11 septembre 2026, 08:22

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Stopper la chasse au renard – écrire au Kantonsrat d'Appenzell Rhodes-Extérieures

Le conseiller d'État Dölf Biasotto, en charge des constructions et de l'économie, a répondu le 4 septembre 2026 à la demande d'une citoyenne concernant la chasse au renard – de manière détaillée, personnelle et sur quatre pages et demie. C'est plus que ce que fournissent la plupart des cantons. Pourtant, cette réponse se contredit elle-même : Biasotto affirme que la chasse au renard n'est «pas encouragée activement» à Appenzell Rhodes-Extérieures, tout en reconnaissant dans la même lettre que le canton ne mène aucune étude scientifique sur la chasse au renard, ne fixe aucun objectif de tir, et que les renards peuvent néanmoins être chassés huit mois par an, du 1er juillet au 28 février.

Il répond ainsi de fait par un triple non aux trois questions précises de la citoyenne – sur l'objectif concret de la chasse au renard, sur les données permettant de vérifier son atteinte, et sur son fondement scientifique. Il ne cite aucun objectif mesurable, ne dispose d'aucune donnée et ne renvoie à aucune étude. Il s'appuie à la place sur une «expérience de longue date» et sur l'appréciation du service de la faune.

Les propres chiffres du canton, publiés par l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), rendent la contradiction visible. Entre 2000 et 2024, les chasseurs de loisir d'Appenzell Rhodes-Extérieures ont abattu chaque année plusieurs centaines de renards dans le cadre de la chasse ordinaire, plus d'un millier lors des années record. Les interventions du service de la faune, que Biasotto décrit comme un prélèvement soigneux d'animaux malades, sont restées presque constamment à un chiffre unique ou à un faible nombre à deux chiffres. La grande majorité des renards tués ne provient donc pas d'interventions ciblées du service de la faune, mais de la chasse de loisir ordinaire.

Tu peux agir, quel que soit ton canton. Adresse-toi directement à ton parlement cantonal ou à ta conseillère nationale. C'est légal, efficace et ne prend que peu de temps.

Important : ne te fie pas uniquement à l'e-mail. Nous avons reçu de plusieurs cantons des retours indiquant que des messages concernant la chasse de loisir au renard reviennent parfois comme non distribuables. Impossible de dire de l'extérieur si cela est dû à des adresses erronées ou à un filtrage ciblé. Mise donc plutôt sur plusieurs canaux : écris une lettre, téléphone ou cherche l'entretien personnel. Tu peux aussi t'adresser directement aux partis et aux groupes parlementaires – un message au secrétariat du parti ou du groupe est souvent plus efficace qu'à des membres du parlement pris individuellement. Un appel téléphonique ou une lettre ne se laisse pas filtrer aussi facilement qu'un e-mail et laisse souvent une impression plus forte.

Lettre type – copiez ce texte dans votre logiciel de messagerie

Objet : Chasse au renard à Appenzell Rhodes-Extérieures – veuillez agir

Madame [Nom] / Monsieur [Nom]

Je m'adresse directement à vous en tant que citoyenne / citoyen, car la pratique de la chasse au renard dans notre canton me préoccupe.

Le conseiller d'État Dölf Biasotto a répondu en septembre 2026 à la demande d'une citoyenne concernant la chasse au renard. Sa réponse est détaillée, mais elle se contredit elle-même. Biasotto écrit que la chasse au renard n'est «pas encouragée activement» à Appenzell Rhodes-Extérieures. Dans la même lettre, il reconnaît que le canton ne mène aucune étude scientifique sur la chasse au renard et ne fixe aucun objectif chiffré de tir. Dans le même temps, les renards peuvent être chassés huit mois par an, du 1er juillet au 28 février.

Les trois questions décisives restent ainsi sans réponse : quel est l'objectif concret et mesurable de cette chasse ? Quelles données prouvent qu'il est atteint ? Et quel fondement scientifique justifie la chasse routinière plutôt que des mesures ciblées et non létales ? Qui ne recueille aucune donnée ne peut répondre à aucune de ces questions.

