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Psychologie & Chasse

Sadisme : mieux comprendre les chasseurs de loisir

On parle de sadisme lorsqu'une personne éprouve du plaisir ou de la satisfaction à humilier, opprimer ou infliger des souffrances à autrui.

Rédaction Wild beim Wild · 11 juillet 2023
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«La chasse-plaisir»

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Il existe indubitablement une corrélation scientifique entre violence envers les animaux et violence envers les êtres humains.

D'un point de vue éthique, il existe désormais un devoir sociétal d'agir de manière préventive face au sadisme.

L'agressivité des chasseurs de loisir envers les animaux est l'expression d'un trouble du comportement. Violence envers les animaux – violence envers les êtres humains : de plus en plus d'études scientifiques étayent cette thèse, Études.

Quelles différences entre le chasseur de loisir et le tueur en série ?

Les deux éprouvent la fièvre de la chasse et un désir intense de pouvoir et de contrôle. La chasse peut constituer un premier symptôme d'une psychopathie dangereuse, qui ne se limite pas aux seuls animaux. De nombreuses études démontrent que les actes de violence envers les animaux exigent toute notre attention !

Tant le tueur en série que le chasseur de loisir pensent prendre part à quelque chose d'important. Il est frappant de constater à quel point des anomalies cérébrales sont fréquemment observées chez les auteurs de violences. La violence laisse des traces dans le cerveau après peu de temps. Des neuropsychologues le confirment : l'amygdale, une région centrale du cerveau, est anormalement atrophiée ou perturbée chez les auteurs de violences. Lorsque cette partie centrale du cerveau est défaillante, le sentiment de dégoût est notamment désactivé.

Au moment de tuer, les deux ressentent quelque chose de similaire à la consommation de drogues illégales. Un soulagement temporaire, un apaisement traverse leur corps et leur esprit – jusqu'à ce qu'il faille repartir à la recherche d'une nouvelle victime. Il est indéniable que, dans le milieu douteux de la chasse de loisir, d'autres activités illégales sont également pratiquées, comme le braconnage, la contrebande d'armes, la criminalité, l'abus d'alcool, etc., favorisant ainsi la sociopathie.

Les armes de chasse donnent lieu à des abus dans notre vie sociale. Il arrive sans cesse que des suicides par arme à feu, des menaces et des tragédies mortelles se produisent. Année après année, d'innombrables personnes sont tuées ou blessées par des chasseurs de loisir et leurs armes, parfois si gravement qu'elles se retrouvent en fauteuil roulant ou doivent subir une amputation de membres.

animaux jouent, tout comme les êtres humains, un rôle important dans notre existence. Elles nous montrent aussi à quel point il est important de partager, car nous, les êtres humains, ne sommes pas les seuls êtres vivants sur cette planète.

La chasse de loisir est l'ombre sombre qui tourmente les Animaux sauvages. La chasse de loisir est comme la prostitution. Les chasseurs à territoire et à patente versent une somme d'argent pour pouvoir assouvir leur passion, pour pouvoir donner libre cours à leur pulsion de tuer. Les autorités suisses organisent même spécialement des chasses attrayantes, pour pouvoir s'en vanter.

Selon des experts, la pornographie est un facteur déterminant pour stimuler l'imagination des tueurs en série, en particulier les jeux de bondage et le sadomasochisme, où les victimes peuvent être dominées et contrôlées.

Les magazines militants spécialisés destinés aux chasseurs de loisir regorgent d'images de chasseurs de loisir tenant une arme à la main et posant dans une position de domination sur leurs victimes. De tels magazines stimulent l'imagination des chasseurs de loisir, qui veulent chasser toujours davantage, y compris aux quatre coins du monde. Les chasseurs de loisir ont besoin de telles photographies et de tels films pour se sentir importants.

Les chasseurs de loisir ont un grand besoin d'accomplir quelque chose d'héroïque, de satisfaire leur sentiment d'estime de soi par l'acte de tuer. Les chasseurs de loisir n'hésitent pas, avec une ferveur missionnaire, à abuser des enfants dans les écoles. De manière sectaire, avec leur jargon de chasseur, ils font la promotion de leur passion violente. Les enfants et les adolescents éprouvent un grand amour pour les animaux, et c'est précisément à eux que des chasseurs de loisir mettent entre les mains des armes et des actes ignobles, ce qui est contraire à la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant.

Ce qui relie également les chasseurs de loisir et les tueurs en série, c'est le désir de collectionner des trophées de leurs victimes. Tous deux aiment partir à l'approche, guetter des victimes, pour le prochain acte violent.

Je ne veux pas dire par là que la plupart des chasseurs sont des personnes fragiles, mais d'après mon expérience, les personnes fragiles profitent assez souvent de l'occasion pour compenser leurs faiblesses en chassant ou en jouant avec des armes et des couteaux.

Citation tirée de l'ouvrage « L'Esprit du tueur » du profileur du FBI John Douglas.

