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Criminalité & Chasse

Le Tribunal fédéral confirme la suspension d'un chasseur de loisir zurichois et dévoile le modèle de surveillance de la réserve d'oiseaux

Un fermier de chasse de l'Oberland zurichois a été débouté de son recours contre son exclusion d'un an du bail de chasse, du permis de chasse et de la surveillance de la chasse. L'arrêt 2C_703/2025 révèle en même temps comment le canton de Zurich organise la surveillance dans la réserve fédérale d'oiseaux d'eau et migrateurs de Pfäffikersee.

Rédaction Wild beim Wild — 17 septembre 2026

Le Tribunal fédéral a intégralement rejeté le recours d'un chasseur de loisir zurichois.

L'homme avait loué une réserve de chasse dans l'Oberland zurichois et y exerçait également la fonction de garde-chasse. Il est désormais exclu pour une durée d'un an du bail d'une réserve, de la possession d'un permis de chasse et de l'exercice de la surveillance de la chasse. Il devra assumer lui-même les frais de justice de 2'000 francs. L'arrêt 2C_703/2025 est daté du 19 août 2026.

Deux ordonnances pénales comme point de départ

Tout commence par deux ordonnances pénales entrées en force. En novembre 2021, le chasseur de loisir avait été condamné à une amende de 600 francs pour ne pas avoir prélevé, à plusieurs reprises, d'échantillons de sangliers tirés en vue de rechercher la présence de trichines. Il n'avait en outre pas tenu le carnet de chasse conformément aux prescriptions et n'avait pas plombé le gibier abattu. Les trichines sont des vers ronds qui, en cas de consommation de viande de gibier insuffisamment contrôlée, peuvent provoquer de graves maladies. De nombreuses études montrent quels autres risques présente le gibier issu de la chasse de loisir.

En juillet 2023 a suivi une amende de 500 francs. La police cantonale avait convoqué l'homme à deux reprises pour achever une jeune corneille blessée. Il ne s'est pas déplacé. C'est finalement le fermier d'une réserve voisine qui a repris cette tâche. Le chasseur de loisir avait d'abord formé opposition contre l'ordonnance pénale, avant de la retirer.

Du canton jusqu'à Lausanne

Sur la base des deux condamnations, l'administration de la pêche et de la chasse de l'Office de la nature et du paysage (ALN) a ouvert une procédure administrative. En janvier 2024, elle a exclu le chasseur de loisir pendant trois ans du bail de chasse et du permis de chasse et lui a retiré la surveillance de la chasse. La direction des travaux publics a réduit ces trois mesures à un an en mars 2025, décision confirmée par le tribunal administratif en octobre 2025.

Le Tribunal fédéral n'a plus rien changé à la durée. Contrairement à ce que rapportaient certains médias, la réduction à un an ne provient pas de Lausanne, mais de la procédure de recours cantonale. Comme le Tribunal fédéral avait accordé l'effet suspensif au recours en janvier 2026, l'interdiction n'avait pas été exécutée jusqu'au jugement.

La corneille dans la zone protégée

Devant le Tribunal fédéral, le litige portait surtout sur la corneille. Le chasseur de loisir a fait valoir que l'animal se trouvait dans la réserve d'oiseaux d'eau et de migrateurs du lac de Pfäffikon, une zone protégée d'importance nationale soumise à une interdiction absolue de chasse. Selon le droit fédéral, ce sont les gardes de réserve cantonaux qui y sont compétents, et non les titulaires d'un droit de chasse. Le canton n'aurait ni ordonné, ni réglé par contrat le recours aux sociétés de chasse. L'administration de la pêche et de la chasse se référerait uniquement à un « accord tacite » avec l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).

Le Tribunal fédéral ne suit pas cette argumentation. Le droit fédéral permet aux cantons de faire appel, pour les tâches de police de la chasse dans les réserves, à d'autres spécialistes en plus des gardes de réserve, sans prescrire la manière de procéder. Une règle générale du droit cantonal suffit. La loi zurichoise sur la chasse oblige, à son § 15, les gardes-chasse et les sociétés de chasse à récupérer, rechercher et, si nécessaire, abattre à tout moment les animaux sauvages blessés ou malades. Cette obligation s'applique aussi en zone habitée, au-delà des limites de la réserve de chasse et dans le périmètre protégé d'une réserve. L'endroit exact où se trouvait la corneille est donc sans importance.

Le tribunal constate en outre que l'homme avait déjà justifié, lors de son audition par la police, son absence d'intervention par son incompétence dans la zone protégée.

