf : « La chasse ne réglemente pas » (PDF)
- Déclaration de Cambridge sur la conscience, 2012 (PDF)
- Fedlex : Loi suisse sur la chasse – JSG, version actuelle
- Fondation pour le droit animalier : Classification des pratiques de chasse au regard du droit du bien-être animal
Notre revendication
La chasse récréative est éthiquement inacceptable, écologiquement contre-productive, dangereuse pour la santé, largement rejetée par la société et politiquement protégée par des groupes de pression. Aucun de ces arguments ne se suffit à lui-même. Ensemble, ils dressent un tableau clair : la chasse récréative, sous sa forme actuelle, n’a pas d’avenir dans une société éclairée et tournée vers la science. Ce qui la remplace est déjà en place et a fait ses preuves : des structures professionnelles de gestion du gibier, une protection constante des habitats, la promotion des prédateurs et la reconnaissance sérieuse que les animaux sauvages ne sont pas des marchandises.
IG Wild beim Wild documente cette réalité à l'aide de chiffres, d'études, de rapports de cas et d'analyses politiques. Nous agissons ainsi car 120 000 animaux sauvages en Suisse sont privés de voix chaque année. Et parce que les 99,7 % de la population qui ne souhaitent pas que des animaux sauvages soient tués ont le droit de voir leurs opinions représentées politiquement. Ce dossier est mis à jour en continu au gré des nouvelles études, des nouveaux chiffres et des évolutions politiques.
À propos de la chasse de loisir : dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des rapports de fond.