09.10.2026, 15:59

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Initiative populaire cantonale : canton de Schaffhouse

«Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»

Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet rédigé

En vertu de l'art. 27 de la Constitution du canton de Schaffhouse du 17 juin 2002 et de la loi sur les droits politiques

Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]

Texte de l'initiative

Les personnes soussignées, ayant le droit de vote dans le canton de Schaffhouse, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :

La Constitution du canton de Schaffhouse du 17 juin 2002 est complétée par l'article suivant :

Art. [nouveau] Protection professionnelle de la faune sauvage

1 L'exercice de la chasse par des particuliers (chasse à territoire, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton de Schaffhouse. Les baux de chasse existants entre les communes et les sociétés de chasse ne sont pas renouvelés.

2 La protection, les soins et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages relèvent exclusivement de gestionnaires de la faune sauvage spécialement formés, au service du canton.

3 Le tir d'animaux sauvages n'est admissible qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de défense contre les dangers ont été épuisées ou se révèlent insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la commission de la faune sauvage.

4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection animale et de la nature, du monde scientifique ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et statue sur les mesures de régulation.

5 Le canton encourage la régulation naturelle des populations sauvages, la mise en réseau des habitats ainsi que la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.

6 Le canton indemnise les communes pour la perte des revenus liés aux baux de chasse, dans le cadre de la législation d'exécution.

7 La loi règle les modalités.

Art. [nouveau] Protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées

1 Le canton renonce à la régulation des populations d'espèces d'animaux sauvages protégées au sens de l'art. 7a de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages et ne délivre aucune autorisation de tir pour des animaux isolés d'espèces protégées au sens de l'art. 12 al. 2 de cette loi, en particulier pas pour le loup, le lynx, l'ours, le castor, la loutre, le chacal doré, l'aigle royal, le harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral. L'alinéa 3 est réservé.

2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et le suivi scientifique de la présence de la faune sauvage.

3 Des mesures contre des animaux sauvages isolés qui représentent un danger immédiat et considérable pour les personnes restent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et exécutées par le service spécialisé compétent du canton.

4 Le canton s'engage activement, dans le cadre de la collaboration intercantonale et auprès de la Confédération, en faveur de la protection et de la préservation des espèces d'animaux sauvages menacées.

Disposition transitoire

1 Le Conseil d'État édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans un délai de deux ans à compter de l'adoption de cette modification constitutionnelle.

2 Les baux de chasse existants prennent fin au prochain renouvellement contractuel ordinaire, mais au plus tard dans les cinq ans suivant l'entrée en vigueur de la législation d'exécution.

3 Le Conseil d'État assure la continuité de la gestion de la faune sauvage durant la phase transitoire et règle l'indemnisation des communes pour la perte des revenus liés aux baux de chasse.

Explications

1. Situation initiale

Le canton de Schaffhouse couvre 298 km² et compte environ 85'000 habitantes et habitants. Canton le plus septentrional de Suisse, il se situe presque entièrement sur la rive droite du Rhin supérieur, entouré sur trois côtés par le territoire allemand. La surface cantonale est composée à environ 43 pour cent de forêt et à environ 40 pour cent de surface agricole utile. Le Randen, un contrefort du Jura, constitue la plus grande zone forestière d'un seul tenant du canton.

À Schaffhouse, la chasse de loisir est organisée sous forme de chasse à territoire. Le droit de chasse appartient aux communes politiques, qui le cèdent par bail à des sociétés de chasse. Les sociétés de chasse schaffhousoises sont, comme dans tous les cantons à chasse à territoire, des cercles fermés qui louent le droit de tuer des animaux sauvages et dont la composition et l'activité échappent largement au public (cf. Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Schaffhouse ainsi que par le analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).

