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Oiseaux aquatiques en Suisse : Hôtes d'hiver dans la ligne de mire

Environ un demi-million d'oiseaux aquatiques hivernent chaque année sur les lacs et rivières suisses. La Suisse a une importance internationale particulière comme lieu d'hivernage et de repos, c'est pourquoi le Conseil fédéral a signé en 1974 la Convention de Ramsar pour la protection des zones humides. Parallèlement, des milliers d'oiseaux aquatiques sont abattus chaque année en Suisse. En 2019, 4’731 canards ont été tués, ainsi que 142 grèbes huppés (71 pour cent de plus que l'année précédente), 423 foulques et plus de 1’100 cormorans. Selon la Loi fédérale sur la chasse (LChP, art. 5), 15 espèces de canards sauvages sont chassables. BirdLife Suisse constate : « Écologiquement totalement inutile est non seulement la chasse aux lièvres, mais aussi celle aux oiseaux. » Le fuligule milouin et l'eider à duvet figurent sur la Liste rouge mondiale de l'UICN comme « en danger » respectivement « potentiellement en danger » et ont malgré tout été chassés en Suisse. La foulque macroule est classée comme « en danger » à l'échelle européenne. La Suisse accueille des hôtes d'hiver de la moitié de l'Europe et tire sur eux.

Aperçu des oiseaux aquatiques chassables

Canard colvert (Anas platyrhynchos)

Le canard colvert est l'espèce de canard la plus fréquente et la plus connue de Suisse. Le mâle en plumage nuptial est caractéristique : tête vert métallique, collier blanc, poitrine marron châtain, corps gris. La femelle est tachetée de brun avec un miroir alaire bleu. Le canard colvert pèse 850 à 1’400 grammes pour une longueur de corps de 50 à 65 centimètres. Il vit sur pratiquement tous les types de plans d'eau, des lacs de montagne aux rivières jusqu'aux parcs urbains. Le canard colvert est en Suisse à la fois oiseau nicheur et hôte hivernal. Il niche dès mars, pond 7 à 13 œufs et élève seule les canetons. Le canard colvert est de loin l'espèce de canard la plus chassée en Suisse. En 2016, 4’842 canards colverts ont été abattus, en 2019 il faisait partie des 4’685 canards colverts, sarcelles d'hiver et fuligules morillons abattus (Pro Natura, JSG kurz erklärt ; BirdLife Schweiz, Jagdstatistik). Dans le seul canton de Saint-Gall, 441 canards colverts ont été abattus en 2023 (Amt für Natur, Jagd und Fischerei SG, Jagdstatistik 2023).

Sarcelle d'hiver (Anas crecca)

La sarcelle d'hiver est la plus petite espèce de canard européenne : seulement 34 à 38 centimètres de long et 250 à 400 grammes de poids. Le mâle a une tête marron châtain avec une large bande oculaire verte. La sarcelle d'hiver niche en Suisse en petit nombre et est présente principalement comme hôte hivernal et migrateur de passage. Elle préfère les plans d'eau peu profonds riches en végétation. En 2016, 189 sarcelles d'hiver ont été abattues en Suisse (Pro Natura, JSG kurz erklärt). Dans le canton de Saint-Gall, il n'y en avait plus que 15 en 2023 (Amt für Natur SG, Jagdstatistik 2023). La sarcelle d'hiver est l'une des trois espèces de canards qui auraient également pu être chassées après la loi révisée (échouée) sur la chasse (Tages-Anzeiger, 2019).

Fuligule morillon (Aythya fuligula)

Le fuligule morillon est un canard plongeur au plumage noir et blanc remarquable chez le mâle et à la huppe caractéristique à l'arrière de la tête. Il pèse 550 à 900 grammes et mesure 40 à 47 centimètres de long. En Suisse, le fuligule morillon ne s'est établi comme oiseau nicheur qu'au cours des dernières décennies et compte plusieurs centaines de couples nicheurs. Comme hôte hivernal, il est nettement plus fréquent. Le fuligule morillon plonge jusqu'à six mètres de profondeur pour se nourrir de mollusques, d'escargots et de larves d'insectes. En 2016, 124 fuligules morillons ont été abattus (Pro Natura, JSG kurz erklärt). La Station ornithologique suisse de Sempach décrit les zones de nidification les plus riches en espèces comme des « zones humides structurellement riches sur ou à proximité des grands lacs » et souligne que seul le canard colvert parmi les canards suisses est fréquent et largement répandu, tandis que toutes les autres espèces de canards sont des oiseaux nicheurs rares (Vogelwarte Sempach, Brutgebiete und Winterquartiere von Wasservögeln).

