2 avril 2026, 02:03

Saisissez un terme de recherche ci-dessus et appuyez sur Entrée pour lancer la recherche. Appuyez sur Échap pour annuler.

Oiseaux d'eau en Suisse : visiteurs hivernaux dans la ligne de mire

Environ un demi-million d'oiseaux d'eau hivernent chaque année sur les lacs et rivières suisses. La Suisse revêt une importance internationale particulière en tant que lieu d'hivernage et de repos, raison pour laquelle le Conseil fédéral a signé la Convention de Ramsar pour la protection des zones humides en 1974. Pourtant, des milliers d'oiseaux d'eau sont abattus chaque année en Suisse. En 2019, 4 731 canards ont été tués, ainsi que 142 grèbes huppés (71 % de plus que l'année précédente), 423 foulques et plus de 1 100 cormorans. Selon la loi fédérale sur la chasse (JSG, art. 5), la chasse de 15 espèces de canards sauvages est autorisée. BirdLife Suisse affirme : « Non seulement la chasse au lièvre est totalement inutile d'un point de vue écologique, mais la chasse aux oiseaux l'est tout autant. » Le fuligule milouin et l'eider à duvet sont respectivement classés comme « vulnérable » et « quasi menacé » sur la Liste rouge de l'UICN, et pourtant, ils étaient encore chassés en Suisse. La foulque macroule est classée comme « en danger » dans toute l’Europe. La Suisse accueille des visiteurs hivernaux venus de la moitié de l’Europe et les chasse.

Aperçu des oiseaux aquatiques chassables

Canard colvert ( Anas platyrhynchos )

Le colvert est l'espèce de canard la plus commune et la plus connue en Suisse. Le mâle est facilement reconnaissable à son plumage nuptial : tête vert métallique, collier blanc, poitrine brun-châtain et corps gris. La femelle est tachetée de brun avec une tache bleue sur l'aile. Le colvert pèse entre 850 et 1 400 grammes et mesure de 50 à 65 centimètres de long. Il fréquente pratiquement tous les types de plans d'eau, des lacs et rivières de montagne aux parcs urbains. Le colvert est à la fois un oiseau nicheur et un visiteur hivernal en Suisse. Il niche à partir de mars, pond de 7 à 13 œufs et élève ses canetons seul. Le colvert est de loin l'espèce de canard la plus chassée en Suisse. En 2016, 4 842 colverts ont été abattus, et en 2019, ce chiffre s’ajoutait aux 4 685 colverts, sarcelles et fuligules morillons tués (Pro Natura, JSG ; BirdLife Suisse, statistiques de chasse). Dans le seul canton de Saint-Gall, 441 colverts ont été abattus en 2023 (Office for Nature, Hunting and Fishing SG, statistiques de chasse 2023).

Sarcelle d'hiver ( Anas crecca )

La sarcelle d'hiver est la plus petite espèce de canard d'Europe : elle mesure seulement 34 à 38 centimètres de long et pèse de 250 à 400 grammes. Le mâle a la tête brun-châtain avec un large bandeau oculaire vert. La sarcelle d'hiver se reproduit en Suisse en petit nombre et y est principalement présente comme oiseau hivernant et migrateur. Elle préfère les eaux peu profondes et riches en végétation. En 2016, 189 sarcelles d'hiver ont été tuées en Suisse (Pro Natura, JSG). Dans le canton de Saint-Gall, ce nombre était encore de 15 en 2023 (Office for Nature SG, Statistiques de chasse 2023). La sarcelle d'hiver est l'une des trois espèces de canards qui seraient restées chassables même avec la loi de chasse révisée (qui n'a pas abouti) (Tages-Anzeiger, 2019).

Fuligule morillon ( Aythya fuligula )

Le fuligule morillon est un canard plongeur au plumage noir et blanc remarquable chez le mâle et à la huppe caractéristique sur la nuque. Il pèse entre 550 et 900 grammes et mesure de 40 à 47 centimètres de long. En Suisse, le fuligule morillon ne s'est établi comme nicheur que depuis quelques décennies et compte aujourd'hui plusieurs centaines de couples reproducteurs. Il est nettement plus fréquent comme visiteur hivernal. Le fuligule morillon plonge jusqu'à six mètres de profondeur pour se nourrir de moules, d'escargots et de larves d'insectes. En 2016, 124 fuligules morillons ont été tués (Pro Natura, JSG, a brièvement expliqué la situation). L’Institut ornithologique suisse de Sempach décrit les zones de reproduction les plus riches en espèces comme des « zones humides structurellement riches sur ou près des grands lacs » et souligne que seul le canard colvert est commun et répandu parmi les canards suisses, tandis que toutes les autres espèces de canards sont des oiseaux nicheurs rares (Institut ornithologique suisse de Sempach, Zones de reproduction et d’hivernage des oiseaux aquatiques).