L'affirmation selon laquelle l'équilibre écologique s'effondrerait sans la chasse de loisir est réfutée empiriquement depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (voir le dossier complet sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com). Une comparaison particulièrement frappante : Schaffhouse enregistre près de 2'000 tirs rien que pour les ongulés, ainsi que des centaines de Prédateurs par an, alors que Genève se contente d'environ 327 sangliers, 36 chevreuils et 19 cerfs par an. Renards, blaireaux, lièvres bruns ? Zéro.

Parallèlement, de plus en plus d'espèces d'animaux sauvages protégées subissent des pressions au niveau fédéral. Avec la révision de la loi sur la chasse en décembre 2022, la régulation préventive du loup a été introduite. Lors des deux premières périodes de régulation 2023/2024 et 2024/2025, l'OFEV a autorisé le tir d'environ 225 loups au total; 147 animaux ont effectivement été abattus. La pression politique sur d'autres espèces telles que le lynx, le castor, la loutre et le harle bièvre ne cesse d'augmenter (cf. la analyse de la politique de la chasse sur wildbeimwild.com).

2. Le modèle : le canton de Genève

Le 19 mai 1974, un peu plus de 70 pour cent des votants du canton de Genève se sont prononcés en faveur de la suppression de la chasse de loisir de milice. Les expériences réalisées depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :

  • La biodiversité a nettement augmenté. Le nombre d'oiseaux d'eau hivernants s'est multiplié, passant de quelques centaines à environ 30'000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres bruns et l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse.
  • La population de chevreuils s'est stabilisée à un niveau sain, avec un tir spécial annuel par des gardes-faune professionnels se limitant à seulement 20 à 36 animaux. Le service de la faune professionnel intervient de manière ciblée et dans une mesure minimale, au lieu de viser des chiffres de tir aussi élevés que possible comme c'est le cas dans la chasse de loisir.
  • L'interdiction est en vigueur sans interruption depuis plus de 50 ans. Genève ne l'a jamais levée.
  • Le coût total de la gestion professionnelle de la faune sauvage s'élève à environ 1,2 million de francs par an, soit environ 2,40 francs par habitant. L'efficacité du modèle genevois se révèle dans une comparaison directe: un garde-faune professionnel à Genève a besoin, en moyenne, pour un tir sanitaire d'un sanglier 8 heures et de 2 cartouches au maximum. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres à Genève est de 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), contre seulement 1,0 pour 100 hectares dans le canton de Zurich (cf. vérification des faits du Conseil d'État de Zurich).

Une présentation détaillée se trouve dans le dossier « Genève et l'interdiction de la chasse » sur wildbeimwild.com.

3. Le concept : un service de la faune professionnel plutôt que la chasse de loisir

L'initiative remplace la chasse de loisir par une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle du garde-faune :

Compétence professionnelle plutôt que loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune sauvage agissent sur une base scientifique, dans le cadre d'un mandat de prestations cantonal. Leur objectif est le maintien de populations sauvages en bonne santé, et non la maximisation des chiffres de tir (cf. la analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).

Principe de l'ultima ratio. Un tir n'est autorisé que si toutes les mesures non létales ont été épuisées: clôtures électriques, effarouchement, aménagement de l'habitat, mesures de protection constructives. À Genève, le canton met des clôtures électriques à la disposition des agriculteurs et protège les arbres fruitiers avec des filets. La coexistence est une question de volonté, pas de possibilité technique.

Contrôle démocratique par une commission de la faune sauvage. La commission indépendante empêche que la pression politique ne dilue la gestion de la faune sauvage.

Autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses Études le prouve : dans la plupart des cas, les populations d'animaux sauvages se régulent d'elles-mêmes. La chasse de loisir perturbe ce processus en détruisant les structures sociales et en augmentant artificiellement les taux de reproduction.