Fuligule milouin (Aythya ferina)

Le fuligule milouin est un canard plongeur de taille moyenne avec une tête rousse et une poitrine noire chez le mâle. Il est classé depuis 2015 sur la Liste rouge mondiale de l'UICN comme « vulnérable » (VU) et est également considéré comme menacé à l'échelle européenne (BirdLife Schweiz, Rote Liste 2015 ; BirdLife Schweiz, Europäische Rote Liste). En Suisse, c'est un oiseau nicheur rare, mais un hôte hivernal important. Sur le lac de Constance hivernent des dizaines de milliers de fuligules milouins, la région abrite en plein hiver des proportions d'importance internationale de la population de la voie de migration (Wildtierportal BW, Tafelente). En 2016, 98 fuligules milouins ont été abattus en Suisse, en 2018 il y en a eu 60 (Pro Natura, JSG kurz erklärt ; Tages-Anzeiger, 2019). BirdLife Schweiz critique : des 4’729 canards abattus en 2018, seuls 2,2 pour cent appartenaient aux espèces que la loi révisée sur la chasse aurait dû nouvellement protéger (BirdLife Schweiz, Jagdstatistik).

Autres oiseaux aquatiques chassables

Outre les canards, sont également chassés en Suisse le grèbe huppé (Podiceps cristatus), la foulque macroule (Fulica atra) et le cormoran (Phalacrocorax carbo) chassées. En 2019, 142 grèbes huppés ont été abattus, soit 71 pour cent de plus que l'année précédente, sans qu'aucune protection ne soit même discutée (BirdLife Suisse, Statistiques de chasse). La foulque macroule est classée « menacée » à l'échelle européenne et est néanmoins chassée en Suisse : 423 tirs en 2019 (BirdLife Suisse, Statistiques de chasse ; BirdLife Suisse, Liste rouge européenne). Le cormoran est abattu en tant que supposé pilleur de poissons dans l'intérêt de la pêche professionnelle : 1’116 cormorans en 2016, encore 90 dans le canton de Saint-Gall en 2023 (Pro Natura, LChP brièvement expliquée ; Office de la nature SG, Statistiques de chasse 2023).

La Suisse comme quartier d'hiver : responsabilité internationale

Un demi-million d'hôtes

La Station ornithologique suisse de Sempach documente : « La Suisse abrite en hiver environ un demi-million d'oiseaux d'eau » (Station ornithologique de Sempach, Comptages d'oiseaux d'eau). Les lacs suisses gèlent rarement et offrent de la nourriture toute l'année. Cela fait de la Suisse l'une des zones d'hivernage les plus importantes d'Europe centrale pour les espèces de canards qui nichent en Scandinavie, en Russie et en Europe de l'Est. Sur le lac de Constance et le lac Léman se concentrent des dizaines de milliers de canards plongeurs et de surface.

Convention de Ramsar et zones protégées

La Suisse a signé la Convention de Ramsar en 1974 et a désigné 10 réserves d'oiseaux d'eau et migrateurs d'importance internationale ainsi que 25 d'importance nationale (OFEV, Réserves d'oiseaux d'eau et migrateurs). Mais BirdLife Suisse critique : sur les quelque 40 zones qui devraient effectivement être protégées, plus d'un tiers manquent encore dans l'ordonnance de protection de la Confédération. La Suisse n'a désigné aucune nouvelle zone Ramsar depuis 2005 et est « lanterne rouge en matière de zones protégées en Europe » (BirdLife Suisse, Zones humides, 2022). Précisément au lac de Constance et au lac inférieur, l'une des zones d'oiseaux d'eau les plus importantes d'Europe, la Suisse n'a désigné aucune zone Ramsar, alors que l'Allemagne et l'Autriche l'ont fait depuis longtemps.

La contradiction

La Suisse s'engage internationalement à protéger les oiseaux d'eau et leurs habitats tout en abattant simultanément des milliers d'hôtes hivernaux chaque année. Les oiseaux qui cherchent refuge sur les lacs suisses y sont accueillis par des chasseurs de loisir. La chasse aux canards, grèbes huppés et foulques macroules sur les eaux d'hivernage sape la stratégie de protection internationale et contredit l'esprit de la Convention de Ramsar.

