Initiative populaire cantonale : canton de Bâle-Campagne
«Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»
Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet rédigé
En vertu de l'article 28 de la Constitution du canton de Bâle-Campagne du 17 mai 1984 et de la loi sur les droits politiques (GpR)
Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]
Texte de l'initiative
Les personnes soussignées, habilitées à voter dans le canton de Bâle-Campagne, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :
La Constitution du canton de Bâle-Campagne du 17 mai 1984 est complétée par les paragraphes suivants :
§ [nouveau] Protection professionnelle de la faune sauvage
1 L'exercice de la chasse par des personnes privées (chasse à territoire, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton de Bâle-Campagne. Les baux de chasse existants entre les communes et les sociétés de chasse ne seront pas renouvelés.
2 La protection, les soins et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages relèvent exclusivement de gestionnaires de la faune sauvage spécialement formés, au service du canton.
3 Le tir d'animaux sauvages n'est admissible qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de défense contre les dangers ont été épuisées ou se révèlent insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la commission de la faune sauvage.
4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection animale et de la nature, du monde scientifique ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et statue sur les mesures de régulation.
5 Le canton encourage la régulation naturelle des populations sauvages, la mise en réseau des habitats et la coexistence entre l'homme et les animaux sauvages dans les zones habitées et agricoles.
6 Le canton indemnise les communes pour la perte des revenus liés aux baux de chasse, dans le cadre de la législation d'exécution.
7 La loi règle les modalités.
§ [nouveau] Protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées
1 Le canton renonce à la régulation des populations d'espèces d'animaux sauvages protégées au sens de l'art. 7a de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages et ne délivre aucune autorisation de tir pour des animaux isolés d'espèces protégées au sens de l'art. 12 al. 2 de cette loi, en particulier pas pour le loup, le lynx, l'ours, le castor, la loutre, le chacal doré, l'aigle royal, le harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral. L'alinéa 3 est réservé.
2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et le suivi scientifique de la présence de la faune sauvage.
3 Des mesures contre des animaux sauvages isolés qui représentent un danger immédiat et considérable pour les personnes restent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et exécutées par le service spécialisé compétent du canton.
4 Le canton s'engage activement, dans le cadre de la collaboration intercantonale et auprès de la Confédération, en faveur de la protection et de la préservation des espèces d'animaux sauvages menacées.
Disposition transitoire
1 Le Conseil d'État édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans un délai de deux ans à compter de l'adoption de cette modification constitutionnelle.
2 Les baux de chasse existants prennent fin au prochain renouvellement contractuel ordinaire, mais au plus tard dans les cinq ans suivant l'entrée en vigueur de la législation d'exécution.
3 Le Conseil d'État assure la continuité de la gestion de la faune sauvage durant la phase transitoire et règle l'indemnisation des communes pour la perte des revenus liés aux baux de chasse.
Explications
1. Situation initiale
Le canton de Bâle-Campagne couvre 518 km² et compte près de 300'000 habitantes et habitants. Il s'étend des banlieues densément peuplées de la ville de Bâle (district d'Arlesheim), en passant par la vallée de l'Ergolz et le Tafeljura (districts de Liestal et de Sissach), jusqu'à la vallée du Waldenburgertal (district de Waldenburg) et le Laufental (district de Laufon). Environ 40 % de la surface du canton est boisée, et une part similaire est exploitée à des fins agricoles.
Dans le canton de Bâle-Campagne, la chasse de loisir est organisée sous forme de chasse à territoire. Le droit de chasse appartient aux communes, qui le confient par contrat de bail à des sociétés de chasse. Ces sociétés de chasse se composent de chasseuses et de chasseurs de loisir qui tuent des animaux sauvages par loisir. Le système de la chasse à territoire engendre une dynamique particulièrement problématique : les sociétés de chasse sont ancrées localement, souvent liées sur le plan personnel aux conseils communaux et aux bourgeoisies, et forment des cercles fermés auxquels les personnes extérieures n'ont guère accès (voir l'analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com ainsi que par le psychologie de la chasse dans le canton de Bâle-Campagne).
L'affirmation selon laquelle l'équilibre écologique s'effondrerait sans la chasse de loisir est réfutée empiriquement depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (voir le dossier complet sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com). La chasse de loisir ne sert ni à la protection des espèces ni à une gestion moderne de la faune sauvage. Elle consiste en l'exercice d'un loisir sanglant aux dépens d'êtres sensibles, légitimé par des récits dépassés qui ne résistent pas à un examen scientifique.
Parallèlement, de plus en plus d'espèces animales sauvages protégées subissent des pressions au niveau fédéral. Avec la révision de la loi sur la chasse en décembre 2022, la régulation préventive du loup a été introduite. Lors des deux premières périodes de régulation 2023/2024 et 2024/2025, l'OFEV a autorisé le tir d'un total d'environ 225 loups ; 147 animaux ont effectivement été abattus. En décembre 2024, le statut de protection du loup dans la Convention de Berne a été rétrogradé de «strictement protégé» à «protégé». La pression politique sur d'autres espèces telles que le lynx, le castor, la loutre et le harle bièvre ne cesse d'augmenter (voir la analyse de la politique de la chasse sur wildbeimwild.com).
