Initiative populaire cantonale : Canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures
«Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»
Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet rédigé
Sur la base des art. 51 ss. de la Constitution du canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures du 30 avril 1995 et de la législation sur les droits politiques
Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]
Texte de l'initiative
Les personnes soussignées, ayant le droit de vote dans le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :
La Constitution du canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures du 30 avril 1995 est complétée par l'article suivant :
Art. [nouveau] Protection professionnelle de la faune sauvage
1 L'exercice de la chasse par des personnes privées (chasse à patente, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures.
2 La protection, les soins et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages relèvent exclusivement de gestionnaires de la faune sauvage spécialement formés, au service du canton.
3 Le tir d'animaux sauvages n'est admissible qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de défense contre les dangers ont été épuisées ou se révèlent insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la commission de la faune sauvage.
4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection animale et de la nature, du monde scientifique ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et statue sur les mesures de régulation.
5 Le canton encourage la régulation naturelle des populations sauvages, la mise en réseau des habitats ainsi que la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.
6 La loi règle les modalités.
Art. [nouveau] Protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées
1 Le canton renonce à la régulation des populations d'espèces d'animaux sauvages protégées au sens de l'art. 7a de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages et ne délivre aucune autorisation de tir pour des animaux isolés d'espèces protégées au sens de l'art. 12 al. 2 de cette loi, en particulier pas pour le loup, le lynx, l'ours, le castor, la loutre, le chacal doré, l'aigle royal, le harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral. L'alinéa 3 est réservé.
2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et le suivi scientifique de la présence de la faune sauvage.
3 Des mesures contre des animaux sauvages isolés qui représentent un danger immédiat et considérable pour les personnes restent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et exécutées par le service spécialisé compétent du canton.
4 Le canton s'engage activement, dans le cadre de la collaboration intercantonale et auprès de la Confédération, en faveur de la protection et de la préservation des espèces d'animaux sauvages menacées.
Disposition transitoire
1 Le Conseil d'État édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans un délai de deux ans à compter de l'adoption de cette modification constitutionnelle.
2 Les permis de chasse existants s'éteignent avec l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution. Les taxes de permis déjà payées pour la saison de chasse en cours sont remboursées au prorata.
3 Le Conseil d'État assure la continuité de la gestion de la faune sauvage pendant la phase transitoire.
Explications
1. Situation initiale
Le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures couvre 243 km² et compte environ 55'000 habitantes et habitants. Ce territoire vallonné et préalpin se caractérise par un habitat dispersé, une agriculture importante et une forte proportion de forêts. Le canton est entouré par le canton de Saint-Gall et borde Appenzell Rhodes-Intérieures.
La chasse de loisir est organisée à Appenzell Rhodes-Extérieures sous la forme d'une chasse à patente. Des particuliers acquièrent un patente cantonal et chassent sans responsabilité fixe sur une réserve de chasse. Le système de patente n'apporte aucune plus-value technique par rapport à une gestion professionnelle de la faune : il ne lie pas les chasseurs de loisir à un territoire déterminé et complique une gestion coordonnée de la faune sauvage (voir le Psychologie de la chasse de loisir dans le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures ainsi que par le analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).
L'affirmation selon laquelle l'équilibre écologique s'effondrerait sans la chasse de loisir est réfutée empiriquement depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (voir le dossier complet sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com). Avec ses 243 km², Appenzell Rhodes-Extérieures a une superficie comparable à celle de Genève (282 km²). Si une protection professionnelle de la faune fonctionne depuis plus de 50 ans sur 282 km², il n'y a aucune raison qu'elle ne fonctionne pas sur 243 km².
Parallèlement, de plus en plus d'espèces sauvages protégées subissent des pressions au niveau fédéral. La pression politique sur des espèces comme le lynx, le castor, la loutre et le harle bièvre ne cesse d'augmenter (voir le analyse de la politique de la chasse sur wildbeimwild.com).
2. Le modèle : le canton de Genève
Le 19 mai 1974, un peu plus de 70 pour cent des votants du canton de Genève se sont prononcés en faveur de la suppression de la chasse de loisir de milice. Les expériences réalisées depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :
- La biodiversité a nettement augmenté. Le nombre d'oiseaux d'eau hivernants a été multiplié, passant de quelques centaines à environ 30’000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres bruns et l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse. Avant la votation de 1974, le lobby de la chasse de loisir avait affirmé que le lièvre serait exterminé sans la chasse de loisir par Prédateurs. C'est le contraire qui s'est produit.
