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Chasse

Schwyz : selon Patierno, les plaintes relatives au loup n'ont pas de suite

Selon Sandro Patierno, le ministère public n'a pas donné suite aux plaintes concernant la régulation du loup. Par ailleurs, le canton prévoit pour 2026 environ 3'900 francs pour des prestations de l'association Herdenschutzhunde Schweiz.

Rédaction Wild beim Wild · 7 novembre 2026
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Selon le Landammann et directeur de l'environnement Sandro Patierno, le ministère public schwyzois n'a pas donné suite aux plaintes déposées au sujet de la régulation de la meute du Chöpfenberg. C'est ce que rapportent le «March-Anzeiger» et le «Höfner Volksblatt» dans leur édition du 3 novembre 2026, en se référant à Patierno ; l'article est consultable en ligne sur marchhoefe24.ch. Le rapport ne précise ni quelles plaintes sont concernées ni comment le ministère public motive sa décision.

Ce que l'on sait et ce que l'on ignore

Selon Patierno, des organisations de protection du loup avaient jugé la manière de procéder lors de la régulation contraire au droit et avaient porté plainte contre lui et des collaborateurs de son office. L'office aurait respecté à 100 pour cent les exigences du droit fédéral. On ignore quelles organisations ont déposé plainte, combien de plaintes il y a eu et si le ministère public a rendu une ordonnance de non-entrée en matière ou classé la procédure. Cette présentation émane de l'intéressé lui-même. Le rapport cité ne contient aucune motivation du ministère public.

Une plainte antérieure est connue publiquement : fin octobre 2025, l'association CHWOLF avait déposé une plainte pénale contre le canton, car dans la zone centrale de la meute, un cerf en décomposition et un chevreuil fraîchement éviscéré avaient été attachés devant un piège photographique, à portée de vue d'un affût provisoire, comme l'avait alors rapporté toggenburg24.ch. On ignore si cette plainte fait partie de celles auxquelles il n'a désormais pas été donné suite.

Patierno a souligné en même temps qu'il comprenait la colère des détenteurs d'animaux. Le canton est lié par les prescriptions de la Confédération, mais il utilise « systématiquement la marge de manœuvre légale pour la régulation des effectifs ». Il salue les efforts visant à donner davantage de latitude aux cantons : « Nous avons besoin de procédures plus rapides et de moins d'obstacles bureaucratiques. »

Les questions qui restent ouvertes

Un ministère public examine si une infraction pénale est réalisée. Savoir si une régulation était pertinente sur le plan technique et si elle a visé les bons loups est une tout autre question. Comme nous l'avons montré dans l'article « Meute du Chöpfenberg : Schwyz tue quatre louveteaux, et non les auteurs avérés des attaques », d'après les résultats ADN publiés, les attaques attribuées individuellement sont imputables à trois loups plus âgés : le mâle dominant M107 ainsi que M586 et M640, issus de la portée de 2025. Ce sont en revanche quatre louveteaux de l'année qui ont été tués. Pour certaines attaques, aucune attribution individuelle n'a été possible. L'Office fédéral de l'environnement a approuvé la régulation préventive le 28 juillet, alors que le canton n'avait encore signalé aucune attaque pour 2026.

La procédure de l'année précédente soulève elle aussi des questions : en 2025, trois jeunes loups ont été tués. Deux survivants de la même cohorte, M586 et M640, ont été identifiés en 2026 comme auteurs d'attaques. Notre Compteur des tirs de loups en Suisse 2026/27.

3’900 francs pour l'association Herdenschutzhunde Schweiz

Dans une communication distincte du 5 novembre, il était question du financement de la protection des troupeaux. Dans sa réponse à la petite question KA 27/26 des députés UDC Kim Pfadenhauer et Manuel Mächler, le gouvernement indique que le canton devrait supporter en 2026 environ 3’900 francs pour les prestations de l'association Herdenschutzhunde Schweiz, comme le rapportent nau.ch et du « Bote der Urschweiz ». L'association soutient les exploitations pour l'acquisition, la détention et la formation de chiens de protection des troupeaux. Depuis la mi-2025, Schwyz collabore à cet effet avec Uri, Lucerne, Zoug, l'Argovie et Nidwald dans le cadre d'une coordination intercantonale.

Ce montant ne concerne que ces prestations de l'association, et non l'ensemble des dépenses consacrées à la protection des troupeaux. Pour les contributions à d'autres mesures, le canton avait indiqué des chiffres dans sa réponse à la petite question KA 22/26 : il a lui-même financé environ 106’293 francs en 2025 et 28’948 francs en 2026 jusqu'à la réponse. Dans cette même réponse, trois des quatre événements d'attaque recensés sur des surfaces agricoles utiles ont été jugés non protégés. Nous avons décrit les lacunes dans l'article « Schwyz : dans trois cas de prédation sur quatre, la protection de base faisait défaut ».

Analyse de la rédaction

Selon la version de Patierno, le ministère public n'a pas donné suite aux plaintes. Les considérations juridiques qui sous-tendent cette décision restent inconnues à la lecture du présent rapport. Cette information ne dit rien de l'efficacité technique de la régulation du loup.

Les questions documentées demeurent : quatre louveteaux de l'année ont été tués, alors que les attaques attribuées individuellement à des loups sont le fait d'animaux plus âgés. L'Office fédéral de l'environnement avait déjà donné son accord à la régulation avant que le canton ne signale la première attaque de 2026. Les publications examinées ne permettent pas de savoir sur quelles bases concrètes la mesure préventive était justifiée ni comment son effet sera évalué.

Parallèlement, selon la réponse à la KA 22/26, trois des quatre cas de prédation recensés sur des surfaces agricoles utiles ont été jugés comme non protégés. Cela ne permet pas de tirer de conclusion sur l'ensemble des troupeaux schwytzois, mais met en évidence des lacunes concrètes dans les cas documentés.

Lorsque Patierno réclame « moins d'obstacles bureaucratiques », il faut donc aussi mettre l'autre volet du bilan sur la table : comment les défauts de protection constatés seront-ils corrigés, et à quoi le canton mesure-t-il le succès des tirs ? La mention de plaintes pénales classées ne remplace pas ces réponses. Pour plus de contexte, consultez le dossier «Le loup en Suisse : faits, politique et les limites de la chasse».

Sources

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans le dossier Rôle et critique des chasseurs de loisir nous mettons en lumière la formation, le pouvoir et l'image de soi des chasseurs de loisir. Les preuves scientifiques se trouvent dans l'aperçu Études sur les effets de la chasse de loisir.

La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.

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