Geai des chênes Suisse : forestier de la forêt dans le viseur
Le Geai des chênes est le plus important planteur d'arbres naturel de Suisse. Un seul oiseau cache en automne jusqu'à 3’000 glands dans le sol forestier, n'en retrouve pas beaucoup et laisse ainsi germer de jeunes chênes. En sylviculture, il existe un terme technique spécifique pour cela : « semis de geai ». Dans le Brandebourg, le Geai des chênes est officiellement reconnu comme assistant dans la transformation forestière. En Suisse, il est abattu. Chaque année, des centaines à plus d'un millier de Geais des chênes tombent victimes de la petite chasse. BirdLife Suisse commente : « Pourquoi les Geais des chênes sont abattus est peu compréhensible. » Les chasseurs de loisir traitent le « forestier de la forêt » comme de la lutte antiparasitaire.
Fiche signalétique
Le Geai des chênes (Garrulus glandarius) appartient à la famille des Corvidés (Corvidae) et est, après la Pie bavarde et la Corneille noire, le représentant le plus connu de cette famille en Suisse. Il est à peu près de la taille d'une pie, avec une longueur corporelle d'environ 34 centimètres et un poids de 140 à 190 grammes. Son plumage est reconnaissable entre tous : le corps est d'un brun rosé délicat à beige, le sommet de la tête beige clair avec des stries noires, la barre malaire noire, la gorge blanche. Sa marque distinctive sont les plumes couvertures alaires d'un bleu ciel éclatant, barrées de noir, qui en font le corvidé le plus coloré d'Europe. En vol, le croupion blanc est remarquable, contrastant nettement avec la queue noire. Les deux sexes se ressemblent.
Biologie et mode de vie
Le geai des chênes est un oiseau sédentaire qui reste toute l'année sur son territoire. Ce n'est qu'en cas de mauvaise glandée ou de pression démographique en provenance d'Europe du Nord-Est que se produisent les invasions, où de grands essaims migrent vers la Suisse. Dans le canton des Grisons, lors d'une telle année d'invasion, 770 geais des chênes ont été abattus, contre seulement 192 l'année précédente (Südostschweiz, 2018). Le geai des chênes vit dans les forêts de feuillus et mixtes avec un sous-bois dense et préfère les peuplements de chênes et de chênes-charmes. Il niche aussi dans les parcs et grands jardins avec de vieux arbres (Waldwissen.net, Station ornithologique suisse de Sempach).
Le geai des chênes vit en couples monogames qui durent souvent plusieurs années. À partir d'avril, le couple construit un nid dans le sous-bois dense ou dans les cimes d'arbres. La ponte comprend 4 à 6 œufs, rarement jusqu'à 9. La durée d'incubation est de 16 à 19 jours, après 20 à 23 jours supplémentaires, les jeunes quittent le nid. L'espérance de vie dans la nature atteint jusqu'à 17 ans.
Intelligence et imitation vocale
Le geai des chênes compte parmi les oiseaux les plus intelligents d'Europe. Son nom scientifique Garrulus signifie «bavard» et fait référence à son répertoire vocal diversifié. Il peut imiter de façon parfaitement trompeuse les voix d'autres espèces d'oiseaux, notamment le cri de la buse variable, et utilise cette capacité tant pour avertir ses congénères que pour troubler d'autres animaux. Son cri d'alarme perçant «rätsch» avertit tous les habitants de la forêt, du chevreuil à l'écureuil, des dangers imminents. Il constitue ainsi le système d'alarme acoustique de la forêt.
Le «forestier de la forêt» : Une fonction écologique clé
Semis de geai : planter des arbres sans intervention humaine
La propriété écologiquement la plus significative du geai des chênes est son comportement de cachette. En automne, il collecte massivement glands, faînes et noisettes et les enterre dans des centaines de cachettes dans le sol forestier. Un seul oiseau peut ainsi stocker jusqu'à 3’000 glands par automne et les transporte dans son jabot et son bec sur des distances de plusieurs centaines de mètres à quelques kilomètres du lieu de découverte à la cachette (Waldwissen.net, avi-fauna.info). La performance cognitive est remarquable : les oiseaux mémorisent précisément le lieu, la quantité et l'espèce de leurs réserves et les retrouvent même sous un manteau neigeux.
