Épisode de podcast : mystique, chasse et pouvoir
Que disent les religions du monde et un mystique du XXe siècle à propos de la chasse de loisir ? De l'ahimsa au « cœur de pierre » : une enquête.
Cette édition du podcast de Wild beim Wild réunit deux perspectives sur une même question fondamentale : que révèle-t-il des humains lorsqu'ils dominent les animaux alors qu'aucune survie n'en dépend ?
Dans la première partie, il est question des traditions religieuses et spirituelles et de leur position éthique face aux animaux et à la chasse de loisir. Une interdiction de chasse explicite n'apparaît que rarement, mais de nombreux enseignements centraux remettent fondamentalement en question la mise à mort évitable, la violence et l'idée d'une domination humaine sur les autres êtres vivants.
Avec le principe de l'ahimsa, Swami Sivananda défend la position la plus vaste : la non-violence vaudrait sans exception envers tous les êtres vivants, en pensées, en paroles et en actes. Si la mise à mort évitable à des fins alimentaires est déjà moralement problématique, la chasse au trophée ou de loisir ne saurait à plus forte raison se justifier.
François d'Assise incarne lui aussi une relation aux animaux marquée non par la possession et la proie, mais par la fraternité. L'épisode distingue soigneusement les propos attestés des citations largement répandues mais non vérifiées sur le plan des sources. La légende de saint Hubert est elle aussi relue : elle ne raconte pas une sanctification de la chasse, mais une conversion morale, le chasseur renonce à la chasse.
Bouddha, Mahavira et le pape François complètent cette ligne éthique. La doctrine bouddhiste interdit de tuer, de faire tuer et d'approuver le fait de tuer. L'ahimsa jaïn exige de ne causer aucun tort à un être sensible. Dans «Laudato si’», le pape François critique l'idée d'une domination humaine absolue sur les autres créatures. Ensemble, ces positions ne constituent pas une interdiction de chasse religieuse uniforme, mais un étalon clair contre la violence évitable, la cruauté envers les animaux et la réduction des animaux sauvages à de simples trophées.
Dans la deuxième partie l'épisode se consacre à la critique de la chasse et du pouvoir d'un maître spirituel du XXe siècle. Sa rencontre avec un chasseur de loisir condense la critique: celui qui tue un animal alors que de la nourriture est disponible et qui ne conçoit l'acte de tuer que comme un «jeu» ne cherche pas, selon cette lecture, de la nourriture, mais du pouvoir sur un être vivant sans défense.
La critique dépasse le cadre de la chasse de loisir. Le mystique voit aussi dans le pouvoir politique l'expression d'un manque intérieur: les êtres humains chercheraient à compenser des sentiments d'infériorité par la domination sur autrui. Son diagnostic provocateur est que tant les chasseurs de loisir que les politiciens aspirent au contrôle sur les plus faibles, au lieu de développer une conscience intérieure. Son image de l'arbre illustre l'exigence: la politique ne taille souvent que les «feuilles» visibles, alors qu'un véritable changement devrait s'attaquer aux «racines» sociales et personnelles.
Idée centrale
À travers les religions, les enseignements spirituels et la mystique, un motif éthique se répète: la force ne se manifeste pas dans la domination sur les plus faibles, mais dans la compassion, la non-violence et la reconnaissance des autres êtres vivants en tant qu'individus. L'épisode se demande dès lors si la chasse de loisir peut être compatible avec une éthique qui ne considère pas les animaux comme des ressources, des trophées ou un stock disponible.
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