Initiative populaire cantonale : canton d'Argovie
«Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»
Initiative constitutionnelle sous la forme d'un projet rédigé
En vertu de l'article 64 de la Constitution du canton d'Argovie du 25 juin 1980 et de la loi sur les droits politiques (GPR)
Déposée par le comité d'initiative [date du dépôt]
Texte de l'initiative
Les personnes soussignées, habilitées à voter dans le canton d'Argovie, déposent l'initiative constitutionnelle suivante :
La Constitution du canton d'Argovie du 25 juin 1980 est complétée par les paragraphes suivants :
§ [nouveau] Protection professionnelle de la faune sauvage
1L'exercice de la chasse par des personnes privées (chasse à territoire, chasse de loisir) est interdit sur l'ensemble du territoire du canton d'Argovie. Les baux de chasse existants ne seront pas renouvelés.
2 La protection, les soins et, dans la mesure nécessaire, la régulation des animaux sauvages relèvent exclusivement de gestionnaires de la faune sauvage spécialement formés, au service du canton.
3 Le tir d'animaux sauvages n'est admissible qu'en dernier recours, lorsque toutes les autres mesures appropriées de prévention des dommages ou de défense contre les dangers ont été épuisées ou se révèlent insuffisantes. Il nécessite l'autorisation préalable de la commission de la faune sauvage.
4 Le canton institue une commission indépendante de la faune sauvage, composée de représentantes et représentants des associations de protection animale et de la nature, du monde scientifique ainsi que des autorités concernées. La commission supervise la gestion de la faune sauvage et statue sur les mesures de régulation.
5 Le canton encourage la régulation naturelle des populations sauvages, la mise en réseau des habitats ainsi que la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.
6 Le canton garantit le financement de la gestion de la faune sauvage indépendamment des recettes du bail de chasse.
7 La loi règle les modalités.
§ [nouveau] Protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées
1 Le canton renonce à la régulation des populations d'espèces d'animaux sauvages protégées au sens de l'art. 7a de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages et ne délivre aucune autorisation de tir pour des animaux isolés d'espèces protégées au sens de l'art. 12 al. 2 de cette loi, en particulier pas pour le loup, le lynx, l'ours, le castor, la loutre, le chacal doré, l'aigle royal, le harle bièvre et d'autres espèces protégées par le droit fédéral. L'alinéa 3 est réservé.
2 Il mise sur la promotion de la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage, la prévention passive des dommages, la revalorisation écologique des habitats et le suivi scientifique de la présence de la faune sauvage.
3 Des mesures contre des animaux sauvages isolés qui représentent un danger immédiat et considérable pour les personnes restent réservées. Elles doivent être limitées au minimum et exécutées par le service spécialisé compétent du canton.
4 Le canton s'engage activement, dans le cadre de la collaboration intercantonale et auprès de la Confédération, en faveur de la protection et de la préservation des espèces d'animaux sauvages menacées.
Disposition transitoire
1 Le Conseil d'État édicte les dispositions d'exécution nécessaires dans un délai de deux ans à compter de l'adoption de cette modification constitutionnelle.
2Les baux de chasse existants prennent fin au plus tard cinq ans après l'entrée en vigueur de la législation d'exécution.
3 Le Conseil d'État assure la continuité de la gestion de la faune sauvage pendant la phase transitoire.
Explications
1. Situation initiale
Dans le canton d'Argovie, quatrième canton de Suisse par sa population avec plus de 700'000 habitantes et habitants sur une superficie de 1'404 km², la chasse de loisir actuelle est un système dépourvu de légitimité démocratique auprès de la population au sens large. La chasse de loisir ne sert ni la protection des espèces ni une gestion moderne de la faune. Elle constitue l'exercice d'un loisir sanglant aux dépens d'êtres sensibles, légitimé par des récits dépassés qui ne résistent pas à un examen scientifique. L'affirmation selon laquelle l'équilibre écologique s'effondrerait sans la chasse de loisir est réfutée empiriquement depuis plus de 50 ans par le modèle genevois (voir le dossier complet sur l'interdiction de la chasse à Genève sur wildbeimwild.com).
L'Argovie est un canton à chasse à territoire. Le canton afferme les 174 réserves de chasse pour une durée de huit ans à des sociétés de chasse privées, les communes concernées devant approuver l'attribution (§ 4 AJSG). La prochaine période de bail s'étend de 2027 à 2034. Les loyers de bail reviennent au canton (§ 6 AJSG). Les locataires chassent à leurs propres frais, à titre de loisir. Contrairement à l'affirmation largement répandue, les locataires n'assument aucune responsabilité écologique sur le territoire, mais agissent dans le cadre de plans de tir cantonaux, principalement orientés vers les intérêts de la sylviculture et de l'agriculture. Ce système sert avant tout les chasseuses et chasseurs de loisir (voir la Psychologie de la chasse dans le canton d'Argovie ainsi que par le analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).