Aucun garde de réserve cantonal au lac de Pfäffikon

La partie la plus révélatrice de l'arrêt ne concerne pas le cas d'espèce, mais le système en lui-même. L'ordonnance sur les réserves d'oiseaux d'eau et de migrateurs (OROEM) prévoit que les cantons désignent, pour chaque réserve, un ou plusieurs surveillants de réserve. Ceux-ci font partie du personnel cantonal et disposent de compétences de police judiciaire.

Selon les constatations de l'instance précédente, un autre modèle s'applique dans le canton de Zurich. Les rangers sont chargés de la gestion des visiteurs et de l'information. La surveillance dans la réserve incombe aux sociétés de chasse et aux gardes-chasse des réserves de chasse qui se superposent à la zone protégée. Seule la surface d'eau du lac de Pfäffikon est surveillée par des collaborateurs de l'administration de la pêche et de la chasse, car eux seuls disposent de bateaux.

L'OFEV n'a pas contesté ce modèle lors d'un contrôle par sondage effectué le 23 mars 2023. Le Tribunal fédéral décrit l'organisation zurichoise comme garantissant certes une surveillance policière en matière de chasse, mais «sans engager de surveillants de réserve cantonaux», et la déclare conforme au droit fédéral. Pour motiver sa décision, il renvoie aux neuf cantons appliquant le système de la chasse à territoire, dont Zurich, Argovie, Lucerne et Saint-Gall. Dans ces cantons, la surveillance de la chasse serait largement organisée selon le système de milice. Si seuls des surveillants de réserve cantonaux devaient intervenir, l'exécution rapide des tâches de police en matière de chasse serait considérablement compliquée, voire impossible dans certains cas.

Analyse : une zone protégée sous la surveillance de la chasse de loisir

Sur le plan juridique, l'arrêt est compréhensible ; sur le plan politique, il est révélateur. Une zone protégée d'importance nationale, où la chasse de loisir est expressément interdite, est dans les faits surveillée pour une part essentielle par des sociétés de chasse et des gardes-chasse, c'est-à-dire précisément par le groupe qui n'a pas le droit d'y chasser. Le canton n'engage pas ses propres surveillants de réserve, et le Tribunal fédéral justifie l'admissibilité de ce modèle par le système de milice des cantons pratiquant la chasse à territoire. Il s'appuie surtout sur la possibilité de faire appel à d'autres spécialistes. La manière dont un modèle sans surveillants de réserve cantonaux engagés peut se concilier avec l'exigence du droit fédéral figurant dans l'OROEM, qui impose de désigner pour chaque réserve une ou plusieurs personnes chargées de la surveillance, n'est pas examinée en profondeur dans l'arrêt.

Du point de vue de Wild beim Wild, la question se pose donc de savoir si une réserve ornithologique nationale est surveillée de manière suffisamment indépendante lorsque des tâches centrales sont confiées à des structures de chasse privées. Le cas présent donne du poids à cette question : le garde-chasse concerné avait déjà été condamné à une amende auparavant pour avoir omis de faire des prélèvements de trichines et pour ne pas avoir tenu correctement le registre du gibier. L'étroite imbrication entre l'administration de la chasse et les associations de chasse aggrave encore ce problème de manque de distance.

Le canton de Genève montre qu'il est possible de faire autrement. Là-bas, la chasse de loisir privée est interdite depuis 1974, et les animaux sauvages blessés sont pris en charge par des spécialistes employés par l'État. Plus de détails dans l'article sur l'interdiction de la chasse à Genève.

Parallèles avec l'affaire du héron cendré

Ce cas présente des parallèles nets avec une procédure jugée début 2026 devant le tribunal de district de Pfäffikon. Un chasseur de loisir y avait été acquitté dans l'affaire d'un héron cendré blessé. Il avait déjà été question à l'époque d'une autre procédure, pendante devant le Tribunal fédéral, concernant une corneille dans une zone protégée. Il n'est pas possible d'établir de manière définitive, à partir des décisions anonymisées, s'il s'agit de la même personne. Dans l'affaire de la corneille en tout cas, selon le Tribunal fédéral, le recourant justifiait son refus par le fait qu'il n'était pas compétent dans la zone protégée.

Source : Tribunal fédéral, arrêt 2C_703/2025 du 19 août 2026

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans le dossier Braconnage et criminalité liée à la chasse en Suisse nous documentons des cas, des questions juridiques et des schémas récurrents.

Tous les articles sont rédigés par l'IG Wild beim Wild ainsi que par des co-autrices et co-auteurs externes. La recherche, la structuration et les processus rédactionnels peuvent être soutenus par des outils basés sur l'IA.

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