Dates de battue : Zurich ne veut décider qu'en décembre
L'administration de la chasse veut d'abord entendre les sociétés de chasse. D'ici là, l'essentiel de la période ordinaire des battues sera écoulé.
Image d'illustration. Photo : Pascal Debrunner / Unsplash
Aux autres de faire attention
Les dates des chasses en mouvement de plus grande ampleur doivent être annoncées à l'administration zurichoise avant leur tenue. L'Office du paysage et de la nature (ALN) ne souhaite pas, pour l'instant, communiquer les informations déjà annoncées. En réponse à une demande de l'habitante d'Effretikon Ursula Alayan-Ricklin fondée sur la loi sur l'information et la protection des données (IDG), Manuel Bünzli, chef de la section Droit & Services de l'administration de la pêche et de la chasse (FJV), a indiqué le 6 novembre qu'il fallait d'abord consulter les sociétés de chasse. Une décision ne serait prise « au plus tôt à la mi-décembre ». D'ici là, environ quatre cinquièmes de la période ordinaire prévue pour les chasses en mouvement seront écoulés.
Ce qui était demandé
Ursula Alayan-Ricklin avait déposé sa demande le 8 octobre. Elle réclamait les dates et les périmètres géographiques de toutes les chasses collectives et chasses en mouvement de la saison automne/hiver 2026 annoncées à l'administration. Elle ne demandait ni les noms ni les adresses des chasseurs de loisir. Son argumentation : lors des chasses en mouvement, on tire en forêt, un espace que, selon l'article 699 du Code civil, tout le monde a le droit de parcourir. Celui qui connaît les dates peut adapter son itinéraire.
L'ordonnance zurichoise sur la chasse autorise les battues et les poussées du 1er octobre au 31 décembre, jusqu'à fin février pour les sangliers. Les chasses en mouvement réunissant plus de six tireuses et tireurs doivent être annoncées par la société de chasse à l'ALN avant leur tenue (§ 30 de l'ordonnance cantonale sur la chasse). Pour les chasses déjà annoncées, l'office dispose donc des informations. On ignore quelles dates pour la saison en cours lui sont déjà parvenues.
La réponse, juste avant l'expiration du délai
Manuel Bünzli s'est manifesté peu avant l'expiration du délai de 30 jours. Il avait discuté de l'affaire avec le service juridique de l'ALN. Comme des intérêts de tiers étaient concernés, à savoir «ceux des sociétés de chasse zurichoises et de leurs membres», on voulait consulter les sociétés de chasse avant de décider de la remise des données.
La LIPDA prévoit que l'autorité accorde l'accès ou rend une décision dans un délai de 30 jours à compter de la réception de la demande. Si elle ne peut pas respecter ce délai, elle doit en indiquer les raisons et communiquer à quelle date la décision sera rendue. Manuel Bünzli annonce pour cela «au plus tôt mi-décembre», une formulation qui ne contient aucune date contraignante. Une audition de tiers est prévue lorsque l'autorité entend accorder l'accès et que des données personnelles ou des informations classées comme confidentielles sont concernées. La réponse n'explique pas quelles indications protégées seraient contenues dans les dates et les territoires de chasse. On ignore également pourquoi une partie des données ne pourrait pas être remise immédiatement, par exemple sans la désignation du territoire.
Alayan-Ricklin maintient sa demande
Le jour même, dans l'après-midi, Alayan-Ricklin a contesté cette position. Une décision à la mi-décembre réduirait son droit à l'information à néant «par le simple écoulement du temps» et équivaudrait à un retard injustifié. Les données seraient déjà disponibles de manière centralisée et numérique au sein de l'administration. Interroger des preneurs de bail privés pour savoir si des données de l'autorité doivent être rendues transparentes ne serait ni justifié ni proportionné.
Elle exige la remise des données pour toute la saison. Si la FJV maintient la prolongation du délai, elle demande une décision susceptible de recours, assortie de l'indication des voies de droit, afin de pouvoir dénoncer le retard devant l'instance compétente.