Parallèlement, de plus en plus d'espèces d'animaux sauvages protégées subissent des pressions au niveau fédéral. La révision de la loi sur la chasse de décembre 2022 a introduit la régulation préventive du loup. Depuis février 2025, les cantons peuvent autoriser le tir de castors isolés causant des dommages importants (art. 9d OChP). La pression politique sur d'autres espèces comme le lynx, la loutre et le harle bièvre ne cesse d'augmenter. Le canton d'Argovie compte parmi les cantons les plus importants de Suisse pour le castor : une part considérable de la population suisse de castors vit le long de l'Aar, de la Reuss, de la Limmat et du Rhin (cf. le analyse de la politique de la chasse sur wildbeimwild.com et les politique du loup sur wildbeimwild.com).
Le canton d'Argovie a l'occasion d'envoyer ici un signal clair : non seulement en faveur d'une protection professionnelle de la faune sauvage plutôt que de la chasse de loisir, mais aussi en faveur d'une protection conséquente des espèces d'animaux sauvages menacées au niveau cantonal.
2. Le modèle : le canton de Genève
Le 19 mai 1974, un peu plus de 70 pour cent des votants du canton de Genève ont approuvé la suppression de la chasse de loisir en milice. Avant cette interdiction, le grand gibier était pratiquement exterminé dans le canton : les cerfs et les sangliers avaient disparu depuis des décennies, et il ne restait que quelques dizaines de chevreuils. Plus de 400 chasseurs de loisir lâchaient massivement des faisans, des perdrix grises et des lièvres pour la chasse de loisir.
Les expériences depuis l'interdiction de la chasse de loisir sont sans équivoque :
- La biodiversité a nettement augmenté. Le nombre d'oiseaux d'eau hivernants s'est multiplié, passant de quelques centaines à environ 30'000. Genève abrite aujourd'hui la plus grande population de lièvres bruns et l'une des dernières populations de perdrix grises de Suisse.
- La population de chevreuils s'est stabilisée à un niveau sain, avec un tir spécial annuel par des gardes-faune professionnels de seulement 20 à 36 animaux. La population évolue à une densité supportable pour la surface forestière.
- L'interdiction est en vigueur sans interruption depuis plus de 50 ans. Genève ne l'a jamais levée.
- Les coûts totaux de la gestion professionnelle de la faune sauvage à Genève s'élèvent à environ 1,2 million de francs par an, répartis en environ 600'000 francs pour le personnel (environ trois postes à plein temps), 250'000 francs pour la prévention et 350'000 francs pour l'indemnisation des dommages. Cela correspond à environ 2,40 francs par habitant et par an.
Les animaux sauvages du canton de Genève présentent une distance de fuite nettement plus faible envers les êtres humains que dans les zones chassées. Gottlieb Dandliker, inspecteur cantonal de la faune pendant de nombreuses années à Genève, a qualifié l'interdiction de la chasse de loisir de solution la plus avantageuse financièrement pour le canton. Une présentation détaillée se trouve dans le dossier « Genève et l'interdiction de la chasse » sur wildbeimwild.com.
L'efficacité du modèle genevois se révèle dans la comparaison directe : un garde-faune professionnel à Genève a besoin, pour un tir sanitaire d'un sanglier, en moyenne de 8 heures et de 2 cartouches au maximum. Un chasseur de loisir dans le canton de Zurich a besoin pour cela de 60 à 80 heures et jusqu'à 15 cartouches. La densité de lièvres à Genève est de 17,7 animaux pour 100 hectares (la plus élevée de Suisse), contre seulement 1,0 pour 100 hectares dans le canton de Zurich (cf. vérification des faits du Conseil d'État de Zurich).
3. Le concept : un service de la faune professionnel plutôt que la chasse de loisir
L'initiative ne remplace pas la chasse de loisir par un vide, mais par une gestion professionnelle de la faune sauvage selon le modèle du garde-faune. Ce modèle repose sur les principes suivants :
Compétence professionnelle plutôt que loisir. Les gestionnaires professionnels de la faune sauvage agissent sur une base scientifique, avec une formation biologique et dans le cadre d'un mandat de prestations cantonal. Leur objectif est la préservation de populations d'animaux sauvages en bonne santé, et non la maximisation des chiffres de tir. À l'inverse, la chasse de loisir poursuit, de par son système même, l'intérêt de garantir sa propre raison d'être par des populations élevées d'espèces chassables (cf. la analyse critique de la formation à la chasse sur wildbeimwild.com).