Le canton de Bâle-Campagne a la possibilité, conjointement avec le canton voisin de Bâle-Ville, de donner un signal clair : en faveur d'une protection professionnelle de la faune sauvage plutôt que de la chasse de loisir, et pour une protection cohérente des espèces animales sauvages menacées à l'échelon cantonal.
2. Le modèle : le canton de Genève
Le 19 mai 1974, un peu plus de 70 pour cent des votants du canton de Genève ont approuvé la suppression de la chasse de loisir en milice. Avant cette interdiction, le grand gibier était pratiquement exterminé dans le canton : les cerfs et les sangliers avaient disparu depuis des décennies, et il ne restait que quelques dizaines de chevreuils. Plus de 400 chasseurs de loisir lâchaient massivement des faisans, des perdrix grises et des lièvres pour la chasse de loisir.
Les expériences depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :
- La biodiversité a nettement augmenté. Le nombre d'oiseaux d'eau hivernants s'est multiplié, passant de quelques centaines à environ 30’000. La région du lac Léman et du Rhône a acquis une importance internationale pour la protection des oiseaux.
- Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres bruns et l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse. Avant la votation de 1974, le lobby de la chasse de loisir avait affirmé que, sans la chasse de loisir, le lièvre brun serait Prédateurs. C'est le contraire qui s'est produit.
- Le canton dispose aujourd'hui d'une population croissante d'environ 60 à 100 cerfs et d'environ 680 chevreuils (2024, selon la statistique fédérale de la chasse de l'OFEV). La population de chevreuils a doublé depuis 2015, passant d'environ 330 à 680 animaux, avec un tir spécial annuel réalisé par des gardes-faune professionnels de seulement 20 à 36 animaux. Le service de la faune professionnel intervient de manière ciblée et dans une mesure minimale, au lieu de viser des chiffres de tir aussi élevés que possible comme dans la chasse de loisir.
- L'interdiction est en vigueur sans interruption depuis plus de 50 ans. Genève ne l'a jamais levée.
- Le coût total de la gestion professionnelle de la faune sauvage à Genève s'élève à environ 1,2 million de francs par an, réparti en environ 600'000 francs pour le personnel (environ 3 postes à temps plein), environ 250'000 francs pour la prévention et environ 350'000 francs pour l'indemnisation des dommages. Cela correspond à environ 2.40 francs par habitant et par an. L'efficacité du modèle genevois se révèle dans la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin, en moyenne, pour un tir sanitaire d'un sanglier 8 heures et de 2 cartouches au maximum. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres à Genève est de 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), contre seulement 1,0 pour 100 hectares dans le canton de Zurich (cf. vérification des faits du Conseil d'État de Zurich).
Une présentation détaillée du modèle genevois avec tous les chiffres se trouve dans le dossier « Genève et l'interdiction de la chasse » sur wildbeimwild.com.
3. Le concept : un service de la faune professionnel plutôt que la chasse de loisir
L'initiative ne remplace pas la chasse de loisir par un vide, mais par une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle du garde-faune. Ce modèle repose sur les principes suivants :
Compétence professionnelle plutôt que loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune sauvage agissent sur une base scientifique, avec une formation biologique et dans le cadre d'un mandat de prestations cantonal. Leur objectif est la préservation de populations d'animaux sauvages en bonne santé, et non la maximisation des chiffres de tir. À l'inverse, la chasse de loisir poursuit, de par son système même, l'intérêt de garantir sa propre raison d'être par des populations élevées d'espèces chassables (cf. la analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).
Principe de l'ultima ratio. Un tir n'est admissible que lorsque toutes les mesures non létales ont été épuisées. Celles-ci comprennent les clôtures électriques, l'effarouchement, l'aménagement de l'habitat, la relocalisation, les répulsifs gustatifs et les mesures de protection constructives. À Genève, les arbres fruitiers sont protégés par des filets afin que les chevreuils et les lièvres ne rongent pas l'écorce. Pour les sangliers, le canton met des clôtures électriques à disposition des agriculteurs. Cette pratique le montre : la coexistence est une question de volonté, et non de possibilité technique.
Contrôle démocratique par une commission de la faune sauvage. La commission indépendante, composée de représentants d'associations de protection des animaux et de la nature, de la science et des autorités, empêche que la pression politique de groupes d'intérêts particuliers ne dilue la gestion de la faune sauvage. L'initiative bâloise ancre ce mécanisme de protection dans la constitution en inscrivant l'obligation d'approbation de la commission de la faune sauvage.
Autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses Études l'atteste : les populations sauvages se régulent dans la plupart des cas de manière autonome. La chasse de loisir perturbe ce processus naturel en détruisant les structures sociales, en augmentant artificiellement les taux de reproduction et en modifiant les mouvements migratoires.
4. Pourquoi Bâle-Campagne ?
Bâle-Campagne se prête particulièrement bien, pour plusieurs raisons, à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune sauvage :
Le seuil de signatures le plus bas. Pour une initiative populaire cantonale à Bâle-Campagne, seules 1'500 signatures valables sont nécessaires, avec un délai de récolte de 24 mois (2 ans). C'est l'un des seuils les plus bas de Suisse et il est réalistement atteignable.
Structure administrative commune avec Bâle-Ville. Bâle-Campagne et Bâle-Ville exploitent conjointement l'Office des forêts et de la faune des deux Bâle. Cette structure existante simplifie considérablement le changement de système : la base institutionnelle pour une gestion professionnelle de la faune sauvage est déjà en place. Si Bâle-Ville devait accepter l'initiative parallèle, un système uniforme verrait le jour sur l'ensemble de la grande région de Bâle.
Superficie modeste. Avec ses 518 km², Bâle-Campagne fait partie des cantons suisses plus petits. La transition est praticable et financièrement supportable. Les coûts concrets sont exposés à la section 7.
La chasse à territoire comme point faible. La chasse à territoire à Bâle-Campagne est un système de cercles fermés. Le droit de chasse appartient aux communes, qui l'affermissent à des sociétés de chasse. Ces sociétés décident elles-mêmes qui y est admis et forment des structures de pouvoir locales qui ne sont ni démocratiquement légitimées ni soumises à un contrôle professionnel. La population n'a de fait aucune influence sur la question de savoir qui, dans sa commune, tue quels animaux sauvages, en quel nombre et selon quels critères. L'initiative redonne à la population ce contrôle (voir psychologie de la chasse dans le canton de Bâle-Campagne).
Tendance à l'urbanisation. Le district d'Arlesheim, où vit plus de 40 pour cent de la population cantonale, est presque entièrement urbanisé et jouxte directement la ville de Bâle. L'urbanisation progresse également dans les autres districts. La tradition de culture cynégétique est moins profondément ancrée à Bâle-Campagne que dans les cantons alpins.
Effet de signal. Un succès à Bâle-Campagne constituerait, après Genève et éventuellement Bâle-Ville, un nouvel exemple suisse de protection professionnelle de la faune. Un double succès des deux Bâle aurait un effet de signal qui dépasserait largement la région.
5. Sur le premier paragraphe : Protection professionnelle de la faune
Alinéa 1 : interdiction de la chasse de loisir et fin des baux de chasse
L'interdiction de la chasse de loisir par des particuliers constitue le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois (art. 162 de la Constitution cantonale genevoise). La compétence cantonale en la matière est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément aux cantons l'organisation du régime de la chasse (art. 3 al. 1 et 2 LChP). Les trois systèmes de chasse en Suisse (chasse à patente, chasse à territoire et chasse d'État ou en régie) sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974, en conformité avec le droit fédéral.
L'ajout relatif au non-renouvellement des baux de chasse est spécifique et nécessaire pour Bâle-Campagne, car, à la différence de Bâle-Ville, il existe ici un système d'affermage couvrant l'ensemble du territoire. La formulation respecte les engagements contractuels existants en n'exigeant pas une résiliation immédiate, mais en laissant les contrats arriver à échéance à la prochaine date de renouvellement ordinaire.
Alinéa 2 : gestion professionnelle de la faune sauvage
À la place des chasseuses et chasseurs de loisir, des gestionnaires de la faune formés professionnellement, employés par le canton, assument l'ensemble des tâches de gestion de la faune sauvage et, lorsque nécessaire, de régulation des populations. L'office actuel des forêts et de la faune des deux Bâle offre la plateforme institutionnelle idéale pour l'implantation de ces services spécialisés.
Alinéa 3 : le tir comme ultima ratio
La nouveauté centrale par rapport au système actuel : un tir n'est pas la règle, mais l'exception. Les mesures passives ont la priorité. À Genève, environ 250 sangliers sont tirés en moyenne chaque année par les gardes-faune, les animaux meneurs étant explicitement épargnés pour des raisons éthiques et afin de préserver la stabilité sociale des compagnies. Les chiffres de tir sont ainsi nettement inférieurs à ceux de cantons comparables pratiquant la chasse de loisir, où les tirs servent non seulement à prévenir les dégâts, mais avant tout au loisir.
Alinéa 4 : commission de la faune sauvage
La commission indépendante de la faune sauvage s'inspire du modèle genevois. Elle garantit que les associations de protection des animaux et de la nature disposent d'un droit de participation aux décisions de régulation, et empêche que le gouvernement n'accorde seul, sous la pression de groupes d'intérêts, des dérogations. L'implication de la science garantit que les décisions reposent sur des bases factuelles et non sur les mythes idéologiques de la chasse avec lesquels le lobby de la chasse de loisir légitime sa pratique depuis des décennies.