Fuligule milouin ( Aythya ferina )

Le Fuligule milouin est un canard plongeur de taille moyenne, à la tête brun roux et à la poitrine noire chez le mâle. Classé « vulnérable » (VU) sur la Liste rouge de l'UICN depuis 2015, il est également considéré comme vulnérable dans toute l'Europe (BirdLife Suisse, Liste rouge 2015 ; BirdLife Suisse, Liste rouge européenne). En Suisse, c'est un oiseau nicheur rare, mais un visiteur hivernal important. Des dizaines de milliers de Fuligules milouins hivernent sur le lac de Constance, et la région accueille en plein hiver une part significative de la population migrante (Wildlife Portal BW, Fuligule milouin). En 2016, 98 Fuligules milouins ont été abattus en Suisse, et en 2018, ce nombre s'élevait à 60 (Pro Natura, JSG ; Tages-Anzeiger, 2019). BirdLife Suisse critique : sur les 4 729 canards abattus en 2018, seuls 2,2 % appartenaient aux espèces que la loi de chasse révisée aurait dû protéger (BirdLife Suisse, Statistiques de chasse).

Autres oiseaux aquatiques chassables

Outre les canards, le grèbe huppé ( Podiceps cristatus ), la foulque macroule ( Fulica atra ) et le cormoran ( Phalacrocorax carbo ) sont également chassés en Suisse. En 2019, 142 grèbes huppés ont été tués, soit 71 % de plus que l'année précédente, et pourtant, leur protection n'a même pas été évoquée (BirdLife Suisse, Statistiques de chasse). La foulque macroule est classée comme « vulnérable » dans toute l'Europe et est néanmoins chassée en Suisse : 423 individus ont été tués en 2019 (BirdLife Suisse, Statistiques de chasse ; BirdLife Suisse, Liste rouge européenne). Le cormoran est abattu, considéré comme un prédateur de poissons, au profit de la pêche commerciale : 1 116 cormorans ont été tués en 2016, tandis que dans le canton de Saint-Gall, seuls 90 l'ont été en 2013 (Pro Natura, JSG ; Office for Nature SG, Statistiques de chasse 2013).

La Suisse comme lieu de villégiature hivernale : responsabilité internationale

Un demi-million de clients

L'Institut ornithologique suisse de Sempach indique : « La Suisse abrite environ un demi-million d'oiseaux d'eau en hiver » (Institut ornithologique suisse, Recensements des oiseaux d'eau). Les lacs suisses gèlent rarement et offrent de la nourriture toute l'année. Cela fait de la Suisse l'un des plus importants sites d'hivernage d'Europe centrale pour les espèces de canards qui se reproduisent en Scandinavie, en Russie et en Europe de l'Est. Des dizaines de milliers de canards plongeurs et de barboteurs se rassemblent sur les lacs de Constance et Léman.

Convention de Ramsar et aires protégées

La Suisse a signé la Convention de Ramsar en 1974 et a désigné 10 réserves d'importance internationale pour les oiseaux d'eau et migrateurs, ainsi que 25 réserves d'importance nationale (OFEV, Réserves d'oiseaux d'eau et migrateurs). Cependant, BirdLife Suisse déplore que sur la quarantaine de zones qui devraient être protégées, plus d'un tiers ne figurent toujours pas dans l'ordonnance fédérale de protection. La Suisse n'a désigné aucun nouveau site Ramsar depuis 2005 et se situe « en bas du classement des aires protégées en Europe » (BirdLife Suisse, Zones humides, 2022). En particulier, sur le lac de Constance et le lac inférieur, qui constituent l'un des habitats d'oiseaux d'eau les plus importants d'Europe, la Suisse n'a désigné aucun site Ramsar, contrairement à l'Allemagne et à l'Autriche qui l'ont fait depuis longtemps.

La contradiction

La Suisse s'est engagée internationalement à protéger les oiseaux d'eau et leurs habitats, et pourtant, elle abat chaque année des milliers d'oiseaux hivernants. Les oiseaux cherchant refuge sur les lacs suisses y rencontrent des chasseurs de loisir. La chasse aux canards, aux grèbes huppés et aux foulques sur leurs plans d'eau hivernants compromet les stratégies internationales de conservation et contrevient à l'esprit de la Convention de Ramsar.

