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Chasse

Neuchâtel autorise la chasse du lièvre d'Europe menacé, Fribourg ouvre le fonds de la faune aux installations de tir

À Neuchâtel, les chasseurs de loisir peuvent tirer des lièvres d'Europe pendant deux samedis ; à Fribourg, la cagnotte destinée aux animaux sauvages pourra désormais aussi cofinancer des installations de tir.

Rédaction Wild beim Wild · 10 octobre 2026
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Dans le canton de Neuchâtel, la chasse au chevreuil est ouverte depuis le 1er octobre ; celle du lièvre d'Europe suivra les 24 et 31 octobre. Dans le canton voisin de Fribourg, le Grand Conseil a décidé que le fonds de la faune pourra désormais aussi cofinancer des installations de tir pour les chasseurs de loisir. Ces deux cas soulèvent la question du poids accordé à la protection des espèces menacées et de leurs habitats face aux intérêts de la chasse de loisir.

Neuchâtel : la « stabilité » selon la lecture de la fédération

Selon Radio RTN, le 9 octobre, quelque 160 permis ont été délivrés pour la chasse au chevreuil. D'ici au 9 novembre, environ 300 chevreuils seront tués, un chiffre qui serait stable depuis quelques années. Ces indications émanent de Gilles Walder, président de la Fédération des chasseurs neuchâtelois, et non du canton.

Pour comparer avec cette appréciation, ce sont les chiffres officiels de tir qui comptent. Selon le rapport 2025 du Service cantonal de la faune, des forêts et de la nature, 163 personnes ont pris un permis de chasse au chevreuil et tué 312 chevreuils. L'année précédente, on comptait 153 permis et 270 chevreuils. Seule une série chronologique plus longue permet de juger si les tirs sont restés stables sur plusieurs années. De toute façon, les chiffres de tir en disent peu sur la population elle-même.

Selon l'arrêté de chasse 2026/27 du Conseil d'État, chaque chasseur de loisir peut tirer deux chevreuils adultes, un mâle et une femelle. Un jeune animal peut à tout moment remplacer un adulte. S'y ajoutent jusqu'à 40 marques supplémentaires à 85 francs pour les zones présentant un « abroutissement problématique ». Notre dossier sur le récit de l'abroutissement propose une analyse critique de cette justification par les dégâts d'abroutissement.

En 2025, 82 chevreuils tués sur la route et trois chevreuils victimes du lynx ont en outre été annoncés. Plus d'informations sur la situation de l'espèce dans le dossier Chevreuil.

Lièvre d'Europe et bécasse des bois : des espèces de la Liste rouge dans le viseur

Neuchâtel ouvre la chasse au lièvre d'Europe les samedis 24 et 31 octobre. Un lièvre est autorisé par patente. Le tir n'est permis qu'avec du plomb de chasse et uniquement dans les forêts, les pâturages et les prairies permanentes ; six secteurs restent fermés. En 2025, 43 personnes ont pris la patente de lièvre et tué 14 lièvres d'Europe.

Bien que le lièvre d'Europe soit classé comme vulnérable (VU) sur la Liste rouge des mammifères de l'OFEV et d'info fauna, Neuchâtel continue d'en autoriser la chasse. La Liste rouge justifie ce classement par le fait que les effectifs continuent de diminuer. Notre article sur la chasse du petit gibier 2026 montre comment la chasse au lièvre est réglementée dans les Grisons, au Tessin et en Valais. Le dossier Lièvre d'Europe.

La bécasse des bois est elle aussi classée comme vulnérable sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs. À Neuchâtel, elle peut être chassée du 19 octobre au 14 décembre, jusqu'à 15 oiseaux par chasseur de loisir et par saison. En 2025, 58 bécasses des bois ont été tuées.

Interdiction de nourrir le gibier, à l'exception de l'appât au maïs

L'arrêté sur la chasse interdit de nourrir les animaux sauvages et de déposer des pierres à sel. Quiconque enfreint cette règle perd sa patente sur-le-champ. Le maïs comme appât est excepté lors de la chasse spéciale au sanglier depuis des miradors autorisés. Cette chasse a lieu du 1er juillet au 30 septembre ; au maximum 500 grammes de maïs peuvent se trouver simultanément au sol.