Pour en savoir plus : Dossier : Chasse et biodiversité

La chasse : 15 espèces dans le viseur

Situation juridique

Selon la loi fédérale sur la chasse (LChP, art. 5), 15 espèces de canards sauvages sont chassables en Suisse au total. S'y ajoutent le grèbe huppé, la foulque macroule et le cormoran. Les périodes de protection varient selon les cantons. En 2020, une loi révisée sur la chasse a été rejetée par le peuple suisse. La loi révisée aurait réduit le nombre d'espèces de canards chassables à trois (canard colvert, sarcelle d'hiver, fuligule morillon), mais BirdLife Suisse critiquait que 98 pour cent des tirs de canards auraient ainsi continué d'être autorisés et que seulement 2,2 pour cent des tirs concerneraient les espèces nouvellement protégées (BirdLife Suisse, Statistiques de chasse ; Tages-Anzeiger, 2019).

L'ampleur des tirs

Les chiffres de tir des statistiques fédérales de chasse (2016, Pro Natura / LChP brièvement expliquée) montrent l'ampleur : 4’842 canards colverts, 189 sarcelles d'hiver, 124 fuligules morillons, 98 fuligules milouins, 22 canards chipeaux, 2 garrots à œil d'or, 1 canard siffleur, 1 canard souchet, 2 sarcelles d'été. S'y ajoutent 114 grèbes huppés, 390 foulques macroules et 1’116 cormorans. En 2019, le nombre total de canards abattus est monté à 4’731, dont 4’685 canards colverts, sarcelles d'hiver et fuligules morillons et 108 autres canards (BirdLife Suisse, Statistiques de chasse). La tendance était à la hausse.

Espèces menacées dans le viseur

Le scandale de la chasse aux oiseaux d'eau suisse réside dans le fait que des espèces figurant sur les Listes rouges sont également chassées. Le fuligule milouin est classé « vulnérable » (VU) sur la Liste rouge mondiale depuis 2015. L'eider à duvet est considéré globalement comme « quasi menacé » (NT). La foulque macroule est classée « en danger » à l'échelle européenne (BirdLife Suisse, Liste rouge européenne). Le fait que la Suisse chasse des espèces considérées comme menacées au niveau international, tout en ayant signé la Convention de Ramsar, constitue une contradiction qui ne peut être justifiée par aucune « raison valable » au sens de la loi sur la protection des animaux.

Plus d'informations : Problème de protection animale : les animaux sauvages meurent dans d'atroces souffrances à cause des chasseurs de loisir

Importance écologique : les oiseaux d'eau comme ingénieurs des écosystèmes

Cycle des nutriments

Les canards et autres oiseaux d'eau transportent les nutriments entre les milieux aquatiques et terrestres. Leurs excréments fertilisent les zones riveraines et favorisent la croissance végétale. Les canards plongeurs comme le fuligule morillon et le fuligule milouin contribuent à la régulation des populations de mollusques et d'escargots et influencent ainsi la qualité de l'eau.

Dispersion des graines

Les canards de surface comme le colvert et la sarcelle d'hiver dispersent les graines de plantes par leur digestion (endozoochorie) et dans leur plumage (épizoochorie) sur des centaines de kilomètres. Cette fonction est irremplaçable pour la mise en réseau des zones humides isolées et la diversité génétique des plantes aquatiques. Des études ont montré que jusqu'à dix pour cent des graines de plantes ingérées par les canards survivent à la digestion en gardant leur capacité germinative.

Chaîne alimentaire

Les oiseaux d'eau sont des proies centrales pour les prédateurs comme le pygargue à queue blanche, le faucon pèlerin, l'autour des palombes et le renard. Le pygargue à queue blanche, qui apparaît occasionnellement en Suisse comme hôte hivernal et pourrait éventuellement s'y réinstaller à l'avenir, dépend des oiseaux d'eau comme nourriture principale. Le grand-duc d'Europe capture également régulièrement des canards et des foulques macroules. Qui décime les oiseaux d'eau décime aussi la base alimentaire des prédateurs.

Espèce indicatrice

Les populations d'oiseaux d'eau sont un indicateur reconnu de la qualité des écosystèmes aquatiques. La Suisse effectue des dénombrements d'oiseaux d'eau depuis des décennies (Station ornithologique de Sempach, dénombrements d'oiseaux d'eau). Des populations en déclin indiquent une détérioration de la qualité de l'eau, de la disponibilité alimentaire ou des perturbations croissantes. Il est paradoxal que les mêmes espèces qui servent d'indicateurs de la santé de nos eaux soient simultanément chassées.