Les chasseurs de loisir ont déjà fait l'objet, aussi bien en Europe qu'aux États-Unis, d'études psychologiques et sociologiques et ont été comparés aux non-chasseurs sous divers aspects. Les résultats montrent clairement que les chasseurs de loisir n'ont pas un lien plus fort avec la nature que les non-chasseurs, qu'ils sont plutôt hostiles aux questions de protection animale, environnementale et naturelle, et qu'ils présentent en général une tendance plus marquée aux comportements agressifs – un trait typique des mangeurs de viande. L'amour que le chasseur porte aux animaux et à la nature ne se réjouit pas de l'existence de l'être aimé ; il vise au contraire à posséder cet être jusque dans sa chair, et culmine dans l'acte de le tuer pour en faire une proie. Nulle part cela n'apparaît plus clairement que dans les récits de chasse – présents dans pratiquement chaque numéro des revues de chasse courantes.

Même si les personnes qui chassent présentent des traits de caractère différents, les chasseurs de loisir sont finalement tous unis par le même acte : un rapport violent envers des animaux pacifiques et envers la nature, souvent pratiqué uniquement pour le plaisir, comme loisir ou même comme sport, ainsi que l'empoisonnement de la nature par des munitions contenant du plomb. Psychologues, psychiatres et psychanalystes parlent, dans le contexte de la chasse de loisir, de troubles psychiques chez les chasseurs de loisir. Les chasseurs de loisir veulent tuer !

« Avec le permis de chasse, on acquiert la licence de tuer. Le fait que, dans le langage populaire, on considère souvent qu'une personne détentrice du permis de chasse n'est pas tout à fait saine d'esprit a sans doute, comme la plupart des sagesses populaires, un fond de vérité. Et en effet, nous ne savons ni combien de psychopathes, de fanatiques d'armes ou de personnes dépendantes se trouvent parmi les détenteurs de permis de chasse, qui ont le droit de manier légalement des armes à feu, ni qui, parmi les candidats au permis de chasse, ne cherche qu'à passer l'examen de chasse pour pouvoir se procurer légalement des armes à feu. Nous ne le savons pas, les autorités ne le savent pas, les associations de chasse ne le savent pas – et préfèrent d'ailleurs ne pas le savoir », explique K.H.

Christian Lüdke est psychothérapeute, forme des unités spéciales de la police et s'intéresse principalement à la psychologie des auteurs d'infractions.

Lüdke : «Ces personnes mènent une double vie. Intérieurement, elles se sentent comme des ratés absolus – sur le plan familial, professionnel et sexuel – et sont animées par des désirs de pouvoir extrêmes. Comme elles ne peuvent pas réaliser cela dans leur quotidien, elles doivent le faire au travers d'un tel acte de violence et choisissent les victimes les plus faibles.»

Comment reconnaître une telle personne ?

Lüdke : «Vers l'extérieur, elles sont généralement très discrètes. Mais dans l'histoire de vie de ces auteurs, on retrouve fréquemment, vers l'âge de onze ans, trois symptômes : l'énurésie nocturne, le fait de jouer avec le feu et, surtout, le fait de torturer des animaux.»

S'agit-il de cas isolés ?

Lüdke : «Malheureusement non. Il y a parmi nous beaucoup de personnes ayant une énergie sexuelle et criminelle si élevée qu'elles sont pour ainsi dire des bombes à retardement.»

Le chasseur de loisir Frank Gust

Frank Gust est un tueur en série allemand condamné à la réclusion à perpétuité suivie d'une mesure de sûreté. Chez lui, comme nous l'apprenons dans un entretien mené par la criminologue Petra Klages, la cruauté envers les animaux et leur mise à mort se trouvaient au début de son parcours. Il convient de noter que c'est précisément sa mère, ancienne chasseuse de loisir, qui a formé Frank Gust à la chasse de loisir, lui permettant ainsi d'entrer légalement en possession d'armes à feu. Et tout comme il avait appris chez sa mère à éviscérer les cadavres d'animaux, il procéda plus tard de la même manière lors de ses meurtres. Après coup, la mère regretta cette formation à la chasse et parle d'une erreur commise :

«…ils auraient dû m'arrêter, tant j'ai échoué. J'étais chasseuse autrefois et j'ai aussi formé Frank à la chasse. Cela comprend aussi le fait d'éviscérer le gibier. Et comme il a découpé les corps, disons, de manière professionnelle, je me suis dit : c'est bien moi qui le lui ai appris.»

Dans son entretien avec Petra Klages, le titulaire du permis de chasse Frank Gust a relaté ses expériences personnelles avec l'artisanat cynégétique et critiqué ouvertement la prétention selon laquelle les chasseurs de loisir seraient toujours aussi des protecteurs de la nature :

Certains le sont assurément. Mais la plupart des gens que j'ai pu rencontrer là-bas formaient un mélange d'arrogance de caste et d'hypocrisie.

Frank Gust

Interrogé pour savoir si l'objectif n'était pas de protéger la nature et les animaux, Gust poursuivit en disant que, d'après son expérience, il s'agissait plutôt de «construire, sous le couvert de la si noble chasse, une merveilleuse couverture pour d'autres désirs».

