09.10.2026, 15:21

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Initiative populaire cantonale : canton de Soleure

«Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»

Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet rédigé

En vertu des art. 29 et suivants de la Constitution du canton de Soleure du 8 juin 1986 et de la loi sur les droits politiques

Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]

Texte de l'initiative

Les personnes soussignées, habilitées à voter dans le canton de Soleure, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :

La Constitution du canton de Soleure du 8 juin 1986 est complétée par les paragraphes suivants :

§ [nouveau] Protection professionnelle de la faune sauvage

1 L'exercice de la chasse par des personnes privées (chasse à territoire, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton de Soleure. Les baux de chasse existants entre le canton et les sociétés de chasse ne sont pas renouvelés.

2 La protection, les soins et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages relèvent exclusivement de gestionnaires de la faune sauvage spécialement formés, au service du canton.

3 Le tir d'animaux sauvages n'est admissible qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de défense contre les dangers ont été épuisées ou se révèlent insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la commission de la faune sauvage.

4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection animale et de la nature, du monde scientifique ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et statue sur les mesures de régulation.

5 Le canton encourage la régulation naturelle des populations sauvages, la mise en réseau des habitats ainsi que la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.

6 Le canton garantit le financement de la gestion de la faune sauvage indépendamment des recettes du bail de chasse.

7 La loi règle les modalités.

§ [nouveau] Protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées

1 Le canton renonce à la régulation des populations d'espèces d'animaux sauvages protégées au sens de l'art. 7a de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages et ne délivre aucune autorisation de tir pour des animaux isolés d'espèces protégées au sens de l'art. 12 al. 2 de cette loi, en particulier pas pour le loup, le lynx, l'ours, le castor, la loutre, le chacal doré, l'aigle royal, le harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral. L'alinéa 3 est réservé.

2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et le suivi scientifique de la présence de la faune sauvage.

3 Des mesures contre des animaux sauvages isolés qui représentent un danger immédiat et considérable pour les personnes restent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et exécutées par le service spécialisé compétent du canton.

4 Le canton s'engage activement, dans le cadre de la collaboration intercantonale et auprès de la Confédération, en faveur de la protection et de la préservation des espèces d'animaux sauvages menacées.

Disposition transitoire

1 Le Conseil d'État édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans un délai de deux ans à compter de l'adoption de cette modification constitutionnelle.

2 Les baux de chasse existants prennent fin au prochain renouvellement contractuel ordinaire, mais au plus tard dans les cinq ans suivant l'entrée en vigueur de la législation d'exécution.

3 Le Conseil d'État garantit la continuité de la gestion de la faune sauvage durant la phase transitoire et règle le financement après la suppression des recettes du bail de chasse.

Explications

1. Situation initiale

Le canton de Soleure couvre 791 km² et compte environ 290'000 habitantes et habitants. Il s'étend le long du pied sud du Jura et de l'Aar, d'Olten à Granges en passant par Soleure. La superficie cantonale se compose d'un mélange de paysage montagneux jurassien (Weissenstein, Balmberg), de Plateau à vocation agricole et d'agglomérations le long de l'Aar. Le canton présente une forme géographique allongée et touche plusieurs espaces paysagers, ce qui est particulièrement pertinent pour la mise en réseau de la faune sauvage.

À Soleure, la chasse de loisir est organisée sous forme de chasse à territoire. Le droit de régale de la chasse appartient au canton. Le Département de l'économie publique afferme les réserves de chasse pour une durée de huit ans à des sociétés de chasse (§ 5 JaG), la période de bail en cours allant de 2021 à 2028. Comme dans tous les cantons à chasse à territoire, les sociétés de chasse soleuroises forment des cercles fermés qui louent le droit de tuer des animaux sauvages et dont la composition et l'activité échappent largement au regard du public (cf. la Psychologie de la chasse dans le canton de Soleure ainsi que par le analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).

L'affirmation selon laquelle l'équilibre écologique s'effondrerait sans la chasse de loisir est réfutée empiriquement depuis plus de 50 ans par le modèle genevois. Soleure a certes une superficie plus grande (791 km²) que Genève (282 km²), mais le principe fondamental de la gestion professionnelle de la faune sauvage s'adapte proportionnellement : davantage de surface exige davantage de professionnels, sans que cela ne change rien au système.

