Fête de la Saint-Hubert à Hinterkappelen : l'Église ne doit pas sacraliser la chasse de loisir
Le vendredi 20 novembre 2026, à 18 h 30, une fête de la Saint-Hubert aura lieu au stand de tir de chasse de Bergfeld, à Hinterkappelen (BE). Selon l'annonce publique, les Jagdschützen Bern, soutenus par l'association de chasse et de protection de la faune Hubertus Bern, invitent à une cérémonie avec le sermon d'un pasteur. Elle sera accompagnée musicalement par le groupe de cors de chasse de Hubertus Bern.
Le lieu parle de lui-même : on prêche dans une installation où l'on s'entraîne à tirer sur des animaux. Lorsqu'un pasteur y intervient au nom de la foi, la mise à mort d'animaux sauvages se voit conférer une aura spirituelle.
La foi chrétienne et la chasse de loisir sont diamétralement incompatibles. La scène fondatrice du christianisme est la crèche : un enfant né entre le bœuf et l'âne, entouré d'animaux qui ne sont pas des proies, mais des compagnons de route. Le christianisme commence par une image de paix entre l'être humain et l'animal, et non par l'hallali. Celui qui s'inscrit dans cette tradition ne peut pas accompagner d'un sermon la poursuite, le tir et la mise à mort d'animaux sauvages sensibles.
L'IG Wild beim Wild critique le fait qu'un pasteur mette son sermon à la disposition d'une fête traditionnelle cynégétique. La musique de cor de chasse, les sociétés de chasse et les rituels cynégétiques ne sont pas une décoration neutre. Ils incarnent une culture de la poursuite, du tir et de la mise à mort d'animaux sauvages. Lorsque l'Église accompagne ces rituels, la chasse de loisir est valorisée sur le plan religieux et moral. Cela contredit l'exigence chrétienne de miséricorde, de non-violence et de responsabilité envers la création.
La référence à saint Hubert ne tient pas non plus. Hubert de Liège, personnage historique, était un évêque du VIIIe siècle. La célèbre histoire du cerf portant une croix entre ses bois ne lui a été attribuée que plusieurs siècles plus tard et remonte à la légende de saint Eustache. Dans ce récit, un chasseur n'est pas conforté dans ses actes : il interrompt la chasse, jette son arme et change de vie. Célébrer précisément cette histoire de conversion sur un stand de tir de chasse en inverse le sens profond.
Les animaux sauvages ne sont ni un décor ni une ressource qui se renouvelle à volonté. Ce sont des êtres sensibles dotés d'une structure sociale. Les chevreuils, les cerfs, les renards et bien d'autres espèces vivent en groupes familiaux, élèvent leurs petits pendant des mois et entretiennent des liens étroits. La chasse de loisir déchire ces groupes. Lorsqu'une mère est abattue, ses petits meurent de faim ou se retrouvent orphelins. Celui qui tue des parents en automne et en hiver tue, dans de nombreux cas, aussi leur progéniture, simplement plus lentement et de manière invisible.
La chasse de loisir n'est pas un folklore inoffensif. Pour les animaux sauvages, elle signifie poursuite, peur de la mort, blessures et mort. Et elle ne se termine souvent pas par un tir net. Dans les Grisons, l'un des rares cantons à tenir un registre des recherches au sang, on un cerf sur dix est seulement blessé au lieu d'être tué net. Le taux de réussite des recherches au sang varie entre 35 et 65 pour cent selon le canton. Cela signifie que jusqu'à la moitié des animaux blessés meurent sans être délivrés, souvent après des heures ou des jours. La Fondation pour l'animal dans le droit estime le nombre de gibier blessé fuyant à 3000 à 4000 têtes par an à l'échelle suisse. Ces chiffres révèlent ce que les trompes de chasse et les uniformes occultent.
La chasse de loisir ne tue pas seulement des animaux. Elle coûte régulièrement des vies humaines. Le seul week-end du 5 septembre 2026, au Tessin, deux chasseurs sont morts le même jour deux chasseurs de loisir lors de l'exercice de la chasse. Sur le plan purement arithmétique, en Suisse, il se produit toutes les 29 heures. Le recensement officiel ne débute qu'en l'an 2000 et ne recense ni les morts des décennies précédentes ni les nombreux cas qui, qualifiés d'homicide ou de suicide élargi commis avec l'arme de chasse légale, ne sont même pas comptabilisés comme «accident de chasse». À l'échelle européenne, le nombre de victimes se chiffre par centaines. Une activité de loisir qui coûte la vie à des êtres humains et à des animaux n'a pas besoin de bénédiction religieuse.
Il existe une autre voie. L'IG Wild beim Wild s'engage en faveur d'une gestion professionnelle et scientifiquement fondée de la faune, sur le modèle du canton de Genève. Dans ce canton, la chasse de loisir est interdite depuis 1974. Lorsqu'une intervention est nécessaire, des gardes-faune d'État formés agissent de manière ciblée, contrôlée et sur une base professionnelle, et non parce que la saison de chasse est ouverte pour une espèce et qu'on peut tirer pour le plaisir. Ce modèle montre que la protection de l'être humain, de l'animal sauvage et de son habitat exige de la compétence professionnelle, pas une chasse de loisir, et encore moins la bénédiction de l'Église pour celle-ci.
L'IG Wild beim Wild demande à la paroisse compétente de renoncer à la valorisation ecclésiale de la chasse de loisir. L'accompagnement spirituel doit incarner la compassion et la protection des êtres vivants vulnérables, et non la glorification de la violence envers les animaux sauvages.
Les animaux n'ont pas besoin d'une bénédiction ecclésiastique pour leur poursuite. Ils ont besoin de protection.
Les indications relatives à la date, au lieu et aux participants proviennent de l'annonce publique de l'événement parue dans la presse de la chasse et ont été documentées le 19 octobre 2026.
À l'occasion des messes de la Saint-Hubert, l'IG Wild beim Wild a publié la chanson «Warum jagst du mich» («Pourquoi me chasses-tu»). Elle parle de chasseurs de loisir qui font bénir leurs armes par l'Église et rappelle que, selon la légende, Hubert a cessé de chasser. Comme toutes les Chansons anti-chasse, elle est librement utilisable.
Vous trouverez davantage d'informations sur la chasse de loisir en Suisse et ses conséquences pour les animaux sauvages et pour les êtres humains dans le dossier La chasse de loisir comme événement, dans la catégorie Chasse et dans la catégorie Animaux sauvages sur wildbeimwild.com.