Un coup d'œil à la statistique fédérale de la chasse accentue la contradiction. Le service de la faune, que Biasotto décrit comme un prélèvement soigneux d'animaux malades, n'abat généralement que quelques renards par an. La grande majorité provient de la chasse de loisir ordinaire, qui a tué plusieurs centaines d'animaux par an pendant des années. Dans le canton de Lucerne, seul canton à recenser l'état de santé des renards abattus, plus de 98 pour cent des animaux tirés étaient en bonne santé. Rien ne permet de penser qu'il en va autrement à Appenzell Rhodes-Extérieures.

Il est en outre notable que le conseiller d'État renvoie lui-même au canton de Genève, dont il cite le modèle basé sur le service de la faune comme exemple. Or ce modèle se passe précisément de chasse de loisir depuis 1974. Seuls des gardes-faune étatiques y interviennent, sans le moindre tir de régulation ces deux dernières années. Qui vante Genève se prononce ainsi contre la chasse de loisir régulière au renard, et non en sa faveur.

La science est claire : plus de 30 ans de recherche en biologie de la faune ne montrent aucun effet régulateur durable de la chasse au renard. Les effets de compensation dus à une reproduction accrue et à l'immigration compensent rapidement les tirs. Concernant l'échinococcose alvéolaire, la chasse est même contre-productive. Le canton de Zoug l'a fait confirmer en 2026 par une étude indépendante et n'encourage plus activement la chasse au renard depuis lors.

Je vous demande de vous engager au Grand Conseil pour un véritable réexamen scientifiquement fondé de la chasse au renard et de veiller à ce que le canton prouve enfin, chiffres à l'appui, l'utilité de cette pratique, ou qu'il y renonce. Aucune loi fédérale n'oblige le canton à pratiquer la chasse au renard. Le canton de Zoug a montré que cette marge de manœuvre pouvait être utilisée.

Meilleures salutations
[Votre nom]
[Votre lieu de résidence]

Ce qu'a répondu le conseiller d'État Biasotto

La réponse du 4 septembre 2026 est une tentative de présenter la chasse au renard comme mesurée et responsable. Biasotto met l'accent sur la prévention, le conseil aux propriétaires et les mesures d'auto-assistance non létales comme «l'effaroucheur à hérons». Il présente le service de la faune comme un organe spécialisé agissant avec soin, qui abat les animaux malades dans des conditions difficiles.

La phrase décisive figure néanmoins dans le texte : «Nous ne menons aucune étude scientifique sur notre chasse au renard.» Et plus loin : «Aucun objectif chiffré ni consigne de tir n'est fixé par le canton.» Le canton agit selon une expérience de longue date. Biasotto confirme ainsi exactement ce que la citoyenne critiquait : il n'existe ni objectif vérifiable ni base de données.

Son argument en faveur de la chasse de loisir repose sur l'affirmation qu'une forte densité de renards augmenterait le risque de maladies comme la gale. Il n'en apporte aucune preuve. C'est précisément là que se situe le raisonnement circulaire : sans étude, il est impossible d'évaluer ni la densité, ni l'état de santé de la population, ni l'effet de la chasse de loisir sur l'un ou l'autre.

La contradiction que Biasotto fournit lui-même

«Pas encouragée activement» – mais huit mois de chasse sans la moindre étude. Un canton qui autorise le tir des renards de juillet à février, sans objectif, sans consigne chiffrée et sans contrôle des résultats, ne pratique pas une chasse d'exception mesurée. Il laisse se dérouler une chasse de loisir régulière et renonce à en vérifier l'utilité.

Genève cité en exemple – contre sa propre cause. Biasotto écrit que la plupart des conflits sont résolus par le service de la faune, comme dans le canton de Genève. C'est remarquable, car Genève a supprimé la chasse de loisir en 1974 et confie exclusivement les interventions aux gardes-faune étatiques. Qui cite ce modèle en exemple argumente contre la chasse de loisir régulière au renard qu'il défend dans la même lettre.

La peur des maladies plutôt que des données sur les maladies. Le conseiller d'État évoque les craintes de la population face à la gale, à la maladie de Carré et à l'échinococcose alvéolaire, ainsi que la charge de travail du service de la faune. Mais il reconnaît lui-même que le véritable problème réside dans le comportement des humains envers le renard, non dans le renard lui-même. La conséquence logique serait la sensibilisation, pas l'abattage d'animaux en bonne santé.