4. Pourquoi Schaffhouse?

Schaffhouse se prête particulièrement bien à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune, pour plusieurs raisons:

Seuil de signatures bas. Pour une initiative populaire cantonale à Schaffhouse, seules 1'000 signatures valables sont requises. Le seuil n'est plus bas qu'à Appenzell Rhodes-Extérieures (300), à Obwald et Nidwald (500 chacun) et en Uri (600); dans les cantons à Landsgemeinde, une seule personne suffit. Les 1'000 signatures sont atteignables même pour un petit comité.

Une superficie presque identique à celle de Genève. Schaffhouse compte 298 km², Genève 282 km². Cette comparaison de superficie est l'argument le plus fort de toute l'initiative : si la protection professionnelle de la faune fonctionne depuis plus de 50 ans sur 282 km², elle fonctionne aussi sur 298 km². L'objection selon laquelle Genève ne serait « pas comparable » est réfutée par le simple chiffre de surface. Les deux cantons présentent des parts similaires de forêt et de surface agricole, et Genève dispose même d'une population plus importante (500'000 contre 85'000), ce qui tend à rendre la gestion de la faune sauvage plus complexe.

L'obligation de voter comme avantage stratégique. Schaffhouse est le seul canton de Suisse à connaître une obligation de voter. Cela signifie qu'une participation supérieure à la moyenne est à prévoir lors des votations. La majorité de la population non affiliée à la chasse (qui, en cas de participation libre, resterait peut-être chez elle) se rendra aux urnes lors d'une votation. Une initiative largement communiquée et présentant de manière convaincante le modèle genevois profite de l'obligation de voter.

La situation frontalière comme chance écologique. Schaffhouse est frontalière de l'Allemagne sur trois côtés. La mise en réseau transfrontalière des corridors fauniques est une tâche que des professionnels qualifiés maîtrisent mieux que des chasseurs de loisir aux intérêts liés à leur réserve de chasse. Le Randen, en tant que massif forestier d'un seul tenant, offre des conditions idéales pour une gestion intégrée de la faune sauvage. L'Allemagne dispose déjà, avec le parc national de la Forêt-Noire et la réserve de biosphère du Jura souabe, de structures professionnelles auxquelles Schaffhouse pourrait se rattacher (cf. wildbeimwild.com sur les animaux sauvages en zone urbanisée).

Un lobby de la chasse de loisir de taille modeste. Dans un canton de 85'000 habitants, le nombre de chasseuses et chasseurs de loisir actifs est faible. La faisabilité politique est donc plus grande que dans de grands cantons comptant des milliers de titulaires de patente.

Aucun délai légal de récolte des signatures. Le canton de Schaffhouse ne connaît aucun délai légal pour la récolte des signatures en vue d'une initiative populaire. La collecte des signatures peut donc être organisée sans pression temporelle. Avec seulement 1'000 signatures nécessaires, cela est facilement réalisable. Un seul samedi sur la Fronwagplatz à Schaffhouse permettrait, avec une bonne organisation, de récolter plus de 100 signatures.

5. Sur le premier paragraphe : Protection professionnelle de la faune

Alinéa 1 : interdiction de la chasse de loisir et fin des baux de chasse

L'interdiction de la chasse de loisir par des particuliers constitue le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois (art. 162 de la Constitution cantonale genevoise). La compétence cantonale en la matière est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément aux cantons l'organisation du régime de la chasse (art. 3 al. 1 et 2 LChP). Les trois systèmes de chasse en Suisse (chasse à patente, chasse à territoire et chasse d'État ou en régie) sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974, en conformité avec le droit fédéral.

La chasse à territoire de Schaffhouse fonctionne comme dans les autres cantons pratiquant ce système : les communes affermissent le droit de chasse à des sociétés de chasse. L'initiative met fin à ce système en ancrant dans la Constitution la non-reconduction des baux de chasse et en prévoyant une indemnisation cantonale pour les communes.

Alinéa 2 : gestion professionnelle de la faune sauvage

Des gestionnaires de la faune sauvage, formés spécifiquement et employés par le service cantonal, reprennent l'ensemble des tâches liées aux soins de la faune sauvage et, lorsque cela est nécessaire, à la régulation des populations. À Genève, ce système a fait ses preuves depuis plus de 50 ans sur une superficie pratiquement identique.