- La population de chevreuils s'est stabilisée à un niveau sain, avec un tir spécial annuel effectué par des gardes-faune professionnels portant sur seulement 20 à 36 animaux.
- L'interdiction est en vigueur depuis plus de 50 ans sans interruption. Genève ne l'a jamais levée. Les coûts totaux s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an, soit environ 2.40 francs par habitant. L'efficacité du modèle genevois apparaît clairement dans une comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin en moyenne de 8 heures et de 2 cartouches au maximum. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres à Genève est de 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), contre seulement 1,0 pour 100 hectares dans le canton de Zurich (cf. vérification des faits du Conseil d'État de Zurich).
Une présentation détaillée se trouve dans le dossier « Genève et l'interdiction de la chasse » sur wildbeimwild.com.
3. Le concept : un service de la faune professionnel plutôt que la chasse de loisir
L'initiative remplace la chasse de loisir par une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle du garde-faune :
Compétence professionnelle plutôt que loisir. Des gestionnaires professionnels de la faune sauvage agissent sur une base scientifique, dans le cadre d'un mandat de prestations cantonal.
Principe de l'ultima ratio. Un tir n'est autorisé que si toutes les mesures non létales ont été épuisées : clôtures électriques, effarouchement, aménagement de l'habitat, mesures de protection constructives.
Contrôle démocratique par une commission de la faune sauvage. La commission indépendante empêche que la pression politique ne dilue la gestion de la faune sauvage.
Autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses Études études scientifiques le prouve : dans la plupart des cas, les populations sauvages se régulent d'elles-mêmes.
4. Pourquoi Appenzell Rhodes-Exterieures ?
Appenzell Rhodes-Exterieures se prête à cette initiative pour une raison majeure :
Le seuil de signatures le plus bas parmi tous les cantons avec votation aux urnes : 300 signatures. Pour une initiative populaire cantonale en Appenzell Rhodes-Exterieures, seules 300 signatures valides sont nécessaires. Le seuil n'est plus bas que dans les cantons à Landsgemeinde de Glaris et d'Appenzell Rhodes-Interieures, où une seule personne peut déposer une demande. 300 signatures peuvent être réunies en quelques jours de collecte. Même un petit comité de trois à cinq personnes peut atteindre ce chiffre en quelques semaines. Cette accessibilité pratique du seuil fait d'Appenzell Rhodes-Exterieures le canton d'entrée le plus simple pour une initiative populaire «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage».
Une superficie comparable à celle de Genève. Appenzell Rhodes-Exterieures compte 243 km², Genève 282 km². Le canton est même plus petit que le modèle de référence genevois. Les deux cantons présentent un mélange paysager similaire, entre zones habitées, agriculture et forêt.
Chasse à patente = simple changement de système. Comme à Zoug, aucun bail de chasse ne doit être résilié et aucune commune indemnisée. Les patentes s'éteignent à l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution.
Un effet de signal venu de l'Appenzell. Un succès à Appenzell Rhodes-Exterieures serait d'autant plus remarquable que ce canton est considéré comme rural et attaché aux traditions. Le signal serait le suivant : si même en terre appenzelloise une majorité vote en faveur d'une protection professionnelle de la faune sauvage, alors le modèle genevois est applicable partout.
Défi : le caractère rural du canton. Appenzell Rhodes-Exterieures n'est pas un canton urbain. L'agriculture et la tradition de chasse qui y est liée pèsent d'un tout autre poids qu'à Bale ou à Zoug. La campagne doit donc insister davantage sur l'utilité concrète du modèle genevois pour l'agriculture : moins de dégâts causés par la faune sauvage grâce à une prévention professionnelle, allègement de la charge des agriculteurs grâce aux clôtures électriques et aux mesures d'effarouchement mises en place par l'État, suppression du conflit d'intérêts entre la chasse de loisir et une véritable gestion des dégâts (cf. wildbeimwild.com sur les animaux sauvages en zone urbanisée).