Principe de l'ultima ratio. Un tir n'est admissible que lorsque toutes les mesures non létales ont été épuisées. Celles-ci comprennent les clôtures électriques, l'effarouchement, l'aménagement de l'habitat, la relocalisation, les répulsifs gustatifs et les mesures de protection constructives. À Genève, les arbres fruitiers sont protégés par des filets afin que les chevreuils et les lièvres ne rongent pas l'écorce. Pour les sangliers, le canton met des clôtures électriques à disposition des agriculteurs. Cette pratique le montre : la coexistence est une question de volonté, et non de possibilité technique.
Contrôle démocratique par une commission de la faune sauvage. La commission indépendante, composée d'associations de protection des animaux et de la nature, de représentants scientifiques et des autorités, empêche que la pression politique de groupes d'intérêts particuliers ne dilue la gestion de la faune sauvage. L'initiative argovienne ancre ce mécanisme de protection en inscrivant dans la constitution l'obligation d'approbation de la commission de la faune sauvage.
Autorégulation naturelle comme principe directeur. L'expérience de Genève, des parcs nationaux et de nombreuses Études l'atteste : les populations sauvages se régulent dans la plupart des cas de manière autonome. La chasse de loisir perturbe ce processus naturel en détruisant les structures sociales, en augmentant artificiellement les taux de reproduction et en modifiant les mouvements migratoires.
4. Pourquoi Argovie ?
Le canton d'Argovie se prête particulièrement bien, pour plusieurs raisons, à l'introduction d'une protection professionnelle de la faune sauvage :
Un canton très peuplé avec des coûts par habitant très faibles. Avec plus de 700'000 habitants sur 1'404 km², les coûts se répartissent en Argovie sur de nombreuses épaules. Les coûts supplémentaires nets s'élèvent à moins d'un franc par habitant et par an. C'est moins de la moitié du niveau genevois (2,40 francs) et cela rend inefficace l'argument financier avancé par les opposants.
L'un des cantons les plus importants de Suisse pour le castor.Sur l'Aar, la Reuss, la Limmat et le Rhin vit une part importante de la population suisse de castors. Depuis février 2025, les cantons peuvent autoriser le tir de castors isolés causant des dommages considérables. Le deuxième paragraphe de l'initiative protège le castor en Argovie et donne au canton une position claire dans le débat national (cf. wildbeimwild.com sur les prédateurs).
Topographie du Mittelland.L'Argovie est majoritairement plate à vallonnée (Mittelland et contreforts du Jura). Elle ne compte pas de régions de haute montagne. Les défis sont similaires à ceux de Genève. L'argument selon lequel le modèle genevois ne fonctionnerait que dans un canton-ville ne tient pas en Argovie : Genève possède elle aussi de l'agriculture, des forêts et des vignobles.
3'000 signatures en 12 mois.Avec plus de 700'000 habitants, 3'000 signatures représentent environ 0,4 pour cent de la population. À Aarau, Baden, Brugg, Lenzburg, Wohlen, Rheinfelden et Zofingue, la collecte peut se faire efficacement (cf. wildbeimwild.com sur les animaux sauvages en zone urbanisée).
L'agglomération de Zurich comme base urbaine.L'est de l'Argovie (Baden, Wettingen, Spreitenbach) fait partie de l'agglomération zurichoise et présente un caractère urbain. Avec les villes d'Aarau, Brugg et Rheinfelden, une part considérable de la population cantonale vit dans des agglomérations favorables à la protection animale.
Retour de la loutre attendu.Les spécialistes s'attendent au retour de la loutre en Suisse du Nord-Ouest. L'Aar constitue une zone d'expansion potentielle. Le paragraphe de l'initiative consacré à la protection des espèces est prévoyant et protège aussi les futurs retours.
Effet de signal en tant que cas test pour la chasse à territoire.L'Argovie serait le premier grand canton pratiquant la chasse à territoire à opérer ce changement de système. Un succès ici aurait un effet de signal pour toute la Suisse alémanique.
5. Sur le premier paragraphe : Protection professionnelle de la faune
Alinéa 1 : Interdiction de la chasse de loisir et expiration des baux de chasse
L'interdiction de la chasse à territoire par des particuliers constitue le cœur de l'initiative. Elle correspond au modèle genevois. La compétence cantonale en la matière est incontestée : la loi fédérale sur la chasse (JSG) laisse expressément l'organisation de l'exercice de la chasse aux cantons (art. 3 al. 1 et 2 JSG). Les trois systèmes de chasse en Suisse (chasse à patente, chasse à territoire et chasse d'État ou en régie) sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974, conformément au droit fédéral. L'ajout « les baux de chasse existants ne seront pas renouvelés » est spécifique aux cantons pratiquant la chasse à territoire : il garantit que le changement de système se déroule de manière ordonnée et que les engagements contractuels existants sont respectés.
