27 août 2026, 07:57

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Psychologie & chasse

Les animaux sont des créatures semblables à nous, pas des cibles

De François d'Assise à la non-violence bouddhiste, en passant par la légende de saint Hubert, une même idée éthique traverse les traditions spirituelles

Rédaction Wild beim Wild — 27 août 2026

Une interdiction de chasse formulée littéralement et solidement documentée est rare chez les figures religieuses historiques. Il faut donc distinguer soigneusement les légendes, les attributions ultérieures et les textes fondamentaux authentiques.

Celui qui procède ainsi constate néanmoins une concordance étonnante : par-delà les religions, le respect des êtres vivants vulnérables constitue une puissante contre-position éthique à la chasse de loisir.

Swami Sivananda et la non-violence sans exception

En l'état actuel des sources, Swami Sivananda n'a pas commenté explicitement la chasse. Mais de son éthique clairement formulée de l'ahimsa, la non-violence et le fait de ne pas blesser, il découle qu'il aurait résolument rejeté la chasse de loisir et la chasse au trophée.

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Sivananda définit l'ahimsa de manière globale comme le renoncement à infliger, à quelque être vivant que ce soit et à quelque moment que ce soit, douleur ou dommage par la pensée, la parole ou l'action. Pour cette règle, il n'existe « aucune excuse et aucune exception ». Il est particulièrement clair au sujet de la mise à mort d'animaux pour se nourrir : il qualifie cela de « grand péché » et critique les personnes qui tuent des animaux innocents pour satisfaire leur langue et leur palais. Si déjà la mise à mort évitable à des fins alimentaires est condamnée, cela vaut à plus forte raison pour une chasse dont le but est le divertissement, le prestige ou l'appropriation d'un trophée.

François d'Assise et la fraternité des créatures

François d'Assise (1181/82 à 1226) ne considérait pas les animaux comme des objets, mais comme faisant partie d'une famille divine : il parlait d'eux comme de frères et de sœurs et les reconnaissait comme des créatures à part entière. Son attitude est donc difficilement conciliable avec la chasse en tant que loisir, quête de trophées ou exercice du pouvoir, même si aucune interdiction de chasse explicite de sa part n'est attestée.

Une citation souvent répandue, selon laquelle François aurait qualifié l'aide aux animaux de « premier devoir », est problématique du point de vue de la critique des sources et ne peut pas être aisément attestée dans ses écrits avérés. En revanche, sa fraternité documentée avec toutes les créatures est solidement établie, et elle suffit pleinement comme critère éthique.

La légende de saint Hubert et le revirement moral

La légende de saint Hubert raconte que le chasseur noble, poursuivant un cerf, aperçut le Christ entre les bois de l'animal. Selon ce récit, le Christ demanda : « Hubert, pourquoi me poursuis-tu ? », après quoi Hubert aurait renoncé à la chasse.

Historiquement, cette légende n'est pas attestée comme un fait biographique ; sous la forme qui nous est parvenue, elle n'est apparue que bien après la mort d'Hubert. L'histoire n'en contient pas moins un revirement moral clair : ce n'est pas la chasse qui est sanctifiée, c'est le chasseur qui y renonce. C'est précisément pourquoi l'interprétation d'Hubert comme saint patron d'une chasse « respectueuse des règles de la vénerie » constitue une contradiction flagrante avec le message central de la légende.

Bouddha et Mahavira : la non-violence conséquente

Le Bouddha n'est généralement pas classé parmi les « saints » au sens chrétien, mais il constitue une figure religieuse centrale de la non-violence. La règle fondamentale du bouddhisme exige de ne tuer aucun être vivant, de ne pas faire tuer et de ne pas approuver le fait de tuer commis par autrui, et justifie cela par la compassion envers tous les êtres vivants. La tradition critique explicitement la chasse : les chasseurs, les pêcheurs et les oiseleurs sont cités comme des métiers pouvant être associés à des conséquences karmiques défavorables. Selon cette éthique, la chasse ne porte pas seulement atteinte à l'animal tué, mais aussi aux animaux qui fuient blessés et meurent plus tard de leurs blessures.

Mahavira, le maître central du jaïnisme, défend l'une des doctrines de non-violence les plus conséquentes. L'ahimsa jaïn exige de ne causer, autant que possible, aucun dommage à tous les êtres sensibles. La chasse serait donc clairement incompatible avec ce principe, puisqu'elle provoque délibérément la poursuite, la peur, la blessure et la mort.

Le pape François et les limites de la domination humaine

Le pape François déclare dans « Laudato si’ » qu'il est erroné de déduire de la position particulière de l'être humain une « domination absolue » sur les autres créatures. Il précise en outre que toute cruauté envers une créature est contraire à la dignité humaine. Il ne s'agit pas d'une interdiction explicite de toute chasse, mais cela pose un critère éthique clair contre la maltraitance animale évitable et contre la réduction des animaux sauvages à des cibles, des proies ou des trophées.

Il est remarquable que l'institution ecclésiale ait elle-même historiquement posé ce critère : lors du concile de Trente (1545 et 1563), l'Église catholique a interdit à ses membres proches du clergé de participer à des activités cynégétiques, car tuer un animal et verser le sang contredit fondamentalement la nature du culte et de la religion. Cette ligne se retrouve également dans notre argumentaire en faveur de gardes-faune professionnels.

Une même pensée à travers toutes les traditions

De François d'Assise à la légende de saint Hubert, en passant par la non-violence bouddhiste et jaïniste, une même pensée éthique traverse différentes traditions spirituelles : les animaux sont des créatures semblables à nous, non des cibles. Là où la chasse engendre des souffrances évitables, de la persécution et une mise à mort par plaisir ou par prestige, elle contredit fondamentalement cette pensée.

Ces voix religieuses complètent une longue série de critiques séculières, de Kant à Jane Goodall. Une collection élargie se trouve dans notre article « Citations sur la chasse ».

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse, nous regroupons vérifications des faits, analyses et articles de fond.

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