Alinéa 3 : le tir comme ultima ratio

Un tir n'est pas la règle, mais l'exception. Les mesures passives sont prioritaires. À Genève, environ 250 sangliers en moyenne sont abattus chaque année par les gardes-faune, les animaux meneurs étant explicitement épargnés pour des raisons éthiques et afin de préserver la stabilité sociale des compagnies. Les chiffres de tir y sont ainsi nettement inférieurs à ceux de Schaffhouse, où les tirs ne servent pas seulement à prévenir les dégâts, mais répondent avant tout au loisir.

Alinéa 4 : commission de la faune sauvage

La commission indépendante de la faune sauvage s'inspire du modèle genevois. Elle garantit aux organisations de protection des animaux et de la nature un droit de regard sur les décisions de régulation, et veille à ce que ces décisions reposent sur des faits avérés, et non sur les mythes idéologiques véhiculés par le lobby de la chasse de loisir légitime sa pratique.

Alinéa 5 : régulation naturelle et coexistence

À Schaffhouse, la mise en réseau des habitats au-delà de la frontière nationale revêt une importance particulière. Les corridors fauniques entre le Randen et les zones forestières allemandes voisines sont indispensables à la diversité génétique et à la dispersion naturelle des espèces. Le système actuel de la chasse à territoire fragmente ces corridors, car chaque société de chasse gère sa réserve de manière indépendante, sans coordination transfrontalière.

Alinéa 6 : Indemnisation des communes

Comme à Bâle-Campagne, l'initiative prévoit une indemnisation cantonale pour compenser la perte des revenus liés au bail de chasse. Ces revenus sont fiscalement marginaux pour la plupart des communes schaffhousoises.

Dispositions transitoires

Le délai de deux ans pour l'adoption de la législation d'exécution et la clause d'extinction de cinq ans pour les baux de chasse existants correspondent au modèle bâlois. À Schaffhouse, les gestionnaires professionnels de la faune sauvage pourront être intégrés dans l'administration cantonale existante.

6. Sur le deuxième paragraphe : protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées

Pour Schaffhouse, le deuxième paragraphe est particulièrement pertinent en raison de sa situation frontalière : les animaux sauvages ne connaissent pas de frontières cantonales ni nationales. Le castor est attesté sur le Rhin supérieur et ses affluents sur le territoire schaffhousois. Le retour du lynx dans le Randen est écologiquement possible et souhaitable. Le loup traverse régulièrement des zones proches de la frontière lors de ses migrations. Une renonciation constitutionnelle à la régulation préventive constituerait un signal allant au-delà du canton (cf. la analyse de la politique du loup sur wildbeimwild.com).

La loi fédérale révisée sur la chasse (art. 7a LChP) autorise les cantons à procéder à une régulation préventive, mais ne les y oblige pas. Il en va de même pour les autorisations de tir d'animaux isolés selon l'art. 12 al. 2 LChP. Avec ce paragraphe, le canton ne fait qu'exercer sa compétence de ne pas faire usage d'une autorisation prévue par le droit fédéral. La réserve relative aux mesures en cas de danger imminent garantit que le canton puisse s'acquitter de son obligation de prévention des dangers.

7. Conséquences financières : budget concret pour Schaffhouse

Extrapolation

Pour Schaffhouse, avec une superficie de 298 km² et environ 85'000 habitants, l'estimation des coûts se présente comme suit :

Frais de personnel : 240'000 à 280'000 francs par an. Deux postes à temps plein sont nécessaires pour des gestionnaires professionnels de la faune sauvage. Schaffhouse est comparable en superficie à Genève (282 km²), mais compte nettement moins d'habitants. Un poste à temps plein dans le service cantonal coûte, charges comprises, environ 120'000 à 140'000 francs par an.