5. Sur le texte de l'initiative
Le texte de l'initiative correspond à la variante de la chasse à patente (comme à Zoug). La compétence cantonale n'est pas contestée : la loi fédérale sur la chasse (JSG) laisse expressément aux cantons le soin d'organiser l'exercice de la chasse (art. 3 al. 1 et 2 JSG). Les trois systèmes de chasse (chasse à patente, chasse à territoire et chasse en régie) sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974, en conformité avec le droit fédéral. Les patentes de chasse existantes s'éteignent à l'entrée en vigueur des dispositions d'exécution, et les taxes de patente sont remboursées au prorata.
Le deuxième paragraphe consacré à la protection des espèces protégées est pertinent pour Appenzell Rhodes-Exterieures, car le canton se situe à la charnière entre le Plateau suisse et les Préalpes. Le lynx est présent dans les zones forestières voisines du canton de Saint-Gall. Le loup est revenu en Suisse orientale, où des meutes vivent déjà dans le canton de Saint-Gall. Le castor se propage le long des cours d'eau de Suisse orientale. Une renonciation constitutionnelle à la régulation préventive serait un signal visionnaire (cf. la analyse de la politique du loup sur wildbeimwild.com).
6. Incidences financières : budget concret pour Appenzell Rhodes-Exterieures
Le budget de référence genevois
À Genève, qui avec ses 282 km² est un peu plus étendu qu'Appenzell Rhodes-Exterieures et compte environ 500'000 habitants, le coût total de la gestion professionnelle de la faune sauvage s'élève à environ 1,2 million de francs par an.
Extrapolation prudente pour Appenzell Rhodes-Exterieures
Pour Appenzell Rhodes-Exterieures, avec ses 243 km² de superficie et environ 55'000 habitants, on obtient l'estimation des coûts délibérément prudente suivante. Celle-ci tient compte de la topographie vallonnée à préalpine en bordure de l'Alpstein :
Frais de personnel : 240’000 à 420’000 francs par an. Il faut 2 à 3 postes à temps plein. Appenzell Rhodes-Exterieures est plus petit que Geneve et se situe en bordure de l'Alpstein. La topographie vallonnee a prealpine exige des professionnels ayant des connaissances du terrain.
Frais de matériel : 50’000 à 90’000 francs par an.
Indemnisation des dégâts : 25’000 à 60’000 francs par an.
Investissement initial pour la protection des troupeaux : 200’000 à 350’000 francs. Investissement unique sur trois à cinq ans pour les régions périphériques de l'Alpstein : programmes de chiens de protection des troupeaux, clôtures mobiles, parcs de nuit.
Coûts totaux : 315’000 à 570’000 francs par an (bruts, sans l'investissement initial unique pour la protection des troupeaux). Cela correspond à environ 5.70 à 10.35 francs par habitant et par an.
Économies et financement compensatoire
Face à cela, des économies sont réalisées : pas d'examens de chasse, pas de gestion des patentes, pas de planification des tirs, pas de surveillance de la chasse. S'y ajoutent les coûts des tirs de loups (interventions en hélicoptère, coordination, procédures juridiques). La reproduction compensatoire (le taux de reproduction artificiellement accru par la pression de chasse) s'estompe en l'espace de quelques années après le changement de système.
Recettes supprimées
Avec la suppression de la chasse de loisir, les redevances de patente, estimées à 120’000 à 200’000 francs par an, disparaissent. Mais face à cela se trouvent les coûts externes jamais comptabilisés de la chasse de milice (accidents de gibier, dégâts d'abroutissement liés à la chasse dans la forêt protectrice, charges administratives, interventions de la police et de la justice), qui dépasseraient nettement ces recettes. Dans le canton de Genève, ces recettes ont disparu depuis 1974, sans problèmes financiers : avant l'interdiction de la chasse, plus de 400 chasseurs de loisir étaient actifs, aujourd'hui trois postes à temps plein accomplissent le même travail, et mieux. Les tirs sanitaires et thérapeutiques effectués par des gardes-faune professionnels ne sont pas la même chose qu'une chasse régulatrice fondée sur le latin de chasseur ou une «expérience de la nature» mal comprise par les chasseurs de loisir. Un calcul des coûts complets montre que la chasse de milice coûte nettement plus au contribuable qu'elle ne rapporte (cf. «Ce que la chasse de loisir coûte réellement à la Suisse» sur wildbeimwild.com).
