28 août 2026, 14h34

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Chasse

Les Grisons lancent la troisième régulation du loup, alors même que les attaques diminuent

L'OFEV autorise des tirs dans douze meutes ainsi que le prélèvement complet de la meute du Calderas, tandis que le canton célébrait trois jours plus tôt une progéniture qui ne fait que repeupler des territoires vidés par les tirs.

Rédaction Wild beim Wild — 28 août 2026

L'OFEV a approuvé les demandes du canton des Grisons. À partir du 1er septembre 2026, jusqu'à deux tiers des jeunes pourront être tués dans douze meutes, et la meute du Calderas pourra même être entièrement éliminée. Cela intervient alors que les attaques sur les animaux de rente ont plus que diminué de moitié. Les chiffres démasquent la régulation proactive pour ce qu'elle est : un tir de précaution.

L'état des décisions

Le 26 août 2026, l'Office fédéral de l'environnement a approuvé les demandes du canton des Grisons concernant la régulation proactive du loup pour la période à venir. C'est ce qu'a communiqué l'Office grison de la chasse et de la pêche (AJF) le 28 août. Douze meutes sont concernées. Dans toutes les meutes où une progéniture est confirmée, jusqu'à deux tiers des jeunes confirmés pourront être abattus. Pour quatre autres meutes, la régulation est également possible dès qu'une progéniture de cette année est attestée.

En outre, le canton a demandé le prélèvement complet de la meute du Calderas, en Moyenne-Engadine grisonne. L'AJF justifie cette demande par le fait que cette meute aurait attaqué des animaux de rente au sein de « troupeaux protégés dans les règles de l'art ». La période de tirs proactifs s'étend du 1er septembre 2026 au 31 janvier 2027. Les chasseurs de loisir grisons seront associés durant la haute chasse et la chasse spéciale. Les Grisons poursuivent ainsi la pratique en vigueur depuis 2023.

Pétition

Pas de tirs de lynx en Valais

Le lynx est génétiquement à la limite, et pourtant le Valais entend être le premier canton de Suisse à autoriser son tir.

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La contradiction que personne n'explique

Le point décisif tient dans un seul chiffre, cité par l'AJF lui-même. Les attaques sur les animaux de rente ont plus que diminué de moitié en 2026. Jusqu'à fin juillet, les loups avaient tué 30 animaux de rente dans le canton, contre 68 durant la même période l'année précédente. Ce recul suit la tendance observée dans toute la Suisse.

Moins de dégâts, même logique de tir. Si les attaques diminuent mais que le contingent reste inchangé et est exploité au maximum, le tir n'est plus la réponse à un problème. Il est devenu une routine. C'est précisément là le cœur de la régulation proactive: on ne tue pas parce qu'un dommage est survenu, mais avant qu'un dommage ne puisse survenir. Une mesure dont la justification s'affaiblit alors que son ampleur reste identique a perdu sa fonction de régulation.

Trois jours plus tôt: une relève célébrée qui ne fait que combler des vides

Le cynisme de cette autorisation n'apparaît qu'à la lumière d'une communication publiée quelques jours auparavant. Le 25 août, le canton célébrait la confirmation de trois «nouvelles» meutes, Heinzenberg, Giarsinom et Madlain, avec au moins dix louveteaux. Sur le papier, treize meutes sont ainsi considérées comme confirmées. Ce qui ressemble à une croissance n'est en réalité qu'un simple remplacement: les trois meutes occupent exactement les territoires de celles que les tirs avaient auparavant anéanties. Heinzenberg reprend le territoire de l'ancienne meute du Beverin, Giarsinom celui de la meute disparue du Fuorn, Madlain le territoire de la meute de Sinestra, entièrement prélevée en novembre 2025.

Ainsi se referme un cercle qui met à nu toute l'absurdité de cette pratique. On détruit d'abord les structures des meutes, puis des loups en dispersion recolonisent immanquablement les territoires vidés par les tirs, et enfin l'office traite précisément cette recolonisation comme une nouvelle situation de départ pour la prochaine série de tirs. La capacité de compensation des loups, qui prouve pourtant que la nature répare ce que la chasse de loisir détruit, se voit ainsi réinterprétée comme une légitimation pour continuer à tuer. La relève annoncée le 25 août et l'autorisation de tir du 28 août sont les deux faces d'une même médaille.

Calderas: la même famille, deuxième tour

La meute de Calderas est particulièrement révélatrice. Elle faisait déjà l'objet d'une régulation durant la période 2025/26, deux tiers de ses jeunes avaient alors été libérés au tir. Aujourd'hui, cette même famille de loups doit être entièrement anéantie. Une meute décimée sur deux périodes consécutives, puis totalement prélevée, illustre ce que l'association Wolfshirten appelle la punition collective de familles entières de loups. Ce n'est pas le comportement d'un animal isolé qui est sanctionné, mais la survie d'une communauté sociale qui est empêchée.

La vue d'ensemble contredit le récit du succès

Les autorités présentent le massacre proactif comme un instrument freinant l'expansion du loup. Les chiffres de la Confédération dressent un tout autre tableau. Sur trois périodes de régulation, 226 loups ont été tués dans toute la Suisse, soit 57, 92 et 77 animaux. Malgré cela, le nombre de meutes a continué d'augmenter: de 35 après 2023/24 à 36 après 2024/25, puis 40 après 2025/26.

Davantage de tirs, davantage de meutes. Qualifier de succès une mesure dont l'objectif déclaré est manifestement manqué ne relève pas d'une politique de la faune sauvage, mais d'une politique symbolique. Les Grisons ont toujours été en tête. Lors de la dernière période, les autorités grisonnes ont tué 35 loups, plus que tout autre canton.

Le schéma derrière la régulation

Ce cas s'inscrit dans un schéma bien connu. Dès que des animaux sont tués, l'action des autorités est considérée comme un succès. Savoir si un bénéfice écologique est démontré, si les dommages diminuent réellement ou si les animaux tués appartenaient seulement aux meutes visées passe au second plan. Le tir lui-même devient l'indicateur.

Pourtant, la mesure de prévention la plus efficace reste la même depuis toujours: la protection des troupeaux. Au lieu de la développer avec constance, la politique met l'accent sur les tirs, parce qu'ils fournissent un récit simple. Capacité d'agir, contrôle, fermeté. La prévention et la coexistence sont laborieuses et politiquement moins exploitables. À quel point cette logique traverse la chasse de loisir organisée par l'État, nous le documentons dans le dossier Introduction à la critique de la chasse.

Ce qu'il faudrait

Tant que tuer sera considéré comme un succès et que l'ordre naturel sera confondu avec le contrôle humain, la régulation du loup restera un projet politique dépourvu de fondement scientifique. Pour un débat objectif, un moratoire sur les tirs proactifs serait nécessaire, jusqu'à ce que des données à long terme fiables soient disponibles. Sans définition claire des objectifs, sans contrôle transparent de l'efficacité et sans priorité donnée aux mesures non létales, le lancement de la troisième période de régulation n'est que ce qu'ont déjà été les précédentes: une intervention permanente au lieu d'une protection de la nature. Les victimes ne sont pas seulement les prédateurs, mais aussi la crédibilité de la politique publique en matière de faune sauvage.

Tous les éléments de contexte dans le dossier «Le loup en Suisse: faits, politique et limites de la chasse».

En savoir plus sur la chasse de loisir: Dans le dossier critique complète de la chasse de loisir nous réunissons vérifications des faits, analyses et articles de fond.

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