26 août 2026, 12:47

Rechercher

Campagnes & chasse

Lettre ouverte à la direction de la sécurité d'Uri concernant la réponse sur la chasse au renard

Neuf questions à la landstatthalter Céline Huber, un délai de deux semaines.

Rédaction Wild beim Wild — 26 août 2026

Après la réponse évasive de la direction de la sécurité d'Uri à la pétition sur la chasse au renard, l'IG Wild beim Wild adresse une lettre ouverte à la landstatthalter Céline Huber.

Neuf questions, un délai de deux semaines, et l'annonce que la réponse ou le silence sera rendu public. Nous documentons le courrier dans son intégralité.

Le 24 août 2026, la direction de la sécurité du canton d'Uri a répondu à la pétition sur la nécessité scientifique de la chasse au renard, que le juriste lucernois Pascal Wolf avait déposée le 15 février 2026 auprès du Landrat. La pétition posait six questions précises. Aucune n'a reçu de réponse. À la place, le courrier a livré un texte de principe général sur le système de chasse suisse, sans citer une seule étude. Nous avons replacé cette affaire dans son contexte sur notre page de campagne «Stopper la chasse au renard – écrire au Landrat d'Uri». Parce qu'une simple mise en contexte ne rend pas justice à l'affaire, nous avons posé la question directement à la signataire de la réponse.

Pétition

Aucun tir de lynx en Valais

Le lynx est génétiquement à la limite, et pourtant le Valais devrait être le premier canton de Suisse à autoriser son tir.

Signez maintenant →

Particulièrement remarquable : pour illustrer la diversité des systèmes de chasse suisses, la direction de la sécurité a elle-même renvoyé au canton de Genève avec ses gardes-faune salariés, sans remarquer que cet exemple précis soutient la pétition. Genève se passe de la chasse de loisir au renard depuis 1974. Le canton apporte ainsi lui-même la contre-preuve qu'il aurait pourtant dû examiner.

La lettre ouverte suit la même démarche que nos courriers au président de commission lucernois Michael Kurmann et au landammann glaronais Dr Markus Heer : factuelle, avec des questions concrètes, et avec l'attente claire d'une réponse. Voici le courrier dans son intégralité.

Lettre ouverte à la landstatthalter Céline Huber

Madame la Landstatthalter

C'est avec étonnement que nous avons pris connaissance de votre réponse à la pétition de Pascal Wolf sur la chasse au renard, déposée le 15 février 2026 auprès du Landrat d'Uri. Le courrier du 24 août 2026 porte votre signature. Nous nous adressons donc directement à vous.

La pétition posait six questions précises sur la nécessité scientifique de la chasse au renard. Votre réponse n'en aborde aucune. Au lieu de cela, elle livre un texte de principe général sur le système suisse de la chasse, les bases légales, la durabilité, la protection animale, la protection des espèces et un hommage aux chasseurs de loisir d'Uri. Aucune étude scientifique n'est citée nulle part. Nous vous prions de prendre position sur les points suivants.

1. La réponse à une question non posée

La phrase centrale de votre courrier est la suivante : «La chasse au renard ne met en danger ni la population de renards ni la biodiversité.» Personne n'a posé cette question. La pétition voulait savoir quelle utilité scientifiquement démontrée présente la chasse au renard, et non pas si elle cause des dommages. Celui qui prouve qu'une mesure ne nuit pas n'a en rien justifié sa nécessité. Pouvez-vous fournir la preuve d'utilité positive qu'exigeait la pétition ?

2. L'exemple de Genève vous contredit vous-même

Pour illustrer la diversité des systèmes de chasse, vous renvoyez vous-même au canton de Genève avec ses garde-faune salariés. C'est précisément cet exemple qui appuie la pétition : depuis 1974, Genève se passe de la chasse de loisir au renard, sans explosion des effectifs et sans aggravation de la situation sanitaire. Vous fournissez vous-même la contre-preuve que vous auriez dû examiner. Comment expliquez-vous qu'un exemple de référence que vous avez choisi ne démontre justement pas la nécessité de la chasse au renard à Uri, mais la remette en question ?

3. «Pouvoir» n'est pas «devoir»

Votre réponse renvoie à la compétence fédérale et à la loi fédérale sur la chasse. Les deux règlent que les renards peuvent être chassés. Aucune loi fédérale n'oblige le canton d'Uri à abattre des renards en bonne santé. Le canton de Zoug a montré que la marge de manœuvre cantonale peut être utilisée. Pourquoi Uri se réfère-t-il à une compétence fédérale, alors que la Confédération laisse elle-même une marge de manœuvre aux cantons ?

4. L'état des connaissances scientifiques

La recherche publiée documente depuis des années les effets de compensation liés à la chasse au renard : les tirs sont compensés par une reproduction plus élevée, un meilleur taux de survie et l'immigration. Même le tir des trois quarts d'une population est de nouveau compensé l'année suivante. Concernant la lutte contre les épidémies : l'épidémie de rage des années 1970 n'a pas été stoppée par une chasse intensive, mais seulement par la campagne de vaccination à partir de 1978. Pour l'échinococcose alvéolaire, l'étude française de Comte et al. (2017) menée dans la région de Nancy montre que le taux d'infestation est passé de 44 à 55 pour cent malgré une forte pression de chasse, parce que les jeunes renards immigrés portent une charge parasitaire plus élevée. La direction de la sécurité connaissait-elle ces constats avant de déclarer de manière générale que la chasse au renard uranaise était sans danger ? La vue d'ensemble complète se trouve dans notre collection Études sur l'impact de la chasse de loisir sur les animaux sauvages.