Alinéa 2 : gestion professionnelle de la faune sauvage
À la place des chasseuses et chasseurs de loisir, des gestionnaires de la faune sauvage, formé-e-s professionnellement et employé-e-s par le canton, assument l'ensemble des tâches liées à la gestion de la faune sauvage et, si nécessaire, à la régulation des populations. Ces professionnel-le-s disposent d'une formation biologique ou en écologie de la faune plus approfondie et agissent sur une base scientifique et dans l'intérêt public. À Genève, ce système fait ses preuves depuis plus de 50 ans.
Alinéa 3 : le tir comme ultima ratio
La principale nouveauté par rapport au système actuel : le tir n'est pas la règle, mais l'exception. Les mesures passives ont la priorité. À Genève, environ 250 sangliers en moyenne sont abattus chaque année par les gardes-faune (selon les statistiques de chasse de l'OFEV), principalement des jeunes animaux, les animaux meneurs étant explicitement épargnés pour des raisons éthiques et afin de préserver la stabilité sociale des compagnies.
Alinéa 4 : commission de la faune sauvage
La commission indépendante pour la faune sauvage s'inspire de la commission genevoise de régulation de la faune (Commission consultative de régulation de la faune). Elle garantit aux associations de protection des animaux et de la nature un droit de regard sur les décisions de régulation et empêche que le gouvernement n'accorde des dérogations de manière autonome, sous la pression de groupes d'intérêts. L'intégration de la science assure que les décisions reposent sur des données probantes et non sur les mythes idéologiques de la chasse, avec lesquels le lobby de la chasse de loisir légitime sa pratique depuis des décennies.
Alinéa 5 : régulation naturelle et coexistence
Cet alinéa ancre dans la constitution la vision directrice d'une protection professionnelle de la faune sauvage : la nature se régule en grande partie elle-même, pour autant que l'homme n'intervienne pas dans la dynamique des populations par des tirs massifs. La promotion de la coexistence comprend notamment, en Argovie, la sécurisation et la mise en réseau des corridors fauniques le long des grands cours d'eau (Aar, Reuss, Limmat), la revalorisation écologique des zones alluviales ainsi que la sensibilisation de la population au comportement à adopter face aux animaux sauvages (cf. wildbeimwild.com sur les animaux sauvages en zone urbanisée).
Alinéa 6 : financement indépendant des recettes de fermage
En Argovie, les loyers de bail reviennent au canton (§ 6 AJSG), et non aux communes. Une indemnisation des communes n'est donc pas nécessaire. L'alinéa 6 garantit que la gestion professionnelle de la faune sauvage sera financée par les ressources générales après la suppression des recettes de bail. Par rapport au budget cantonal, les recettes de bail sont marginales.
Dispositions transitoires
Le délai de deux ans laisse au Conseil d'État suffisamment de temps pour élaborer la législation d'exécution, engager des gestionnaires professionnels de la faune sauvage et constituer la commission pour la faune sauvage. La clause transitoire de cinq ans pour les baux de chasse existants respecte la confiance légitime des locataires. L'actuelle section Chasse et pêche du Département de la construction, des transports et de l'environnement peut servir de base institutionnelle.
6. Sur le deuxième paragraphe : protection des espèces d'animaux sauvages menacées et protégées
Le deuxième paragraphe revêt une importance particulière pour le canton d'Argovie. Celui-ci compte parmi les cantons suisses les plus importants pour le castor. Une part considérable de la population suisse de castors vit le long de l'Aar, de la Reuss, de la Limmat et du Rhin. Depuis février 2025, les cantons peuvent autoriser le tir de certains castors causant des dommages importants. Le paragraphe sur la protection des espèces ancre dans la constitution la renonciation à de telles autorisations.
La formulation « notamment » est conçue comme un renvoi dynamique au droit fédéral. Elle garantit que la protection cantonale s'applique automatiquement aussi aux espèces que le législateur fédéral placera à l'avenir sous protection ou inscrira sur une liste de régulation, sans qu'une révision constitutionnelle soit nécessaire. Le retour de la loutre dans le nord-ouest de la Suisse est attendu par les spécialistes ; l'initiative protège également les futures espèces de retour (cf. la analyse de la politique du loup sur wildbeimwild.com).