Frais de matériel : 50'000 à 80'000 francs par an. Équipement, véhicules, dispositifs d'effarouchement, infrastructure de monitoring, clôtures électriques, communication publique.

Indemnisation des dommages : 30'000 à 60'000 francs par an. Principalement des dommages causés par les sangliers aux cultures agricoles et des dommages d'abroutissement en forêt. À titre de comparaison : les dommages causés par la faune sauvage dans le canton de Genève, de taille quasiment identique, s'élèvent à environ 350'000 francs, dont une part importante concerne des dommages causés par les pigeons, moins pertinents à Schaffhouse.

Indemnisation des communes : 50'000 à 100'000 francs par an. Pour compenser la perte des recettes du bail de chasse.

Recettes supprimées

Avec la suppression de la chasse de loisir, les recettes de bail estimées à 150'000 à 300'000 francs par an issues de la chasse à territoire disparaissent. Elles sont toutefois à mettre en regard des coûts externes jamais comptabilisés de la chasse de milice (accidents de la faune, dégâts d'abroutissement liés à la chasse dans la forêt protectrice, charges administratives, interventions de la police et de la justice), qui devraient largement dépasser ces recettes. Dans le canton de Genève, ces recettes ont disparu depuis 1974, sans que cela ne pose de problème financier : avant l'interdiction de la chasse, plus de 400 chasseurs de loisir étaient actifs, aujourd'hui trois postes à plein temps font le même travail, et mieux. Les tirs sanitaires et thérapeutiques effectués par des gardes-faune professionnels n'ont rien à voir avec une chasse régulatrice fondée sur le folklore cynégétique ou une « expérience de la nature » mal comprise par les chasseurs de loisir. Un calcul en coûts complets montre que la chasse de milice coûte nettement plus cher au contribuable qu'elle ne rapporte (cf. «Ce que la chasse de loisir coûte réellement à la Suisse» sur wildbeimwild.com).

Les chasseurs de loisir en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby de la chasse de loisir combat systématiquement les préoccupations en matière de biodiversité et de protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative pour la biodiversité (63 pour cent de non). En 2020, la loi sur la chasse, qu'il avait contribué à façonner, a échoué devant le peuple (51,9 pour cent de non). En 2016, l'association des chasseurs tessinois a torpillé le parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs de loisir ont, au parlement, majoritairement politisé contre les préoccupations environnementales. Quiconque affirme que les chasseurs de loisir sont des protecteurs de la nature ignore leur comportement de vote (cf. Association des chasseurs tessinois : 30 ans d'absurdités et Dossier des coûts).

Coûts totaux : 370'000 à 520'000 francs par an (bruts). Cela correspond à environ 4,35 à 6,10 francs par habitant et par an.

Économies et surcoûts nets

À cela s'opposent des économies : le canton n'a plus besoin de gérer les baux de chasse, de faire passer des examens de chasse ni d'organiser la surveillance de la chasse. Une fois ces économies déduites, le surcoût net devrait se situer entre 200'000 et 350'000 francs par an, ce qui correspond à environ ce qui correspond à 2,35 à 4,10 francs par habitant. Les coûts par habitant plus élevés qu'à Genève (2,40 francs) s'expliquent par une population plus faible pour une superficie comparable. En valeur absolue, les coûts se situent dans un ordre de grandeur que le budget cantonal peut supporter sans problème.

8. Compatibilité avec le droit supérieur

L'initiative est conforme au droit fédéral. La loi fédérale sur la chasse (LChP) laisse expressément aux cantons le soin de régler le droit de chasse, le système de chasse, le territoire de chasse et la surveillance de la chasse (art. 3 al. 1 et 2 LChP). Les trois systèmes de chasse (chasse à patente, chasse à territoire et chasse en régie) sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974 et n'a jamais fait l'objet d'une contestation au regard du droit fédéral en plus de 50 ans.

