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Environnement & Protection de la nature

Qui nourrit vraiment le monde ?

L'échec de l'agro-industrie et le virage nécessaire vers l'agroécologie.

Rédaction Wild beim Wild — 9 juin 2021

Agroécologie versus agro-industrie – Qui nourrit vraiment le monde ?

Dans ce réquisitoire, la scientifique et militante Vandana Shiva démontre de manière saisissante comment la grande agro-industrie pille la planète, détruit l'environnement et compromet notre santé à coups de chimie et de génie génétique.

Elle montre également, avec rigueur et précision factuelle, qui assure véritablement notre base alimentaire et comment nous pouvons vaincre la faim et rétablir notre sécurité alimentaire.

D'un côté, seulement 30 % des aliments consommés par les êtres humains proviennent de grandes exploitations industrielles, contre 70 % issus de petites exploitations à haute diversité biologique. De l'autre, 75 % de la destruction écologique de nos sols, de notre eau et de notre biodiversité est causée par les méthodes de culture industrielles. Et 40 % des ravages climatiques que nous connaissons aujourd'hui sont imputables à l'agriculture industrielle mondialisée.

Cela signifie : L'agriculture industrielle aura détruit 100 % de nos fondements écologiques vitaux avant même de pouvoir assurer 40 % de notre approvisionnement alimentaire. C'est là une recette pour notre extinction, non pour nourrir le monde.

La culture biologique dans les exploitations agricoles et les jardins doit devenir partout une mission planétaire. Nous devons innover pour bâtir un système alimentaire et agricole qui régénère la terre, nos communautés, nos villes et notre santé. C'est cela, l'agroécologie.

L'agro-industrie a besoin de 10 unités d'énergie pour produire 1 unité d'énergie alimentaire. L'agroécologie a besoin de 1 unité d'énergie pour produire 10 unités d'énergie alimentaire. La question de ce qui est économiquement viable se pose-t-elle encore ?

Nourrir la population mondiale soulève certaines des questions les plus fondamentales de notre époque. La question alimentaire devient une question éthique sur notre relation à la terre et aux autres espèces ; sur si nous avons le droit d'exterminer d'autres espèces ou de priver de grandes parties de la famille humaine d'aliments sûrs, sains et nutritifs.Elle devient une question de savoir si les êtres humains, en tant que membres de la communauté terrestre, choisiront de vivre en harmonie avec elle ou se condamneront à l'extinction en détruisant les fondements écologiques de l'agriculture. Elle devient une question culturelle : celle de nos modes d'alimentation, de notre identité et de notre sentiment d'appartenance et d'enracinement.

L'alimentation des êtres humains est une question de conscience : voulons-nous continuer à entretenir un paradigme destructeur, réductionniste et mécaniste, et considérer les semences et les sols comme de la matière inerte et de simples machines que l'on peut manipuler et empoisonner ? Ou voulons-nous voir les semences et les sols comme des systèmes vivants, auto-organisés et auto-régénérants,capables de nous nourrir sans recours aux produits chimiques et aux poisons?

Le titre suivant vient de paraître aux éditions Neue Erde, à Sarrebruck, et est dès à présent disponible en librairie :

Vandana Shiva Qui nourrit vraimentle monde? – L'échec de l'industrie agroalimentaire et le tournant nécessaire vers l'agroécologieBroché, 256 pages – ISBN 978-3-89060-798-6

https://shop.neueerde.de/Neuerscheinungen/Wer-ernaehrt-die-Welt-wirklich.html

Dans cet ouvrage, la renommée auteure et scientifique Dr Vandana Shiva démontre qu'une agriculture biologique, régénératrice et durablement soutenable est possible et nécessaire, et aborde le sujet dans un contexte international, au regard de la situation mondiale et d'une industrie agroalimentaire mondialisée qui a, sans aucun doute, déjà laissé des traces sur notre planète.

Ce livre est un manifeste radical, solidement documenté et passionné en faveur de l'agroécologie, ainsi qu'un précieux compendium pour tous les défenseurs et protecteurs d'une culture agricole et alimentaire saine, biologique et durable.

Quelques chiffres et faits tirés du livre

  • Seulement 10 % du maïs et du soja cultivés dans le monde arrivent dans nos assiettes ; le reste est utilisé pour les agrocarburants et l'alimentation de l'élevage industriel.
  • 75 % des ressources mondiales (eau, sols, biodiversité) sont consommées par l'industrie agroalimentaire, qui ne produit pourtant qu'un peu moins de 30 % des aliments à l'échelle mondiale.
  • 70 % des aliments cultivés dans le monde sont en revanche encore produits par de petits agriculteurs et agricultrices.
  • 93 % de la diversité des plantes cultivées à des fins agricoles a été conduite à l'extinction par l'agriculture industrielle.
  • La fabrication d'1 kg d'engrais synthétique nécessite l'équivalent énergétique de deux litres de diesel. Cela correspondait en l'an 2000 à 191 milliards de litres de diesel et devrait, selon les prévisions, atteindre 277 milliards de litres d'ici 2030.
  • La plupart des pesticides vendus aujourd'hui sur le marché sont des neurotoxiques, dont seulement un pour cent du produit épandu agit sur les organismes cibles, le reste se répand dans l'écosystème et affecte tout ce qui l'entoure.
  • L'utilisation de produits chimiques de la «Révolution verte» a causé en Inde un nombre si élevé de cancers parmi les agriculteurs qu'une ligne de train entière a été mise en place pour les transporter du Pendjab vers un autre État afin qu'ils y reçoivent un traitement.
  • Cette « Révolution verte » a également été importée en Afrique, avec un financement d'un milliard de dollars, mais elle a produit exactement l'effet inverse de l'objectif déclaré : la faim en Afrique a depuis lors augmenté d'environ 30 %.
  • Contrairement aux affirmations souvent répétées selon lesquelles les cultures génétiquement modifiées actuelles réduisent l'utilisation de pesticides, la propagation de mauvaises herbes résistantes au glyphosate dans les systèmes de désherbage résistants aux herbicides a entraîné une augmentation significative du nombre et du volume d'herbicides utilisés.
  • Aujourd'hui, les systèmes agricoles mondiaux perdent chaque année 24 milliards de tonnes de sols fertiles. En réalité, les sols se dégradent dix à quarante fois plus vite qu'ils ne peuvent se reconstituer naturellement. Avec leur dégradation, les sols perdent leur fonction de stockage du carbone, ce qui entraîne des dommages climatiques considérables.

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