7. Conséquences financières : budget concret pour le canton d'Argovie
Le budget de référence genevois
À Genève, qui couvre avec 282 km² environ un cinquième de la superficie argovienne et compte environ 500'000 habitants, le coût total de la gestion professionnelle de la faune sauvage s'élève à environ 1,2 million de francs par an : environ 600'000 francs pour le personnel, environ 250'000 francs pour la prévention et environ 350'000 francs pour l'indemnisation des dégâts.
Extrapolation pour le canton d'Argovie
Pour le canton d'Argovie, avec une superficie de 1'404 km² et plus de 700'000 habitants, on obtient l'estimation réaliste des coûts suivante :
Coûts de personnel : 600'000 à 840'000 francs par an. Il faut 5 à 6 postes à plein temps pour des gestionnaires professionnels de la faune sauvage. Un poste à plein temps dans le service cantonal coûte, charges sociales et frais annexes d'employeur compris, environ 120'000 à 140'000 francs par an. Le canton d'Argovie est certes environ cinq fois plus grand que Genève, mais topographiquement plus simple (Plateau, pas d'Alpes), et la structure d'habitat y est plus compacte.
Coûts matériels : 120'000 à 180'000 francs par an. Il s'agit notamment de l'équipement, des véhicules, des dispositifs d'effarouchement, de l'infrastructure de monitoring (pièges photographiques, émetteurs GPS), des mesures de protection constructives, des clôtures électriques et du travail d'information publique.
Indemnisation des dommages : 100'000 à 200'000 francs par an. Principalement les dégâts causés par les sangliers à l'agriculture et par les castors aux cours d'eau et aux infrastructures.
Coûts totaux : 820'000 à 1'220'000 francs par an (brut). Cela correspond à environ 1,15 à 1,70 franc par habitant et par an.
Économies
Face à cela, des économies considérables : le canton n'aura plus besoin de gérer les baux de chasse pour 174 réserves de chasse, de faire passer les examens de chasse, d'établir la planification des tirs pour 174 réserves de chasse, ni d'organiser la surveillance de la chasse. Les ressources actuellement affectées à ces tâches au sein de la section Chasse et Pêche pourront en partie être réaffectées.
Recettes supprimées
Avec la suppression de la chasse de loisir, les recettes de bail issues de la chasse à territoire, estimées entre 400'000 et 700'000 francs par an, disparaissent. Elles sont toutefois à mettre en regard des coûts externes jamais comptabilisés de la chasse de milice (accidents de la faune, dégâts d'abroutissement liés à la chasse dans la forêt protectrice, charges administratives, interventions de la police et de la justice), qui devraient largement dépasser ces recettes. Dans le canton de Genève, ces recettes ont disparu dès 1974, sans problème financier : avant l'interdiction de la chasse, plus de 400 chasseurs de loisir étaient actifs ; aujourd'hui, trois postes à plein temps accomplissent le même travail, et mieux. Les tirs sanitaires et thérapeutiques effectués par des gardes-faune professionnels ne sont pas la même chose qu'une chasse de régulation fondée sur le «latin de chasseur» ou sur une «expérience de la nature» mal comprise par les chasseurs de loisir. Un calcul en coûts complets le montre : la chasse de milice coûte nettement plus cher au contribuable qu'elle ne rapporte (cf. «Ce que la chasse de loisir coûte réellement à la Suisse» sur wildbeimwild.com).
Les chasseurs de loisir en politique votent contre la protection de la nature. Le lobby de la chasse de loisir combat systématiquement les préoccupations en matière de biodiversité et de protection des espèces. En 2024, il a combattu l'initiative pour la biodiversité (63 pour cent de non). En 2020, la loi sur la chasse, qu'il avait contribué à façonner, a échoué devant le peuple (51,9 pour cent de non). En 2016, l'association des chasseurs tessinois a torpillé le parc national Parc Adula. Durant la législature 2015 à 2019, les chasseurs de loisir ont, au parlement, majoritairement politisé contre les préoccupations environnementales. Quiconque affirme que les chasseurs de loisir sont des protecteurs de la nature ignore leur comportement de vote (cf. Association des chasseurs tessinois : 30 ans d'absurdités et Dossier des coûts).
L'Les surcoûts nets se situeraient probablement entre 350'000 et 650'000 francs par an, ce qui correspond à environ 0,50 à 0,90 franc par habitant correspond. Cela fait partie des coûts par habitant les plus bas de tous les cantons de la série et représente moins de la moitié du niveau genevois (cf. Vérification des faits sur les mythes de la chasse sur wildbeimwild.com).