Alinéa 5 : régulation naturelle et coexistence
Dans le canton de Bâle-Campagne, la mise en réseau des habitats est particulièrement importante : le canton se situe à la charnière entre la ceinture d'agglomération densément peuplée et les zones forestières encore relativement intactes du Jura. Les corridors fauniques entre ces espaces paysagers sont indispensables à la diversité génétique et à la dispersion naturelle des espèces. Le système actuel de la chasse à territoire fragmente encore davantage ces corridors, car chaque société de chasse gère son territoire de manière indépendante, sans coordination globale au-delà des limites des réserves de chasse (cf. wildbeimwild.com sur les animaux sauvages en zone urbanisée).
Alinéa 6 : Indemnisation des communes
Cet alinéa est spécifique et central pour Bâle-Campagne en tant que canton pratiquant la chasse à territoire. Dans la chasse à territoire, les revenus des baux reviennent aux communes. Ces recettes sont fiscalement insignifiantes pour la plupart des communes (les loyers annuels par réserve de chasse se situent typiquement dans la fourchette basse à cinq chiffres), mais sont instrumentalisées par les responsables politiques communaux comme argument contre le changement de système. L'initiative répond à cette objection en garantissant constitutionnellement une indemnisation cantonale pour la perte des recettes de bail.
Dispositions transitoires
Le délai de deux ans prévu pour la législation d'exécution correspond au texte type pour Bâle-Ville. L'ajout concernant la clause d'extinction des baux de chasse est spécifique à Bâle-Campagne : les contrats existants ne sont pas résiliés immédiatement, mais arrivent à échéance à la prochaine date de renouvellement ordinaire, au plus tard toutefois dans un délai de cinq ans. Ce généreux délai transitoire respecte les relations contractuelles existantes et laisse aux communes suffisamment de temps pour s'adapter.
6. Sur le deuxième paragraphe : protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées
Alinéa 1 : renoncement à la régulation préventive des espèces protégées
Le cœur de cet article est le renoncement délibéré du canton à la possibilité de déposer auprès de la Confédération des demandes de régulation préventive des populations d'espèces protégées. La loi fédérale révisée sur la chasse (art. 7a LChP) habilite les cantons à procéder à une régulation préventive, mais ne les y oblige pas. Il en va de même pour les autorisations de tir d'animaux isolés selon l'art. 12 al. 2 LChP. Par cet article, le canton se contente d'exercer sa compétence de renoncer à faire usage d'une habilitation prévue par le droit fédéral.
Cela revêt une importance particulière pour Bâle-Campagne, où plusieurs espèces protégées sont effectivement présentes ou en expansion : le castor est documenté le long de la Birse, de l'Ergolz et d'autres cours d'eau. Le lynx est régulièrement attesté dans la région jurassienne du canton. Le retour de la loutre en Suisse du Nord-Ouest est prévisible (voir la analyse de la politique du loup sur wildbeimwild.com).
Alinéa 2 : coexistence et prévention passive des dommages
Au lieu de recourir aux tirs, le canton mise sur des mesures préventives non létales. À Bâle-Campagne, cela concerne en particulier la coexistence avec le castor, dont les barrages et l'activité de creusement entraînent parfois des conflits avec l'agriculture et la protection contre les crues. Une gestion professionnelle du castor, selon le modèle genevois, mise sur des mesures de protection constructives, des systèmes de drainage et, le cas échéant, une relocalisation réalisée dans les règles de l'art, plutôt que sur des tirs.
Alinéa 3 : réserve pour la prévention des dangers
Cette réserve garantit que le canton puisse remplir son devoir de prévention des dangers. La double restriction (« immédiat » et « important ») empêche que cette réserve ne soit détournée pour servir de porte d'entrée à des tirs de routine.
Alinéa 4 : politique de protection active vis-à-vis de la Confédération
Cet alinéa oblige le canton à s'engager activement pour la protection des espèces dans le cadre de la collaboration intercantonale et des consultations relatives aux ordonnances fédérales. Bâle-Campagne pourrait, conjointement avec Bâle-Ville en tant que canton double, constituer une voix claire en faveur de la protection des espèces menacées dans le débat national.
7. Conséquences financières : budget concret pour Bâle-Campagne
Le budget de référence genevois
À Genève, qui avec 282 km² est environ deux fois plus petit que Bâle-Campagne et compte environ 500'000 habitants, les coûts globaux d'une gestion professionnelle de la faune s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an : environ 600'000 francs pour le personnel (env. 3 postes à temps plein), environ 250'000 francs pour la prévention et environ 350'000 francs pour l'indemnisation des dommages.