À la question de l'intervieweuse lui demandant s'il avait des exemples à ce sujet, Frank Gust a décrit deux incidents qui ne peuvent pas être mentionnés ici dans leur intégralité. Afin de donner néanmoins une idée, voici brièvement l'épisode dont Gust se souvient lors d'une chasse au lapin:

Il y avait un chasseur soi-disant expérimenté et très respecté. Il a tiré sur un lapin... il aurait pu effectuer un tir sûr à quelques mètres de distance, mais il attend que l'animal ait encore un peu couru, afin de ne pas le toucher aussi parfaitement avec la gerbe de plombs, parce qu'il se débattra alors plus longtemps. Il ne s'agissait pas d'obtenir un bon rôti ou de protéger la population, il s'agissait simplement de faire bien mal. Mais évidemment, officiellement, on ne dit rien de tout cela.

Frank Gust

Le tableau clinique du sadisme chez le chasseur de loisir

Si nous pouvions regarder dans l'inconscient, ce bassin collecteur de la chasse de loisir, nous y trouverions la boîte de Pandore des problèmes refoulés.

Sadisme : mieux comprendre les chasseurs de loisir
Dr Karl Menninger

Le psychiatre renommé Dr Karl Menninger (1893-1990), qui a reçu en 1981 la médaille présidentielle de la Liberté des mains du président Jimmy Carter et qui a donné son nom à la Menninger School of Psychiatry, a beaucoup écrit sur la théorie de la motivation érotico-sadique dans la chasse de loisir. «Le sadisme peut prendre une forme socialement acceptable (comme la chasse au cerf et l'observation des cerfs) et d'autres sortes de pratiques dites de chasse», écrit-il. «Elles représentent toutes les énergies destructrices et cruelles des hommes, dirigées contre des créatures sans défense.»

Les symptômes des chasseurs de loisir ne permettent qu'un vécu hédoniste et une stabilité émotionnelle limités. Pour provoquer la stimulation recherchée, les fantasmes sont par exemple amplifiés par des chasses au trophée à l'étranger. Ils dérapent parfois à tel point que des chasseurs de loisir vont jusqu'à tuer des êtres humains. Médias rapportent régulièrement des homicides ou d'autres activités criminelles commis par le groupe à problèmes des «chasseurs de loisir», comme récemment l'attentat (perpétré par un chasseur de loisir) devant la succursale UBS à Zurich en février 2018.

La protection animale signifie toujours aussi, en même temps, la protection de l'être humain. Celui qui ne le comprend pas se tire une balle dans le pied par son incompréhension.

Volker Mariak

Études et publications scientifiques allemandes sur le thème «Violence contre les êtres humains – violence contre les animaux»:

AnnéeAuteursÉtude / publication scientifique
1988Wochner, M. et Klosinski G.«Enfants et adolescents présentant des troubles psychiatriques tortionnaires d'animaux»
1998Berg, C.«L'éventration de chevaux – Une forme de cruauté brutale envers les animaux»
1998Füllgrabe, U.«Sur la motivation des éventreurs de chevaux»
2003Kaplan, Astrid«Sur le lien psychologique entre la violence envers les animaux et la violence envers les êtres humains, en tenant particulièrement compte de la dynamique psychique intra- et interpersonnelle correspondante.»
2003Vitt-Mugg. V.«Tueurs en série sadiques à caractère sexuel»
2004Harbort, Stephan«L'univers imaginaire et vécu morbide des tueurs en série sadiques»
2005Stupperich, A.«Du fantasme au passage à l'acte – La cruauté envers les animaux»
2006Harbort, Stephan«Le principe du tueur en série. Ce qui pousse les êtres humains au mal»
2007Heubrock Dietmar, Parildayan-Metz, Dorothee«Mais qui fait donc une chose pareille?»
2009Sevecke, Kathrin, Krischer, Maya«Cruauté envers les animaux et pathologie de la personnalité chez les garçons et les filles délinquants. Résultats de l'étude de Cologne.»
s.d.Faust, Volker«Cruauté envers les animaux – Quel genre de personnes sont les jeunes auteurs de ces actes?»
2010Kaplan, Astrid«Tant qu'il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille. De la nécessité d'un saut quantique de la compassion.»
2017Klages, Petra«Interviews avec l'éventreur du Rhin-Ruhr, Frank Gust»

Plus d'informations dans le dossier : Psychologie de la chasse

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Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans le dossier Psychologie de la chasse de loisir nous replaçons la recherche, les motivations et les conséquences sociétales dans leur contexte. Les preuves scientifiques se trouvent dans l'aperçu Études sur les effets de la chasse de loisir.

La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.

Tous les articles sont rédigés par l'IG Wild beim Wild ainsi que par des co-autrices et co-auteurs externes. La recherche, la structuration et les processus rédactionnels peuvent être soutenus par des outils basés sur l'IA.

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