Les chasseurs de loisir en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby de la chasse de loisir combat systématiquement les préoccupations en matière de biodiversité et de protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative pour la biodiversité (63 pour cent de non). En 2020, la loi sur la chasse, qu'il avait contribué à façonner, a échoué devant le peuple (51,9 pour cent de non). En 2016, l'association des chasseurs tessinois a torpillé le parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs de loisir ont, au parlement, majoritairement politisé contre les préoccupations environnementales. Quiconque affirme que les chasseurs de loisir sont des protecteurs de la nature ignore leur comportement de vote (cf. Association des chasseurs tessinois : 30 ans d'absurdités et Dossier des coûts).
L'Le surcoût net devrait se situer entre 150’000 et 350’000 francs par an, ce qui correspond à environ 2.75 à 6.35 francs par habitant correspond. En chiffres absolus, c'est modeste : 150’000 à 350’000 francs pour un canton dont la charge totale annuelle se monte à plusieurs centaines de millions de francs (cf. Vérification des faits sur les mythes de la chasse sur wildbeimwild.com).
7. Compatibilité avec le droit supérieur
L'initiative est conforme au droit fédéral. La même argumentation juridique que pour tous les projets cantonaux précédents s'applique : art. 3 al. 1 et 2 LChP, les trois systèmes de chasse équivalents, une pratique incontestée depuis plus de 50 ans à Genève. L'art. 7a LChP permet aux cantons une régulation préventive, mais ne les y oblige pas. Il en va de même pour les autorisations de tir d'animaux individuels selon l'art. 12 al. 2 LChP. L'initiative respecte l'unité de la matière.
8. Anticipation des objections prévisibles
«Appenzell est un canton rural, le modèle genevois ne convient pas ici»
Les faits : Genève possède elle aussi d'importantes surfaces agricoles, de la viticulture et des forêts, et avec 282 km², elle est même plus grande qu'Appenzell Rhodes-Extérieures (243 km²). La gestion professionnelle de la faune sauvage y fonctionne depuis plus de 50 ans, y compris dans des communes à caractère rural. L'objection selon laquelle Genève serait «un canton urbain» ignore la réalité de l'arrière-pays genevois.
Formule communicative courte : «Genève a des vignobles, des champs et des forêts sur 282 km². Appenzell a des collines, des pâturages et des forêts sur 243 km². Genève le démontre depuis 50 ans.»
«Les coûts par habitant sont trop élevés»
Les faits : Les coûts plus élevés par habitant sont une conséquence mathématique de la faible population, et non un signe d'inefficacité. En chiffres absolus, la gestion professionnelle de la faune sauvage à Appenzell Rhodes-Extérieures coûte environ un quart à à peine la moitié du budget genevois. Et Genève prouve que ces coûts constituent un investissement qui se rentabilise plusieurs fois grâce à une biodiversité accrue, moins de dégâts causés par la faune sauvage et une gestion plus professionnelle (cf. Vérification des faits sur les mythes de la chasse sur wildbeimwild.com).
Formule communicative courte : «Net environ 3 à 6 francs par personne et par an. Pour une protection professionnelle de la faune sauvage plutôt que pour la chasse de loisir.»
«300 signatures, c'est trop peu pour une initiative de si grande portée»
Les faits : Le seuil de 300 signatures est inscrit dans la constitution cantonale. Il s'applique à toute initiative populaire, indépendamment de sa portée. La légitimation démocratique ne naît pas lors de la récolte des signatures, mais lors du vote, auquel participent tous les citoyens ayant le droit de vote. 300 signatures constituent le seuil permettant la mise au vote d'une demande. C'est le vote lui-même qui décide.
Formule communicative courte : «300 signatures ouvrent la porte au vote. C'est là que le peuple décide.»
9. Résumé
Cette initiative donne à la population d'Appenzell Rhodes-Exterieures la possibilité de se prononcer en faveur d'une gestion moderne et fondée sur des preuves de la faune sauvage. Avec seulement 300 signatures, le chemin vers une votation est plus court que dans tout autre canton organisant une votation aux urnes. La superficie est plus petite que celle de Genève, et le modèle genevois, qui a fait ses preuves, montre qu'une protection professionnelle de la faune sauvage fonctionne aussi dans un paysage mixte d'agriculture et de forêt.
