Bécasse des bois Suisse : menacée, chassée et ignorée
La bécasse des bois figure sur la Liste rouge de la Suisse comme «vulnérable» (VU). Sa population nicheuse a diminué de plus de 30 pour cent depuis 1990. Elle a pratiquement disparu du Plateau. La Confédération investit 500’000 francs dans un projet de promotion de l'espèce qui doit élucider son déclin. Parallèlement, entre 1’500 et 2’500 bécasses des bois sont abattues chaque année en Suisse. Une étude de l'OFEV (Bohnenstengel et al., 2020) a démontré que les oiseaux nicheurs suisses restent dans le pays jusqu'à tard dans la saison de chasse et que la part des oiseaux indigènes dans le tableau de chasse est nettement plus élevée que supposé jusqu'à présent. La Fondation Franz Weber commente : «La chasse à la bécasse des bois est une pure activité sportive et de loisir. Il n'y a aucune nécessité de régulation des populations, car il n'existe pas non plus de conflits entre humains et animaux.» BirdLife Suisse compare la situation avec l'alcool au volant : «C'est un peu comme si on n'interdisait pas l'alcool au volant parce que cette cause ne figure pas en première place du nombre de morts sur les routes.»
Fiche d'identité
La bécasse des bois (Scolopax rusticola) appartient à la famille des bécassidés (Scolopacidae) et constitue ainsi un limicole qui, contrairement aux habitudes de sa famille, ne vit pas près des cours d'eau mais en forêt. Elle est environ de la taille d'un pigeon domestique, avec une longueur corporelle de 33 à 38 centimètres et un poids de 250 à 420 grammes. Son plumage est un chef-d'œuvre de camouflage : un motif complexe de tons bruns, noirs, gris et beiges qui rend la bécasse des bois pratiquement invisible sur le sol forestier. Le long bec droit (6 à 8 centimètres) constitue son outil principal : avec celui-ci elle fouille dans le sol forestier mou et humide à la recherche de vers de terre, qui représentent jusqu'à 90 pour cent de sa nourriture.
Biologie et mode de vie
La bécasse des bois est un solitaire nocturne. Dans la journée, elle se tient immobile au sol forestier et se fie à son camouflage. Au crépuscule et la nuit, elle s'envole vers les espaces ouverts (prairies, clairières) pour chercher de la nourriture. Au printemps, les mâles effectuent des vols nuptiaux spectaculaires (la « croule ») : au crépuscule du soir, ils volent au-dessus des cimes d'arbres en émettant le « crôlement » grave caractéristique et les « huit » aigus. La femelle couve seule et pond 4 œufs dans une dépression au sol dans les feuilles. La durée d'incubation est de 21 à 24 jours. En cas de danger, la femelle peut serrer un poussin entre son corps et sa cuisse et s'envoler avec lui, un comportement unique parmi les oiseaux.
Le plus grand champ visuel de tous les oiseaux
La bécasse des bois possède probablement la disposition oculaire la plus remarquable de tous les oiseaux. Ses grands yeux brun foncé sont placés très haut et latéralement sur la tête, ce qui lui permet un champ visuel quasi complet à 360 degrés. Elle peut simultanément voir vers l'avant, l'arrière et vers le haut, sans bouger la tête (Umweltnetz Schweiz, 2023). Cette adaptation lui permet, assise au sol, de détecter les ennemis de toute direction, pendant qu'elle fouille le sol avec son bec à la recherche de vers. Cet organe sensoriel extraordinaire, issu de millions d'années d'évolution, se voit récompensé par les chasseurs de loisir d'un coup de chevrotine au crépuscule du soir.
Population et répartition : un oiseau qui disparaît
Statut Liste rouge
La bécasse des bois est classée comme « vulnérable » (VU) sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs de Suisse (OFEV/Station ornithologique suisse, 2021). Elle constitue ainsi la seule espèce d'oiseau chassable de Suisse qui soit considérée comme « menacée » au sens de la Liste rouge (Freiburger Nachrichten, 2024). La population nicheuse suisse est estimée entre 1’000 et 4’000 individus chanteurs (donc mâles) (Umweltnetz Schweiz, 2023). Les effectifs ont reculé de plus de 30 pour cent depuis 1990. La Station ornithologique suisse de Sempach constate : « Comme oiseau nicheur, la bécasse des bois a presque complètement disparu en Suisse depuis 1993-1996 en dessous de 900 mètres d'altitude » (Station ornithologique de Sempach, Atlas).
