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Monde animal

CBI Hobart : la Suisse retire sa propre résolution sur les dauphins

Pro Wildlife critique ce retrait lors de la 70e session de la Commission baleinière internationale, qu'elle qualifie d'occasion manquée.

Rédaction Wild beim Wild — 1er octobre 2026

Lors de la 70e session de la Commission baleinière internationale (CBI) à Hobart, en Australie, la Suisse a retiré mercredi matin sa propre résolution sur la protection des dauphins et des petits cétacés.

Ce retrait est intervenu avant que le groupe de travail déjà programmé ait pu négocier des modifications du texte. L'organisation de protection des espèces Pro Wildlife, qui suit la session sur place, parle d'un coup dur pour la protection des espèces.

«La résolution bénéficiait d'un large soutien en plénière, des propositions de modification constructives étaient sur la table, et le cycle de négociation était déjà fixé», déclare la Dre Mona Schweizer, experte en protection des milieux marins chez Pro Wildlife. «Elle a été retirée sans nécessité aucune.»

Ce que la résolution aurait exigé

Le projet suisse intitulé «Small Cetacean Directed Takes Linked to Commercial Fisheries» portait sur les mises à mort ciblées de dauphins et d'autres petits cétacés liées à la pêche commerciale. Il aurait chargé le comité scientifique d'identifier les espèces et populations concernées et de les classer par priorité pour des recommandations scientifiques. Les États parties auraient été invités à fournir des données sur les mises à mort ciblées. Le comité de conservation aurait dû, sur la base des résultats, élaborer et mettre en œuvre le cas échéant des plans de protection.

Plusieurs États s'étaient ralliés à cette cause les jours précédents et avaient présenté des propositions de modification. Dans sa propre déclaration, la délégation suisse a indiqué qu'il ressortait clairement des retours qu'une majorité soutenait la résolution. Le projet n'a toutefois pas été soumis au vote.

La justification de la Suisse

La délégation a justifié ce retrait en expliquant qu'une résolution ne vaut que par sa mise en œuvre. Le comité scientifique serait déjà surchargé en raison de coupes budgétaires. Elle s'est néanmoins dite convaincue que le simple fait que la Suisse ait soulevé le sujet suffirait à l'intégrer dans les travaux de ce comité.

Pro Wildlife juge cette argumentation contradictoire. Si le comité est déjà surchargé, il se préoccupera d'autant moins d'un sujet auquel rien ne l'oblige. «Que la mise en œuvre soit déterminante, personne ne le conteste. Mais sans décision, il n'y a de toute façon rien à mettre en œuvre», relève Schweizer.

Des critiques aussi envers l'UE

Pro Wildlife critique également l'UE. Celle-ci a présenté à Hobart trois résolutions propres, portant sur les captures accessoires, les collisions avec des navires et les échouages. Selon l'organisation, il s'agit là de thématiques pour lesquelles les pays pratiquant la chasse à la baleine n'opposeraient guère de résistance. Pour la seule résolution portant directement sur la mise à mort ciblée, le soutien de l'UE aurait fait défaut en coulisses. En cette année du 80e anniversaire de la CBI, l'impression qui domine est que l'on cherche avant tout à éviter les conflits.

Selon les recherches de Pro Wildlife, plus de 100'000 dauphins et petits cétacés sont tués intentionnellement chaque année dans le monde, et au moins 30 espèces sont concernées. La CBI s'occupe certes depuis des années également des petits cétacés, mais il n'existe pour eux aucun régime de protection comparable au moratoire applicable aux grandes baleines.

Ce qui reste encore à voter

Les délibérations se poursuivent à Hobart jusqu'à la fin de la semaine. Seront notamment soumises au vote une résolution d'Antigua-et-Barbuda sur «l'utilisation durable» des baleines, ainsi que le sanctuaire baleinier de l'Atlantique Sud. Ce dernier avait échoué de justesse lors de la dernière session à Lima.

Analyse : un retrait aux lourdes conséquences symboliques

Sur la scène internationale, la Suisse aime se présenter comme une voix de la protection des espèces. Selon sa propre version, une majorité se dessinait à Hobart en faveur de sa proposition, mais elle a pourtant renoncé avant même qu'une seule phrase n'ait été négociée. Pour les dauphins et petits cétacés tués intentionnellement, notamment pour finir comme appâts dans la pêche, une revendication sans décision ne vaut rien. L'argument des budgets restreints ne convainc pas comme justification de ce retrait.

Le schéma est connu : La double morale européenne en matière de protection des espèces se révèle précisément là où les choses deviennent inconfortables. L'Islande montre pourtant qu'une évolution est possible, elle qui a annoncé la fin légale de la chasse commerciale à la baleine. Il est d'autant plus grave que ce soit justement un pays sans intérêts dans la chasse à la baleine qui se retire volontairement.

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La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.

Tous les articles sont rédigés par l'IG Wild beim Wild ainsi que par des co-autrices et co-auteurs externes. La recherche, la structuration et les processus rédactionnels peuvent être soutenus par des outils basés sur l'IA.

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