Comité d'initiative «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»
[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …
(membres du comité selon le droit cantonal, domiciliés dans le canton)
Adresse de contact : [adresse du comité]
Annexe : documentation complémentaire
Le modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot. Présentation complète de la gestion de la faune sauvage genevoise depuis 1974.
Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien-ueber-die-auswirkung-der-jagd-auf-wildtiere-und-jaeger. Recueil d'études scientifiques sur l'autorégulation des populations sauvages.
La chasse en Suisse : wildbeimwild.com/warum-die-hobby-jagd-in-der-schweiz-kein-naturschutz-ist. Aperçu constamment mis à jour de la politique suisse de la chasse.
Psychologie de la chasse de loisir dans le canton d'Appenzell Rhodes-Exterieures : wildbeimwild.com : Psychologie de la chasse de loisir dans le canton AR. Motifs, justifications et dynamiques sociales.
Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd. Analyses des motifs, justifications et dynamiques sociales de la chasse de loisir.
Dossier loup : wildbeimwild.com/dossiers/wolf-in-der-schweiz-fakten-politik-und-die-grenzen-der-jagd. Évolutions actuelles de la politique relative au loup en Suisse.
Animaux sauvages et prédateurs : wildbeimwild.com/category/wildtiere. Informations sur les animaux sauvages, les prédateurs et la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.
Mythes de la chasse : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen. Vérification des faits sur les affirmations les plus courantes du lobby de la chasse de loisir.
Initiative populaire cantonale Bâle-Ville : Texte type de l'initiative dans le canton de Bâle-Ville.
Remarque sur la procédure
Le comité d'initiative soumet le texte de l'initiative à la chancellerie d'État du canton d'Appenzell Rhodes-Exterieures pour examen préalable avant le début de la récolte des signatures. L'aboutissement de l'initiative nécessite 300 signatures valables. Aucun délai n'est actuellement prévu dans le canton d'Appenzell Rhodes-Exterieures pour la récolte des signatures. Le 1er janvier 2027, la nouvelle Constitution cantonale du 30 novembre 2025 entrera en vigueur : le seuil reste fixé à 300 signatures, mais un délai de récolte de six mois à compter de la publication officielle s'appliquera désormais (art. 75 Cst. AR 2025). Les modalités de dépôt sont régies par la législation cantonale sur les droits politiques.
Briefing stratégique pour les militantes et militants
Initiative populaire « Pour une protection professionnelle de la faune sauvage », canton d'Appenzell Rhodes-Exterieures Document de travail interne, état en mars 2026
Résumé
Avec seulement 300 signatures nécessaires, Appenzell Rhodes-Exterieures présente le seuil le plus bas de tous les cantons disposant d'un vote aux urnes. Avec ses 243 km², le canton est plus petit que Genève. Le plus grand défi réside dans le caractère rural du canton, qui exige une stratégie de campagne différente de celle des cantons urbains. L'argument le plus fort : si l'initiative est déjà soumise au vote en Appenzell et qu'elle passe, le modèle genevois devient applicable partout.
1. Pourquoi Appenzell Rhodes-Exterieures ?
300 signatures. Le seuil le plus bas de tous les cantons disposant d'un vote aux urnes. En un seul samedi au marché hebdomadaire de Herisau, avec une bonne organisation, on peut récolter plus de 50 signatures. En six samedis, l'initiative est déposée. Aucun autre canton n'offre un accès aussi facile à la démocratie directe.
243 km² : plus petit que Genève. La comparaison des superficies désamorce tout argument du type « non comparable ».
Chasse à patente = simple changement de système. Pas de baux de chasse, pas d'indemnisation communale.
Effet de signal depuis l'espace rural. Un succès en Appenzell serait le signal le plus fort possible : si cela fonctionne ici, cela fonctionne partout.
2. Le défi particulier : un canton rural
Contrairement à Bâle ou Zoug, Appenzell Rhodes-Exterieures n'est pas un canton urbain. La campagne doit donc être menée différemment :
La proximité agricole comme argument en faveur de l'initiative. Les gestionnaires professionnels de la faune sauvage sont de meilleurs partenaires pour les agriculteurs que les chasseurs de loisir. Le canton met à disposition des clôtures électriques et des dispositifs d'effarouchement, des professionnels compétents réagissent plus rapidement et plus efficacement aux dégâts causés par la faune sauvage, et le conflit d'intérêts de la chasse de loisir (maintenir des populations élevées d'espèces chassables = plus de dégâts causés par la faune sauvage) disparaît.