Mais toutes les cachettes ne sont pas retrouvées en hiver. De chaque gland oublié peut germer un jeune arbre. Cette régénération naturelle de la forêt par le geai des chênes est connue en sylviculture sous le terme technique de «semis de geai» (Waldwissen.net, Brandenburg). Les forestiers en Allemagne et en Autriche utilisent ce mécanisme de manière ciblée : ils aménagent des «tables à geais» sur lesquelles ils offrent au geai des chênes glands et faînes pour qu'il les enterre dans la forêt environnante. Dans le Brandenburg, le geai des chênes est officiellement reconnu comme assistant dans la transformation forestière et a été élu oiseau emblème de la campagne de transformation forestière (Waldwissen.net, AG Wildtiere Positionspapier, 2021).
Pourquoi le chêne a besoin du geai des chênes
Les glands sont des graines lourdes qui ne tombent naturellement qu'à quelques mètres de l'arbre mère. Sans disperseur animal, le chêne ne peut conquérir de nouveaux sites. Le geai des chênes est en Europe centrale le principal disperseur à longue distance des glands. Il les transporte sur des distances qu'aucun autre animal n'atteint et les enterre exactement à la profondeur (2 à 5 centimètres) optimale pour la germination. Sans le geai des chênes, il y aurait nettement moins de chênes dans les forêts suisses.
Le changement climatique rend le geai des chênes plus important que jamais
Le chêne gagne massivement en importance pour la sylviculture suisse dans le cadre du changement climatique. En tant qu'essence résistante à la sécheresse et thermophile, elle est promue dans de nombreux programmes sylvicoles comme «essence d'avenir». Le rapport forestier 2025 de l'OFEV et du WSL souligne que les essences plus résistantes au climat comme le chêne et l'érable sont décisives pour l'adaptation de la forêt au changement climatique. Le travail sylvicole du geai des chênes, qui plante des chênes gratuitement, efficacement et sans subventions, devient ainsi plus important que jamais (Waldwissen.net, Markwart der vorlaute Eichenpflanzer). C'est un paradoxe sans pareil que la Suisse livre simultanément ce régénérateur forestier naturel au tir.
En savoir plus : Dossier : Chasse et biodiversité
La chasse : lutte antiparasitaire du 19e siècle
Situation juridique
Le geai des chênes est une espèce d'oiseau chassable selon la loi fédérale sur la chasse (LChP, art. 5 al. 3). Il est rattaché à la chasse mineure avec la corneille noire, la pie bavarde et le grand corbeau. La période de protection varie selon les cantons. Dans le canton de Berne, le geai des chênes fait partie des espèces qui peuvent être abattues dans le cadre de «tirs spéciaux» même pendant la période de protection, avec les corneilles noires, les pies, les renards et les blaireaux (IG Wild beim Wild, Fuchsmassaker in der Schweiz).
La dimension du tir
Les chiffres exacts de tir à l'échelle suisse pour le seul geai des chênes sont difficiles à isoler dans les résumés publiquement accessibles de la statistique de chasse, car il est souvent recensé avec d'autres corvidés. L'OFEFP constatait en 1998 que la moitié de tous les oiseaux abattus étaient des corneilles noires et des geais des chênes (communiqué de presse OFEFP, 1998). BirdLife Suisse critiquait le tir de geais des chênes comme «peu compréhensible» (BirdLife Suisse, statistique de chasse). Dans le canton des Grisons, 770 geais des chênes ont été tirés en 2017 lors d'une année d'invasion (Südostschweiz, 2018). Watson.ch remarquait : «Même des oiseaux atypiques pour les profanes de la chasse comme les pies et les geais des chênes peuvent être chassés et ne sont pas des espèces d'oiseaux protégées» (Watson, 2023).
Le narratif du «gibier nuisible»
La justification historique de la chasse au geai des chênes provient du 19e siècle. Les chasseurs de loisir le considéraient comme du «gibier nuisible», comme un animal nuisible au gibier protégé, qui ne devait pas être chassé mais combattu comme un parasite (AG Wildtiere, document de position geai des chênes, 2021). En Allemagne, le terme «gibier nuisible» a été supprimé de la loi fédérale sur la chasse en 1976 comme «expression diabolisante et inutile». En Autriche, il continue d'être utilisé pour le geai des chênes. En Suisse, le narratif perdure : le geai des chênes est diffamé comme «pilleur de nids» et «voleur d'œufs», qui nuirait aux populations d'oiseaux chanteurs et de petit gibier et devrait donc être «régulé».
Ce que tait le narratif
Le geai des chênes mange effectivement au printemps et en été des œufs et des jeunes oiseaux d'autres espèces. Ce comportement est réel, mais c'est un composant naturel de l'écosystème forestier et n'a exterminé aucune espèce d'oiseau en des millénaires de coévolution. Les principales menaces pour les oiseaux chanteurs sont la perte d'habitat due à l'intensification agricole, l'usage de pesticides qui anéantit la nourriture d'insectes, les façades vitrées, les chats domestiques et la circulation routière, pas le geai des chênes. Criminaliser un oiseau comme «pilleur de nids» parce qu'il se nourrit naturellement est un non-sens pseudo-biologique qui sert à légitimer la chasse mineure sur les corvidés.