La résiliation des contrats de bail de chasse par non-renouvellement ne touche pas la garantie de la propriété, car les contrats de bail de chasse sont des contrats de droit public à durée limitée, sur le renouvellement desquels il n'existe aucun droit. L'art. 7a de la loi sur la chasse permet aux cantons une régulation préventive, mais ne les y oblige pas. L'initiative respecte l'unité de la matière.

9. Anticipation des objections prévisibles

« Schaffhouse a de la forêt et de l'agriculture, ce n'est pas Genève »

Les faits : Genève possède également d'importantes surfaces forestières et agricoles, ainsi qu'une superficie cantonale comparable (282 km² contre 298 km²). La gestion professionnelle de la faune y fonctionne depuis plus de 50 ans. L'objection se trouve réfutée par la simple comparaison des superficies.

Formule communicative courte : « Schaffhouse fait 298 km². Genève fait 282 km². Genève le prouve depuis 50 ans. »

« 1'000 signatures, c'est trop peu pour une véritable légitimité »

Les faits : 1’000 signatures correspondent au seuil légal prévu par le canton de Schaffhouse pour les initiatives populaires. Comme il n'existe aucun délai de récolte, la collecte peut être organisée avec soin et sur une large base. Lors d'un seul samedi sur la Fronwagplatz à Schaffhouse, une bonne organisation permet de recueillir plus de 100 signatures.

Formule communicative courte : «1’000 signatures. Aucun délai. Une protection professionnelle de la faune pour toutes et tous.»

« Les recettes locatives sont perdues »

Les faits : Les recettes locatives sont fiscalement marginales pour les communes schaffhousoises. L'initiative prévoit une indemnisation cantonale. Et les animaux sauvages ne seront plus tués par pur loisir.

Formule communicative courte : «Les recettes locatives ne sont que de la menue monnaie dans le budget communal. L'initiative indemnise, et les animaux vivent.»

«Le coût par habitant est plus élevé qu'à Genève»

Les faits : Le coût par habitant est plus élevé parce que Schaffhouse compte moins d'habitants que Genève pour une surface comparable. En chiffres absolus, la gestion professionnelle de la faune sauvage à Schaffhouse ne coûte toutefois qu'environ un tiers du budget genevois. Et même le coût par habitant plus élevé se situe entre 2.35 et 4.10 francs par personne et par année, soit moins qu'un café (cf. Vérification des faits sur les mythes de la chasse sur wildbeimwild.com).

Formule communicative courte : «Environ 2.35 à 4.10 francs par personne et par année. Moins qu'un café. Pour une protection professionnelle de la faune plutôt que pour la chasse de loisir.»

10. Résumé

Cette initiative donne à la population schaffhousoise la possibilité de se prononcer en faveur d'une gestion moderne et fondée sur des données probantes de la faune sauvage. Avec seulement 1’000 signatures et une superficie cantonale presque identique à celle de Genève, Schaffhouse réunit des conditions idéales pour l'introduction du modèle genevois, qui a fait ses preuves. Les coûts sont modestes, la base juridique est assurée, et le vote obligatoire garantit que l'ensemble de la population sera entendue lors d'une votation.

Comité d'initiative «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»

[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …

(membres du comité selon le droit cantonal, domiciliés dans le canton)

Adresse de contact : [adresse du comité]

Annexe : documentation complémentaire

Le modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot. Présentation complète de la gestion de la faune sauvage à Genève depuis 1974, avec coûts, effectifs et évolution de la biodiversité.

Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien-ueber-die-auswirkung-der-jagd-auf-wildtiere-und-jaeger. Recueil d'études scientifiques sur l'autorégulation des populations sauvages.

La chasse en Suisse : wildbeimwild.com/warum-die-hobby-jagd-in-der-schweiz-kein-naturschutz-ist. Aperçu constamment mis à jour de la politique suisse de la chasse.

Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Schaffhouse : wildbeimwild.com : Psychologie de la chasse de loisir dans le canton SH. Motivations, justifications et dynamiques sociales de la chasse de loisir à Schaffhouse.

Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd. Analyses des motifs, justifications et dynamiques sociales de la chasse de loisir.

Dossier loup : wildbeimwild.com/dossiers/wolf-in-der-schweiz-fakten-politik-und-die-grenzen-der-jagd. Évolutions actuelles de la politique relative au loup en Suisse.

Animaux sauvages et prédateurs : wildbeimwild.com/category/wildtiere. Informations sur les animaux sauvages, les prédateurs et la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.

Mythes de la chasse : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen. Vérification des faits sur les affirmations les plus courantes du lobby de la chasse de loisir.

Initiative populaire cantonale Bâle-Ville : Texte type de l'initiative dans le canton de Bâle-Ville.

Remarque sur la procédure

Le comité d'initiative soumet le texte de l'initiative à la chancellerie d'État du canton de Schaffhouse pour examen préalable avant le début de la récolte de signatures. L'aboutissement de l'initiative nécessite 1'000 signatures valables. Il n'existe aucun délai légal de récolte. Les attestations du droit de vote ne doivent toutefois pas dater de plus de deux mois au moment du dépôt (art. 69 al. 2 ch. 2 de la loi sur les élections). Les modalités de dépôt sont régies par la loi cantonale sur les droits politiques.

Briefing stratégique pour les militantes et militants

Initiative populaire « Pour une protection professionnelle de la faune sauvage », canton de Schaffhouse Document de travail interne, état en mars 2026

Résumé

Avec seulement 1'000 signatures nécessaires et une superficie presque identique à celle de Genève, Schaffhouse offre d'excellentes conditions pour une initiative « Pour une protection professionnelle de la faune sauvage ». Le vote obligatoire constitue un avantage stratégique : la majorité non favorable à la chasse ne restera pas chez elle lors d'un scrutin. Le plus grand défi réside dans le fait que Schaffhouse n'est pas un canton classiquement acquis à la protection animale.

1. Pourquoi Schaffhouse ?

L'argument massue : 298 vs 282 km².Schaffhouse compte 298 km², Genève 282 km². Cette comparaison est si simple et percutante qu'elle désamorce toute contre-argumentation. Chaque infographie, chaque flyer, chaque publication sur les réseaux sociaux devrait contenir cette comparaison. Les deux cantons ont des parts comparables de forêt et de surface agricole. Genève a même une population six fois plus importante, ce qui rend la gestion de la faune sauvage plus complexe là-bas.

Exploiter le vote obligatoire.Dans aucun autre canton la participation au vote ne sera aussi élevée. La majorité de la population, qui n'est pas composée de chasseuses et chasseurs de loisir, participera au vote. La communication doit atteindre cette majorité.

1’000 signatures.Aucun délai de récolte. Réalisable sans problème même avec un petit comité.

La position frontalière comme opportunité.Les corridors fauniques transfrontaliers exigent une coordination professionnelle, et non de la chasse de loisir. L'Allemagne dispose déjà, avec le parc national de la Forêt-Noire, de structures professionnelles auxquelles Schaffhouse peut se rattacher.

2. Les enseignements de Zurich

Erreur 1 de Zurich : un titre conflictuel. «Garde-faune au lieu de chasseurs» se définissait par rapport à l'adversaire. Notre titre «Pour une protection professionnelle de la faune» est positif.

Erreur n° 2 de Zurich : l'argument des coûts est resté sans réponse.Notre initiative contient un calcul budgétaire détaillé avec des chiffres vérifiables.

Erreur n° 3 de Zurich : aucun soutien des partis.À Schaffhouse, les contacts avec le PS, les Verts et le PVL doivent être établis en amont.

Erreur n° 4 de Zurich : le modèle genevois a été trop peu exploité.À Schaffhouse, la comparaison des superficies (298 vs 282 km²) est si convaincante qu'elle pourrait à elle seule porter la moitié de la campagne. Le dossier « Genève et l'interdiction de la chasse » doit devenir le document central de la campagne.