Ce qui devrait changer

  • Suppression immédiate de toutes les espèces d'oiseaux d'eau menacées du catalogue de chasse : Le fuligule milouin (VU mondial), l'eider à duvet (NT mondial) et la foulque macroule (menacée à l'échelle européenne) ne peuvent plus être chassés. La chasse d'espèces figurant sur les Listes rouges internationales est incompatible avec la Convention de Ramsar et la loi sur la protection des animaux.
  • Réduction à zéro des espèces de canards chassables : La chasse de loisir aux oiseaux d'eau n'a aucune raison valable. Les canards ne causent aucun dommage qui justifierait un tir. Le rendement en viande est marginal, la perturbation des hôtes hivernaux considérable. Toutes les espèces de canards devraient être supprimées du catalogue de chasse.
  • Extension des réserves d'oiseaux d'eau et migrateurs : La Suisse doit intégrer les 15 zones d'oiseaux d'eau d'importance nationale manquantes dans l'ordonnance de protection et désigner des zones Ramsar transfrontalières au lac de Constance et à l'Untersee.
  • Zones sans chasse sur toutes les eaux d'hivernage : La chasse aux oiseaux d'eau sur les eaux d'hivernage doit cesser. Les hôtes hivernaux qui viennent de la moitié de l'Europe en Suisse méritent protection, pas des plombs.
  • Interdiction de la grenaille de plomb pour la chasse aux oiseaux d'eau : La grenaille de plomb empoisonne les eaux et tue les oiseaux d'eau par intoxication au plomb quand ils confondent les billes avec de la nourriture. Dans de nombreux pays européens, la grenaille de plomb est interdite pour la chasse aux oiseaux d'eau. La Suisse doit emboîter le pas.

Argumentaire

« Le colvert est fréquent et peut être chassé durablement. » Qu'une espèce soit fréquente ne rend pas automatiquement sa mise à mort sensée. Le canard colvert ne cause aucun dommage qui justifierait son abattage. Le rendement en viande d'un canard colvert est minimal. Le dérangement des eaux par la chasse au canard n'affecte pas seulement le canard colvert, mais tous les oiseaux d'eau qui hivernent sur le même plan d'eau, y compris des espèces menacées comme le fuligule milouin. Chaque tir sur un canard colvert chasse des dizaines d'autres oiseaux de leur lieu de repos.

«La chasse aux oiseaux d'eau a une tradition en Suisse.» La tradition de la chasse aux oiseaux d'eau remonte à une époque où les canards constituaient une source importante de nourriture. Aujourd'hui, la chasse au canard est un loisir qui entre en collision avec la loi sur la protection des animaux. La «raison valable» pour la mise à mort d'un animal ne peut être, au 21e siècle, le plaisir récréatif de quelques chasseurs de loisir.

«La Suisse a établi des zones de protection pour les oiseaux d'eau, la chasse a lieu en dehors de ces zones.» Les zones de protection présentent des lacunes : plus d'un tiers des zones d'oiseaux d'eau d'importance nationale manquent dans l'ordonnance de protection (BirdLife Suisse, 2022). Les oiseaux d'eau ne respectent pas les limites des réserves. Ils utilisent différents plans d'eau et sont mobiles sur les eaux d'hivernage. La chasse en dehors des réserves dérange les oiseaux et les repousse vers des eaux moins appropriées, énergétiquement défavorables.

«La chasse au canard n'a aucune influence sur les populations.» Si la chasse au canard n'a aucune influence sur les populations, elle n'a également aucun but. Un abattage sans effet et sans nécessité constitue une mise à mort insensée. La loi sur la protection des animaux exige une raison valable pour la mise à mort d'un animal, et «cela n'a aucune influence» n'est pas une raison valable.

«Le cormoran mange trop de poissons et doit être régulé.» Le cormoran est un élément naturel de la faune aquatique suisse. La pêche professionnelle a souffert ces dernières décennies de divers facteurs, notamment la surfertilisation, la soustraction de nutriments par les stations d'épuration, le changement climatique et les espèces invasives. Faire du cormoran un bouc émissaire détourne l'attention des causes réelles. À Genève, où une interdiction de chasse est en vigueur depuis 1974, cormorans et poissons coexistent sans problème.