En savoir plus : Pourquoi la chasse de loisir échoue comme contrôle des populations
Nourriture et fonction écologique : bien plus que des glands
Omnivore avec alternance saisonnière
Le geai des chênes est un omnivore polyvalent. Au printemps et en été, la nourriture animale domine : chenilles, coléoptères, sauterelles et autres insectes constituent la part principale. Il capture également des souris, des lézards et occasionnellement des œufs et jeunes oiseaux. En automne et en hiver, il passe à une alimentation végétale : les glands représentent jusqu'à 70 pour cent de la nourriture, complétés par des faînes, noisettes, châtaignes, baies et céréales (avi-fauna.info, Waldwissen.net).
Régulation des insectes
Par la forte proportion d'insectes dans son alimentation estivale, le geai des chênes agit comme un régulateur naturel de nuisibles dans la forêt. La capture de chenilles, notamment de chenilles processionnaires du chêne et d'arpenteuses hivernales, profite à la sylviculture. Cette utilité n'est prise en compte dans aucune planification de chasse.
La fonction d'alerte
Le cri d'alarme sonore du geai des chênes avertit non seulement ses congénères, mais tout l'écosystème forestier des dangers. Chevreuils, lièvres, écureuils et autres oiseaux chanteurs profitent de sa vigilance. Les chasseurs de loisir perçoivent précisément cette fonction d'alerte comme dérangeante : le geai des chênes « trahit » le chasseur amateur qui se faufile dans la forêt. Qu'un animal sauvage soit abattu parce qu'il avertit d'autres animaux sauvages est une perversion du concept de chasse qui ne nécessite aucun autre commentaire.
Ce qui devrait changer
- Protection suisse globale du geai des chênes : Un oiseau qui, en tant que planteur naturel d'arbres, favorise le rajeunissement forestier, régule les populations d'insectes et protège tout l'écosystème comme donneur d'alarme, ne doit pas être chassé. Le geai des chênes doit être rayé du catalogue des espèces chassables. Ce qui est célébré au Brandebourg comme oiseau emblématique de la transformation forestière ne doit pas être traité comme « nuisible » en Suisse.
- Reconnaissance de la prestation sylvicole : La sylviculture doit officiellement reconnaître la prestation du geai des chênes dans la propagation des chênes et hêtres et l'intégrer dans les programmes de sylviculture. Les « tables de geais » selon le modèle allemand devraient également être utilisées en Suisse pour favoriser de manière ciblée le rajeunissement forestier naturel.
- Suppression de la petite chasse sur les corvidés : La chasse du geai des chênes, de la pie et de la corneille noire n'est pas justifiée d'un point de vue biologique et sert au plaisir récréatif des chasseurs de loisir. La Protection Suisse des Animaux PSA demande à juste titre que le sens et l'objectif de la chasse sur ces espèces soient remis en question de manière critique.
- Arrêt des « tirs spéciaux » pendant la période de protection : Dans le canton de Berne, le geai des chênes est abattu dans le cadre de tirs spéciaux même pendant la période de protection. Cette pratique sape le sens de la période de protection et doit cesser immédiatement.
- Recherche sur le rôle du geai des chênes dans la forêt suisse : Il n'existe aucune étude suisse spécifique sur l'importance quantitative des semis de geais pour le rajeunissement des chênes. Face au changement climatique et à l'importance croissante du chêne comme essence d'avenir, cette lacune de recherche doit être comblée de toute urgence.
Argumentaire
« Le geai des chênes est un pilleur de nids et nuit aux populations d'oiseaux chanteurs. » Le geai des chênes mange occasionnellement des œufs et jeunes oiseaux au printemps et en été. Ce comportement est naturel et fait partie de l'écosystème forestier qui fonctionne depuis des millénaires. Aucune espèce d'oiseau chanteur n'est menacée par le geai des chênes. Les véritables menaces pour les oiseaux chanteurs sont la perte d'habitat, les pesticides, les façades vitrées et les chats, non un corvidé qui se nourrit naturellement. Diffamer le geai des chênes comme « pilleur de nids » pour justifier son abattage relève du narratif « nuisible » du 19e siècle, aboli en Allemagne en 1976 et qui perdure en Suisse.