Répartition en Suisse
La bécasse des bois reste largement répandue le long du versant nord des Alpes et dans les Alpes centrales grisonnes. Elle a presque complètement disparu du Plateau. Pour le Jura, il existe des indices d'un territoire de répartition légèrement rétréci (Station ornithologique de Sempach, Chasse aux oiseaux en Suisse, 2024). Elle privilégie les forêts humides et claires avec une strate arbustive et herbacée bien développée et un sol mou, riche en humus. La perte de ces habitats par densification forestière, assèchement consécutif au changement climatique et pollution lumineuse constituent les principales causes de son déclin.
Contexte européen
À l'échelle européenne, la population de bécasse des bois demeure stable avec 12 à 18 millions d'oiseaux nicheurs. L'espèce est considérée globalement comme « non menacée » (LC). La menace constitue un problème spécifiquement suisse et ouest-européen : les habitats de reproduction se dégradent, et la chasse lors des passages migratoires et dans les zones d'hivernage s'ajoute à cette dégradation des habitats. En France, environ 1 million de bécasses des bois sont abattues chaque année. La Suisse fait partie d'une voie de migration sur laquelle les oiseaux transitent du nord-est de l'Europe vers le bassin méditerranéen et la côte atlantique en passant par l'Europe centrale. Chaque tir en Suisse s'ajoute à la mortalité cumulative le long de cette voie migratoire.
En savoir plus : Dossier : Chasse et biodiversité
La chasse : chasse sportive d'une espèce menacée
Situation juridique
La bécasse des bois est une espèce chassable selon la loi fédérale sur la chasse (LChP, art. 5 al. 1). Elle est chassée dans sept cantons : Tessin, Valais, Vaud, Fribourg, Neuchâtel, Jura et Berne. Tous les cantons germanophones ont aboli la chasse à la bécasse des bois (Freiburger Nachrichten, 2024). La période de chasse varie selon les cantons, mais commence dans la plupart d'entre eux à la mi-septembre ou à la mi-octobre. Dans le canton de Fribourg, la période de chasse dure du 20 octobre au 14 décembre. Dans certains cantons, il existe une limitation à deux oiseaux par chasseur de loisir et par jour de chasse (Fondation Franz Weber, 2020).
L'ampleur des tirs
Le tableau de chasse annuel s'élevait en moyenne à 1'911 bécasses des bois entre 2003 et 2022 (fourchette : 1'062 à 2'508). En 2016, 1'906 bécasses des bois ont été abattues (Pro Natura, LChP brièvement expliquée). En 2019, ce furent 1'819 oiseaux dans sept cantons (BirdLife Suisse, statistiques de chasse). 85 pour cent de tous les tirs ont lieu dans le canton du Tessin (Umweltnetz Schweiz, 2023). La bécasse des bois est ainsi, après le colvert, l'oiseau sauvage le plus chassé de Suisse et simultanément la seule espèce menacée chassée à cette échelle. La Fondation Franz Weber constate : « La chasse à la bécasse des bois est une pure activité sportive et de loisir. Aucune nécessité de régulation des effectifs n'existe » (Fondation Franz Weber, 2020).
L'étude de l'OFEV : des oiseaux nicheurs suisses sont abattus
La question cruciale de la chasse à la bécasse des bois était longtemps : lors de la chasse d'automne, tire-t-on sur des oiseaux nicheurs indigènes ou seulement sur des migrateurs du nord-est de l'Europe ? Le lobby des chasseurs de loisir argumentait que les oiseaux nicheurs suisses étaient depuis longtemps partis quand la chasse commence. Une étude commandée par l'OFEV (Bohnenstengel et al., 2020 ; Station ornithologique de Sempach/CSCF Neuchâtel) a réfuté cette affirmation. L'étude a équipé des bécasses des bois du Jura neuchâtelois de transmetteurs satellitaires et a constaté : les oiseaux nicheurs suisses ne se mettent en route vers leurs quartiers d'hiver qu'à partir de la mi-octobre. Début novembre, encore bien la moitié est présente dans la zone de reproduction. Ce n'est qu'à fin novembre que la plupart des oiseaux ont migré (Station ornithologique de Sempach, Chasse aux oiseaux en Suisse, 2024).