Parallèlement, de plus en plus d'espèces sauvages protégées subissent des pressions au niveau fédéral. La pression politique sur des espèces comme le lynx, le castor, la loutre et le harle bièvre ne cesse d'augmenter (voir le analyse de la politique de la chasse sur wildbeimwild.com).

2. Le modèle : le canton de Genève

Le 19 mai 1974, un peu plus de 70 pour cent des votants du canton de Genève se sont prononcés en faveur de la suppression de la chasse de loisir de milice. Les expériences réalisées depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :

  • La biodiversité a nettement augmenté. Le nombre d'oiseaux d'eau hivernants s'est multiplié, passant de quelques centaines à environ 30'000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres bruns et l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse.
  • La population de chevreuils s'est stabilisée à un niveau sain, avec un tir spécial annuel effectué par des gardes-faune professionnels portant sur seulement 20 à 36 animaux.
  • L'interdiction est en vigueur depuis plus de 50 ans sans interruption. Genève ne l'a jamais levée. Les coûts totaux s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an, soit environ 2.40 francs par habitant. L'efficacité du modèle genevois apparaît clairement dans une comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin en moyenne de 8 heures et de 2 cartouches au maximum. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres à Genève est de 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), contre seulement 1,0 pour 100 hectares dans le canton de Zurich (cf. vérification des faits du Conseil d'État de Zurich).

Une présentation détaillée se trouve dans le dossier « Genève et l'interdiction de la chasse » sur wildbeimwild.com.

3. Le concept : un service de la faune professionnel plutôt que la chasse de loisir

L'initiative remplace la chasse de loisir par une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle du garde-faune :

Compétence professionnelle plutôt que loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune sauvage agissent sur une base scientifique, dans le cadre d'un mandat de prestations cantonal.

Principe de l'ultima ratio. Un tir n'est autorisé que lorsque toutes les mesures non létales ont été épuisées.

Contrôle démocratique par une commission de la faune sauvage. La commission indépendante empêche que la pression politique ne dilue la gestion de la faune sauvage.

Autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses Études études scientifiques le prouve : dans la plupart des cas, les populations sauvages se régulent d'elles-mêmes.

4. Pourquoi Soleure ?

Soleure se prête pour plusieurs raisons à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune :

Le pied sud du Jura, une région écologique clé. Soleure se situe au pied sud du Jura, l'une des régions les plus importantes de Suisse pour la faune sauvage. Le lynx est présent dans le Jura soleurois, le loup traverse la région, le castor est présent le long de l'Aar et de ses affluents. Le paysage fragmenté entre le Jura et le Plateau exige une coordination professionnelle et transfrontalière que le système de chasse à territoire ne peut assurer.

3’000 signatures en 18 mois. Le seuil de signatures est réalisable. Dans un canton d'environ 290’000 habitants, avec des centres urbains comme Soleure, Olten et Granges, la récolte est bien organisable.

La chasse à territoire, un point faible conceptuel. Le système de chasse à territoire à Soleure fonctionne comme dans tous les cantons à chasse à territoire : les réserves de chasse sont attribuées à des sociétés de chasse fermées. La population n'a aucune influence sur qui tue quels animaux sauvages dans sa commune. L'initiative redonne ce contrôle à la population.

Un canton mixte entre ville et campagne. Soleure compte à la fois des centres urbains (agglomération Olten-Soleure) et des régions rurales (Thal, Gäu, Bucheggberg). Ce mélange fait du canton, à l'instar de Bâle-Campagne, un cas de test convaincant : si la protection professionnelle de la faune fonctionne ici, elle fonctionnera dans tout canton du Plateau.

Voisinage avec Bâle. Si Bâle-Campagne devait accepter la initiative parallèle, un territoire continu du Rhin jusqu'à l'Aar verrait le jour avec Soleure, dans lequel la protection professionnelle de la faune serait pratiquée. Cette perspective est importante pour la mise en réseau des habitats fauniques et pour son effet de signal politique (cf. wildbeimwild.com sur les animaux sauvages en zone urbanisée).