Pour en savoir plus sur ce sujet : Dossier : Chasse et biodiversité

Chasse : 15 espèces dans le champ de tir

Situation juridique

Selon la Loi fédérale sur la chasse (LFJ, art. 5), quinze espèces de canards sauvages sont chassables en Suisse. Celles-ci s'ajoutent au grèbe huppé, à la foulque et au cormoran. Les périodes de fermeture de la chasse varient d'un canton à l'autre. En 2020, un projet de loi sur la chasse a été rejeté par les électeurs suisses. Ce projet prévoyait de réduire à trois le nombre d'espèces chassables (le colvert, la sarcelle d'hiver et le fuligule morillon). Or, BirdLife Suisse a critiqué ce texte, car il aurait permis de maintenir 98 % des prélèvements de canards autorisés, dont seulement 2,2 % concernaient des espèces récemment protégées (BirdLife Suisse, Statistiques de chasse ; Tages-Anzeiger, 2019).

L'ampleur de l'abattage

Les statistiques de chasse de la Confédération suisse (2016, Pro Natura / JSG) illustrent l'ampleur du problème : 4 842 colverts, 189 sarcelles d'hiver, 124 fuligules morillons, 98 fuligules milouins, 22 canards chipeaux, 2 garrots à œil d'or, 1 canard siffleur, 1 canard souchet et 2 sarcelles d'été ont été abattus. De plus, 114 grèbes huppés, 390 foulques macroules et 1 116 cormorans ont été tués. En 2019, le nombre total de canards abattus a atteint 4 731, dont 4 685 colverts, sarcelles d'hiver et fuligules morillons, et 108 autres espèces (BirdLife Suisse, Statistiques de chasse). La tendance était à la hausse.

Espèces menacées dans la ligne de mire des flammes

Le scandale entourant la chasse aux oiseaux d'eau en Suisse réside dans le fait que des espèces figurant sur les Listes rouges sont également chassées. Le fuligule milouinan est classé « vulnérable » (VU) sur la Liste rouge mondiale depuis 2015. L'eider à duvet est classé « quasi menacé » (NT) à l'échelle mondiale. La foulque macroule est classée « vulnérable » dans toute l'Europe (BirdLife Suisse, Liste rouge européenne). Le fait que la Suisse chasse des espèces considérées comme menacées au niveau international tout en ayant signé la Convention de Ramsar constitue une contradiction qui ne saurait être justifiée par aucun « motif raisonnable » au sens de la loi sur la protection des animaux.

Plus d'informations sur ce sujet : Problème de bien-être animal : des animaux sauvages meurent dans d'atroces souffrances à cause des chasseurs amateurs

Importance écologique : Les oiseaux aquatiques comme ingénieurs d'écosystèmes

Cycle des nutriments

Les canards et autres oiseaux aquatiques transportent des nutriments entre les milieux aquatiques et terrestres. Leurs déjections fertilisent les berges et favorisent la croissance des plantes. Les canards plongeurs, comme le fuligule morillon et le fuligule milouinan, contribuent à la régulation des populations de moules et d'escargots, influençant ainsi la qualité de l'eau.

dispersion des graines

Les canards de surface, comme le colvert et la sarcelle, dispersent les graines de plantes sur des centaines de kilomètres grâce à leur système digestif (endozoochorie) et à leur plumage (épizoochorie). Ce service est indispensable pour relier les zones humides isolées et maintenir la diversité génétique des plantes aquatiques. Des études ont montré que jusqu'à dix pour cent des graines ingérées par les canards survivent à la digestion et restent viables.

chaîne alimentaire

Les oiseaux aquatiques constituent une proie essentielle pour des prédateurs tels que le pygargue à queue blanche, le faucon pèlerin, l'autour des palombes et le renard. Le pygargue à queue blanche, qui hiverne parfois en Suisse et pourrait s'y installer à l'avenir, dépend des oiseaux aquatiques pour son alimentation principale. Le hibou grand-duc chasse également régulièrement les canards et les foulques. La diminution des populations d'oiseaux aquatiques réduit considérablement les ressources alimentaires de ces prédateurs.

Type d'indicateur

Les populations d'oiseaux d'eau sont un indicateur reconnu de la qualité des écosystèmes aquatiques. La Suisse effectue des recensements d'oiseaux d'eau depuis des décennies (Observatoire ornithologique de Sempach, Recensements d'oiseaux d'eau). Le déclin des populations indique une dégradation de la qualité de l'eau, une diminution des ressources alimentaires ou une augmentation des perturbations. Il est paradoxal que les mêmes espèces qui servent d'indicateurs de la santé de nos eaux soient simultanément chassées.

Qu'est-ce qui devrait changer ?