Étant donné que plus de 90 pour cent de tous les tirs ont lieu entre la mi-octobre et fin novembre, la proportion de bécasses des bois indigènes dans le tableau de chasse est nettement plus élevée qu'on ne le supposait jusqu'ici. Une analyse isotopique complémentaire a révélé que selon la méthodologie, entre 14 et 33 pour cent des bécasses abattues sont indigènes. Pour 19 pour cent des animaux examinés, l'origine était incertaine (Umweltnetz Schweiz, 2023). La Station ornithologique de Sempach conclut : « La pression de chasse sur la bécasse des bois doit être réduite » (Station ornithologique de Sempach, 2024).
La révision ratée de la LChP : cosmétique au lieu de protection
La loi révisée sur la chasse, rejetée par le peuple en 2020, aurait prolongé la période de protection de la bécasse des bois d'un mois (début de la chasse fixé au 16 octobre au lieu de mi-septembre). BirdLife Suisse critiquait : « Cette adaptation n'est que cosmétique : 96 pour cent des bécasses des bois peuvent également être chassées avec la nouvelle loi sur la chasse, y compris nos oiseaux nicheurs suisses qui restent dans le pays bien avant dans la période de chasse » (BirdLife Suisse, statistiques de chasse). La Fondation Franz Weber calculait : Dans la période qui aurait été protégée par la prolongation de la période de protection, seulement 4 pour cent des tirs ont lieu. Cette révision était une occasion manquée de mettre enfin la bécasse des bois sous protection.
Le grotesque double financement
L'OFEV finance d'une part des projets de promotion des espèces pour la bécasse des bois avec 500'000 francs (unique) et participe annuellement avec environ 200'000 francs aux coûts de projets de protection des oiseaux. En même temps, il autorise la chasse de la même espèce dans sept cantons. Le magazine des consommateurs Saldo commente : « Grotesque : La bécasse des bois est une espèce prioritaire pour la promotion des espèces. La Confédération et les cantons financent des projets pour augmenter les effectifs, en même temps la Confédération livre les animaux à l'abattage » (Saldo, 2021).
En savoir plus : Pourquoi la chasse de loisir échoue comme contrôle des populations
Importance écologique
Gestionnaire des sols et espèce indicatrice
La bécasse des bois est une spécialiste des forêts humides et riches en structures avec un sol meuble. Par sa recherche intensive de nourriture (fouillage dans le sol pour les vers de terre et larves d'insectes), elle ameublit le sol forestier et favorise l'aération et le drainage. Sa présence indique des conditions de sol intactes, une humidité suffisante et une population saine de vers de terre. Là où la bécasse des bois disparaît, disparaît un indicateur de la qualité de l'écosystème forestier.
Réseau alimentaire
La bécasse des bois est une proie de l'autour des palombes, du grand-duc, de la chouette hulotte et du renard. Ses œufs et poussins sont capturés par les martres, les corneilles et les sangliers. Comme maillon entre l'écosystème du sol (vers de terre, larves d'insectes) et les prédateurs forestiers, elle remplit une fonction importante dans le réseau alimentaire de la forêt.
Histoire culturelle
La bécasse des bois est depuis des siècles un motif central de la culture cynégétique et de la littérature européennes. La « passe de bécasses », le vol nuptial au crépuscule, a été décrit par des poètes et naturalistes de Johann Peter Eckermann à Peter Berthold. La chasse à la bécasse des bois était considérée comme la « discipline royale » de la chasse au petit gibier. Aujourd'hui, elle est le symbole d'une chasse de loisir qui ne veut pas reconnaître que les temps ont changé et qu'une espèce menacée n'est plus disponible comme gibier sportif.
Ce qui devrait changer
- Protection immédiate de la bécasse des bois dans toute la Suisse: La bécasse des bois figure sur la Liste rouge comme « vulnérable » (VU). Son effectif nicheur a reculé de plus de 30 pour cent depuis 1990. Elle a presque disparu du Plateau. La chasse de loisir est manifestement un facteur de mortalité supplémentaire qui affecte les oiseaux nicheurs indigènes. La bécasse des bois doit être rayée du catalogue des espèces chassables. Ce que tous les cantons germanophones ont déjà mis en œuvre doit être reproduit dans les sept cantons restants et au niveau fédéral.
