L'âne comme protecteur de troupeau : le gouvernement du canton du Jura stoppe une expérience controversée
Le gouvernement gèle la demande de dérogation à l'interdiction d'utiliser des ânes isolés pour protéger des troupeaux d'ovins et de caprins. Un âne seul défendrait les autres animaux du troupeau, mais cela est interdit par la loi. Et avec deux ânes, cela ne fonctionne pas.
Un âne seul pour protéger un troupeau de moutons : l'expérience est abandonnée car elle ne fournit pas de résultat probant, indique Berne.
Cinq dérogations sont révoquées.
Il n'existe aucune preuve que les ânes soient utiles pour protéger les troupeaux contre les loups. Et il n'est pas autorisé de ne détenir qu'un seul âne par troupeau, la loi sur la protection des animaux en prescrivant au minimum deux. Le problème : c'est précisément lorsque l'âne, animal grégaire, se retrouve seul qu'il développe un lien avec d'autres espèces animales comme les moutons ou les chèvres. Et ce n'est que dans ces conditions qu'il peut vraisemblablement les protéger contre les attaques de loups. Le gouvernement gèle donc le postulat Stettler, adopté par le Parlement en mai 2024, et stoppe simultanément les expériences de protection des troupeaux avec des ânes.
L'animal n'est pas nécessairement adapté
Les clôtures étant coûteuses et souvent insuffisantes pour protéger les troupeaux, la députée UDC Francine Stettler avait demandé au canton d'examiner la possibilité d'accorder des dérogations pour la détention d'un seul âne protecteur. De nombreuses études montraient que cet animal, lorsqu'il est seul, peut protéger les troupeaux, avait-elle fait valoir.
Le Service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV) a donc sollicité un avis juridique auprès de son homologue fédéral, lequel a répondu par la négative. La détention d'un seul âne ne peut pas être autorisée ; il en faut toujours deux. Les cantons n'ont pas le droit de déroger à cette règle. La Confédération précise en outre que les ânes, en tant qu'animaux adaptés aux régions désertiques, nécessitent une protection contre les intempéries plus importante que les moutons et les chèvres. Ils doivent être protégés des zones humides et disposer d'un approvisionnement suffisant en eau. L'âne n'est pas nécessairement l'animal le mieux adapté aux pâturages de moyenne montagne du Jura.
Les dérogations sont révoquées
La Confédération doute de la capacité des ânes à protéger les troupeaux contre les attaques de loups. Selon Berne, il n'existe aucune preuve de leur efficacité. Le tribunal agricole du canton du Jura (SCAV) avait jusqu'alors accordé cinq dérogations pour la détention d'ânes. Ces dérogations doivent désormais être révoquées, car elles ne sont pas compatibles avec le droit supérieur.
L'expert officiel Lucas Bassin du SCAV souligne que l'organisation Agridea a testé l'utilisation d'ânes pour la protection des troupeaux entre 2012 et 2015 et a publié des directives à ce sujet. Dans ce contexte, la région du Jura avait accordé quelques dérogations pour cette mesure de protection avec un seul âne. Les résultats n'ont toutefois pas été concluants, et la perception a également évolué depuis lors. Le SCAV demandera par écrit aux éleveurs de renoncer à ces dérogations. Le gouvernement met ce concept en suspens et met simultanément fin aux expériences des éleveurs visant à protéger leurs troupeaux avec un seul âne.
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