Un ton factuel. Dans un petit canton où beaucoup de gens se connaissent, la campagne doit rester factuelle. Les attaques personnelles contre les chasseurs de loisir seraient contre-productives. Le message doit être le suivant : il ne s'agit pas de s'en prendre à des personnes, mais de défendre un meilleur système (voir la Psychologie de la chasse de loisir dans le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures).
Mettre en avant Genève comme modèle rural. La plupart des gens associent Genève à la ville. En réalité, Genève possède un vaste arrière-pays agricole. Cet aspect doit être fortement mis en avant dans la communication en Appenzell.
3. Stratégie de communication : les trois messages clés
« 300 signatures. C'est tout ce qu'il faut pour voter sur la protection professionnelle de la faune sauvage. »
« Plus petit que Genève. Ce qui fonctionne là-bas depuis 50 ans fonctionne à plus forte raison ici. »
« Professionnel plutôt qu'amateur. Des professionnels qui travaillent pour les agriculteurs, et non des chasseurs qui chassent pour leur plaisir. »
4. Analyse des opposants
Les détenteurs de patente forment un petit groupe. Dans un canton de 55'000 habitants, chaque chasseur de loisir est personnellement connu. La campagne doit respecter ce fait et rester factuelle.
L'Union des paysans pourrait se présenter comme un allié ou comme un adversaire. La réponse : une gestion professionnelle de la faune sauvage est préférable pour les paysans à la chasse de loisir, car le conflit d'intérêts disparaît et la prévention des dégâts se fait de manière plus professionnelle.
L'argument de la tradition pèsera plus lourd en Appenzell qu'à Bâle ou à Zoug. La réponse : en 1974, Genève aussi a voté contre la tradition. Et Genève n'a jamais levé l'interdiction depuis.
5. Calendrier
| Phase | Contenu | Délai |
|---|---|---|
| Constitution du comité & prévérification du texte | Faire appel à un/une juriste ; recruter des membres de comité domiciliés en Appenzell Rhodes-Extérieures | Mois 1–3 |
| Dépôt pour prévérification | Chancellerie d'Etat d'Appenzell Rhodes-Extérieures | Mois 3–4 |
| Récolte de signatures | 300 signatures ; réalisable en quelques semaines | Mois 4–6 |
| Contacts avec les partis & construction de coalitions | Contacts avec les partis et les associations de protection de la nature ; sonder l'Union des paysans | Mois 1–10 |
| Débat au Parlement cantonal | Ancrage parlementaire ; travail médiatique | Mois 8–14 |
| Campagne de votation | Mobilisation finale, infographies, présence médiatique | Mois 14–20 |
6. Matériel de campagne
- Le Dossier genevois sur wildbeimwild.com comme argumentaire central.
- L'Psychologie de la chasse de loisir dans le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures comme matériel de référence.
- Infographie : comparaison des superficies AR/GE (243 contre 282 km²) et « 300 signatures » comme chiffre central.
- Médias locaux : Appenzeller Zeitung, Appenzeller Volksfreund, Radio FM1, TVO.
- Fiche factuelle agricole : avantages concrets de la gestion professionnelle de la faune sauvage pour les paysans.
7. Sources complémentaires
- L'interdiction de chasser à Genève en détail
- Études scientifiques
- La chasse en Suisse : critiques, faits, actualités
- Dossier loup
- Vérification des faits sur les mythes de la chasse
- Psychologie de la chasse de loisir dans le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures
- Statistique fédérale de la chasse (OFEV)
- Initiative populaire cantonale de Bâle-Ville
Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par des activistes, des organisations ou des comités d'initiative et adapté aux conditions du canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures.
Vérification des faits : les affirmations du lobby de la chasse de loisir
La brochure « La chasse en Suisse protège et sert » de ChasseSuisse se lit comme un prospectus publicitaire, mais ses affirmations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix récits passés au crible, de la « tâche de l'Etat » à la « biodiversité » en passant par les « 80 % d'approbation » : Dossier : vérification des faits de la brochure de ChasseSuisse →