5. Sur le texte de l'initiative

Le texte de l'initiative correspond à la variante de la chasse à territoire (comme BL et SH). La compétence cantonale est incontestée : art. 3 al. 1 et 2 LChP, les trois systèmes de chasse équivalents, plus de 50 ans de pratique non contestée à Genève. Les baux de chasse existants prennent fin lors du prochain renouvellement ordinaire du contrat, au plus tard dans un délai de cinq ans. Comme les loyers de bail reviennent au canton à Soleure, l'alinéa 6 oblige le canton à financer la gestion de la faune sauvage indépendamment de ces recettes.

Le deuxième paragraphe relatif à la protection des espèces protégées est particulièrement pertinent pour Soleure : le lynx est présent depuis des années dans le Jura soleurois (Weissenstein, Balmberg). Le castor colonise l'Aar et ses affluents. Des loups isolés traversent la région. Une renonciation constitutionnelle à la régulation préventive constituerait un signal allant au-delà du canton (cf. les analyse de la politique du loup sur wildbeimwild.com).

6. Conséquences financières : budget concret pour Soleure

Pour Soleure, avec une superficie de 791 km² et environ 290’000 habitants, l'estimation des coûts est la suivante :

Frais de personnel : 360’000 à 560’000 francs par an. 3 à 4 postes à plein temps sont nécessaires. Avec 791 km², Soleure est presque trois fois plus grand que Genève (282 km²). Un poste à plein temps coûte, charges sociales comprises, environ 120’000 à 140’000 francs par année.

Frais de matériel : 80'000 à 120'000 francs par an. Équipement, véhicules, dispositifs d'effarouchement, infrastructure de monitoring, clôtures électriques, communication publique.

Indemnisation des dommages : 50'000 à 100'000 francs par an. Principalement les dégâts causés par les sangliers à l'agriculture et les dégâts d'abroutissement en forêt.

Compensation des recettes de bail perdues : 100’000 à 200’000 francs par année. Les loyers de bail reviennent aujourd'hui au canton. Une partie de ce manque à gagner est intégrée ici.

Coûts totaux : 590’000 à 980’000 francs par année (brut). Cela correspond à environ 2,05 à 3,40 francs par habitant et par année.

En contrepartie, il y a des économies : pas de gestion des baux de chasse, pas d'examens de chasse, pas de surveillance de la chasse. Les coûts supplémentaires nets devraient se situer entre 300’000 et 600’000 francs par année, ce qui correspond à environ 1,05 à 2,05 francs par habitant correspond (cf. Vérification des faits sur les mythes de la chasse sur wildbeimwild.com).

Recettes supprimées

Avec la suppression de la chasse de loisir, les recettes locatives de la chasse à territoire, estimées entre 300'000 et 500'000 francs par an, disparaissent. Elles sont toutefois à mettre en regard des coûts externes jamais comptabilisés de la chasse milicienne (accidents de la faune, dégâts d'abroutissement liés à la chasse dans la forêt protectrice, charges administratives, interventions de la police et des tribunaux), qui dépasseraient probablement nettement ces recettes. Dans le canton de Genève, ces recettes ont disparu dès 1974, sans problèmes financiers : avant l'interdiction de la chasse, plus de 400 chasseurs de loisir étaient actifs ; aujourd'hui, trois postes à temps plein font le même travail, mais mieux. Les tirs sanitaires et thérapeutiques effectués par des gardes-faune professionnels ne sont pas comparables à une chasse régulatrice fondée sur le folklore des chasseurs ou une « expérience de la nature » mal comprise par les chasseurs de loisir. Un calcul en coûts complets montre que la chasse milicienne coûte nettement plus cher au contribuable qu'elle ne rapporte (cf. «Ce que la chasse de loisir coûte réellement à la Suisse» sur wildbeimwild.com).

Les chasseurs de loisir en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby de la chasse de loisir combat systématiquement les préoccupations en matière de biodiversité et de protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative pour la biodiversité (63 pour cent de non). En 2020, la loi sur la chasse, qu'il avait contribué à façonner, a échoué devant le peuple (51,9 pour cent de non). En 2016, l'association des chasseurs tessinois a torpillé le parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs de loisir ont, au parlement, majoritairement politisé contre les préoccupations environnementales. Quiconque affirme que les chasseurs de loisir sont des protecteurs de la nature ignore leur comportement de vote (cf. Association des chasseurs tessinois : 30 ans d'absurdités et Dossier des coûts).