8. Compatibilité avec le droit supérieur
Premier paragraphe : suppression de la chasse de loisir
L'initiative est conforme au droit fédéral. La loi fédérale sur la chasse (JSG) laisse expressément aux cantons le soin de régler le droit de chasse, le système de chasse, le territoire de chasse et la surveillance de la chasse (art. 3 al. 1 et 2 JSG). Les trois systèmes de chasse sont équivalents. Le canton de Genève pratique la chasse en régie depuis 1974 et n'a jamais fait l'objet, en plus de 50 ans, d'une objection de droit fédéral. La fin des baux de chasse par non-renouvellement ne porte pas atteinte à la garantie de la propriété, puisqu'il s'agit de contrats à durée déterminée pour lesquels il n'existe aucun droit au renouvellement. La clause d'extinction sur cinq ans respecte la protection de la confiance légitime des locataires.
Deuxième paragraphe : protection des espèces protégées
L'art. 7a JSG permet aux cantons une régulation préventive, mais ne les y oblige pas. Il en va de même pour les autorisations de tir d'animaux individuels selon l'art. 12 al. 2 JSG. Renoncer à cette possibilité ne viole ni le droit fédéral ni la Convention de Berne.
Unité de la matière
L'initiative respecte l'unité de la matière, étant donné que toutes les dispositions des deux paragraphes se rapportent à la gestion cantonale de la faune sauvage et à la protection des animaux vivant à l'état sauvage.
9. Anticipation des objections prévisibles
«L'Argovie est trop grande et trop rurale pour le modèle genevois»
Les faits : Le canton d'Argovie présente une topographie similaire à celle de Genève : Plateau suisse et Jura, pas d'Alpes, des différences d'altitude modérées. La superficie est plus grande, mais la population également. Les coûts par habitant sont même plus bas qu'à Genève (moins d'un franc au lieu de 2,40 francs), car ils se répartissent sur plus de 700'000 habitants. Le canton d'Argovie ne possède ni hautes Alpes, ni topographies extrêmes, ni vallées de montagne peu peuplées. Les défis sont les mêmes qu'à Genève : sangliers dans l'agriculture, chevreuils en forêt, castors le long des rivières.
Formule communicative courte : «Le canton d'Argovie présente un paysage similaire à celui de Genève et des coûts par habitant inférieurs de plus de moitié. Si ça ne fonctionne pas ici, où donc ?»
«Le canton perd des recettes de fermage»
Les faits : Dans le canton d'Argovie, les loyers de fermage reviennent au canton (§ 6 AJSG). Par rapport au budget cantonal, ce montant est marginal. Dans le même temps, la location de 174 réserves de chasse, la planification des tirs et la surveillance de la chasse disparaissent, ce qui entraîne des économies administratives (voir la Psychologie de la chasse dans le canton d'Argovie).
Formule communicative courte : «Les recettes de fermage représentent une somme négligeable dans le budget cantonal. Et l'administration s'en trouve simplifiée.»
«Les coûts augmentent, c'est finalement le contribuable qui paie»
Les faits : Moins d'un franc par habitant et par année. C'est moins de la moitié du niveau genevois. Genève applique ce modèle depuis 50 ans, avec 2,40 francs par habitant, et n'a jamais levé l'interdiction. À Zurich, on a avancé un coût prétendu de 20 millions de francs, qui n'a jamais été démontré. Dans le canton d'Argovie, les chiffres concrets ont été calculés et sont disponibles.
Formule communicative courte : «Moins d'un franc par personne et par année. Moins de la moitié de Genève. L'épouvantail zurichois des 20 millions n'a jamais été prouvé.»
10. Résumé
Cette initiative donne à la population argovienne la possibilité de se prononcer en faveur d'une gestion moderne et fondée sur des données probantes de la faune sauvage, ainsi que d'une protection complète des espèces sauvages menacées. Le premier paragraphe suit le modèle genevois, éprouvé depuis plus de 50 ans, et remplace la chasse de loisir par une protection professionnelle de la faune, à des coûts par habitant très bas. Le second paragraphe protège en particulier le castor, l'espèce protégée la plus importante pour le canton d'Argovie, et garantit que le canton renonce à la mise à mort préventive d'espèces protégées.
Le résultat serait un canton d'Argovie où les animaux sauvages ne seraient plus des cibles pour les chasseurs de loisir ni les victimes d'une politique de tir motivée par des considérations politiques, mais seraient protégés de manière professionnelle en tant que partie intégrante d'une nature vivante, pour le bien des animaux et de l'ensemble de la population.