Des objectifs chiffrés pour le gibier que l'on veut consommer – aucun pour le renard. Le même règlement de chasse qui autorise le tir du renard fixe des quotas d'abattage précis par district de chasse pour le chevreuil, le cerf et le chamois. Pour le renard, une telle consigne fait entièrement défaut. Le canton planifie donc avec des chiffres là où il s'agit de l'exploitation d'espèces convoitées, et y renonce précisément là où il justifie la chasse par la prévention sanitaire. Cela confirme l'aveu même de Biasotto : pour le renard, il n'existe ni objectif ni étude.

Ce que montrent les chiffres de la Confédération

Biasotto justifie la chasse au renard par le risque de maladies et par la démarche soigneuse du service de la faune envers les animaux malades. La statistique fédérale de la chasse pour Appenzell Rhodes-Extérieures, tenue par l'Office fédéral de l'environnement, dresse un tout autre tableau.

La chasse ordinaire tue la grande majorité. Dans le cadre de la chasse de loisir régulière, plusieurs centaines de renards ont été abattus par an pendant des années, plus d'un millier certaines années. Ce n'est que récemment que ce nombre est descendu à quelques centaines d'animaux par an.

Le service de la faune ne joue quasiment aucun rôle en termes de chiffres. Les tirs spéciaux effectués par le service de la faune, c'est-à-dire précisément le canal que Biasotto décrit comme un prélèvement soucieux du bien-être animal des animaux malades, se situaient presque constamment à un chiffre unique ou à un faible nombre à deux chiffres. Une seule année s'écarte fortement à la hausse.

La maladie est un thème du gibier trouvé mort, pas de la chasse. Là où le canton ventile les causes de mortalité du gibier trouvé mort, la plus grande partie relève de la circulation routière ainsi que de l'âge, de la maladie et de la faiblesse. Les animaux malades et affaiblis meurent donc majoritairement de mort naturelle et sont recensés comme gibier trouvé mort. Ils ne constituent pas une preuve de la nécessité d'abattre chaque année des centaines d'animaux.

S'ajoute à cela une incohérence dans les données officielles elles-mêmes. La réglementation de chasse d'Appenzell Rhodes-Extérieures traite explicitement le blaireau, le renard et le sanglier de la même manière et leur attribue la même période de chasse, donc la même période de protection. Or, dans la présentation des périodes de protection de l'Office fédéral de l'environnement, apparaissent pour Appenzell Rhodes-Extérieures trois périodes de protection de durées différentes pour ces trois mêmes espèces, et aucune ne correspond exactement à la période fixée par l'ordonnance cantonale. Il est impossible de déterminer de l'extérieur quelle présentation est exacte dans le détail. Mais le fait que l'ordonnance propre du canton et la statistique fédérale divergent sur une donnée aussi fondamentale que la période de protection cadre bien avec le tableau d'ensemble : un canton qui reconnaît ne mener aucune enquête scientifique sur la chasse au renard ne fournit pas non plus de base fiable pour les données cadres.

Si l'on applique à ces chiffres la seule valeur de référence suisse solide, le déséquilibre devient totalement évident : dans le canton de Lucerne, le seul à recenser systématiquement l'état de santé des renards abattus, plus de 98 pour cent des animaux tués étaient en bonne santé. Rien ne permet de penser que les renards d'Appenzell Rhodes-Extérieures soient en meilleure ou moins bonne santé que ceux de Lucerne. Cela signifie que la grande majorité des renards abattus à Appenzell Rhodes-Extérieures étaient probablement en bonne santé. L'image que se fait Biasotto de la chasse comme mesure de prévention sanitaire ne résiste pas à sa propre statistique.

Les chiffres peuvent être vérifiés dans la statistique fédérale de la chasse de l'OFEV : Statistique fédérale de la chasse.

Ce que dit la science

Régulation de la population : des mécanismes de compensation – fertilité accrue, meilleur taux de survie, immigration – compensent les pertes. Même l'abattage des trois quarts d'une population est compensé dès l'année suivante (Baker & Harris 2006 ; Rushton et al. 2006 ; Kämmerle et al. 2019).

État de santé : le canton de Lucerne est le seul à recenser l'état de santé des renards abattus. Sur 2'217 animaux tués, seuls 39 présentaient un diagnostic de maladie – plus de 98 pour cent étaient en bonne santé. Qui abat presque exclusivement des animaux sains n'endigue aucune maladie.