  • Retrait immédiat de toutes les espèces de sauvagine menacées de la liste des espèces chassables : le fuligule milouin (classé VU au niveau mondial), l’eider à duvet (classé NT au niveau mondial) et la foulque macroule (menacée dans toute l’Europe) ne peuvent plus être chassés. La chasse d’espèces figurant sur les listes rouges internationales est incompatible avec la Convention de Ramsar et les lois relatives au bien-être animal.
  • Réduction à zéro du nombre d'espèces de canards chassables : La chasse récréative aux oiseaux aquatiques est dénuée de tout fondement rationnel. Les canards ne causent aucun dommage justifiant leur abattage. Le rendement en viande est marginal, tandis que les perturbations pour les oiseaux hivernants sont considérables. Toutes les espèces de canards devraient être retirées du catalogue de la chasse.
  • Extension des réserves d'oiseaux d'eau et d'oiseaux migrateurs : la Suisse doit inclure les 15 zones d'importance nationale pour les oiseaux d'eau manquantes dans l'ordonnance de protection et désigner des zones Ramsar transfrontalières sur le lac de Constance et le lac inférieur.
  • Zones sans chasse sur tous les plans d'eau hivernants : La chasse aux oiseaux d'eau sur les plans d'eau hivernants doit cesser. Les oiseaux migrateurs qui viennent en Suisse de toute l'Europe méritent d'être protégés, et non abattus.
  • Interdiction des plombs de chasse au gibier d'eau : les plombs de chasse empoisonnent les cours d'eau et tuent le gibier d'eau par saturnisme, celui-ci confondant les plombs avec de la nourriture. Les plombs de chasse au gibier d'eau sont interdits dans de nombreux pays européens. La Suisse doit faire de même.

Argumentation

« Le canard colvert est commun et sa chasse peut être durable. » Cependant, la fréquence d'une espèce ne justifie pas automatiquement sa mise à mort. Les dégâts causés par le canard colvert ne justifient pas qu'on le tire dessus. La valeur de sa viande est minime. La perturbation des cours d'eau due à la chasse affecte non seulement le colvert, mais aussi tous les oiseaux aquatiques qui hivernent sur ces mêmes plans d'eau, y compris des espèces menacées comme le fuligule milouinan. Chaque coup de feu tiré sur un colvert fait fuir des dizaines d'autres oiseaux de leur lieu de repos.

La chasse aux oiseaux migrateurs est une tradition ancestrale en Suisse. Cette tradition remonte à une époque où les canards constituaient une ressource alimentaire importante. Aujourd'hui, la chasse aux canards est un loisir qui entre en conflit avec la législation sur le bien-être animal. Au XXIe siècle, le « motif légitime » de tuer un animal ne saurait se limiter à l'activité de loisir de quelques chasseurs amateurs.

La Suisse a créé des aires protégées pour les oiseaux d'eau, mais la chasse se pratique en dehors de ces zones. Ces aires protégées sont incomplètes : plus d'un tiers des habitats d'importance nationale pour les oiseaux d'eau sont absents de l'ordonnance de conservation (BirdLife Suisse, 2022). Les oiseaux d'eau ne restent pas à l'intérieur des limites des réserves. Ils utilisent différents plans d'eau et se déplacent sur leurs quartiers d'hiver. La chasse en dehors des réserves perturbe les oiseaux et les pousse vers des eaux moins adaptées et moins productives sur le plan énergétique.

« La chasse aux canards n'a aucun impact sur les populations. » Si la chasse aux canards n'a aucun impact sur les populations, alors elle est inutile. Tirer sans effet et sans nécessité est un meurtre insensé. La législation sur le bien-être animal exige une raison valable pour tuer un animal, et « cela n'a aucun impact » n'en est pas une.

« Les cormorans consomment trop de poissons et leur population doit être contrôlée. » Le cormoran fait partie intégrante de la faune aquatique suisse. La pêche commerciale a souffert ces dernières décennies de divers facteurs, dont l'eutrophisation, l'appauvrissement des sols dû aux rejets des stations d'épuration, le changement climatique et les espèces invasives. Faire du cormoran un bouc émissaire détourne l'attention des véritables causes. À Genève, où la chasse est interdite depuis 1974, cormorans et poissons coexistent harmonieusement.