Comité d'initiative «Pour une protection professionnelle de la faune sauvage»
[Nom 1], [Nom 2], [Nom 3] …
(Membres du comité selon le droit cantonal, domiciliés dans le canton d'Argovie)
Adresse de contact : [adresse du comité]
Annexe : documentation complémentaire
Les dossiers et sources suivants étayent l'argumentation de cette initiative et sont disponibles en annexe :
Le modèle genevois en détail : wildbeimwild.com/dossiers/genf-und-das-jagdverbot. Présentation complète de la gestion de la faune sauvage à Genève depuis 1974, avec coûts, effectifs et évolution de la biodiversité.
Études scientifiques : wildbeimwild.com/studien-ueber-die-auswirkung-der-jagd-auf-wildtiere-und-jaeger. Recueil d'études scientifiques sur l'autorégulation des populations sauvages et sur les effets écologiques de la chasse de loisir.
La chasse en Suisse : wildbeimwild.com/warum-die-hobby-jagd-in-der-schweiz-kein-naturschutz-ist. Aperçu constamment mis à jour de la politique suisse de la chasse.
Psychologie de la chasse dans le canton d'Argovie : wildbeimwild.com : Psychologie de la chasse dans le canton d'Argovie. Analyse spécifique au canton de la psychologie derrière la chasse de loisir.
Psychologie de la chasse de loisir : wildbeimwild.com/category/psychologie-jagd. Contributions transversales sur la psychologie de la chasse de loisir.
Dossier loup : wildbeimwild.com/dossiers/wolf-in-der-schweiz-fakten-politik-und-die-grenzen-der-jagd. Évolutions actuelles de la politique relative au loup en Suisse.
Animaux sauvages et prédateurs : wildbeimwild.com/category/wildtiere. Informations sur les animaux sauvages, les prédateurs et la coexistence entre l'être humain et la faune sauvage.
Mythes de la chasse : wildbeimwild.com/dossiers/jagdmythen. Vérification des faits sur les affirmations les plus courantes du lobby de la chasse de loisir.
Initiative populaire cantonale Bâle-Ville : Texte type de l'initiative dans le canton de Bâle-Ville. Le modèle pour toute la série d'initiatives.
Remarque sur la procédure
Le comité d'initiative soumet le texte de l'initiative à la chancellerie d'État du canton d'Argovie pour examen préalable avant le début de la récolte de signatures. L'aboutissement de l'initiative nécessite 3'000 signatures valables. Le délai de récolte est de 12 mois à compter de la publication dans la feuille officielle. Les modalités de dépôt sont régies par la loi sur les droits politiques (LDP).
Briefing stratégique pour les militantes et militants
Initiative populaire « Pour une protection professionnelle de la faune sauvage », canton d'Argovie Document de travail interne, état en mars 2026
Résumé
Argovie est, en termes de population, le quatrième plus grand canton de Suisse et affiche des coûts par habitant très faibles : moins d'un franc par habitant et par an. La topographie de plateau est similaire à celle de Genève. Argovie compte parmi les cantons les plus importants de Suisse pour le castor, ce qui rend l'article sur la protection des espèces particulièrement pertinent. 3'000 signatures en 12 mois sont réalisables pour plus de 700'000 habitants. L'est du canton d'Argovie appartient à l'agglomération zurichoise et présente un caractère urbain. Un succès en Argovie serait la preuve que le modèle genevois fonctionne aussi dans un grand canton de plateau.
1. Pourquoi justement Argovie ?
Des coûts par habitant très faibles. Moins d'un franc. Moins de la moitié de Genève. L'argument du coût, qui a été fatal à Zurich, est sans effet en Argovie.
Topographie du Mittelland. Pas d'Alpes, pas de haute montagne. Similaire à Genève. L'argument « Genève est un canton-ville, ça ne marchera pas chez nous » ne tient pas.
Canton du castor. Une part importante de la population suisse de castors. Depuis février 2025, le tir d'individus isolés peut être autorisé. L'article sur la protection des espèces mobilise les organisations de protection de la nature.
3'000 signatures pour plus de 700'000 habitants. Cela représente environ 0,4 pour cent. Délai de récolte de 12 mois. Réaliste.
Base urbaine à l'est. Baden, Wettingen, Spreitenbach appartiennent à l'agglomération zurichoise.
2. Les leçons de Zurich : ce que nous faisons différemment
Titre positif. «Pour une protection professionnelle de la faune» plutôt que «des gardes-faune au lieu de chasseurs». Les opposants doivent se positionner contre la «protection professionnelle de la faune».
Un calcul budgétaire concret. À Zurich, le chiffre de 20 millions circulait dans les débats, et les initiants n'avaient rien à lui opposer. En Argovie, les chiffres concrètement calculés sont disponibles : moins d'un franc par habitant.