Échinococcose du renard : dans une étude française menée dans la région de Nancy (Comte et al. 2017), la prévalence est passée de 44 à 55 pour cent malgré une forte pression de chasse – car les jeunes renards, qui comblent les vides, portent une charge parasitaire plus élevée. Au Luxembourg, la proportion est passée d'environ 40 à moins de 10 pour cent après l'interdiction de la chasse au renard en 2015.

Genève : sans chasse de loisir depuis 1974, aucune explosion de la population, aucune situation sanitaire plus mauvaise. Exactement le modèle que Biasotto cite en exemple.

Aperçu complet des études : Études : effet de la chasse de loisir sur les animaux sauvages

Pourquoi il vaut la peine d'écrire

Le Conseil d'État s'est aventuré loin sur le plan argumentatif, se rendant ainsi vulnérable. Contrairement aux cantons qui se contentent de renvoyer au droit fédéral, Biasotto a formulé des affirmations concrètes qui peuvent être vérifiées. Le parlement cantonal peut exiger précisément cela : que le canton prouve pour la première fois avec des données l'utilité de la chasse au renard. Plus le nombre de parlementaires atteints par cette question restée sans réponse est élevé, plus il devient difficile de l'ignorer : quel objectif scientifiquement démontré justifie à Appenzell Rhodes-Extérieures les huit mois de chasse au renard, alors que le canton reconnaît lui-même ne pas collecter de données à ce sujet, et que le service de la faune ne prélève qu'une fraction des animaux ?

Le rapport SWILD de Zoug

Le canton de Zoug est jusqu'à présent le seul canton suisse à avoir réagi à la pétition sur la chasse au renard de Pascal Wolf par une véritable étude scientifique. La Direction de l'intérieur a mandaté à l'automne 2025 SWILD – Stadtökologie, Wildtierforschung, Kommunikation – pour la rédaction d'un rapport d'expertise. La deuxième version a paru en mai 2026 et a été présentée à la commission de la chasse le 16 juin 2026.

Le résultat est sans équivoque : la chasse au renard telle qu'elle est actuellement pratiquée ne permet pas de réguler durablement les populations, n'améliore pas la lutte contre les épizooties et se révèle inférieure aux méthodes non létales pour la protection des animaux de rente. Les expériences de Genève (depuis 1974) et du Luxembourg (depuis 2015) le confirment : la gestion de la faune fonctionne sans chasse de loisir au renard roux.

L'étude complète est accessible au public : Bases scientifiques sur la chasse au renard

Où trouver les coordonnées de contact

Le parlement cantonal d'Appenzell Rhodes-Extérieures compte 65 membres. La liste complète des membres se trouve sur le site officiel à ar.ch.

Contrairement à d'autres cantons, il n'existe à Appenzell Rhodes-Extérieures aucun modèle d'adresse e-mail uniforme. Viele Ratsmitglieder nutzen private Adressen oder sind über ihre Partei erreichbar. Verifiziere die konkrete Adresse deshalb immer auf der offiziellen Liste oder über die Fraktionen. Für allgemeine Anliegen steht die Sammeladresse kantonsrat@ar.ch zur Verfügung.

Le conseiller d'État compétent est Dölf Biasotto (Département de la construction et de l'économie), l'administrateur de la chasse est Andres Scholl. Tous deux sont joignables via les pages des départements sur ar.ch.

Ce qui s'est passé jusqu'ici en Suisse

📌 Chasse au renard à Zoug : une étude prouve son inutilité – agissons maintenant
Le seul canton disposant d'une véritable étude scientifique. Aucun effet régulateur, aucune contribution à la lutte contre les épidémies, des méthodes non létales supérieures.

📌 Chasse au renard à Lucerne : 98 pour cent des animaux abattus étaient en bonne santé
Les propres statistiques du canton réfutent le principal argument avancé en faveur de la chasse au renard.

📌 Les chasseurs de loisir comme faux experts de la faune
Comment Pascal Wolf a déposé des pétitions dans plus de 12 cantons – et comment les administrations et les médias reprennent les récits du lobby de la chasse de loisir.

📌 Abolition de la chasse de loisir sur le modèle du canton de Genève
Pourquoi Genève se passe de chasse de loisir depuis 1974 – exactement le modèle que cite Biasotto.

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