Extrapolation pour Bâle-Campagne
Pour Bâle-Campagne, avec une superficie de 518 km² et près de 300'000 habitantes et habitants, il en résulte l'estimation de coûts réaliste suivante :
Coûts de personnel : 360'000 à 480'000 francs par an. Il faut 3 à 4 postes à temps plein pour des gestionnaires professionnels de la faune sauvage. Un poste à temps plein dans le service cantonal coûte, charges sociales et frais annexes d'employeur compris, environ 120'000 à 140'000 francs par an. Ces spécialistes peuvent être rattachés à l'Office des forêts et de la faune des deux Bâle déjà existant.
Frais de matériel : 80'000 à 120'000 francs par an. Cela comprend l'équipement, les véhicules, les dispositifs d'effarouchement, l'infrastructure de monitoring (pièges photographiques, émetteurs GPS), les clôtures électriques pour les exploitations agricoles, la protection des arbres et le travail de communication publique.
Indemnisation des dommages : 50'000 à 100'000 francs par an. Principalement les dommages causés par les sangliers aux cultures, les dégâts d'abroutissement causés par les chevreuils en forêt et occasionnellement les dommages causés par les castors aux berges.
Indemnisation des communes : 100'000 à 200'000 francs par an. Les recettes des communes provenant du bail de chasse se situent typiquement dans la fourchette basse à cinq chiffres par réserve de chasse.
Coûts totaux : 590'000 à 900'000 francs par an. Cela correspond à environ 2.00 à 3.05 francs par habitant et par an (brut).
Recettes supprimées
Avec la suppression de la chasse de loisir, les recettes locatives de la chasse à territoire, estimées entre 200’000 et 400’000 francs par an, disparaissent. Elles sont toutefois à mettre en regard des coûts externes jamais comptabilisés de la chasse de milice (accidents de gibier, dégâts d'abroutissement liés à la chasse dans la forêt protectrice, charges administratives, interventions policières et judiciaires), qui devraient nettement dépasser ces recettes. Dans le canton de Genève, ces recettes ont disparu depuis 1974, sans que cela pose de problèmes financiers : avant l'interdiction de la chasse, plus de 400 chasseurs de loisir étaient actifs, alors qu'aujourd'hui trois postes à plein temps accomplissent le même travail, et mieux. Les tirs sanitaires et thérapeutiques effectués par des gardes-faune professionnels n'ont rien à voir avec une chasse régulatrice fondée sur le folklore des chasseurs ou une « expérience de la nature » mal comprise par les chasseurs de loisir. Un calcul en coûts complets le montre : la chasse de milice coûte nettement plus au contribuable qu'elle ne rapporte (cf. «Ce que la chasse de loisir coûte réellement à la Suisse» sur wildbeimwild.com).
Les chasseurs de loisir en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby de la chasse de loisir combat systématiquement les préoccupations en matière de biodiversité et de protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative pour la biodiversité (63 pour cent de non). En 2020, la loi sur la chasse, qu'il avait contribué à façonner, a échoué devant le peuple (51,9 pour cent de non). En 2016, l'association des chasseurs tessinois a torpillé le parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs de loisir ont, au parlement, majoritairement politisé contre les préoccupations environnementales. Quiconque affirme que les chasseurs de loisir sont des protecteurs de la nature ignore leur comportement de vote (cf. Association des chasseurs tessinois : 30 ans d'absurdités et Dossier des coûts).
Économies et surcoûts nets
Face à cela se trouvent des économies : le canton n'a plus besoin de gérer les baux de chasse, de faire passer les examens de chasse ni d'organiser la surveillance de la chasse. L'ancien inspecteur de la faune genevois Gottlieb Dandliker a souligné que l'organisation d'une chasse à patente nécessiterait au moins deux postes à temps plein ; pour la gestion de la chasse à territoire avec ses baux, ses planifications de réserves de chasse et ses contrôles de plans de tir, la charge de travail serait vraisemblablement comparable. Une estimation réaliste du surcoûts nets se situe entre 300’000 et 500’000 francs par an, ce qui correspond à environ 1.00 à 1.70 franc par habitant.
8. Compatibilité avec le droit supérieur
L'initiative est conforme au droit fédéral. La loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément aux cantons le soin de régler le droit de chasse, le système de chasse, le territoire de chasse et la surveillance de la chasse (art. 3 al. 1 et 2 LChP). Les trois systèmes de chasse (chasse à patente, chasse à territoire et chasse en régie) sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974 et n'a jamais fait l'objet d'une contestation au regard du droit fédéral en plus de 50 ans.
La résiliation des baux de chasse par non-renouvellement ne porte pas atteinte à la garantie de la propriété, car les baux de chasse sont des contrats de droit public à durée déterminée, dont le renouvellement ne constitue pas un droit. Le généreux délai transitoire pouvant aller jusqu'à cinq ans respecte la protection de la confiance légitime.