5. Le Luxembourg prouve le contraire de ce que vous affirmez

Le Luxembourg a totalement interdit la chasse au renard en 2015. Au lieu de l'explosion de population et du danger épidémique prophétisés, c'est le contraire qui s'est produit : la proportion de renards infestés par l'échinococcose alvéolaire a nettement diminué après l'interdiction. Il ne s'agit ni d'un modèle ni d'un pronostic, mais d'une expérience de terrain sur dix ans avec un résultat inverse. Avec Genève (depuis 1974), on dispose ainsi de deux espaces de référence européens dans lesquels le renoncement à la chasse de loisir au renard n'a conduit ni à davantage d'animaux ni à davantage de maladies. Sur quelle preuve contraire la direction de la sécurité fonde-t-elle son hypothèse selon laquelle la chasse au renard uranaise serait nécessaire ?

6. La chasse au renard augmente le risque sanitaire au lieu de le réduire

Lorsque la chasse au renard est justifiée par la protection de la santé publique, la science démontre le contraire. Les renards régulent les populations de souris et de rongeurs, considérées comme les principaux réservoirs des tiques transmettant la borréliose. Là où le renard et la fouine manquent, le taux d'infection des tiques augmente. Concernant l'échinocoque du renard, la chasse s'avère même contre-productive : les tirs déstabilisent les territoires, augmentent les déplacements des jeunes renards et propagent ainsi le parasite sur de vastes zones, tandis que le vermifugation ciblée à l'aide d'appâts au praziquantel réduit le risque d'infection de manière prouvée jusqu'à 99 pour cent. Le schéma se confirme aussi historiquement : la rage n'a pas été vaincue par la chasse de loisir, mais par des programmes d'appâts vaccinaux à grande échelle ; le dernier cas de rage chez le renard en Suisse remonte à 1996. Comment la Direction de la sécurité justifie-t-elle une pratique qui, selon l'état actuel des connaissances, ne protège pas la santé de la population mais la met en danger ? Contexte à ce sujet dans nos articles «La chasse de loisir favorise les maladies» et «Les chasseurs de loisir propagent des maladies».

7. Le rapport SWILD de Zoug est disponible

Le canton de Zoug est le seul canton à avoir jusqu'ici réagi à la même pétition par une véritable étude scientifique. Le rapport SWILD conclut clairement : la chasse au renard telle qu'elle est pratiquée ne peut pas réguler durablement les populations, n'améliore pas la lutte contre les épidémies et est inférieure aux méthodes non létales. La Direction de la sécurité a-t-elle pris connaissance de ce rapport accessible au public avant de répondre à la pétition par un texte de principe sans une seule source ?

8. Texte type au lieu d'une confrontation

Votre courrier se compose de formulations qui conviennent à n'importe quelle pétition sur la chasse et qui, de ce fait, ne répondent réellement à aucune. Il s'agit du même mécanisme que celui déjà présenté par le canton de Bâle-Campagne. La Direction de la sécurité considère-t-elle qu'une pétition qui demande exclusivement l'examen de l'état des preuves scientifiques est réglée au moyen d'un texte type ?

9. La seule question ouverte

Il reste la question que votre courrier contourne : quel objectif scientifiquement prouvé justifie encore, dans le canton d'Uri, la chasse régulière de renards en bonne santé, alors que la régulation des populations ne tient pas scientifiquement et que les animaux à problème concrets peuvent de toute façon être prélevés de manière ciblée par le service de la faune ?

Nous vous prions de nous faire parvenir une prise de position dans un délai de deux semaines. Cette lettre ainsi que votre réponse ou votre silence seront publiés sur wildbeimwild.com.

Avec nos salutations les meilleures

La suite des événements

Si la direction de la sécurité répond dans les délais, nous publierons la prise de position et la commenterons. En l'absence de réponse, nous le consignerons également. Uri s'inscrit ainsi dans une série croissante de cantons qui ont réagi de manière très différente à la même pétition : Zoug est le seul à avoir commandé une étude scientifique, Glaris est resté muet après une brève réponse, Bâle-Campagne s'est contredit d'un courrier à l'autre. Uri fournit désormais un quatrième modèle : un texte type qui se réfute lui-même avec son propre exemple genevois.

La question que Pascal Wolf a posée dans plus de douze cantons demeure la même : si aucune loi fédérale n'oblige les cantons à pratiquer la chasse au renard, sur quelle base scientifique les chasseurs de loisir tuent-ils alors chaque année en Suisse quelque 20’000 renards ?

Toute personne vivant dans le canton d'Uri peut agir elle-même. Sur notre page de campagne «Stopper la chasse au renard – écrire au Grand Conseil d'Uri» se trouvent une lettre type, l'état des études et les moyens de contacter le Grand Conseil. Un aperçu de l'ensemble de la campagne est fourni par «En finir avec la chasse au renard», et pour en savoir plus sur la personne à l'origine des pétitions, l'article «Les chasseurs de loisir en faux experts de la faune sauvage».

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse, nous regroupons vérifications des faits, analyses et articles de fond.

RESTONS EN CONTACT !

Nous aimerions te faire parvenir les dernières nouvelles et offres dans notre newsletter.

Tous les articles sont rédigés par l'IG Wild beim Wild ainsi que par des co-auteurs et co-autrices externes. La recherche, la structuration et les processus rédactionnels peuvent être soutenus par des outils assistés par l'IA.

Soutiens notre travail

Avec ton don, tu aides à protéger les animaux et à faire entendre leur voix.

Faire un don maintenant