Liens rapides

Articles sur Wild beim Wild :

Dossiers connexes

Sources

  • Statistiques fédérales de chasse, FOEN/Faune Suisse : http://www.jagdstatistik.ch
  • BirdLife Suisse : Statistiques de chasse actuelles et loi de chasse révisée (birdlife.ch, 2020)
  • BirdLife Suisse (2015) : Liste rouge mondiale 2015, la Tourterelle des bois et le Fuligule milouin nouvellement inscrits sur la liste des espèces menacées à l'échelle mondiale (birdlife.ch)
  • BirdLife Suisse : La nouvelle Liste rouge des oiseaux européens souligne la responsabilité de la Suisse (birdlife.ch)
  • BirdLife Suisse (2022) : La Suisse est très en retard en matière de protection des zones humides et des réserves d'oiseaux d'eau (birdlife.ch)
  • Pro Natura (2018) : La loi fédérale suisse sur la chasse et la conservation expliquée brièvement (chiffres de tir de 2016 pour toutes les espèces chassables)
  • Institut ornithologique suisse de Sempach : Recensement des oiseaux d’eau, environ un demi-million de visiteurs hivernaux (vogelwarte.ch)
  • Institut ornithologique suisse de Sempach : Aires de reproduction et d’hivernage des oiseaux d’eau (vogelwarte.ch)
  • Office de la nature, de la chasse et de la pêche, canton de Saint-Gall : Statistiques de chasse 2023 (574 oiseaux aquatiques, 441 colverts, 90 cormorans)
  • Tages-Anzeiger / Landbote (2019) : Dans le viseur des chasseurs (fuligule milouin, 15 espèces de canards chassables, référendum)
  • Agriculteur suisse (2020) : Loi sur la chasse, vote (seulement 3 espèces de canards chassables prévues)
  • FOEN : Réserves d’oiseaux d’eau et d’oiseaux migrateurs d’importance internationale et nationale (bafu.admin.ch)
  • FOEN : Listes rouges, espèces menacées de Suisse (bafu.admin.ch)
  • BAFU / Institut ornithologique suisse (2021) : Liste rouge des oiseaux nicheurs de Suisse
  • Convention de Ramsar : Convention relative aux zones humides d'importance internationale (SR 0.451.46)
  • Portail faune sauvage du Bade-Wurtemberg : Le Fuligule milouinan, le lac de Constance abrite 7,7 % de la population de la voie de migration
  • Liste rouge de l'UICN : milouin ( Aythya ferina ), statut VU depuis 2015 ; Eider ( Somateria mollissima ), statut NT
  • IG Wild beim Wild (2022/2025) : Statistiques de chasse 2022 (wildbeimwild.com)
  • Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et des oiseaux sauvages (JSG, SR 922.0)
  • Loi sur le bien-être animal (TSchG, SR 455)
  • Ordonnance sur les réserves d'oiseaux aquatiques et d'oiseaux migrateurs (WZVV, SR 922.32)

Notre revendication

La Suisse accueille chaque hiver un demi-million d'oiseaux d'eau. Canards, plongeons, foulques et cormorans, venus de Scandinavie, de Russie, d'Europe de l'Est et des Alpes, affluent vers nos lacs, attirés par l'eau libre, la nourriture et une relative tranquillité. La Suisse s'est engagée à protéger ces habitats et leurs habitants par le biais de la Convention de Ramsar. Elle a créé des réserves pour les oiseaux d'eau et les oiseaux migrateurs, financé des recensements d'oiseaux d'eau et s'est positionnée sur la scène internationale comme un gestionnaire responsable des zones humides. Et pourtant, elle abat ses hôtes.

Chaque année en Suisse, des milliers de canards, des centaines de foulques et de grèbes huppés, ainsi que plus d'un millier de cormorans sont abattus. Parmi eux figurent des espèces classées « vulnérables » sur la Liste rouge mondiale. Le fuligule milouinan, dont la population hivernale sur le lac de Constance revêt une importance internationale, est chassé en Suisse. La foulque macroule, classée « vulnérable » à travers l'Europe, est également abattue en Suisse. Le grèbe huppé, dont la population a augmenté de 71 % en une seule année, est abattu sans que sa protection ne soit prise en compte. Cette chasse n'est pas une gestion de la faune sauvage. Abattre des canards sur les lacs d'hivernage ne résout aucun problème. Aucun dommage n'est évité. Il n'existe aucun « motif raisonnable » au sens de la loi sur la protection des animaux. Il s'agit simplement de chasse au petit gibier, une activité récréative pratiquée par une petite minorité, au détriment de la biodiversité et des obligations internationales de la Suisse.

La conséquence est claire : la chasse aux oiseaux d’eau doit être interdite en Suisse. La Suisse doit assumer pleinement son rôle de zone d’hivernage, recenser les aires protégées manquantes et interdire la chasse aux canards sur les plans d’eau hivernants. Ce dossier sera régulièrement mis à jour en fonction des nouvelles données, études ou évolutions politiques.

À propos de la chasse de loisir : dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des rapports de fond.