L'art. 7a LChP permet aux cantons de pratiquer une régulation préventive, mais ne les y oblige pas. Renoncer à cette possibilité ne viole ni le droit fédéral ni la Convention de Berne. L'initiative respecte l'unité de la matière, puisque toutes les dispositions se rapportent à la gestion cantonale de la faune et à la protection des animaux vivant à l'état sauvage.
9. Anticipation des objections prévisibles
«Bâle-Campagne n'est pas un canton-ville, le modèle genevois ne fonctionne pas ici»
Les faits : Avec 282 km², Genève a une superficie environ deux fois moindre que Bâle-Campagne et dispose également de surfaces agricoles importantes, notamment viticoles, de terres cultivées et de prairies. Les populations de sangliers y sont stables, les tirs effectués par des gardes-faune professionnels atteignant en moyenne environ 250 animaux par an. Le système fonctionne aussi dans un paysage à usage mixte.
Formule communicative courte : «Genève a des vignobles, des champs et des forêts, et la protection professionnelle de la faune y fonctionne depuis 50 ans. Ce qui fonctionne à Genève fonctionne aussi à Bâle-Campagne.»
«Les communes perdent leurs recettes de bail»
Les faits : Les recettes du bail de chasse sont, pour la plupart des communes, fiscalement marginales. L'initiative prévoit une indemnisation cantonale pour la suppression de ces recettes (alinéa 6). Il ne saurait être question d'expropriation : le droit de chasse des communes n'est pas supprimé, seul le droit de l'affermer à des particuliers est remplacé par une mise en œuvre professionnelle.
Formule communicative courte : «Les recettes du bail ne représentent qu'un montant minime dans le budget communal. L'initiative indemnise les communes, et les animaux sauvages ne sont plus tués pour le loisir.»
«Les sociétés de chasse fournissent un travail précieux pour les communes»
Les faits : Les sociétés de chasse sont contractuellement tenues de fournir ces prestations : elles ne le font pas par complaisance, mais en contrepartie du droit de tuer des animaux sauvages. Dans un système professionnel, ces tâches sont mieux assurées : les gestionnaires professionnels de la faune effectuent la récupération des animaux tués accidentellement, la recherche au sang et la prévention des dégâts dans le cadre de leur mandat de prestations, avec une meilleure formation et sans le conflit d'intérêts inhérent au système de la chasse de loisir (cf. Analyse des mythes de la chasse sur wildbeimwild.com).
Formule communicative courte : «Les sociétés de chasse n'accomplissent pas une ‹corvée›. Elles s'acquittent d'une obligation contractuelle, en contrepartie du droit de tuer des animaux sauvages. Des professionnels qualifiés peuvent le faire mieux, de manière plus indépendante et sans conflit d'intérêts.»
10. L'Office des forêts et de la faune des deux Bâle : une chance plutôt qu'un obstacle
Bâle-Campagne et Bâle-Ville gèrent conjointement l'Office des forêts et de la faune des deux Bâle. Cette structure bicantonale ne constitue pas un obstacle pour l'initiative, mais au contraire une chance particulière. Si Bâle-Ville adoptait l'initiative parallèle, une gestion professionnelle et uniforme de la faune sauvage verrait le jour sur l'ensemble de l'agglomération bâloise. Si seul Bâle-Campagne adoptait l'initiative, la délimitation des compétences serait réglée par le traité intercantonal existant et la convention administrative. L'expérience genevoise montre qu'une gestion professionnelle de la faune sauvage peut être intégrée dans des structures administratives existantes, sans qu'il soit nécessaire de créer une nouvelle autorité.
11. Résumé
Cette initiative offre à la population de Bâle-Campagne la possibilité de se prononcer en faveur d'une gestion moderne et fondée sur des données probantes de la faune sauvage, ainsi que d'une protection globale des espèces animales sauvages menacées. Le premier paragraphe reprend le modèle genevois, éprouvé depuis plus de 50 ans, et remplace la chasse à territoire par une protection professionnelle de la faune sauvage, pour un coût supplémentaire net d'environ 1.00 à 1.70 franc par habitant et par année. Le second paragraphe garantit que le canton de Bâle-Campagne renonce à l'abattage préventif d'espèces protégées et s'engage activement, au contraire, en faveur de leur préservation.
Le résultat serait un Bâle-Campagne où les animaux sauvages ne seraient ni des cibles pour les chasseurs de loisir, ni les victimes d'une politique d'abattage dictée par des motifs politiques, mais protégés professionnellement en tant qu'élément d'un paysage culturel vivant, pour le bien-être des animaux et de l'ensemble de la population.
Comité d'initiative «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»
[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …
(membres du comité selon le droit cantonal, domiciliés dans le canton)
Adresse de contact : [adresse du comité]
Annexe : documentation complémentaire
Le modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot. Présentation complète de la gestion de la faune sauvage à Genève depuis 1974, avec coûts, effectifs et évolution de la biodiversité.
Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien-ueber-die-auswirkung-der-jagd-auf-wildtiere-und-jaeger. Recueil d'études scientifiques sur l'autorégulation des populations sauvages et sur les effets écologiques de la chasse de loisir.
Chasse en Suisse, critique, faits, actualités : wildbeimwild.com/warum-die-hobby-jagd-in-der-schweiz-kein-naturschutz-ist. Aperçu constamment mis à jour de la politique suisse de la chasse.
Psychologie de la chasse dans le canton de Bâle-Campagne : wildbeimwild.com: Psychologie de la chasse dans le canton de BL. Motifs, justifications et dynamiques sociales de la chasse de loisir à Bâle-Campagne.
Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd. Analyses des motifs, justifications et dynamiques sociales de la chasse de loisir.
Dossier loup : wildbeimwild.com/dossiers/wolf-in-der-schweiz-fakten-politik-und-die-grenzen-der-jagd. Évolutions actuelles de la politique relative au loup en Suisse.
Animaux sauvages et prédateurs : wildbeimwild.com/category/wildtiere. Informations sur les animaux sauvages, les prédateurs et la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.
Mythes de la chasse : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen. Vérification des faits sur les affirmations les plus courantes du lobby de la chasse de loisir.
Initiative populaire cantonale Bâle-Ville : Texte type de l'initiative parallèle dans le canton voisin.
Remarque sur la procédure
Avant le début de la récolte des signatures, la liste de signatures doit être soumise à la Chancellerie d'État du canton de Bâle-Campagne pour examen préalable. Le comité d'initiative est composé de personnes ayant le droit de vote et domiciliées dans le canton de Bâle-Campagne. L'aboutissement de l'initiative nécessite 1'500 signatures valables. Le délai de récolte est de 24 mois à compter de la publication dans la feuille officielle. Les modalités de dépôt sont régies par la loi sur les droits politiques du canton de Bâle-Campagne.
Briefing stratégique pour les militantes et militants
Initiative populaire «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage», canton de Bâle-Campagne Document de travail interne, état en mars 2026
Résumé
Bâle-Campagne est, après Bâle-Ville, le deuxième canton stratégiquement le plus important pour une initiative «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage». Le seuil de signatures de 1'500 est extrêmement bas, l'office commun des forêts et de la faune offre un pont institutionnel, et un double succès des deux Bâle aurait un effet de signal dépassant largement la région. Le plus grand défi est l'ancrage plus fort de la chasse à territoire dans la partie rurale du canton.
1. Pourquoi Bâle-Campagne ?
L'un des seuils les plus bas de Suisse. À Bâle-Campagne, seules 1'500 signatures valables sont nécessaires pour une initiative populaire cantonale, avec un délai de récolte de 24 mois (2 ans). Les 1'500 signatures sont réalistement atteignables dans un canton comptant à peine 300'000 habitants.
Le pont entre ville et campagne. Bâle-Campagne n'est ni un canton purement urbain, ni un canton de montagne. C'est un canton d'agglomération avec des zones urbaines, suburbaines et rurales. C'est précisément ce mélange qui en fait le cas test idéal : si la protection professionnelle de la faune sauvage fonctionne ici, elle fonctionne dans n'importe quel canton du Plateau.
L'office commun comme atout. L'Office des forêts et de la faune des deux Bâle constitue déjà la base institutionnelle de la gestion de la faune sauvage dans les deux cantons. Le changement de système ne nécessite pas une nouvelle autorité, mais une réaffectation des ressources existantes.
La chasse à territoire comme talon d'Achille. Le système des sociétés d'affermage fermées peut être présenté comme antidémocratique et opaque. La population n'a aucune influence sur qui tue des animaux sauvages dans sa commune. L'initiative rend ce contrôle à la population.
2. Leçons de Zurich, et pourquoi BL est différent
Erreur 1 de Zurich : un titre conflictuel. «Garde-faune au lieu de chasseurs» se définissait par rapport à l'adversaire. Notre titre «Pour une protection professionnelle de la faune» est positif.
Erreur n° 2 de Zurich : l'argument des coûts est resté sans réponse. Les prétendus 20 millions de francs n'ont jamais été étayés. Notre initiative contient un calcul budgétaire détaillé : des coûts supplémentaires nets d'environ 1.00 à 1.70 franc par habitant.
Erreur n° 3 de Zurich : aucun soutien des partis. Au parlement cantonal, l'initiative a été rejetée sans voix contraire. À Bâle-Campagne, la situation de départ est différente : le PS, les Verts et le PVL sont bien représentés au Landrat.
La différence décisive avec Zurich : Bâle-Campagne, avec ses 518 km², a moins d'un tiers de la surface de Zurich (1'729 km²). Le calcul des coûts est tout autre : à Zurich, le camp adverse a pu faire peur avec des montants se chiffrant en millions. À Bâle-Campagne, on parle de moins d'un million de francs.