Une commune montre que c'est possible
Geroldswil montre que les dates n'ont pas besoin d'être secrètes. Le 3 novembre, la commune a annoncé deux chasses en mouvement de la société de chasse Altberg Süd, avec date, heure et secteur: le 13 novembre et le 4 décembre, avec jusqu'à 28 tireurs et 18 rabatteurs. Les visites en forêt dans les secteurs concernés doivent être évitées pendant cette période. Il n'existe en revanche aucune vue d'ensemble à l'échelle du canton, comme celle que réclame Alayan-Ricklin.
La FJV elle-même signale dans son bulletin de novembre les dangers des chasses en mouvement: en raison de la sécheresse, des ruptures imprévisibles de branches et de cimes sont à craindre, et le grand nombre de participants engendre un «risque collectif accru» (Zurich veut modifier la législation sur la chasse). Cette indication s'adresse aux organisateurs des chasses. Pour les promeneuses et promeneurs qui se trouvent en forêt le même jour avec leur chien, leur vélo ou leurs enfants, le canton ne fournit aucun aperçu indiquant quand et où l'on tire.
Hunt Watch en arrière-plan
Alayan-Ricklin soupçonne l'administration de retenir les données parce qu'il est actif chez Hunt Watch. Le groupe accompagne depuis des années les battues en Suisse et documente ce qui s'y passe (La battue sous surveillance). La violence avec laquelle certains chasseurs de loisir réagissent à une telle observation s'est illustrée en décembre 2025 par une agression contre une militante à Bâle-Campagne (Agression violente contre une militante lors d'une battue). D'après ses observations, les panneaux d'avertissement manquent en outre souvent lors des battues zurichoises.
Ce n'est pas le premier conflit autour des données de la FJV. En été, Manuel Bünzli a d'abord fourni à Alayan-Ricklin de faux chiffres sur les renards et a dû admettre en septembre une erreur de filtre. Les données corrigées ont montré que seuls 7,7 pour cent des renards abattus portent une mention de maladie (Le registre du gibier réfute la justification du canton fondée sur la maladie).
Compétence et surveillance
La réponse a été signée par Manuel Bünzli, chef de section Droit & Services de la FJV. Les codirecteurs Lukas Bammatter et Reto Muggler sont responsables de la FJV. La surveillance incombe à l'ALN sous la direction du chef d'office Marco Pezzatti et à la Direction des constructions du conseiller d'État Martin Neukom. La réponse ne précise pas quels juristes du service juridique de l'ALN y ont participé.
Commentaire : une information avec date de péremption
Pour toutes les chasses qui ont lieu d'ici la mi-décembre, l'information arriverait trop tard pour adapter son propre itinéraire. L'utilité pratique de l'accès diminue à chaque date de chasse écoulée. Pour planifier son itinéraire à temps, un renseignement tardif peut être aussi inutile qu'un refus, même si aucun refus formel n'a été prononcé jusqu'ici. Celui qui chasse avec des armes à feu dans un espace de détente accessible au public, lâche des chiens à la poursuite du gibier et envoie des lignes de rabatteurs à travers la forêt ne peut pas s'attendre à ce que le quand et le où restent une affaire privée.
Geroldswil publie, la FJV interroge d'abord ceux dont les chasses deviendraient publiques. L'administration doit expliquer quels intérêts concrets s'opposent à une publication plus précoce et pourquoi les prochaines dates ne pourraient pas au moins être rendues publiques immédiatement. Tant que les dates ne sont pas accessibles, cela complique non seulement la planification des itinéraires, mais aussi une observation indépendante des chasses.
Ce que vous pouvez faire
Écrivez directement aux députées et députés du Grand Conseil zurichois et exigez que les dates des chasses en mouvement soient publiées à temps, avant que l'on ne tire. D'après l'expérience de l'IG Wild beim Wild, les courriels personnels adressés aux responsables politiques ont plus d'effet que les listes de signatures. Vous trouverez les adresses et une lettre type sur la page Halte à la chasse au renard. L'IG Wild beim Wild rendra compte de la décision de la FJV dès qu'elle sera connue.
Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans nos Dossiers sur la critique de la chasse de loisir réunissent des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond. Ce que dit la recherche à ce sujet est présenté dans La chasse sous l’angle des faits : l’état de la recherche.
La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.
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