Quatre sangliers sont autorisés par personne. Après chaque tir, une nouvelle marque peut être retirée, au maximum quatre supplémentaires au total. En 2025, les chasseurs de loisir ont tué 267 sangliers, auxquels se sont ajoutés 46 tirs de régulation. Pour les dégâts aux cultures et aux prairies, le canton a versé 118’743 francs dans 118 cas. Avec la prévention, les contrats avec les agriculteurs et les expertises, les coûts se sont élevés à 186’836 francs. Pourquoi une pression de chasse accrue tend plutôt à aggraver le problème, le dossier Sanglier.

l'explique. Pour la chasse au sanglier, l'utilisation libre de chiens est en principe autorisée du 1er octobre au 9 novembre, les restrictions territoriales particulières demeurant applicables. Le déterrage avec des chiens spécialement dressés est également autorisé. Sur la culture cynégétique du canton, voir aussi Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Neuchâtel.

Fribourg : fonds de la faune pour les installations de tir

Dans le canton de Fribourg, le Grand Conseil a adopté le 9 octobre 2026 la révision des lois sur la chasse, la pêche et la protection de la nature et du paysage par 96 voix contre 0. Le nouvel article 39, alinéa 1, lettre d, de la loi sur la chasse permet d'utiliser des moyens du Fonds de la faune pour subventionner des installations de tir destinées à la formation des chasseurs. Une proposition du député socialiste Grégoire Kubski sur cette disposition a été rejetée par 28 voix contre 66 et 5 abstentions.

La loi est soumise au référendum facultatif, et c'est le Conseil d'État qui fixe son entrée en vigueur. Aucune contribution concrète n'a donc encore été octroyée. Selon le rapport explicatif du Conseil d'État, elles pourraient concerner la construction, l'entretien ou l'exploitation des installations, et leur montant sera fixé par le budget.

À l'origine de la révision, une question parlementaire sur le manque de stands de tir. Le Conseil d'État avait alors encore fait barrage : il n'était pas juridiquement tenu d'apporter un soutien. Selon «La Liberté», le canton verse déjà 13’000 francs pour les entraînements au tir. De plus, les contribuables supportent déjà aujourd'hui un déficit annuel de la chasse de loisir d'environ 60’000 francs.

Le WWF Fribourg a rejeté cette nouveauté dans sa réponse à la consultation du 16 mars 2026. Le fonds est déjà trop faiblement doté. Depuis des années, pas un franc n'en a été consacré à la création d'habitats pour les animaux sauvages. Le rapport technique sur la stratégie cantonale en matière de biodiversité recommandait d'assainir le fonds, non de le grever davantage. Si l'État veut encourager les installations de tir, il devrait le faire par le biais du budget ordinaire.

La révision apporte un nouvel assouplissement. Le retrait du droit de chasse pourra désormais être prononcé par la Direction pour cinq ans au maximum, la durée minimale actuelle d'un an étant supprimée. La liste des vœux du lobby fribourgeois de la chasse de loisir n'est donc pas épuisée, comme le montre notre article sur la chasse au bouquetin planifiée.

Mise en perspective

Ce que RTN présente comme de la «stabilité» est le point de vue de l'association. Ce qui est surtout stable, c'est la chasse à deux espèces de la Liste rouge. Celui qui libère au tir, deux samedis durant, un lièvre classé comme vulnérable place la tradition de la chasse de loisir au-dessus de la protection des espèces.

Le président des chasseurs de loisir neuchâtelois affirme que les conséquences de la sécheresse de cet été ne pourront être évaluées qu'à la fin de la saison au plus tôt. Qui argumente ainsi devrait par précaution réduire les quotas de tir. Le canton les maintient.

À Fribourg, la même logique s'applique à l'argent. La précision de tir est une obligation de ceux qui prennent les armes, et ses coûts font partie de leur loisir. Un fonds censé créer des habitats pour les animaux non humains peut désormais subventionner des installations de tir. Dans le même temps, les contribuables couvrent le déficit de la chasse de loisir. Ainsi, la facture est une fois de plus présentée à la collectivité. Notre dossier montre ce que la chasse de loisir coûte à la Suisse dans son ensemble : Ce que la chasse de loisir coûte vraiment à la Suisse.

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans le dossier Rôle et critique des chasseurs de loisir nous mettons en lumière la formation, le pouvoir et l'image de soi des chasseurs de loisir. Les preuves scientifiques se trouvent dans l'aperçu Études sur les effets de la chasse de loisir.

La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.

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