Liens rapides

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Dossiers connexes

Sources

  • Statistique fédérale de la chasse, OFEV/Wildtier Schweiz : http://www.jagdstatistik.ch
  • BirdLife Suisse : La statistique actuelle de la chasse et la loi révisée sur la chasse (birdlife.ch, 2020)
  • BirdLife Suisse (2015) : Liste rouge mondiale 2015, tourterelle des bois et fuligule milouin nouvellement menacés au niveau mondial (birdlife.ch)
  • BirdLife Suisse : La nouvelle liste rouge des oiseaux d'Europe montre la responsabilité de la Suisse (birdlife.ch)
  • BirdLife Suisse (2022) : La Suisse en grand retard dans la protection des zones humides et des réserves d'oiseaux d'eau (birdlife.ch)
  • Pro Natura (2018) : La loi fédérale sur la chasse et la protection expliquée brièvement (chiffres d'abattage 2016 de toutes les espèces chassables)
  • Station ornithologique suisse de Sempach : Dénombrements des oiseaux d'eau, environ un demi-million d'hivernants (vogelwarte.ch)
  • Station ornithologique suisse de Sempach : Zones de nidification et quartiers d'hiver des oiseaux d'eau (vogelwarte.ch)
  • Office de la nature, de la chasse et de la pêche du canton de Saint-Gall : Statistique de chasse 2023 (574 oiseaux d'eau, 441 canards colverts, 90 cormorans)
  • Tages-Anzeiger / Landbote (2019) : Dans le viseur des chasseurs (fuligule milouin, 15 espèces de canards chassables, référendum)
  • Schweizer Bauer (2020) : Loi sur la chasse, votation (seulement 3 espèces de canards chassables prévues)
  • OFEV : Réserves d'oiseaux d'eau et d'oiseaux migrateurs d'importance internationale et nationale (bafu.admin.ch)
  • OFEV : Listes rouges, Espèces menacées de Suisse (bafu.admin.ch)
  • OFEV / Station ornithologique suisse (2021) : Liste rouge des oiseaux nicheurs de Suisse
  • Convention de Ramsar : Convention relative aux zones humides d'importance internationale (RS 0.451.46)
  • Portail de la faune sauvage du Bade-Wurtemberg : Fuligule milouin, le lac de Constance abrite 7,7% de la population de la voie de migration
  • Liste rouge UICN : Fuligule milouin (Aythya ferina), statut VU depuis 2015 ; eider à duvet (Somateria mollissima), statut NT
  • IG Wild beim Wild (2022/2025) : Statistique de chasse 2022 (wildbeimwild.com)
  • Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP, RS 922.0)
  • Loi sur la protection des animaux (LPA, RS 455)
  • Ordonnance sur les réserves d'oiseaux d'eau et d'oiseaux migrateurs (OROEM, RS 922.32)

Notre exigence

La Suisse est un quartier d'hiver pour un demi-million d'oiseaux d'eau. Canards, plongeurs, foulques et cormorans viennent de Scandinavie, de Russie, d'Europe de l'Est et de la région alpine sur nos lacs, parce qu'ils y trouvent des eaux libres, de la nourriture et un calme relatif. La Suisse s'est engagée avec la Convention de Ramsar à protéger ces habitats et leurs habitants. Elle a créé des réserves d'oiseaux d'eau et d'oiseaux migrateurs, financé des dénombrements d'oiseaux d'eau et s'est positionnée internationalement comme gardienne responsable des zones humides. Et puis elle tire sur ses hôtes.

Chaque année en Suisse, des milliers de canards, des centaines de foulques et de grèbes huppés et plus d'un millier de cormorans sont abattus. Parmi eux se trouvent des espèces qui figurent sur la liste rouge mondiale comme « menacées ». Le fuligule milouin, dont l'effectif hivernal au lac de Constance est d'importance internationale, est chassé en Suisse. La foulque macroule, classée comme « menacée » à l'échelle européenne, est chassée en Suisse. Le grèbe huppé, dont les abattages ont augmenté de 71 pour cent en une seule année, est chassé sans que sa protection ne soit même discutée. Cette chasse n'est pas de la gestion de la faune sauvage. Il n'y a aucun problème qui soit résolu par l'abattage de canards sur les lacs hivernaux. Il n'y a aucun dommage prévenu. Il n'y a aucune « raison valable » au sens de la loi sur la protection des animaux. Il n'y a que la chasse de plaine comme activité de loisir d'une petite minorité, exercée aux dépens de la diversité biologique et des engagements internationaux de la Suisse.

La conséquence est claire : tous les oiseaux aquatiques doivent être supprimés du catalogue de chasse en Suisse. La Suisse doit prendre au sérieux sa responsabilité en tant que quartier d'hivernage, signaler les zones de protection manquantes et mettre fin à la chasse aux canards sur les eaux d'hivernage. Ce dossier sera mis à jour en permanence lorsque de nouveaux chiffres, études ou développements politiques l'exigeront.

Plus sur le sujet de la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous rassemblons vérifications de faits, analyses et rapports de fond.