Tribunal : les chasseurs de loisir traités de « tueurs » non diffamés
Le photographe animalier Alain Prêtre a été acquitté en 2021 ; le tribunal cantonal a confirmé en 2022 l'acquittement pour diffamation et calomnie, mais l'a condamné pour injure.
À La Chaux-de-Fonds, le tribunal n'a vu, le 30.9.2021, aucune raison de condamner le photographe animalier Alain Prêtre pour calomnie, diffamation et injure envers les chasseurs de loisir neuchâtelois.
« Tueurs », « assassins » et « nuisibles »
Dans trois courriels, le photographe a qualifié les chasseurs de loisir de « tueurs», «assassins » et de « nuisibles dotés d'un pouvoir maléfique».
Le tribunal a conclu qu'il ne pouvait pas le condamner, car il s'était adressé aux chasseurs de loisir neuchâtelois en général, et non à un chasseur de loisir en particulier. L'accusé a qualifié ses propos de « mûrement réfléchis » et « choisis avec soin ».
Pierre Meinis, avocat de l'association de chasse de loisir neuchâteloise, s'est dit surpris et déçu sur les ondes de RTN : « Les chasseurs de loisir neuchâtelois ont clairement été pris pour cible. Chaque fois que la chasse de loisir s'ouvre, nous sommes systématiquement accusés.»
Qualifier les chasseurs de loisir de meurtriers n'est pas l'expression d'un point de vue ou d'une opinion, mais celle de la réalité. Oui, ils tuent et décimant les Animaux sauvages, oui, ils assassinent des espèces menacées, oui, ils mutilent gravement des chevreuils, des renards, des cerfs et d'autres animaux.
Alain Prêtre
L'acquittement conforte Prêtre
«Ce qu'on appelle la chasse de loisir est, comme son nom l'indique, un plaisir, mortel pour les animaux sauvages et parfois aussi pour les êtres humains. Je laisse à la psychiatrie le soin de décrire la pathologie liée à cette perversion qu'est la chasse de loisir !»
Son acquittement conforte Alain Prêtre dans sa démarche contre les chasseurs de loisir : « Je me battrai jusqu'à mon dernier souffle, non seulement contre les fossoyeurs de la nature, mais contre tous ceux qui portent atteinte à l'intégrité de la biodiversité.»
Cette procédure n'était pas gagnée d'avance, car le lobby de la chasse de loisir dispose de puissants moyens d'influence qu'il utilise aussi dans ce genre d'affaires. Les chasseurs de loisir ont bien sûr la possibilité de faire appel de la décision du tribunal, mais Alain Prêtre, qui était représenté par l'avocate Marta Fiedorczuk-Hénin, se réjouit de cette belle victoire.
La suite : l'acquittement partiellement annulé
L'association de chasse de loisir neuchâteloise n'a pas accepté l'acquittement et a poursuivi l'affaire. En juin 2022, le tribunal cantonal neuchâtelois a tranché : l'acquittement pour diffamation et calomnie est maintenu. Des qualificatifs comme « tueurs » et « assassins » visaient les chasseurs de loisir en tant que collectif, et non une personne en particulier.
En revanche, Alain Prêtre a été condamné pour injure, pour une seule phrase crue contenue dans l'un de ses e-mails, que le tribunal a jugée blessante et expressive de mépris. La peine s'élève à 30 jours-amende à 30 francs, soit 900 francs au total. Un recours au Tribunal fédéral n'est pas documenté publiquement.
L'essentiel du premier jugement reste ainsi valable : critiquer vivement la chasse de loisir en tant que collectif et qualifier les chasseurs de loisir de « tueurs » ne porte pas atteinte à l'honneur de personnes individuelles. La limite se situe là où la critique bascule dans le simple dénigrement. L'issue d'une procédure intentée par l'association ChasseSuisse contre Wild beim Wild est présentée dans l'article Succès : l'association Jagd Schweiz perd.
Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans nos Dossiers sur la critique de la chasse de loisir réunissent des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond. Ce que dit la recherche à ce sujet est présenté dans La chasse sous l’angle des faits : l’état de la recherche.
La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.
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