- Report immédiat de la période de chasse jusqu'au 1er décembre au minimum: Tant que la bécasse des bois reste chassable, la période de protection doit être prolongée de sorte que les oiseaux nicheurs indigènes ne soient plus affectés. L'étude de l'OFEV montre que ce n'est qu'à fin novembre que la plupart des oiseaux nicheurs suisses ont migré. Un prolongement de la période de protection jusqu'au 15 novembre épargnerait environ 95 pour cent des oiseaux nicheurs suisses (Station ornithologique de Sempach, 2024).
- Fin du grotesque double financement: La Confédération ne peut pas simultanément financer la promotion de la bécasse des bois et autoriser sa chasse. Il s'agit d'un gaspillage d'argent public et d'une contradiction qui sape toute crédibilité de la politique de biodiversité.
- Revalorisation de l'habitat: Les forêts humides et claires avec une strate herbacée bien développée et un sol meuble doivent être spécifiquement encouragées. Le drainage des sols forestiers et l'obscurcissement par l'absence d'éclaircies sont les principales causes de la perte d'habitat. Le projet OFEV sur les préférences d'habitat de la bécasse des bois (Station ornithologique de Sempach/CSCF) fournit les bases nécessaires.
- Engagement international pour une réduction de la chasse sur la voie migratoire: La Suisse doit s'engager dans le cadre de la Convention de Berne et de l'accord AEWA (Accord sur les oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie) pour une réduction de la mortalité cynégétique cumulative sur la voie migratoire. Le million de bécasses des bois abattues annuellement en France concerne aussi des oiseaux qui transitent par la Suisse ou nichent en Suisse.
Argumentaire
«La plupart des bécasses des bois abattues en Suisse sont des oiseaux de passage, la chasse ne nuit pas au stock suisse.» L'étude OFEV (Bohnenstengel et al., 2020) a réfuté cette affirmation. Les oiseaux nicheurs suisses restent dans le pays bien avant dans la saison de chasse : début novembre, la moitié se trouve encore dans la zone de reproduction. Selon la méthodologie, 14 à 33 pour cent des bécasses abattues sont indigènes. Pour 19 pour cent, l'origine est incertaine. La Station ornithologique de Sempach exige donc une réduction de la pression cynégétique. Le fait que des oiseaux de passage soient abattus ne rend pas la chasse plus acceptable : ces oiseaux sont également chassés sur la suite de la voie migratoire en France, Espagne et Italie. Chaque tir en Suisse s'ajoute à la mortalité cumulative.
«La bécasse des bois n'est pas menacée à l'échelle européenne, son abattage est responsable.» L'effectif global européen n'est pas un argument pour la chasse d'une espèce considérée comme «vulnérable» en Suisse. La Liste rouge évalue l'état national. La Suisse a l'obligation autonome de préserver ses populations nicheuses. Quand une espèce est menacée nationalement, elle ne peut pas être chassée nationalement, indépendamment de son statut global. Tout le reste constitue un transfert de responsabilité.
«Les cantons vont adapter la période de chasse, cela suffit pour la protection.» Les adaptations actuelles sont cosmétiques. La période de protection prolongée dans la loi sur la chasse révisée échouée n'aurait empêché que 4 pour cent des tirs. Le canton de Fribourg aussi ne planifie qu'un «déplacement de la période de chasse vers un moment plus tardif», mais exclut expressément une interdiction de chasse et invoque la «chasse à la bécasse riche en tradition» (Freiburger Nachrichten, 2024). Tant que la chasse reste fondamentalement autorisée, la bécasse des bois n'est pas protégée. Seule une interdiction complète de chasse donne à l'espèce la sécurité qu'exige son statut de Liste rouge.
«La chasse de loisir à la bécasse des bois a une longue tradition.» La tradition de la chasse à la bécasse est une tradition de la haute société qui n'a rien à voir avec la conservation de la biodiversité. Le passage des bécasses était considéré comme la «discipline royale» de la chasse au gibier. Cette tradition ne peut pas primer sur la survie d'une espèce. La tradition n'est pas un argument pour poursuivre une pratique qui met une espèce menacée sous pression supplémentaire. Tous les cantons germanophones ont déjà aboli la chasse à la bécasse des bois et montrent que c'est possible.
«La Confédération investit dans la promotion de la bécasse des bois, donc le problème est reconnu.» Le problème est identifié, mais la solution est refusée. La Confédération investit 500’000 francs dans la recherche sur la bécasse des bois et autorise simultanément l’abattage annuel de 1’500 à 2’500 spécimens. C’est comme réparer une fuite dans un bateau tout en perçant de nouveaux trous. La promotion des espèces perd toute crédibilité tant que la chasse de l’espèce promue n’est pas stoppée.
