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Criminalité & Chasse

Türkheim : un chasseur de loisir prend deux vaches gestantes pour des sangliers

Un homme de 23 ans a tiré à deux reprises dans l'Unterallgäu et tué deux vaches peu avant le vêlage. La Bavière n'exige pas de preuve de tir régulière après l'examen de chasse.

Rédaction Wild beim Wild · 6 novembre 2026
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Pris pour un cerf

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À l'ouest de Türkheim, dans l'arrondissement souabe d'Unterallgäu, un chasseur de loisir de 23 ans a abattu deux vaches sur le point de vêler aux premières heures du jeudi 5 novembre 2026. Selon la police, il a pris les vaches pour des sangliers dans l'obscurité et a tiré deux coups de feu. Les deux vaches sont mortes, toutes deux étaient sur le point de vêler. La police enquête contre l'homme pour infractions à la loi sur la protection des animaux, comme le portail d'information régional new-facts.eu le rapporte en se référant à la police.

Ce que l'on sait jusqu'ici

La police chiffre les dégâts matériels à plusieurs milliers de francs, dans le haut de la fourchette à quatre chiffres. On ignore avec quel équipement le chasseur de loisir était sorti. Selon le Bayerisches Landwirtschaftliches Wochenblatt, la police n'a pas indiqué s'il avait utilisé un dispositif de vision nocturne. La revue spécialisée qualifie la confusion d'énigmatique.

On ignore à quelle race appartenaient les vaches tuées. À titre de comparaison, le Wochenblatt indique que les vaches sur le point de vêler des races Fleckvieh et Braunvieh pèsent environ 700 à 750 kilogrammes, soit bien plus qu'un sanglier. L'homme a tiré deux fois, et les deux vaches sont mortes. Le temps écoulé entre les deux coups de feu et les éléments sur lesquels l'homme a fondé son appréciation ne ressortent pas des comptes rendus actuels. La question décisive demeure : pourquoi a-t-il tiré sur des animaux qu'il n'avait manifestement pas identifiés correctement ?

La règle de base qui échoue sans cesse

Toute formation à la chasse enseigne la même règle : on ne tire que lorsque la cible a été identifiée sans le moindre doute. Pourquoi cette règle ne fonctionne-t-elle si souvent pas dans la pratique ? Nous l'avons montré avec le cas d'un vététiste qu'un chasseur de loisir a pris pour cible près de Neuchâtel : la perception guidée par les attentes transforme une silhouette en animal sauvage, avant que l'esprit conscient puisse vérifier. De tels mécanismes peuvent favoriser les méprises. Il n'est pas établi s'ils ont joué un rôle ici. Ils ne sauraient en tout cas excuser un tir.

Türkheim s'inscrit dans une longue série. En 2021, un chasseur de loisir a abattu un quarter horse à Usingen, en Hesse ; lui aussi l'avait pris pour un sanglier. Dans le Haut-Palatinat, un chasseur de loisir a gravement blessé, en 2014, un autre participant lors d'une battue, parce qu'il croyait voir un sanglier. Selon le Wochenblatt, le tribunal de district de Ratisbonne l'a condamné à huit mois avec sursis et à une amende de 3’000 euros. En Suisse, à Avers, un cheval que le chasseur de loisir avait pris pour un cerf est mort, un cas qui montre pourquoi les offices de la chasse ne peuvent pas se décharger de leur responsabilité. En Pologne, la même confusion a coûté la vie à un homme, lorsqu'un chasseur de loisir a pris son voisin pour un sanglier. D'autres cas sont documentés par notre chronique des accidents de chasse et des délits commis avec des armes de chasseurs.

La Bavière n'exige aucune preuve de tir régulière

Ce cas soulève d'abord une question d'identification sûre de la cible. À cela s'ajoute une autre question, celle du contrôle : en Bavière, quiconque a réussi l'examen de chasse n'a ensuite plus à prouver régulièrement son habileté au tir. Comme beck-aktuell l'a relevé en juillet 2026, la Bavière ne connaît aucune obligation légale de preuve de tir. Les forêts d'État bavaroises exigent pour les chasses en mouvement sur leurs surfaces une preuve contractuelle. L'Association bavaroise des chasseurs, avec son attestation de précision de tir présentée en 2024, a selon ses propres déclarations misé délibérément sur le volontariat. Il n'existe pas de preuve de tir uniforme à l'échelle nationale.

Parallèlement, l'État libre a étendu la chasse de loisir dans l'obscurité : en Bavière, les dispositifs de vision nocturne sont autorisés dans tout le pays pour la chasse de loisir au sanglier. La technique rend le tir possible de nuit. Elle ne remplace toutefois pas l'obligation d'identifier la cible sans équivoque. Les raisons pour lesquelles la chasse de loisir au crépuscule et de nuit pose fondamentalement un problème de sécurité sont exposées dans notre texte type pour une interdiction de la chasse de loisir au crépuscule et de nuit.

Ce qui menace le tireur

Sur le plan pénal, la police enquête sur la base de la loi sur la protection des animaux. Sur le plan civil, le détenteur peut réclamer des dommages-intérêts pour les vaches et les veaux à naître. La question du permis de chasse reste ouverte. L'autorité peut le retirer lorsqu'un chasseur de loisir est jugé peu fiable. Comme le rappelle new-facts.eu, le tribunal administratif de Neustadt an der Weinstrasse a jugé, dans une affaire où un chasseur de loisir avait abattu un chien à la tombée de la nuit en le prenant pour un sanglier, qu'un seul tir relevant d'une négligence grave pouvait suffire. On ignore pour l'instant si les autorités examinent des mesures relevant du droit de la chasse ou du droit des armes dans l'affaire de Türkheim.

Commentaire : un seul contrôle ne suffit pas

Deux vaches sur le point de mettre bas sont mortes parce qu'un chasseur de loisir les a prises pour des sangliers, selon les informations disponibles à ce jour. Les pilotes doivent régulièrement prouver leurs compétences. En Bavière, celui qui porte une carabine et tire de nuit en terrain découvert n'a, après l'examen de chasse, légalement plus jamais à prouver son habileté au tir. Les associations de chasse parlent volontiers de formation et de responsabilité. L'une et l'autre doivent faire leurs preuves avant chaque tir. À Türkheim, deux vaches ont pourtant été prises pour des sangliers et abattues.

Le problème n'est pas bavarois. En Suisse aussi, nous avons montré comment des taux élevés de recherche au sang, de fréquents tirs manqués et l'absence de normes d'entraînement sont liés, et à quel point les sanctions peuvent être faibles, par exemple dans le cas du chasseur de loisir du Toggenbourg qui a pris un cerf pour un brocard et s'en est tiré avec 200 francs d'amende. Une preuve annuelle d'aptitude au tir serait un minimum. Mais elle ne remplace pas l'identification sûre de la cible : celui qui ne reconnaît pas un animal avec certitude ne doit pas tirer. Et elle ne résout pas le vrai risque : des chasseurs de loisir armés qui tirent dans l'obscurité sur des silhouettes, dans un paysage utilisé à la fois par les humains, les animaux de rente et les animaux sauvages.

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans le dossier Braconnage et criminalité liée à la chasse en Suisse nous documentons les cas, les questions juridiques et les schémas récurrents. Ce que dit la recherche à ce sujet est présenté dans La chasse sous l’angle des faits : l’état de la recherche.

La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.

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