7. Compatibilité avec le droit supérieur

L'initiative est conforme au droit fédéral. Art. 3 al. 1 et 2 LChP, les trois systèmes de chasse équivalents, plus de 50 ans de pratique incontestée à Genève. La fin des baux de chasse par non-renouvellement ne porte pas atteinte à la garantie de la propriété, puisqu'il s'agit de contrats de droit public à durée déterminée, sur le renouvellement desquels il n'existe aucun droit. L'art. 7a LChP permet la régulation préventive, mais n'y oblige pas. Il en va de même pour les autorisations de tir d'animaux isolés selon l'art. 12 al. 2 LChP. L'initiative respecte l'unité de la matière.

8. Anticipation des objections prévisibles

« Soleure est presque trois fois plus grand que Genève »

Les faits : La surface plus grande nécessite davantage de personnel spécialisé (3 à 4 postes à temps plein au lieu d'environ 3), mais cela ne change rien au principe de base. Les coûts évoluent proportionnellement, et les coûts par habitant restent compris entre 1.05 et 2.05 francs, car Soleure dispose, avec environ 290'000 habitants, d'une base de population suffisante.

Formule communicative courte : « Plus de surface nécessite plus de personnel spécialisé. Mais avec environ 290'000 habitants, cela coûte environ 1 à 2 francs par personne et par année. »

« Les recettes locatives sont perdues »

Les faits : À Soleure, les loyers de chasse reviennent au canton et sont marginaux dans le budget cantonal. L'initiative garantit le financement de la gestion de la faune sauvage indépendamment de cela. Et les animaux sauvages ne sont plus tués par plaisir de loisir.

Formule communicative courte : « Les recettes locatives sont de la menue monnaie dans le budget cantonal. Le service de la faune est assuré, et les animaux vivent. »

« Les sociétés de chasse accomplissent un travail précieux »

Les faits : Les sociétés de chasse remplissent une obligation contractuelle en contrepartie du droit de tuer des animaux sauvages. Dans le système professionnel, ces tâches sont mieux prises en charge : avec une meilleure formation et sans le conflit d'intérêts inhérent au système de la chasse de loisir (voir le Psychologie de la chasse dans le canton de Soleure).

Formule communicative courte : «Les sociétés de chasse n'accomplissent pas une corvée. Elles remplissent une obligation contractuelle pour le droit de tuer. Des professionnels peuvent faire mieux.»

9. Résumé

Cette initiative donne à la population soleuroise la possibilité de se prononcer en faveur d'une gestion moderne et fondée sur des preuves des animaux sauvages. La situation au pied sud du Jura, avec le lynx, le castor et le loup, fait de la protection professionnelle de la faune une nécessité concrète. Les coûts sont raisonnables, entre 1.05 et 2.05 francs par habitant, la base légale est assurée, et avec 3’000 signatures en 18 mois, l'obstacle est franchissable.

Comité d'initiative «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»

[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …

(Membres du comité selon le droit cantonal, domiciliés dans le canton de Soleure)

Adresse de contact : [adresse du comité]

Annexe : documentation complémentaire

Le modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot

Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien-ueber-die-auswirkung-der-jagd-auf-wildtiere-und-jaeger

La chasse en Suisse : wildbeimwild.com/warum-die-hobby-jagd-in-der-schweiz-kein-naturschutz-ist

Psychologie de la chasse dans le canton de Soleure : wildbeimwild.com : Psychologie de la chasse dans le canton de SO

Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd

Dossier loup : wildbeimwild.com/dossiers/wolf-in-der-schweiz-fakten-politik-und-die-grenzen-der-jagd

Animaux sauvages et prédateurs : wildbeimwild.com/category/wildtiere. Informations sur les animaux sauvages, les prédateurs et la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.

Mythes de la chasse : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen. Vérification des faits sur les affirmations les plus courantes du lobby de la chasse de loisir.

Initiative populaire cantonale Bâle-Ville : Texte type de l'initiative dans le canton de Bâle-Ville

Remarque sur la procédure

Le comité d'initiative soumet le texte de l'initiative à la Chancellerie d'Etat du canton de Soleure pour examen préalable avant le début de la récolte des signatures. L'aboutissement de l'initiative nécessite 3’000 signatures valables. Le délai de récolte est de 18 mois à compter de la publication dans la Feuille officielle. Les modalités de dépôt sont régies par la loi cantonale sur les droits politiques.