3. Le deuxième paragraphe comme élargissement de la coalition

Le paragraphe sur la protection des espèces mobilise au-delà de la scène classique de la protection animale. Particulièrement pertinent pour Schaffhouse :

Castor sur le Rhin supérieur. Le castor est documenté le long du Rhin et de ses affluents sur le territoire schaffhousois. Depuis février 2025, les cantons peuvent autoriser le tir de castors isolés causant des dommages importants. L'initiative protège le castor dans le canton.

Lynx dans le Randen. Le retour du lynx dans le Randen est écologiquement possible et serait un gain pour la biodiversité.

Mise en réseau transfrontalière. Une protection des espèces inscrite dans la Constitution valoriserait Schaffhouse en tant que partenaire pour des projets transfrontaliers de protection de la nature.

4. Analyse des opposants

Les sociétés de chasse sont ancrés localement et mèneront la campagne contre l'initiative. Dans un petit canton, les relations personnelles pèsent plus qu'à Zurich ou à Bâle. La campagne doit être menée de manière factuelle et non personnelle.

Les communes déploreront la perte des revenus de bail. La réponse : les montants sont marginaux, et l'initiative prévoit une indemnisation cantonale.

L'argument des coûts est plus vulnérable en raison de coûts par habitant plus élevés qu'à Genève ou à Bâle. La réponse : en chiffres absolus, le système coûte environ 370'000 à 520'000 francs. C'est une fraction du budget cantonal. Et la comparaison des surfaces avec Genève montre que le modèle fonctionne depuis 50 ans précisément à cette échelle (cf. Psychologie de la chasse de loisir dans le canton de Schaffhouse).

5. Stratégie de communication : les trois messages clés

« Schaffhouse est aussi grande que Genève. Ce qui fonctionne là-bas depuis 50 ans fonctionne aussi ici. » L'argument le plus frappant de toute la série : 298 contre 282 km². Ce chiffre doit figurer dans toute communication.

«Professionnel plutôt qu'amateur.» La question n'est pas de savoir si les animaux sauvages doivent être gérés, mais par qui : par des professionnels dans l'intérêt public ou par des particuliers comme activité de loisir.

« 1'000 signatures, pas de délai. C'est tout ce qu'il faut. » L'un des seuils les plus bas de Suisse alémanique. Un signal pour toute la Suisse.

6. Calendrier

PhaseContenuDélai
Constitution du comité & prévérification du texteConsulter un/une juriste ; recruter des membres de comité domiciliés à SHMois 1–3
Dépôt pour prévérificationChancellerie d'État de SchaffhouseMois 3–4
Publication & lancement de la récoltePas de délai de récolte ; objectif : 1'500 signatures et plus comme marge de sécurité.Mois 4
Contacts avec les partis & construction de coalitionsPremiers entretiens avec le PS, les Verts, les Vert'libéraux ; impliquer les associations de protection de la natureMois 1–8
Dépôt des signaturesChancellerie d'État, vérification officielleMois 10–12
Débat au Parlement cantonalAncrage parlementaire ; intensifier le travail médiatiqueMois 13–20
Campagne de votationMobilisation finale, infographies, stratégie du vote obligatoireMois 20–26

7. Matériel de campagne

8. Sources complémentaires

Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par des activistes, des organisations ou des comités d'initiative, et adapté aux conditions du canton de Schaffhouse.

Vérification des faits : les affirmations du lobby de la chasse de loisir

La brochure « La chasse en Suisse protège et sert » de ChasseSuisse se lit comme un prospectus publicitaire, mais ses affirmations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix récits passés au crible, de la « tâche de l'Etat » à la « biodiversité » en passant par les « 80 % d'approbation » : Dossier : vérification des faits de la brochure de ChasseSuisse →