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Références
- Statistique fédérale de la chasse, OFEV/Wildtier Schweiz : http://www.jagdstatistik.ch
- Station ornithologique suisse de Sempach (2024) : Chasse aux oiseaux en Suisse, Point de vue (vogelwarte.ch)
- Station ornithologique suisse de Sempach : Préférences d’habitat et début du comportement migratoire chez la bécasse des bois, Projet (vogelwarte.ch)
- Station ornithologique suisse de Sempach : Atlas des oiseaux nicheurs de Suisse, Chasse et persécution par l’homme (vogelwarte.ch)
- Bohnenstengel, T. et al. (2020) : Étude OFEV Bécasse des bois, Dates de départ et origine des oiseaux abattus (CSCF/Station ornithologique de Sempach, sur mandat de l’OFEV)
- OFEV / Station ornithologique suisse (2021) : Liste rouge des oiseaux nicheurs Suisse (Bécasse des bois : VU)
- BirdLife Schweiz : La statistique de chasse actuelle et la loi révisée sur la chasse (birdlife.ch, 2020)
- BirdLife Schweiz (2023) : Chasse aux animaux menacés, Une anomalie persiste dans le canton de Vaud (birdlife.ch)
- Pro Natura (2018) : La loi fédérale sur la chasse et la protection de la faune expliquée brièvement (Nombre d’abattages 2016 : 1’906 bécasses des bois)
- Fondation Franz Weber (2020) : La bécasse des bois, Espèce vulnérable chassée pour le sport (ffw.ch)
- Freiburger Nachrichten (2024) : Le Conseil d’État ne veut pas interdire la chasse de l’oiseau menacé (freiburger-nachrichten.ch)
- Umweltnetz Schweiz (2023) : L’oiseau à vue panoramique (umweltnetz-schweiz.ch)
- Saldo (2021) : Oiseaux menacés, autorisés à l’abattage (saldo.ch)
- Naturschutz.ch (2020) : LChP : NON à la chasse aux espèces menacées (naturschutz.ch)
- NABU NRW : La bécasse des bois, Menace et droit de chasse (nabu.de)
- CH-Wildinfo Nr. 1 (2018) : Projet de recherche OFEV Bécasse des bois, Émetteur ARGOS (wildtier.ch)
- Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP, RS 922.0)
- Loi sur la protection des animaux (LPA, RS 455)
- Convention de Berne : Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe
Notre exigence
La bécasse des bois est l'un des oiseaux les plus mystérieux de Suisse. Nocturne, parfaitement camouflée, dotée du plus grand champ visuel de tous les oiseaux, elle vit cachée dans nos forêts et fouille de son long bec les vers de terre dans le sol humide. Celui qui la voit voler au-dessus des cimes lors de la croule, qui entend le croassement grave et le sifflement aigu dans le crépuscule, vit l'un des derniers moments de nature sauvage intacte en Suisse.
Cet oiseau figure sur la Liste rouge. Son effectif a diminué de plus de 30 pour cent. Il a disparu du Plateau. La Confédération investit des centaines de milliers de francs dans sa recherche et sa promotion. Et pourtant, chaque année, 1'500 à 2'500 bécasses des bois sont abattues, dans le crépuscule, au fusil de chasse, débusquées par des chiens de chasse. Parmi elles, des oiseaux nicheurs suisses dont il est prouvé qu'ils devraient être protégés. Aucun chasseur de loisir n'a besoin d'une bécasse des bois. Elle ne cause aucun dommage. Il n'y a aucun conflit entre l'homme et l'animal. Il n'y a qu'une tradition plus ancienne que la prise de conscience qu'une espèce menacée ne doit pas être autorisée à la chasse. Tous les cantons germanophones ont déjà mis en œuvre cette prise de conscience. Il manque encore sept cantons et la Confédération.
La conséquence est claire : la bécasse des bois doit être protégée dans toute la Suisse. La chasse d'une espèce menacée est incompatible avec la loi sur la protection des animaux, la Liste rouge et toute forme de bon sens écologique. Ce dossier sera mis à jour en permanence lorsque de nouveaux chiffres, études ou développements politiques l'exigeront.
Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.
