USA: Trump affaiblit massivement la protection des especes animales menacees
Vaut-il la peine de proteger un habitat lorsque de precieuses matieres premieres se trouvent dans le sol? Les Etats-Unis se debattent avec cette question depuis 2019: Trump a d'abord affaibli la protection des especes, puis Biden l'a retablie en 2024 – et depuis 2025, Trump fait de nouveau marche arriere, avec de nouvelles regles et des procedures judiciaires en cours.
Les modifications de la loi de 1973 sur les especes menacees, presentees lundi, prevoient entre autres de ne plus accorder automatiquement le meme statut de protection aux especes menacees et en danger.
En outre, le gouvernement a supprime de la loi des formulations selon lesquelles les aspects economiques ne devaient jouer aucun role dans la classification d'une espece comme menacee. Les modifications publiees lundi doivent entrer en vigueur en septembre.
Le ministre de l'Interieur David Bernhardt a qualifie ces modifications d'«ameliorations». Elles assureraient une mise en oeuvre «efficace» de la loi, a explique l'ancien lobbyiste du petrole. Il avait ecrit l'an dernier, dans une tribune pour le «Washington Post», que la loi dans sa forme actuelle constituait une «charge reglementaire inutile» pour les entreprises.
Le ministre du Commerce Wilbur Ross a declare que les amendements repondaient a la directive du president visant a assouplir les reglementations dans le domaine environnemental tout en garantissant la protection des especes menacees.
Les defenseurs de l'environnement redoutent au contraire la destruction progressive de l'habitat des especes menacees et en danger. L'organisation non gouvernementale Earthjustice a qualifie ces modifications de «cadeau a l'industrie» et a annonce une plainte. L'organisation Sierra Club a reproche au gouvernement de faire passer les interets economiques avant les connaissances scientifiques.
Les activistes craignent qu'à l'avenir l'extraction de matières premières, comme le bois, le gaz ou le pétrole, ne soit facilitée dans des zones particulièrement sensibles. Le gouvernement de Trump avait déjà supprimé de nombreuses autres réglementations en matière de protection de l'environnement.
La réglementation remonte à un autre président impopulaire
La loi intitulée « Endangered Species Act » avait été signée en 1973 par le président républicain de l'époque, Richard Nixon. Elle a notamment permis le rétablissement des populations de loups et de pygargues à tête blanche.
De nombreux responsables politiques républicains s'en offusquent depuis longtemps, car ils estiment qu'elle contient trop de réglementations. Les défenseurs de l'environnement, en revanche, la saluent comme un succès, car elle aurait empêché la disparition de plusieurs espèces. Actuellement, l'agence « Fish and Wildlife Service » recense plus de 2’000 espèces animales et végétales aux États-Unis comme menacées ou en danger.
Le conflit entre dans une nouvelle phase
Les assouplissements de l'Endangered Species Act introduits en 2019 ont été en grande partie annulés en 2024 sous la présidence de Joe Biden. Depuis début 2025, le gouvernement Trump renverse à nouveau cette évolution. En novembre 2025, le US Fish and Wildlife Service et le National Marine Fisheries Service ont annoncé quatre nouvelles règles visant à revenir largement à l'interprétation de 2019, dont la suppression de la « Blanket Rule », qui traitait automatiquement de la même manière les espèces menacées et les espèces fortement en danger. En juillet 2026, le gouvernement a en outre restreint la définition de « dommage » (« harm ») dans le cadre de la loi, facilitant ainsi les interventions telles que la déforestation ou l'extraction pétrolière dans les habitats d'espèces menacées. Des organisations environnementales comme le Center for Biological Diversity critiquent vivement ces reculs, tandis que les groupes d'intérêt de l'agriculture et de la chasse de loisir les saluent. Un tribunal fédéral a déjà annulé en mars 2026 quatre dispositions centrales des règles de 2019 – le conflit juridique autour de la protection des espèces aux États-Unis reste ainsi non résolu.
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