« Le geai des chênes avertit le gibier de la présence du chasseur de loisir et perturbe donc la chasse. » Qu'un animal sauvage soit abattu parce qu'il avertit d'autres animaux sauvages de la présence humaine est un aveu que la chasse de loisir n'est pas compatible avec l'écosystème, mais travaille contre lui. La fonction d'alerte du geai des chênes est un service écologique qui vaut autant pour les prédateurs que pour les chasseurs de loisir. Elle n'est pas une raison pour son abattage, mais un argument pour sa protection.
«Le geai des chênes est fréquent et non menacé, c'est pourquoi il peut être chassé.» Qu'une espèce ne soit pas menacée ne signifie pas que sa chasse soit sensée ou nécessaire. Le geai des chênes ne cause aucun dommage qui justifierait son abattage. Son utilité écologique comme planteur d'arbres, régulateur d'insectes et donneur d'alarme dépasse de loin tout «dommage» imaginable. Chasser une espèce uniquement parce qu'elle est fréquente n'a aucune raison valable au sens de la loi sur la protection des animaux.
«La chasse du geai des chênes n'a aucun impact sur l'effectif.» Si l'abattage n'a aucun impact sur l'effectif, il n'a pas non plus de but. Un abattage sans effet et sans utilité est une mise à mort absurde. La raison valable que la loi sur la protection des animaux exige pour tuer un animal doit exister avant l'abattage, non dans la constatation qu'il n'a eu aucune conséquence.
«Lors d'années d'invasion, les geais des chênes doivent être abattus parce que trop d'entre eux immigrent.» Les vols d'invasion sont un phénomène naturel déclenché par la mauvaise disponibilité alimentaire dans les régions d'origine. Les oiseaux immigrants distribuent en Suisse des milliers de glands et contribuent ainsi au renouvellement forestier. Détourner les années d'invasion comme argument pour intensifier les abattages inverse la biologie : la nature envoie des planteurs d'arbres gratuits, et les chasseurs de loisir les abattent.
Liens rapides
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Références
- Statistique fédérale de la chasse, OFEV/Wildtier Schweiz : http://www.jagdstatistik.ch
- Communication médiatique OFEFP (1998): Statistique fédérale de la chasse 1997 (la moitié des oiseaux abattus étaient des corneilles noires et des geais des chênes)
- BirdLife Suisse: La statistique actuelle de la chasse et la loi révisée sur la chasse (birdlife.ch)
- Waldwissen.net/WSL: Oiseaux forestiers indigènes, Le geai des chênes (Garrulus glandarius)
- Waldwissen.net: Markwart, le planteur de chênes effronté (semis de geais et tables de geais en NRW)
- Station ornithologique suisse de Sempach: Répartition du geai des chênes 2013–2016
- Südostschweiz (2018): Les chasseurs établissent un nouveau record (770 geais des chênes dans les Grisons)
- AG Wildtiere (2021): Document de position Geai des chênes (ag-wildtiere.com)
- Watson.ch (2023): Chasse, Combien d'animaux sont abattus en Suisse pour la consommation de gibier
- IG Wild beim Wild (2020/2025): Massacre de renards en Suisse, Statistique de chasse 2022 (wildbeimwild.com)
- Land Brandenburg: Dépliant Geai des chênes (forst.brandenburg.de)
- avi-fauna.info: Le geai des chênes (Garrulus glandarius) en Allemagne
- Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP, RS 922.0)
- Loi sur la protection des animaux (LPA, RS 455)
Notre exigence
Le geai des chênes est le héros méconnu des forêts suisses. Il plante des chênes là où l'homme ne le fait pas. Il avertit la forêt des dangers. Il régule les populations d'insectes. Il est intelligent, coloré et maître de l'imitation vocale. La sylviculture lui doit plus qu'elle ne le soupçonne: sans les semis de geais, de nombreuses chênaies européennes n'auraient jamais vu le jour. À une époque où le changement climatique fait du chêne l'arbre d'avenir, le travail gratuit du geai des chênes devient plus précieux que jamais. Et pourtant, il est abattu en Suisse dans le cadre de la petite chasse. Parce qu'il mange parfois un œuf d'oiseau. Parce qu'il «trahit» le chasseur de loisir. Parce qu'il est considéré comme «nuisible» depuis le 19e siècle. Cette classification est un vestige d'une conception dépassée de la nature qui divise les animaux en «utiles» et «nuisibles» et livre ces derniers à l'abattage. Le geai des chênes ne mérite pas un coup de fusil, il mérite la protection. Ce dossier est régulièrement mis à jour lorsque de nouveaux chiffres, études ou développements politiques l'exigent.
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