3. Le deuxième paragraphe comme élargissement de la coalition
Le paragraphe sur la protection des espèces mobilise au-delà de la scène classique de la protection animale. Particulièrement pertinent pour Bâle-Campagne :
Le castor sur la Birse et l'Ergolz. Le castor est présent dans le canton et est perçu majoritairement de manière positive par la population. Depuis février 2025, les cantons peuvent toutefois autoriser le tir d'individus causant des dommages importants. L'initiative protège le castor dans le canton.
Le lynx dans le Jura. Le lynx est régulièrement observé dans le Jura bâlois. Sa présence est le signe d'écosystèmes intacts.
Les associations de pêche comme alliées. Le débat autour du tir du harle bièvre concerne aussi les pêcheurs, qui dépendent d'écosystèmes aquatiques intacts.
4. Analyse des opposants
Les sociétés de chasse sont les premières concernées. Leur force est leur ancrage local dans les communes. Leur faiblesse est d'être perçues comme des clubs exclusifs et opaques. La question «Qui décide dans votre commune des animaux qui seront tués ?» est communicativement forte.
Les communes déploreront la perte des revenus de bail. La réponse : les montants sont marginaux, et l'initiative prévoit une indemnisation cantonale.
L'association cantonale des chasseurs tentera de discréditer l'initiative en la qualifiant de «citadine et écologiste» et de «déconnectée de la réalité». La réponse : Genève, avec ses vignobles et ses champs, prouve le contraire depuis 50 ans.
5. Stratégie de communication : les trois messages clés
«Genève le démontre depuis 50 ans.» L'argument le plus fort : non pas une expérience de pensée, mais 50 ans de pratique vécue. Plus de biodiversité, des populations stables, en vigueur depuis plus de 50 ans.
«Professionnel plutôt qu'amateur.» La question n'est pas de savoir si les animaux sauvages doivent être gérés, mais par qui : par des professionnels dans l'intérêt public ou par des particuliers comme activité de loisir.
«Moins de deux francs par année.» Les coûts supplémentaires nets s'élèvent à environ 1.00 à 1.70 franc par habitant. Moins d'un demi-café.
6. Calendrier
| Phase | Contenu | Délai |
|---|---|---|
| Constitution du comité & prévérification du texte | Faire appel à un/une juriste ; recruter des membres du comité ayant le droit de vote et domiciliés à BL | Mois 1–3 |
| Coordination avec Bâle-Ville | Concertation avec un éventuel comité d'initiative BS ; planifier un travail médiatique commun | Mois 1–6 |
| Dépôt pour prévérification | Chancellerie d'Etat de Bâle-Campagne | Mois 3–4 |
| Publication & lancement de la récolte | Le délai de 24 mois débute avec la publication dans la feuille officielle ; objectif : 2'000+ signatures comme marge de sécurité | Mois 4 |
| Contacts avec les partis & construction de coalitions | Entretiens préliminaires avec le PS, les Verts, le PVL ; obtenir des lettres de soutien ; associer les organisations de protection de la nature | Mois 1–12 |
| Dépôt des signatures | Chancellerie d'Etat, vérification officielle | Mois 19–21 |
| Débat au Landrat | Ancrage parlementaire ; intensifier le travail médiatique | Mois 22–30 |
| Campagne de votation | Mobilisation finale, infographies, présence médiatique | Mois 30–36 |
7. Matériel de campagne
- Le Dossier genevois sur wildbeimwild.com comme argumentaire central. Préparer les études scientifiques pour les entretiens avec les médias.
- L'psychologie de la chasse dans le canton de Bâle-Campagne comme matériel de référence pour les contacts médiatiques.
- Infographies : comparaison des coûts BL/GE par habitant, évolution de la biodiversité à Genève, «50 ans de succès».
- Médias locaux : Basler Zeitung, bz Basel, Volksstimme, Oberbaselbieter Zeitung, Telebasel.
- Fiches d'information spécifiques aux communes : pour chaque commune disposant d'une réserve de chasse, confronter le revenu concret du bail de chasse au droit à l'indemnisation.
8. Sources complémentaires
- L'interdiction de chasser à Genève en détail
- Études scientifiques
- La chasse en Suisse : critiques, faits, actualités
- Dossier loup
- Vérification des faits sur les mythes de la chasse
- psychologie de la chasse dans le canton de Bâle-Campagne
- Statistique fédérale de la chasse (OFEV)
- Initiative populaire cantonale de Bâle-Ville «Pour une protection professionnelle de la faune»
Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par des activistes, des organisations ou des comités d'initiative et adapté aux réalités du canton de Bâle-Campagne.
Vérification des faits : les affirmations du lobby de la chasse de loisir
La brochure « La chasse en Suisse protège et sert » de ChasseSuisse se lit comme un prospectus publicitaire, mais ses affirmations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix récits passés au crible, de la « tâche de l'Etat » à la « biodiversité » en passant par les « 80 % d'approbation » : Dossier : vérification des faits de la brochure de ChasseSuisse →