Assurer tôt le soutien des partis. À Zurich, le Grand Conseil a rejeté l'initiative sans aucune voix contraire. En Argovie, le PS, les Verts et le PVL doivent être impliqués dès le début.
La protection des espèces comme élargissement de la coalition. L'article sur le castor mobilise en plus les associations de protection de la nature, qui ne sont pas atteignables par un simple message anti-chasse.
3. Analyse des opposants et réponses préparées
Contre-argument 1 : «L'Argovie est trop grande»
Ce que diront les opposants : L'Argovie compte 1'404 km², Genève seulement 282. Le modèle genevois ne serait pas transposable.
Les faits : La surface est plus grande, mais la population aussi. Les coûts par habitant sont plus avantageux qu'à Genève. La topographie est similaire : Plateau et Jura, pas d'Alpes.
Formule communicative courte : «Un paysage similaire, moins de la moitié des coûts. Où cela fonctionnerait-il, sinon en Argovie ?»
Contre-argument 2 : «Le canton perd des recettes»
Les faits : Les loyers de bail reviennent au canton et sont marginaux dans le budget cantonal. L'administration devient plus simple.
Formule communicative courte : «Les recettes de bail représentent une fraction du budget cantonal. Et l'administration de la chasse disparaît.»
Contre-argument 3 : «Cela coûte au contribuable»
Les faits : Moins d'un franc par personne et par an. L'épouvantail zurichois des 20 millions n'a jamais été démontré. Genève le fait depuis 50 ans.
Formule communicative courte : «Moins d'un franc. Moins de la moitié de Genève. Les 20 millions zurichois n'ont jamais été démontrés.»
4. Stratégie de communication : les trois messages clés
«Genève le démontre depuis 50 ans.» Plus de biodiversité, des populations stables, des coûts minimes, jamais abrogé depuis 1974.
«Professionnel plutôt qu'amateur.» Des professionnels plutôt que des tireurs de loisir. Dans l'intérêt public plutôt que comme activité de loisir.
«Moins d'un franc par personne et par an.» Coûts par habitant très faibles.
5. Calendrier et prochaines étapes
| Phase | Contenu | Délai |
|---|---|---|
| Constitution du comité & prévérification du texte | Faire appel à un ou une juriste ; recruter les membres du comité selon le droit cantonal avec domicile en Argovie | Mois 1–3 |
| Dépôt pour prévérification | Chancellerie d'État d'Argovie | Mois 3–4 |
| Publication & lancement de la récolte | Délai de 12 mois ; objectif : 3'500+ signatures en tant que marge de sécurité | Mois 4 |
| Contacts avec les partis & construction de coalitions | PS, Verts, PVL ; associations de protection de la nature ; groupes de défense du castor | Mois 1–12 |
| Dépôt des signatures | Chancellerie d'État, vérification officielle | Mois 14–16 |
| Débat au Grand Conseil | Ancrage parlementaire ; travail médiatique | Mois 17–28 |
| Campagne de votation | Mobilisation finale, infographies, présence médiatique | Mois 28–36 |
6. Matériel de campagne
- Le Dossier genevois sur wildbeimwild.com comme argumentaire central.
- L'Psychologie de la chasse dans le canton d'Argovie comme matériel de référence.
- Médias locaux : Aargauer Zeitung, Badener Tagblatt, Lenzburger Bezirks-Anzeiger, Tele M1, Radio Argovia.
- Infographie : le castor sur l'Aar, la Reuss et la Limmat comme élément visuel directeur. Comparaison des coûts AG vs. GE.
7. Sources complémentaires
- L'interdiction de chasser à Genève en détail
- Études scientifiques
- La chasse en Suisse
- Psychologie de la chasse dans le canton d'Argovie
- Vérification des faits sur les mythes de la chasse
- politique du loup
- Prédateurs
- Statistique fédérale de la chasse (OFEV)
- Initiative populaire cantonale de Bâle-Ville
Ce document est un texte type de l'IG Wild beim Wild. Il peut être librement utilisé par des activistes, des organisations ou des comités d'initiative et adapté aux conditions du canton d'Argovie.
Vérification des faits : les affirmations du lobby de la chasse de loisir
La brochure « La chasse en Suisse protège et sert » de ChasseSuisse se lit comme un prospectus publicitaire, mais ses affirmations centrales ne résistent pas à une vérification des faits. Dix récits passés au crible, de la « tâche de l'Etat » à la « biodiversité » en passant par les « 80 % d'approbation » : Dossier : vérification des faits de la brochure de ChasseSuisse →