Briefing stratégique pour les militantes et militants

Initiative populaire «Pour une protection professionnelle de la faune», canton de Soleure Document de travail interne, état en mars 2026

Résumé

Soleure est le troisième canton à chasse à territoire de la série (après BL et SH) et revêt une importance stratégique comme pont entre Bâle et le Plateau. La situation au pied sud du Jura rend l'article sur la protection des espèces particulièrement pertinent (lynx, castor, loup). Les 3’000 signatures en 18 mois sont réalisables, et les coûts par habitant de 1.05 à 2.05 francs sont avantageux.

1. Pourquoi Soleure ?

Le pied sud du Jura comme région clé. Le lynx vit dans le Jura soleurois, le castor le long de l'Aar, le loup traverse la région. La gestion professionnelle de la faune n'y est pas une abstraction.

Voisinage avec Bâle.Un succès à Soleure, combiné à Bâle-Campagne, créerait une zone continue allant du Rhin jusqu'à l'Aar.

Canton mixte.Urbain (Olten, Soleure, Granges) et rural (Thal, Gäu). Cas d'essai idéal pour le Plateau.

3’000 signatures en 18 mois.Réalisable avec le soutien des associations.

2. Les enseignements de Zurich

Erreur 1 de Zurich : un titre conflictuel.Notre titre «Pour une protection professionnelle de la faune» est positif.

Erreur zurichoise n° 2 : l'argument des coûts resté sans réponse.Notre initiative contient un calcul budgétaire détaillé : de 1,05 à 2,05 francs par habitant.

Erreur n° 3 de Zurich : aucun soutien des partis.Il faut établir des contacts précoces avec le PS, les Verts et le PVL.

3. Stratégie de communication : les trois messages clés

«Genève le fait depuis 50 ans. Ce qui fonctionne là-bas fonctionne aussi ici.»

«Professionnel plutôt qu'amateur. Des spécialistes plutôt que des tireurs de loisir.»

«Environ 1 à 2 francs par personne et par an. C'est le prix d'un demi-café.»

4. Analyse des opposants

Les sociétés de chassesont ancrés localement et combattront la perte de leurs réserves de chasse louées. La campagne doit rester factuelle et mettre l'accent sur le financement garanti.

Le cantonmettra en avant la perte des recettes locatives. Réponse : marginale, et les économies réalisées sur l'administration de la chasse en compensent une partie.

L'argument des coûtsest facilement réfutable avec 1,05 à 2,05 francs par habitant. C'est moins qu'à Genève (2,40 francs).

5. Calendrier

Phase Contenu Délai
Constitution du comité & prévérification du texte Faire appel à une juriste ou un juriste ; recruter les membres du comité conformément au droit cantonal, avec domicile dans le canton de Soleure Mois 1–3
Dépôt pour prévérification Chancellerie d'État de Soleure Mois 3–4
Publication & lancement de la récolte Délai de 18 mois ; objectif : 3'500 signatures et plus comme marge de sécurité Mois 4
Contacts avec les partis & construction de coalitions PS, Verts, PVL ; impliquer les associations de protection de la nature Mois 1–12
Dépôt des signatures Chancellerie d'État, vérification officielle Mois 20–22
Débat au Parlement cantonal Ancrage parlementaire ; travail médiatique Mois 23–30
Campagne de votation Mobilisation finale, infographies, présence médiatique Mois 30–36

6. Matériel de campagne

7. Sources complémentaires

Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par des militantes et militants, des organisations ou des comités d'initiative, et adapté aux réalités du canton de Soleure.

Vérification des faits : les affirmations du lobby de la chasse de loisir

La brochure «Die Jagd in der Schweiz schützt und nützt» (La chasse en Suisse protège et sert) publiée par ChasseSuisse se lit comme un prospectus publicitaire, mais ses affirmations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix récits passés au crible, de la «mission étatique» à la «biodiversité» en passant par les «80 % d'approbation» : Dossier : vérification des faits de la brochure de ChasseSuisse →